• Bernard Natan, émigré d'origine roumaine, a 34 ans quand il fonde sa première société de production cinématographique. Entrepreneur visionnaire, passionné par le 7ème art et certain de son essor malgré les crises économiques et politiques de l'entre-deux guerres, il investit sans relâche, modernise, transforme en précurseur. Production, diffusion, premiers films parlants, importation des dessins animés de Walt Disney en France, il est de toutes les avancées modernes du grand et du petit écrans, à l'instar des Goldwyn, Mayer et Warner américains. Il acquiert en 1929 le groupe Pathé qu'il tentera de sortir de la faillite. Ses difficultés économiques, les attaques constantes des médias et une cabale publique sur fond d'antisémitisme, le conduiront à son emprisonnement en 1939 puis à sa déportation en 1942, jusqu'à sa mort dans le camp d'Auschwitz. Personnage fascinant et pilier français du cinéma des années 1920 et 1930, Bernard Natan deviendra le monstre sacré oublié du cinéma, l'investisseur génial dont la mémoire fut sacrifiée aux heures noires de l'Histoire.

  • L'intime, qui est généralement tu, caché, privé, est de plus en plus exposé à l'écran et se trouve transformé du fait de cette exposition : il devient partagé, dans une sorte d'intimité à distance de soi et à destination d'autres personnes secrètes et multiples. Ce faisant, il nourrit la sensibilité du spectateur en même temps que celle du cinéaste et des artisans du film.

    Dans une série d'essais riches et contrastés, les auteurs de ce livre réfléchissent à la question paradoxale de l'intime au cinéma, par les archives, les affects, les formes narratives ou les dispositifs. Ils explorent l'univers de cinéastes aussi différents que Jean Eustache, Richard Linklater, Carolee Schneemann, Jean-Luc Godard, Leighton Pierce, Chris Petit, Xavier Dolan, Paolo et Vittorio Taviani, Jean Renoir, Lars von Trier, Laure Vermeersch, Sarah Polley, Yasujiro Ozu et quelques autres. Au fil de leurs analyses, ils font apparaître le film comme un acte, un événement, avec ses ramifications et ses conséquences sociales, politiques, esthétiques et éthiques.

  • Du modernisme des années 1960, en passant par le réalisme politique des années 1970, le postmodernisme des années 1980 et 1990, jusqu'aux premières décennies du cinéma du numérique, le cinéma de répertoire rayonne aussi dans les cinématographies nationales.
    Enrichi de tableaux récapitulatifs regroupant les films essentiels pour chaque période donnée, Le cinéma de répertoire et ses mises en scène propose une rétrospective historique d'un cinéma indépendant tantôt lumineux, tantôt désabusé, mais jamais à court d'inventivité.

  • Autoportrait

    Claude Berri

    « Il est deux heures, je rejoins mon bureau solitaire afin d'écrire ces quelques lignes. Je suis le Léautaud de la rue Lincoln. Quand j'écris, je n'entends plus mes oreilles. Je fume, je fulmine, je me lave les dents, je fais pipi, le temps passe. Voilà d

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