Éditions David

  • Les collectivités marginalisées ressentent avec une acuité particulière le besoin de négocier les conditions de la mémoire culturelle dont elles sont porteuses et qu'elles donnent à entendre dans leurs discours. Dans ces cas-là, l'identité n'est plus stable, mais elle se déplace, migre vers d'autres codes. Ici, on parlera le corse, le galicien, le français ou le navajo ; là, on choisira de fusionner avec la culture dominante et l'exonomie sera de règle : on parlera le français, l'espagnol, l'anglais. Dans les sociétés minorisées, l'identité collective est liée à cette écologie de l'alternance et à ces rythmes particuliers de la présence et de l'absence. Est-ce une perte ? Oui, sans aucun doute. Une perte de la permanence surtout, une impression de disjonction. Mais cette perte ne doit pas occulter pour nous la merveilleuse complexité des stratégies d'ouverture et des accommodements qui caractérisent les marges fugaces de notre monde.

  • Yvon Malette choisit ici d'évoquer quelques souvenirs, non pas pour passer à la postérité, ni par nostalgie, mais bien pour faire revivre des époques, celle de son enfance dans un village franco-ontarien, puis celle de sa maturité dans la région d'Ottawa, un parcours mouvementé qui l'a mené à réaliser un rêve un peu fou, risqué à maints égards, soit la fondation d'une maison d'édition en milieu minoritaire.
    Ces deux histoires contiguës, celle de l'auteur et celle des Éditions David, illustrent à merveille cette volonté qui l'a toujours animé, soit de « vivre debout », selon la belle expression de Gilles Vigneault, et de continuer d'affirmer coûte que coûte son identité linguistique et culturelle.
    Entre le risque et le rêve. Une brève histoire des Éditions David, un livre nécessaire qui retrace le parcours d'un Franco-Ontarien fier, frondeur à l'occasion, mais surtout soucieux de réaliser ses rêves malgré les risques et les qu'en dira-t-on.

  • Altérations des frontières, frontières des altérations offre de superbes analyses des écritures francophones du Canada qui établissent un dialogue entre les aspects géographiques, identitaires et psychologiques des frontières. Le volume met en lumière les lignes de démarcation comme des espaces paradoxaux où les hétérologies du devenir bousculent leurs limites. Les auteurs étudient la plurivalence et la malléabilité des formes frontalières qui ouvrent sur des possibilités nouvelles ou qui confinent la mobilité dans les limites, en apparence imperméables, du même. Qu'elles se penchent sur l'oeuvre de migrants transfrontaliers comme Marguerite Andersen ou qu'elles traversent, dans des perspectives comparatistes, les frontières intérieures et extérieures de la francophonie canadienne, ces explorations d'écritures provenant de l'Ontario, du Québec, du Manitoba et de l'Acadie montrent les frontières comme des défis dynamiques et paradoxaux qui attirent l'attention sur les lignes de faille de notre époque.
    Winfried Siemerling
    Professeur au Département d'English Language and Literature à l'Université de Waterloo et auteur de Discoveries of the Other (1994), de Récits nord-américains d'émergence (2010) et de The Black Atlantic Reconsidered (2015).

    Ce volume comporte les contributions suivantes :
    Frédérique Arroyas, University of Guelph
    Emir Delic, Université Sainte-Anne
    Julie Delorme, Université d'Ottawa
    Isabelle Kirouac Massicotte, Université de Moncton
    Claudia Labrosse, Collège militaire royal du Canada
    Dominique Laporte, Université du Manitoba
    Mathieu Simard, Université d'Ottawa
    Patrick St-Amand, Queen's University
    Julie Tennier, Lakehead University
    Jimmy Thibeault, Université Sainte-Anne

  • Le défi de la fragilité se veut un hommage et un témoignage à l'oeuvre critique de François Paré qui a influencé plusieurs générations de chercheurs impliqués dans les études des minorités au Canada et à l'étranger. Les articles, signés tant par des spécialistes reconnus que par des chercheurs émergents, témoignent de l'intérêt continu et toujours très vif que suscitent les propositions de l'auteur des Littératures de l'exiguïté (1992, prix du Gouverneur général). En prolongeant ses réflexions et en les mettant à l'essai sur des corpus de la Renaissance, de la Nouvelle-France, de l'Acadie, du Québec, de l'Ontario, des Caraïbes, de l'Afrique subsaharienne, ou encore de la littérature kurde, les auteurs participant à ce collectif démontrent la productivité des concepts « paréens », ainsi que la diversité de leurs applications. Le livre se divise selon quatre axes d'enquête : l'Ancien Régime; les fragilités; la conscience et l'oubli; et l'exiguïté, concept mondialisable.
    Ont contribué à cet ouvrage : Gerardo Acerenza (Università degli Studi di Trento), Dersim Barwari-Kamil (Université McMaster), Ariane Brun del Re (Université de Montréal), Philip Collington (Niagara University), Tara Collington (Université de Waterloo), Andréanne R. Gagné (Université du Québec à Chicoutimi), Lucie Hotte (Université d'Ottawa), Laté Lawson-Hellu (University of Western Ontario), Élise Lepage (Université de Waterloo), Johanne Melançon (Université Laurentienne), Francois Paré (Université de Waterloo), Marie-Christine Pioffet (Université York), Guy Poirier (Université de Waterloo), Pascal Riendeau (Université de Toronto), Pamela V. Sing (Université de l'Alberta), Jimmy Thibeault (Université Sainte-Anne), Emmanuelle Tremblay (Université de Moncton).

  • Des chercheures et chercheurs d´une douzaine de pays remontent à tâtons, comme de véritables limiers, dans l´histoire imprévisible de chacune des traductions, parfois héroïques, de Bonheur d´occasion et de Two Solitudes.

    Best-sellers dès leur parution en 1945, Bonheur d´occasion de Gabrielle Roy et Two Solitudes de Hugh MacLennan ont non seulement conquis les publics francophones ou anglophones, mais été vite traduits en une dizaine d´autres langues : allemand, danois, espagnol, estonien, japonais, hollandais, lituanien, norvégien, roumain, russe, suédois, slovaque et tchèque.

    En examinant le chemin fascinant de leurs traductions, le présent ouvrage montre comment ces deux oeuvres classiques sont devenues les ambassadrices à l´étranger de nos deux cultures fondatrices.

    Ont contribué à ce volume :
    Agnès Whitfield (Université York) Margot Irvine (Université de Guelph) Zuzana Malinovská (Université de Presov) Cecilia Alvstad (University of Oslo, University of Gothenburg) Bente Christensen (Université d´Oslo) Rodica Dimitriu (Université Alexandru Ioan Cuza) Anna Bednarczyk (Université de Lódz) Jovanka Sotolová (Université Charles de Prague) Regina Kvasyte et Genovaite Kaciuskiene (Université de Siauliai) Chiara Bignamini (Université Jean Moulin Lyon 3) Elzbieta Skibinska (Université de Wroclaw) Dana Patrascu-Kingsley (University of Toronto) Michael G. Paulson (Université de Miami) Bennett Yu-Hsiang Fu (National Taiwan University) Madelena Gonzalez (Université d´Avignon) Klára Kolinská (Masaryk University) Tiina Aunin (Tallinn University) Reet Sool (University of Tartu)

  • Au Québec, en France, dans la Caraïbe, en Afrique, les fictions de la diaspora veillent sur labsence, en évoquant ce qui nest plus là, ce qui se construit en lieu et place de cette disparition. Lécrivain charrie la mémoire de tous les départs et se penche sur cette vive séparation au cur du sujet contemporain. Aujourdhui, lénigme du déracinement impose ses fictions. Quels sont ces univers en déplacement, ces algorithmes de labsence dont lintelligibilité nous échappe encore ? Communautés de lécart et de limplantation, les diasporas imposent à la littérature des formes inédites quil nous revient de théoriser.

    Ce volume comporte des études réalisées par :
    Adina Balint-Babos, Université de Winnipeg / Justin Bisanswa, Université Laval / Charles Bonn, Université de Lyon 2 / Ileana Daniela Chirila, Duke University / Geneviève Chovrelat-Péchoux, Université de Franche-Comté / Jeanette den Toonder, Rijksuniversiteit Groningen / Gilles Dupuis, Université de Montréal / Léontine Gueyes, Université de Cocody-Abidjan / Nadra Hebouche, Franklin & Marshall College / Mariana Ionescu, Huron University College / Marie-Christine Lambert-Perreault, Université du Québec à Montréal / Renée Larrier, Rutgers, The State University of New Jersey / Claver Kahiudi Mabana, University of the West Indies, Cave Hill / Carmen Mata Barreiro, Universidad autónoma de Madrid / Johanne Melançon, Université Laurentienne / Robert Alvin Miller, University of British Columbia / Jean Morency, Université de Moncton / Gloria Onyeoziri, University of British Columbia / Pascal Riendeau, University of Toronto / Emmanuelle Tremblay, Université de Moncton / Alisha Valani, University of Toronto

  • Pour qu'une littérature existe, il faut des auteurs qui produisent des oeuvres de qualité et des critiques littéraires, des professeurs de littérature et des chercheurs qui en consacrent l'excellence. Dès les années 1960, René Dionne et Gabrielle Poulin font partie de ceux et de celles qui oeuvrent à la mise sur pied et à la reconnaissance des littératures québécoise et franco-ontarienne, lui en tant que chercheur et professeur, elle en tant qu'écrivaine et critique. Cet ouvrage explore l'étendue et l'importance de leur contribution aux littératures québécoise et franco-ontarienne et éclaire de ce fait une période importante de notre histoire littéraire.

    Ce volume comporte les contributions suivantes :
    Ariane Brun del Re (Université d'Ottawa) Marie-Andrée Caron (Université du Québec à Chicoutimi) Anne Caumartin (Collège militaire royal de Saint-Jean) Estelle Dansereau (Université de Calgary) Kathleen Kellett (Ryerson University) Gilles Marcotte (Université de Montréal) Johanne Melançon (Université Laurentienne) François Paré (Université de Waterloo) Mathieu Simard (Université d'Ottawa) Robert Vigneault (Université d'Ottawa)

  • La littérature franco-ontarienne est un phénomène qui date des années 1970 et dont nous ne pouvons retracer les origines au-delà de sa naissance. Certes, elle partage le même tronc que les autres littératures francophones du Canada mais, contrairement à la littérature québécoise, elle n'est pas l'héritière de l'institution littéraire canadienne-française. Complétant la typologie institutionnelle de François Paré, qui oppose les petites aux grandes littératures, Gaston Tremblay propose ici une troisième catégorie, les littératures du vacuum, lesquelles existent dans un vide social, là où certains champs du pouvoir sont atrophiés, voire inexistants. Tout y est en chantier, tout y est liberté, tout y est à faire. Les limites de l'exiguïté sont en ces lieux remplacées par l'infini de l'espace à conquérir.
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