Sciences humaines & sociales

  • L'immeuble de rapport est la forme urbaine dominante en France au XIXe siècle et dans la première moitié du XXe siècle. Il incarne, surtout à partir des années 1850, une organisation dans laquelle la propriété occupante est très minoritaire. La plupart des habitants sont locataires dans des immeubles détenus par des propriétaires rentiers. Les historiens ont déjà abordé ce thème, pourtant, nombre de ses facettes restent méconnues, comme les motivations de l'investissement dans la pierre, les rôles respectifs des logiques économiques et familiales, notamment à l'occasion des successions, ou encore les raisons du passage à la copropriété. Le présent ouvrage cherche à les explorer en s'appuyant sur une source rare, les archives de comptabilité d'immeubles d'un administrateur de biens. Elles permettent, après des traitements spécifiques, complétés par des sources publiques, d'éclairer les logiques économiques et les rapports sociaux qui se nouent autour des immeubles à loyers, en accordant une place centrale à la question de la rentabilité du placement dans la pierre et de ses effets. L'étude couvre une longue période, de « l'âge d'or » de l'immeuble de rapport dans le dernier quart du XIXe siècle à l'amorce de son déclin durant l'entre-deux-guerres. Les analyses que les auteurs proposent ici rencontrent les préoccupations actuelles des politiques du logement et s'inscrivent plus largement dans la recherche sur les phénomènes immobiliers.

  • Pris dans de multiples réseaux d'appartenances et de relations qui débordent largement le cadre restreint de leur quartier, les citadins mettent en pratique des manières d'habiter qui portent l'empreinte de leur propre histoire, mais s'ajustent aussi à celles de leurs voisins. Au carrefour du devenir des immeubles et du destin de leurs occupants, les quartiers urbains ne cessent de se façonner et de se redéfinir au fil du temps. Si chacun a sa physionomie singulière, il porte aussi témoignage de toutes les lignes de force qui concourent à faire la ville et les manières d'être en ville : trajets et projets individuels, lois du marché, jeu des réseaux locaux, mémoire collective inscrite dans les maisons et les espaces de la cité... Tantôt éphémères, tantôt durables, ces ajustements mutuels entre des personnes et des lieux se révèlent ici à la faveur de l'analyse comparée de trois quartiers résidentiels situés au coeur de la ville de Lyon.

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