• « Pour le commerce, la guerre présente beaucoup d'avantages, même après. »Sur les ruines du plus grand carnage du XXe siècle, deux rescapés des tranchées, passablement abîmés, prennent leur revanche en réalisant une escroquerie aussi spectaculaire qu'amorale. Des sentiers de la gloire à la subversion de la patrie victorieuse, ils vont découvrir que la France ne plaisante pas avec ses morts...Fresque d'une rare cruauté, remarquable par son architecture et sa puissance d'évocation, Au revoir là-haut est le grand roman de l'après-guerre de 14, de l'illusion de l'armistice, de l'État qui glorifie ses disparus et se débarrasse de vivants trop encombrants, de l'abomination érigée en vertu.Dans l'atmosphère crépusculaire des lendemains qui déchantent, peuplée de misérables pantins et de lâches reçus en héros, Pierre Lemaitre compose la grande tragédie de cette génération perdue avec un talent et une maîtrise impressionnants.

  • Le quatrième mur

    Sorj Chalandon

    • Grasset
    • 21 Août 2013

    L´idée de Sam était folle. Georges l´a suivie.Réfugié grec, metteur en scène, juif en secret, Sam rêvait de monter l´Antigone d´Anouilh sur un champ de bataille au Liban.1976. Dans ce pays, des hommes en massacraient d´autres. Georges a décidé que le pays du cèdre serait son théâtre. Il a fait le voyage. Contacté les milices, les combattants, tous ceux qui s´affrontaient. Son idée ? Jouer Anouilh sur la ligne de front. Créon serait chrétien. Antigone serait palestinienne. Hémon serait Druze. Les Chiites seraient là aussi, et les Chaldéens, et les Arméniens. Il ne demandait à tous qu´une heure de répit, une seule. Ce ne serait pas la paix, juste un instant de grâce. Un accroc dans la guerre. Un éclat de poésie et de fusils baissés. Tous ont accepté. C´était impensable.Et puis Sam est tombé malade. Sur son lit d´agonie, il a fait jurer à Georges de prendre sa suite, d´aller à Beyrouth, de rassembler les acteurs un à un, de les arracher au front et de jouer cette unique représentation.Georges a juré à Sam, son ami, son frère.Il avait fait du théâtre de rue, il allait faire du théâtre de ruines. C´était bouleversant, exaltant, immense, mortel, la guerre. La guerre lui a sauté à la gorge.L´idée de Sam était folle. Et Georges l´a suivie.

  • Lextraordinaire voyage du fakir qui était resté coincé dans une armoire Ikea, cest une aventure rocambolesque et hilarante aux quatre coins de lEurope et dans la Libye postkadhafiste, une histoire damour plus pétillante que le Coca-Cola, mais aussi le reflet dune terrible réalité : le combat que mènent chaque jour les clandestins, ultimes aventuriers de notre siècle.

  • Faillir être flingué de Céline Minard Éditions Rivages Un souffle parcourt les prairies du Far West, aux abords d´une ville naissante vers laquelle toutes les pistes convergent. C´est celui d´Eau-qui-court-sur-la plaine, une Indienne dont le clan a été décimé, et qui, depuis, exerce ses talents de guérisseuse au gré de ses déplacements. Elle rencontrera les frères McPherson, Jeff et Brad, traversant les grands espaces avec leur vieille mère mourante dans un chariot brinquebalant tiré par deux boeufs opiniâtres ; Xiao Niù, qui comprend le chant du coyote ; Gifford à demi enterré dans un nid de poussière ; Elie poursuivi par Bird Boisverd ; Arcadia Craig, la contrebassiste, qui s´est fait voler son archet par la bande de Quibble. Et tant d´autres dont les destins singuliers se dévident en une fresque sauvage où le mythe de l´Ouest américain, revisité avec audace et brio, s´offre comme un espace de partage encore poreux, ouvert à tous les trafics, à tous les transits, à toutes les itinérances. Car ce western des origines, véritable épopée fondatrice, tantôt lyrique, dramatique ou burlesque, est d´abord une vibrante célébration des frontières mouvantes de l´imaginaire. Céline Minard est l'auteur de plusieurs romans, dont Le Dernier Monde (2007), Bastard Battle (2008), et So long, Luise (2011). Elle est considérée aujourd´hui comme l´une des voix les plus originales de la littérature contemporaine.

  • En 1944, le camp de concentration de Ravensbrück compte plusieurs dizaines de milliers de détenues. Mila a vingt-deux ans quand elle arrive à l'entrée du camp. Autour d'elle, quatre cents visages apeurés. Dans les baraquements, chacune de ces femmes va devoir trouver l'énergie de survivre, au très profond d'elle-même, puiser chaque jour la force d'imaginer demain. Et Mila est enceinte mais elle ne sait pas si ça compte, ni de quelle façon.

  • L'invention de nos vies

    Karine Tuil

    • Grasset
    • 21 Août 2013

    Sam Tahar semble tout avoir : la puissance et la gloire au barreau de New York, la fortune et la célébrité médiatique, un « beau mariage »... Mais sa réussite repose sur une imposture. Pour se fabriquer une autre identité en Amérique, il a emprunté les origines juives de son meilleur ami Samuel, écrivain raté qui sombre lentement dans une banlieue française sous tension. Vingt ans plus tôt, la sublime Nina était restée par pitié aux côtés du plus faible. Mais si c´était à refaire ?À mi-vie, ces trois comètes se rencontrent à nouveau, et c´est la déflagration...« Avec le mensonge on peut aller très loin, mais on ne peut jamais en revenir » dit un proverbe qu´illustre ce roman d´une puissance et d´une habileté hors du commun, où la petite histoire d´un triangle amoureux percute avec violence la grande Histoire de notre début de siècle.

  • Une randonnée dans la beauté du monde. Non pas suite mais peut-être complément du précédent roman, ce livre-ci se décline en trois parties et chacune correspond à une question ou à un constat que tout esprit un peu affuté pose.
    Un roman de société : " Tout passe. " Nous vivons une époque de transition, les livres, la famille, les moeurs, les frontières, les monnaies jusqu'à la religion. Tout se sait puisque, par la Toile, chacun est immédiatement informé du sort de tous. Pour illustrer ce propos, se déroule une histoire sentimentale contemporaine où un bouddhiste milliardaire et communiste fait irruption dans une famille traditionnelle.
    Un roman d'amour : " Rien ne change. " Un écrivain cherche sa voie et il ne s'en sort que par l'amour d'une femme, Marie. Il se donne à elle qui le rend à lui-même. L'amour est plus important que la littérature et que tout le reste. Il ne consiste pas à se regarder dans les yeux mais à regarder le monde ensemble. Le spectacle du monde entraîne leur étonnement et leur admiration, qui sont à la racine de toute connaissance. Le roman de société s'est changé en roman d'amour, qui lui-même va se changer en roman de l'univers.
    Un roman de l'univers : " Il y a au-dessus de nous quelque chose de sacré. " Au grand-père - désormais classique - de l'auteur, à Pama le bouddhiste, à Marie, s'ajoute Dieu comme un des principaux personnages du livre. Car comment peut-on parler d'autre chose que de Dieu ? Suit une petite histoire de l'humanité par ceux qui l'ont pensée et faite : les philosophes et les scientifiques. Un combat s'est engagé entre Dieu et la science. La position de l'auteur, catholique et agnostique, est de laisser ses chances à Dieu.
    Ce livre est aisé et profond. On y retrouve ce qui a fait le succès des précédents ouvrages : la foi en la littérature, l'importance des sentiments, l'absence d'illusions, le goût du bonheur, la recherche de la vérité. Le tout comme soulevé par la grâce d'un style et d'une écriture ailée.

  • Une femme rencontre un homme. Coup de foudre. Il se trouve que lhomme est noir. « Cest quoi, un Noir ? Et dabord, cest de quelle couleur ? » La question que pose Jean Genet dans Les Nègres, cette femme va y être confrontée comme par surprise. Et cest quoi, lAfrique ? Elle essaie de se renseigner. Elle lit, elle pose des questions. Cest la Solange du précédent roman de Marie Darrieussecq, Clèves, elle a fait du chemin depuis son village natal, dans sa « tribu » à elle, où tout le monde était blanc.

    Lhomme quelle aime est habité par une grande idée : il veut tourner un film adapté dAu cur des ténèbres de Conrad, sur place, au Congo. Solange va le suivre dans cette aventure, jusquau bout du monde : à la frontière du Cameroun et de la Guinée Équatoriale, au bord du fleuve Ntem, dans une sorte de « je ntem moi non plus ».

    Tous les romans de Marie Darrieussecq travaillent les stéréotypes : ce quon attend dune femme, par exemple ou les phrases toutes faites autour du deuil, de la maternité, de la virginité... Dans Il faut beaucoup aimer les hommes cet homme noir et cette femme blanche se débattent dans lavalanche de clichés qui entoure les couples quon dit « mixtes ». Le roman se passe aussi dans les milieux du cinéma, et sur les lieux dun tournage chaotique, peut-être parce quon demande à un homme noir de jouer un certain rôle : dêtre noir. Et on demande à une femme de se comporter de telle ou telle façon : dêtre une femme.

  • « Tout ce que l'on aime devient une fiction. »Amélie Nothomb

  • À la fin des années 30, la maison Zaltzer était devenue un lieu de villégiature idéal. Les habitués qui sy retrouvaient chaque été, célibataires et juifs pour la plupart, venaient là avec un but précis : jouer aux cartes, boire et faire lamour. Cet été-là, Rita est la première arrivée. Elle a hâte que les autres envahissent de nouveau la pension, pour lui faire oublier langoisse diffuse qui létreint. Mais ils se font attendre. Un orage éclate, le fleuve en crue se gonfle et déverse sa boue dans la cour de lauberge. Linquiétude monte elle aussi, se glisse dans les âmes, exalte les conversations.
    Le monde vacille, et de ce tohu-bohu émergent quelques images une synagogue abandonnée, un bar, un pont sur une rivière. Et, très loin, comme en rêve, le rivage de la Terre promise. Proche de Badenheim 1939, avec sa ville deaux étrange et ses signes prémonitoires, ce roman dAharon Appelfeld est de ceux qui annoncent la fin dun monde, celui dune Mitteleuropa encore ignorante du sort qui lattend.

  • « Mon fils est le seul problème qui demeure sans solution », écrit Albert Einstein en exil. Eduard a vingt ans au début des années 1930 quand sa mère, Mileva, le conduit à lasile. Le fils dEinstein finira ses jours parmi les fous, délaissé de tous, dans le plus total dénuement.
    Trois destins sentrecroisent dans ce roman, sur fond de tragédie du siècle et dépopée dun géant. Laurent Seksik dévoile un drame de lintime où résonnent la douleur dune mère, les faiblesses des grands hommes et la voix du fils oublié.

  • Il avait pour lui une candeur déconcertante et un direct du gauche foudroyant. Il connut la misère et la gloire, mais seul l'amour des femmes parvint à combler sa soif d'absolu. De l'ascension à la chute, le destin hors du commun d'un jeune prodige adulé par les foules, poussé au crime par un malentendu.Il se faisait appeler Turambo, du nom de son village qu'un glissement de terrain avait rayé de la carte. Il était né dans l'Algérie coloniale des années 20, et son destin était écrit d'avance : il serait misérable. Mais il était beau, vigoureux, ardent et doté d'un trait de caractère assez rare : la candeur. Cette fraîcheur lui attirait des sympathies immédiates et, grâce à ce don, il put franchir les portes du monde des Français, interdit aux Arabes. Car il possédait de plus une force surprenante dans le poing gauche, capable d'allonger d'un coup ceux qui se trouvaient sur son passage. C'est ainsi qu'il attira l'attention des professionnels de la boxe. Ses succès sur le ring lui apportèrent gloire et argent. Mais comme tous les coeurs purs, il détestait la violence et rêvait d'amour. Dans sa culture, une femme heureuse était une épouse fidèle, féconde et dévouée. Il nourrit d'abord une passion secrète pour sa cousine Nora, la première femme de sa vie. La deuxième, Aïda, une prostituée, l'initia aux plaisirs de la chair. La troisième, Louise, était la fille de l'homme d'affaires qui comptait l'emmener jusqu'au titre de champion de France de sa catégorie. Puis surgit Irène. Femme libre, indépendante et fière. Elle lui apprit que la vraie passion ne pouvait s'épanouir que dans la confiance absolue et le respect mutuel. Mais comme toujours chez Yasmina Khadra, la vie ne rend pas toujours justice à ceux qui s'aiment... Dans une superbe évocation de l'Algérie de l'entre-deux-guerres, Yasmina Khadra met en scène, plus qu'une éducation sentimentale, le parcours obstiné d'un homme qui n'aura jamais cessé de rester fidèle à ses principes, et qui ne souhaitait rien de plus, au fond, que maîtriser son destin.

  • Pour chaque " entrée ", les auteurs ont également pris le parti de ne pas revenir sur les aspects classiques du proustisme (il existe de nombreux dictionnaires qui s'acquittent déjà, et admirablement, de cette mission), mais de pointer des bizarreries, des " angles ", des " curiosa " inédites : de " A " comme Agonie, à " Z " comme " Zinedine de Guermantes ", de " Datura " à " Rhinogoménol ", de " Kabbale " à " Asperge ", de " Plotin " à " Schopenhauer " ou " Walter Benjamin ", ils se sont ainsi amusés à parler du Proust qu'ils vénèrent depuis toujours, de sa biographie autant que de son génie d'écrivain, veillant chaque fois à apporter de la " valeur ajoutée " à leur texte. Les proustiens de coeur y trouveront leur compte, ainsi que les proustologues de tête. De nombreux extraits de correspondance et de l'oeuvre elle-même sont reproduits dans ce " D.A " volontairement facétieux, érudit et, espérons-le, aussi savant que divertissant.

  • Ici, lorsque quelquun disparaît, on dit simplement quil sest évaporé, personne ne le recherche, ni la police parce quil ny a pas de crime, ni la famille parce quelle est déshonorée. Partir sans donner dexplication, cest précisément ce que Kaze a fait cette nuit-là. Comment peut-on sévaporer si facilement ? Et pour quelles raisons ? Cest ce quaimerait comprendre Richard B. en accompagnant Yukiko au Japon pour retrouver son père, Kaze. Pour cette femme quil aime encore, il mènera lenquête dans un Japon parallèle, celui du quartier des travailleurs pauvres de Sanya à Tokyo et des camps de réfugiés autour de Sendai. Mais, au fait : pourquoi rechercher celui qui a voulu disparaître ?

    Les évaporés se lit à la fois comme un roman policier, une quête existentielle et un roman damour. Dune façon sensible et poétique, il nous parle du Japon contemporain, de Fukushima et des yakuzas, mais aussi du mystère que lon est les uns pour les autres, du chagrin amoureux et de notre désir, parfois, de prendre la fuite.

  • «Ce mot simplement pour te signaler que je t'aime. Signé : tu sais qui.»Cette lettre anonyme trouble l'existence des riverains de la place d'Arezzo. Dans ce quartier élégant de Bruxelles, quel original, quel pervers, quel corbeau déguisé en colombe s'acharne à violer leur intimité ? Le message entraîne autant de promesses et d'attentes que de déceptions et de catastrophes, chacun l'interprétant à sa façon. Menée par Eric-Emmanuel Schmitt, cette ronde effrénée devient l'encyclopédie des désirs, des sentiments et des plaisirs, le roman des comportements amoureux de notre temps.

  • Le livre Sise au fin fond de la forêt, une cabane en rondins abrite deux êtres hallucinés : un colosse marqué par la folie et son fils. Orphelin de mère livré à lui-même, nourri dans ses premiers jours avec le lait d´une hérissonne trouvée morte, ce dernier se retrouve adulte devant un juge silencieux pour avouer des actes inqualifiables. Son témoignage l´amènera à révéler peu à peu, en toute ingénuité et dans une langue unique, l´incroyable histoire de sa vie comme le destin tragique de son père.
      L'auteur Né en 1960 à Drummondville, au Québec, Jean-François Beauchemin travaille d´abord comme rédacteur puis comme réalisateur à Radio-Canada, avant de publier des romans. En 2004 paraît Le Jour des corneilles, récompensé par le prix France-Québec. La même année, il est terrassé par une violente maladie qui le plonge dans le coma. À la suite de ce face-à-face avec la mort, il écrit La Fabrication de l´aube (prix des Libraires 2007 au Québec), récit autobiographique dans lequel il raconte ce qu´il considère comme une résurrection et sa conversion spirituelle.

  • La saison de l'ombre

    Léonora Miano

    • Grasset
    • 28 Août 2013

    « Si leurs fils ne sont jamais retrouvés, si le ngambi ne révèle pas ce qui leur est arrivé, on ne racontera pas le chagrin de ces mères. La communauté oubliera les dix jeunes initiés, les deux hommes d'âge mûr, évaporés dans l'air au cours du grand incendie. Du feu lui-même, on ne dira plus rien. Qui goûte le souvenir des défaites ? »Nous sommes en Afrique sub-saharienne, quelque part à l'intérieur des terres, dans le clan Mulungo. Les fils aînés ont disparu, leurs mères sont regroupées à l'écart. Quel malheur vient de s'abattre sur le village ? Où sont les garçons ? Au cours d'une quête initiatique et périlleuse, les émissaire du clan, le chef Mukano, et trois mères courageuses, vont comprendre que leurs voisins, les BWele, les ont capturés et vendus aux étrangers venus du Nord par les eaux.Dans ce roman puissant, Léonora Miano revient sur la traite négrière pour faire entendre la voix de celles et ceux à qui elle a volé un être cher. L'histoire de l'Afrique sub-saharienne s'y drape dans une prose magnifique et mystérieuse, imprégnée du mysticisme, de croyances, et de « l'obligation d'inventer pour survivre. »

  • 180 jours

    Isabelle Sorente

    180 jours, c´est le temps qui sépare la naissance d´un porc de sa mort à l´abattoir. Ce sont aussi les six mois qui font basculer la vie d´un homme.Quand Martin Enders accepte de se rendre dans un élevage industriel pour les besoins de son travail universitaire, il n´imagine pas que le cours de sa vie va s´en trouver bouleversé. Par les secrets que lui révèle Camélia, le porcher. Et par les quinze mille bêtes enfermées dans les différents bâtiments. Fondé sur la propre enquête de l´auteur, dévoilant le quotidien surnaturel des animaux dans les systèmes de production industriels, 180 jours est l´histoire d´une amitié entre deux hommes que tout semblait séparer, mais aussi celle de leur rapport aux bêtes. Avec ce roman, Isabelle Sorente nous entraîne au bout des départementales, dans les couloirs inavouables de notre modernité, où montent les voix de ceux qui sont privés de parole.

  • François Villon, poète rebelle et brigand condamné à mort, est gracié par le roi Louis xi qui lenvoie en Terre sainte, à la rencontre des chasseurs de livres de la Jérusalem den bas, tenter une alliance contre lomnipotence de Rome. Entre thriller et picaresque, aussi joueur quérudit, lauteur de "Sauver Mozart" met en marche les forces de lesprit contre la toute-puissance du dogme et des armes, pour faire triompher lhumanisme.

  • PAYS : Inconnu REGIME : Totalitaire ENNEMI PUBLIC N°1 : La littérature NOM : 1075 / PARTICULARITE : Analphabète Désormais, seuls circulent librement les livres officiels. Le Grand a mis au point les « Manifestations À Haut Risque », des lectures publiques qui ont lieu dans des stades de plus en plus grands pour permettre de réunir toujours plus de consommateurs. Sy déchaînent les passions furieuses des spectateurs. Les Agents de sécurité impérativement analphabètes sont engagés et formés pour veiller au strict déroulement du spectacle, éviter les débordements excessifs.
    1075, compétiteur formidablement robuste et endurant, issu de nulle part et incapable de déchiffrer la moindre lettre, est lAgent parfait. Il atteint vite le sommet...

  • Ce roman est inspiré d'une histoire vraie. Les événements se déroulent en Argentine, à Buenos Aires. Nous sommes en août 1987, c'est l'hiver.
    Les saisons ne sont pas les mêmes partout. Les êtres humains, si.

  • A partir dun fait-divers véridique, lassassinat en 1920 dune jeune prostituée dans un appartement bourgeois de la rue de la République à Marseille, Sylvain Pattieu nous dresse un portrait saisissant de la ville, dans lequel on peut aussi lire le Marseille daujourdhui. Ce livre singulier est à la fois roman et document historique, où se mêlent voix fictionnelles, documents darchives et photos dépoque. Après son premier roman remarqué, "Des impatientes", Sylvain Pattieu, par ailleurs historien, fait la preuve dun talent particulier à mêler réel et fiction.

  • Sulak

    Philippe Jaenada

    Il était jeune, il était beau, il s'appelait Bruno Sulak, et fut, au début des années 80, l'homme le plus recherché de France. Gentleman braqueur, il défraya la chronique judiciaire et séduisit tous ceux qui l'approchèrent, jusqu'au célèbre policier qui mit fin à cinq années de cavale effrénée. De sa vie tourmentée, Philippe Jaenada a fait un roman biographique captivant.Comme le dira plus tard le commissaire Georges Moréas, en d'autres circonstances, Bruno Sulak aurait pu devenir un des meilleurs flics de France. Mais le hasard a fait de lui un braqueur, sans doute le plus audacieux et le plus fascinant de son époque. Après avoir grandi à Marseille et brièvement fréquenté quelques voyous, Bruno intègre l'armée. Doté d'une mémoire prodigieuse, doué dans toutes les disciplines, il est rattrapé par un vol de motocyclette commis à l'adolescence. On le chasse sans le moindre égard. Il rejoint alors la Légion, comme son père. Sportif émérite, il s'entraîne au parachutisme, et bat le record de chute libre. Mais on lui refuse l'homologation de son exploit, à moins de s'engager pour 5 ans de plus. Une injustice qui le pousse à faire le mur pour aller passer le week-end en famille. Pendant son absence, l'ordre est donné à son régiment d'embarquer pour le Zaïre et ce qui n'était qu'une escapade devient une désertion. Il ne peut plus rentrer et bascule alors dans la délinquance.Avec son fidèle complice Drago, il se lance alors dans le braquage de supermarchés, rencontre la belle Thalie, une jeune fille de bonne famille qui va participer à certains vols à mains armée, au volant de la Simca que Bruno utilise comme une signature à chacun de ses hold-up. Incarcéré une première fois, il étudie l'anglais et le droit, puis s'évade au nez et à la barbe des gardiens. Il s'attaque à des bijouteries, se présente chez Cartier en tenue de tennisman, une raquette à la main, profite d'une visite officielle d'Helmut Khol pour aller cambrioler un joailler parisien dans un quartier truffé de policiers... Adepte de la non-violence, il n'a jamais blessé personne, avait toujours deux balles à blanc dans son revolver au cas où on le forcerait à tirer. Généreux, épris de liberté, révolté par l'injustice, il se tint jusqu'au bout à son code d'honneur et ne dénonça jamais ses complices. Mais sa dernière incarcération à Fleury-Mérogis lui fut fatale : son ultime tentative d'évasion tourna à la tragédie et suscite encore la polémique.Il fallait toute l'ironie et le second degré de Philippe Jaenada pour trouver la bonne distance vis-à-vis de ce personnage magnifique. Construit sous forme d'anecdotes croisées, son récit nous permet de suivre en simultané l'évolution des personnages clefs qui vont s'associer à Sulak. Avec son humour pince-sans-rire et son style inimitable (usage immodéré des parenthèses, digressions en chaîne...), Jaenada imagine ce que la vie de Sulak aurait pu être si tel ou tel événement ne s'était produit, montrant par là les hasards qui président au destin d'un homme. D'une grande tendresse à l'égard de son personnage, il dresse le portrait d'un homme intègre et retrace avec nostalgie cette époque où les gangsters avaient encore du panache.

  • « Le pyjama est un étrange habit de travail », nous dit Dany Laferrière qui, après trente ans de publications, décide de parler à ses lecteurs. Suite de scènes où réflexions, récits, méditations s'entremêlent avec cette désinvolture qui caractérise son style. Voici les « conseils à un jeune écrivain » d'un auteur pour qui la vie est une aventure exaltante qui se conjugue entre lire et écrire. De « Comment débuter une histoire » à « La description d'un paysage » en passant par « La mémoire de l'enfance », sans oublier « Le fouet de Truman Capote », l'expérience et l'humour de l'auteur du Goût des jeunes filles, qui n'en a pas moins pour les bons livres.

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