Bibliothèque québécoise BQ

  • Le fils du notaire Nouv.

    Jacques Ferron fut « l'un des esprits les plus brillants et les plus intelligents à avoir tenu la plume sur ce continent » (R. Ellenwood) ; son oeuvre, très fortement marquée au sceau de l'autobiographie, incite à un examen minutieux du rapport entre la vérité et l'invention, surtout lorsque l'auteur aborde les souvenirs de sa jeunesse. En quoi les écrits ferroniens diffèrent-ils de la réalité, et surtout, à quoi tend ce processus de « fictionnalisation » des personnes et des lieux?
    Grâce à une longue fréquentation de l'oeuvre du Docteur Ferron et de ses volumineuses archives manuscrites, à une probité intellectuelle éprouvée et une proximité quasi affective avec l'écrivain, Marcel Olscamp livre ici son Ferron, tout à la fois un immense écrivain et un homme de son temps.
    (La présente édition, revue et mise à jour, tient compte des nombreux inédits ferroniens parus depuis sa publication originale en 1997.)

  • La folie occupe une place privilégiée dans l'univers de Jacques Ferron. C'est que le docteur avait travaillé seize mois (1970-1971) comme omnipraticien au sein de l'hôpital psychiatrique Saint-Jean-de-Dieu de Montréal. Volontairement affecté à la salle Sainte-Rita, section réservée aux «femmes folles» où il avait, dit-il, son «ciel» et ses «quartiers», il a côtoyé des êtres dysfonctionnels et fantastiques qui se trouvaient à la limite des personnages de fiction. L'immense conteur en lui a trouvé là une nourriture considérable qu'il transportera, avec une affection bienveillante, à travers toute son oeuvre.

    Ce recueil de quinze textes - récits, souvenirs, chroniques, choses vues et entendues - montre encore une fois comment la plume de l'intelligent docteur sert ici à saisir à bras le corps la misère et le malheur de vivre ainsi à l'écart du monde. La fêlure des femmes qu'il soigne pouvait-elle rejoindre la sienne propre ? Personne n'a oublié que Nelligan, à qui, plus jeune, Jacques Ferron a déjà rendu visite, y a passé des années sombres entre folie et oubli.

    «Le pas de Gamelin», le texte inaugural, très largement autobiographique, est pour plusieurs l'un des moments forts de toute son entreprise littéraire.

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