Capricci Editions

  • Béla Tarr, né en 1955 en Hongrie, a commencé à filmer à la fin des années 1970. Ses films les plus marquants sont Damnation (1988), Les Harmonies Werkmeister (2000), et plus récemment L'homme de Londres (2007), adaptation de Georges Simenon.D'Almanach d'automne (1984) au Cheval de Turin (2011), les films de Béla Tarr ont suivi la faillite de la promesse communiste. Mais le temps d'après n'est pas le temps uniforme et morose de ceux qui ne croient plus à rien. C'est le temps où l'on s'intéresse moins aux histoires, à leurs succès et à leurs échecs qu'à l'étoffe sensible du temps où elles sont taillées. Loin de tout formalisme, la splendeur des plans-séquence de Satantango ou de Werckmeister Harmonies est faite d'une attention passionnée à la façon dont la croyance en une vie meilleure vient trouer le temps de la répétition, au courage avec lequel les individus en poursuivent le rêve et en supportent la déception. Pour Jacques Rancière, le temps d'après est notre temps et Béla Tarr est l'un de ses artistes majeurs.

  • « Je suis l'enfant de mes parents, et c'est une catastrophe qui m'a défini. Jusqu'en 1945, c'était plutôt une aubaine. C'est ce que j'appelle un piège tendu. Il n'est pas possible de se détourner de son malheur.» (Thomas Harlan)Thomas Harlan (1929-2010) est le fils de Veit Harlan, réalisateur du Juif Süss, le plus célèbre film antisémite de l'Allemagne nazie. Devenu cinéaste, dramaturge, écrivain et militant, il a consacré toute sa vie à dénoncer les criminels de guerre. Dans ces entretiens avec Jean-Pierre Stephan, il raconte son enfance dorée sous le Troisième Reich, sa jeunesse rebelle dans l'après-guerre, ses années passées à accumuler des preuves contre les anciens nazis, son voyage en Israël avec Klaus Kinski, ses amitiés avec Gilles Deleuze ou Michel Tournier, son engagement communiste qui le mène jusqu'au Chili... Comme cinéaste, il est notamment célèbre pour Torre Bela, tourné au Portugal dans le sillage de la révolution des OEillets, et il apparaît dans Notre nazi de Robert Kramer, documentaire sur le tournage de son film controversé Wundkanal.

  • Les Soprano mettent en scène la vie d'une bande mafieuse dirigée par Tony Soprano, tiraillé entre ses activités illégales et sa vie familiale. Les saisons suivent plusieurs années de la vie des personnages, particulièrement la famille de Tony, dont les enfants - personnages et acteurs - grandissent en temps réel jusqu'à la fin de leur adolescence. Créée en 1999 par David Chase, cette série a été saluée comme le meilleur programme de l'histoire de la télévision. Des livres ont paru, sur la philosophie de Tony Soprano ou sur ses plats préférés, mais il manquait un essai critique sachant répondre à une triple question. En quoi Les Soprano sont-ils une grande oeuvre de notre temps ? En quoi permettent-ils de comprendre ce qu'est devenue la série télévisée ? Pourquoi les cinéphiles se tournent-ils de plus en plus vers ce genre ? Écrit par Emmanuel Burdeau, ancien rédacteur en chef des Cahiers du cinéma, cet essai tient à la fois de l'exercice d'admiration et de l'analyse, de l'étude de cas et de la réflexion sur la situation contemporaine des images.

  • Une porte qui apparaît une nuit dans le couloir d'un appartement. Un « visualisateur » qui traque des criminels et découvre une autre dimension. Des statues qui se confondent avec leur modèle. Une poupée à sorts en chair et en os. Une jeune femme près d'un lac aux cheveux perpétuellement mouillés... Voici quelques nouvelles fantastiques du XXIème siècle qui mêlent la puissance sans âge du fantastique à notre monde connecté. Elles ont été écrites pour le cinéma lors d'une résidence de création initiée par le magazine Sofilm, Canal+ et la SACEM, en partenariat avec la Région Nouvelle-Aquitaine et le Département du Lot et Garonne. Nouvelles de Alain Sevestre, Éric Pessan, Gaëlle Obiégly, Pierre Cendors et Xavier Mauméjean, illustrées par Adrien Demont et Élise Dupeyrat.

  • Stéphane Bouquet parcourt les vingt dernières années de l'oeuvre, d'Impitoyable (1992) à J. Edgar (2012), et cherche à comprendre les causes de cette réputation, étant entendu que la qualité des films ne saurait suffire à l'expliquer. Il propose le portrait à la fois admiratif et acerbe d'un artiste américain qui a produit une série inlassable d'auto-portraits et fini par devenir, pour beaucoup de spectateurs français, le rêve américain en soi. Ou ce qu'il en reste.

  • Réalisateur de plus de trente films, metteur en scène de soixante-quinze opéras, à la fois cinéaste underground et héritier de Visconti et Pasolini, Werner Schroeter, mort en avril dernier, reste encore à découvrir. Les défenseurs du cinéma de Schroeter sont aussi illustres que divers : Michel Foucault, Isabelle Huppert, Bulle Ogier, Fassbinder, Wim Wenders, Jean-Jacques Schuhl... Le livre décrit en soixante-dix fragments le fonctionnement intime, la respiration musicale, les constructions folles d'une oeuvre unique.

  • Juan Branco en décrit les épisodes principaux, mais aussi les manoeuvres et les coups bas. Il analyse le débat autour d'une loi vue par certains comme le miroir de la Présidence Sarkozy, par d'autres comme la seule solution pour sauver la création.Engagé de longue date contre Hadopi, rédacteur de la "Lettre aux spectateurs citoyens" publiée dans Libération le 7 avril 2009, il démontre son inapplicabilité et explique en quoi ce qui devait sauver la culture et le cinéma en est devenu l'ennemi. Il prouve aussi que d'autres solutions sont possibles.

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