• Le 9 août 1971, à Medellín, un homme d'affaires, Diego Echevarría, est enlevé. Grand admirateur de la culture allemande, il avait fait construire un pastiche du château de La Rochefoucauld. Il y vivait en écoutant Wagner avec sa femme et sa fille, Isolda, qu'il veut garder à l'abri du monde. L'atmosphère de la demeure est oppressante pour l'adolescente qui trouve dans le parc comment tromper sa solitude. Elle vit dans un monde de fées, de lucioles et d'esprits des bois. La police quadrille la ville à la recherche de Diego, la télévision montre son portrait, les négociations de la rançon piétinent. Mono, l'un des ravisseurs, est obsédé par Isolda depuis l'enfance, il lui raconte les longues heures passées à la guetter, perché dans les arbres, il dit « notre » Isolda. Des menaces invisibles venues du monde extérieur se glissent silencieusement entre les arbres du parc. Inspiré de faits et de personnages réels (l'un des complices du Mono se nommait Pablo Escobar), dans une Medellín qui ne va pas tarder à basculer dans la spirale de la corruption, de la violence et du trafic de drogue, l'auteur construit, avec un remarquable sens de la tension, un conte de fées ténébreux, qui devient la chronique d'un crime et l'histoire d'une obsession amoureuse, celle du kidnappeur pour la fille de son otage. Un roman fantastique entre les frères Grimm et les frères Cohen.

  • La revue Voix et Images vous propose « Mémoire du conte et renouvellement du roman québécois contemporain », un numéro printemps-été qui s'intéresse au regain d'intérêt pour le conte au Québec, mais moins en ce qui concerne la réécriture de nouveaux conte que le renouvellement de l'écriture sous l'influence des récits traditionnels. « [...] Le conte traverse nombre de romans et de récits contemporains sur les plans de l'intertexte, de la langue et de la trame narrative [...] mais qui ne souscrivent pas pour autant aux attentes du genre, voire les dévoient. » Sylvie Vignes s'intéresse au rapport au conte dans Les fous de Bassan d'Anne Hébert et Marie-Hélène Larochelle au rejet de l'éthique du care dans Les Sangs d'Audrée Wilhelmy et Demoiselles-cactus de Clara B.-Turcotte. Marise Belletête, elle, se penche sur Javotte de Simon Boulerice, Carmélie Jacob sur la filiation dans Trois princesses de Guillaume Corbeil et Sophie Ménard, sur la dynamique narrative dans Frères de David Clerson.
    Le numéro comprend aussi, en plus de ses chroniques habituelles, une étude hors thème de Marie-Pier Luneau, qui analyse de nombreuses notices biographiques d'auteurs de premier roman pour voir quelles mythologies se constituent autour d'eux.

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