Éditions du Noroît

  • Ces carnets sont comme le journal d'un essai qui configure la vie multiple d'un être, à mi-chemin entre fulgurance et révélation, entre esthétique et pensée, entre la vie et le scripteur qui prend forme. L'être, le poème, le lecteur, l'enseignant et l'éditeur marchent côte à côte, de front, tous happés par la vie, par l'échéance d'une durée consciente.

  • Aiguillée par une leçon reçue jadis, l'auteure retourne à ses paysages fondateurs. Ces retrouvailles sont l'occasion d'une réflexion sur l'écriture des lieux qui forgent l'imaginaire, de même que sur le dialogue entre essai et poème qui porte cette dernière. Éclairés par la sagesse de l'ours, les parcours intellectuel, artistique et spirituel que l'essai retrace se rencontrent, tandis que passé, présent et futur se brouillent et se fondent à la ligne d'écriture. Ainsi libérée de l'obsession du temps et rendue à la présence, la conscience s'ouvre à la mémoire des lieux.

  • Par cette réflexion qui laisse une large place à la liberté et auxcontradiction, Paul Chamberland argumente une réflexion fertile et pertinente sur les enjeux actuels de la poésie, mais aussi bien de la littérature et de l'échec du monde à se poursuivre dans la novlangue.
    Car celui qui écrit le poème met en suspens toute autre visée que celle de faire entendre, en un fragment, mais alors selon toutes ses virtualités, ce qui fait de nous des «parlants». Nous sommes des êtres dans le monde, et le monde n'est ni intelligible ni figurable autrement qu'interprété par le langage.

  • Elle avait dit : « Il faut protéger les circuits du coeur et de l'intelligence qui nourrissent la folie du non-réel en nous. La littérature en dépend tout autant que le plaisir d'exister. » C'est ce à quoi Gérald Gaudet a toujours tenu en recevant les écrivains dans l'entretien.

    Lire, c'est comme aimer, nous y mettons du sens. Nous tenons à ce qu'il y en ait. Et c'est parce que l'oeuvre de Nicole Brossard donne ultimement des raisons de vivre, de vivre avec les livres, avec la pensée qui vient des livres, avec celle qui comme l'émotion vient des mots, qu'on sait cette oeuvre nécessaire - pour soi et pour les autres.

  • J'élève des soleils est un long poème adressé à une mère où le je est la fille du tu, et où le dessin est un sujet inénarrable. Or, installée à la table des réparations, de la faim, cette enfant de la mouise pratiquera l'art de la conversation aux couleurs salées et orangées. Débusquer sa mère, c'est ce qu'elle tentera de faire.

    J'élève des soleils est le septième livre de Louise Marois.

  • Je n'ajoute pas un art poétique à des centaines d'autres, souvent interchangeables. Je ne parle ni d'art ni de poétique... mais d'ars, façon qu'on a d'être vivant, et de poesia, façon de créer ce vivant là, ce survivant, ce renaissant, ce recréant. Nous sommes des créants, non pas des mécréants comme on le croit, qui n'ont foi en rien, pas même dans la parole qu'on leur donne. Nous sommes des créants en Dieu sait quoi, mais des créants quand même, qui ont le poème pour seule prière, la parole comme acte de foi, le chant comme sacrement... Des créants magnifiques, qui ont perdu toute confiance en eux, en l'Homme, mais pas dans les mots et les phrases qui en tiennent lieu dans la parole, leur « acte de naissance » à autre chose qu'eux-mêmes : le don de l'air, de l'autre souffle.

  • Les auteurs de cet essai explorent certains chemins qu'ouvre la déambulation littéraire comme processus de création et de lecture du poème, notamment pour les étudiants. Cette démarche permet au professeur d'échapper à la grille de lecture traditionnelle pour expérimenter le poème comme un territoire, avec ses marques et ses failles, où engager sa sensibilité.

  • Carte du monde et carte du tendre, cette «Mappemonde», nécessairement lacunaire, répertorie quelques-unes des coordonnées mystérieuses où les méridiens et les parallèles de notre Terre entrecoupent les lignes d'univers de la fiction. Entre la réinvention du passé, les évidences du présent, et le bruissement des possibles, et en entremêlant mon histoire personnelle à une mythique littérature universelle, je vous convie à une réflexion sur la façon dont la littérature contribue à l'amplification de notre spectre temporel, et à la découverte de fréquences émotives étrangères, dont nous ne pouvons qu'espérer qu'elles nous acheminent de plus en plus près de nous-mêmes.

empty