Éditions des femmes-Antoinette Fouque

  • Cécile, adolescente, met en oeuvre un drame qui coûtera la vie à Anne, maîtresse de son père.

    « Elle pleurait. Alors je compris brusquement que je m'étais attaquée à un être vivant et sensible, et non pas à une entité. Elle avait dû être une petite fille, un peu secrète, puis une adolescente, puis une femme. Elle avait quarante ans, elle était seule, elle aimait un homme et elle avait espéré être heureuse avec lui dix ans, vingt ans peut-être. Et moi... le visage, ce visage, c'était mon oeuvre. J'étais pétrifiée, je tremblais de tout mon corps contre la portière. » F.S.

  • Dans un abandon touchant, Isabelle Carré livre un premier roman sensible et plein de grâce. Une autobiographie brodée de fiction, raccommodée, par endroit, là où la mémoire fait défaut, l'actrice y raconte l'histoire de sa famille et de son enfance - ou en tout cas l'histoire d'une famille et d'une enfance qui ressemblent étrangement à la sienne. Elle dit la « partie immergée de l'iceberg », cachée derrière son sourire maquillé, ses angoisses et ses blessures, sa famille un peu hors-normes, mais aussi son désir naissant de théâtre et de cinéma ou encore ce que c'est qu'être une enfant puis mère à son tour - et l'amour, bien sûr. Sont confiés ici des rêves délicats, des souvenirs tendres, qui nous emplissent de réconfort.

    « J'ai l'habitude avec les journalistes d'être toujours associée à deux qualités : discrète et lumineuse ! Durant toutes ces années, comment suis-je passée si facilement entre les mailles du filet ? Évidemment, je ne m'en plains pas, pour rien au monde je ne renoncerais au plaisir d'être si bien cachée derrière mon maquillage et les costumes d'un personnage. Puisque tout est vrai, et que les acteurs « font semblant de faire semblant », comme l'écrit Marivaux. Je m'étonne juste qu'après ces heures d'interviews, tous ces plateaux télé, ces radios, les mêmes mots ressassés à l'infini suffisent... grâce à ce sourire peut-être. Je suis une actrice connue, que personne ne connaît. » I.C.

  • Entre Sido, qui orienta la destinée d'une de nos plus grandes écrivaines et Colette, qui fit de toutes ses oeuvres un hommage direct ou indirect à la déesse Sido, il manquait un maillon. Ce maillon est là, dans la correspondance adressée par Sido à Colette, de 1905 à 1912. Les lettres de Sido font écho aux dires de Sido dans la fiction et répondent aux questions que nous nous posions encore sur Colette.

    Le 6 avril 1912, Sido écrivait : « [...] Les hirondelles sont arrivées ce matin à quatre heures ; j'ai pu assister à leur arrivée, elles passaient et repassaient follement devant mes fenêtres. Nous ne sommes que le six et le plus tôt de leur arrivée en général c'est le onze, mais nous avons eu des journées si exceptionnellement chaudes que nos délicieuses bestioles ont pu se tromper sur la date. Enfin, elles sont là et c'est tout ce que je leur demande, car nous sommes de vieilles connaissances comme tu sais. »

  • Du Nord des fonderies et des manufactures de textile aux plus grandes scènes du monde, elle a toujours été présente, soutien inconditionnel et discret, présence diligente et ô combien précieuse. Aujourd'hui, sa fille Line lui rend hommage, déroulant pour elle le roman d'une vie tour à tour belle, difficile, dont chaque instant est empreint de courage et de joie de vivre. « Maman, ce sont tes mains qui s'excusent de ne pouvoir offrir encore plus et toujours, c'est ton menton qui tremble à la lisière de la joie et du doute. C'est mon enchantement à la moindre seconde devant ta force et ta faiblesse, ton innocence et ta souveraineté, tes craintes et ton courage. Maman, pour toute cette pudeur qui enflamme tes joues quand tu parles de toi, pour tes joues aussi fraîches au baiser qu'elles l'étaient lorsque j'étais petite... pour toute cette tendresse, pour toute cette noblesse, je te dédie ce texte. À toi qui m'as dédié ta vie. » L.R.

  • Théa se lève au petit jour afin de surprendre sa mère galopant sur la plage, seule façon d'entretenir, avec celle dont l'amour est trop partagé, un lien secret. Elle court, la nuit, saboter le sémaphore, afin de provoquer le naufrage, sur le récif de corail, du bateau qui doit emmener son amie Isabelle loin de Nouméa, l'arrachant à elle. Dans le milieu colonial de Nouvelle-Calédonie des années 1950, où règnent conformisme et intrigue, une petite fille, fascinée par la sensualité trouble du monde adulte, découvre la sexualité. Le Bal du gouverneur, Marie-France Pisier, Grasset, 1984

  • « Retable, La Rêverie » est le premier livre de Chantal Chawaf. « Retable », est le récit d'une « enquête » menée par une petite fille auprès de ses parents adoptifs sur sa mère. Trois discours, donc, au moins, une vérité douloureuse, déchirée : la petite fille est née du corps mourant de sa mère, c'était la guerre, les traces sont brouillées qui conduiraient à cette courte vie de neuf mois « avec » sa mère... Il reste ces souvenirs du corps : une écriture qui rompt la tradition de la narration, qui renvoie au travail d'accouchement, au corps en travail, travaillé, excédant ses limites, sans plus de dedans ni dehors.

    Ce livre énonce cette différence dite des sexes d'une manière bouleversante, mettant en lumière ce qu'il en est d'une autre différence : la naissance d'un corps de femme et non plus la reproduction du corps maternel.

    Ce livre audio présente la lecture du chapitre II, Portrait.

empty