• De plus en plus souvent, des auteurs de fiction, des plasticiens, des cinéastes, sont traînés en justice par des associations d'extrême droite. Profanation, incitation à la violence, atteinte à la vie privée, diffamation, les arguments ne manquent pas pour interdire, bâillonner, punir. Comment une société, libérale et permissive, qui n'accepte de restreindre la liberté d'expression que dans le cas extrême d'incitation à la haine raciale, abandonne le soin de fixer la limite entre la liberté et l'interdit, à des lobbies dont l'idéologie est, ouvertement, xénophobe et liberticide ? Sur ce thème d'actualité, propice aux lieux communs et aux idées reçues, Christian Salmon a composé un dialogue drôle, érudit et émouvant, entre un Bouvard libéral et un Pécuchet légaliste.

  • Un essai sur l'orgie et l'orgiaque avec toutes les manifestations extrêmes de la vitalité humaine et la multiplicité des formes d'expression qu'elles prennent dans l'histoire des sociétés, des religions, des cultures et des moeurs.

  • Des dernières sardines de Montherlant aux araignées de mer de Jean Cayrol, du banquet de Michel Leiris où l'on bouffe une esbroufante becquetance à la tisane de Max Jacob, des glaces pour Tolstoï à Bucarest, à la harira qui mijote pour Roland Barthes, de l'influence du whisky sur la métaphysique de Melville à la cuisine éléphantesque d'Alexandre Dumas... Un festin de plats de langue présenté par un amoureux de la littérature : un vrai régal.

  • 4 septembre (Fontaine-la-Verte), un an. Un an déjà que je tiens ce journal... Le temps n'a pas d'épaisseur. Il est transparent comme l'aile de l'abeille. Les reflets des nuages ou les irisations de l'eau font, quelquefois, croire qu'il a du corps. Il présente des nervures. Il émet des bourdonnements. Ce sont des simulacres. Temps qui passe, graminée jaunie, l'odeur du soleil dans l'herbe. J'ai vu des spectacles de nature prodigieux sur la Calypso de Cousteau. J'en ai contemplé de sublimes dans la vieille Europe. J'ai voulu chanter la splendeur discrète ou triomphante des herbes et des insectes, des lézards, des oiseaux et des arbres. Ils recèlent des secrets plus subtils que des miracles. Trois cent soixante-cinq jours de suite, fidèlement, avec scrupule et ravissement, j'ai noté ce que j'ai observé au hasard de mes lieux de vie, de la Côte d'Azur à la Normandie, de Paris à la Flandre, des montagnes de la Savoie aux collines du Lazio italien. J'ai tenté de transcrire les couleurs, les mouvements, les parfums et les sons. J'ai mêlé la science à la littérature, la poésie à la botanique, la zoologie à la philosophie. J'ai cherché à retrouver l'esprit des Rêveries de Jean-Jacques Rousseau, du Journal de Thoreau et des Journaux de Basho. Avec des méditations sur le sens des choses et des haikus pour le plaisir. Questions de science et traits d'ironie. Hors de tout genre. Avec des photographies que j'ai prises comme des croquis sur le terrain...

  • On peut, avec raison, douter de la place prépondérante des Français dans l'ordre des choses. Ils ont tous les défauts : mesquin, envieux, calculateur, mégalo, philosophe de comptoir, séducteur désespéré... Ils vivent par correspondance, jouissent à crédit, sur-consomment pour jeter ensuite. Ce sont eux, nous, les Français, que Franck Maubert dans son Petit Guide à l'usage de ceux qui s'intéressent encore à leurs contemporains a saisis sur le vif. Toujours drôles, lucides et parfois cruels, ces douze portraits annoncent le retour en force du mauvais esprit. À travers les codes, les modes, les tics, les névroses et les destins tordus de ces caractères, vous reconnaîtrez avec délectation votre voisin d'en face, votre beau-frère, votre banquier, ou... une part de vous-même. Après La Bruyère et Reiser, la satire sociale prend un coup de jeune.

  • Des personnalités comme le commandant Cousteau, le professeur Schwarzenberg ou Patrick Poivre d'Arvor, des chanteurs et des artistes ont écrit chacun un lettre au Père Noël.

  • Si j'ai écrit ces lettres aux fantômes de la religieuse portugaise, de La Rochefoucauld, de Joseph Joubert, de Charles Baudelaire, de Jean Cocteau, de Joë Bousquet, de Raymond Radiguet, de Paul Gadenne, de Georges Perros, de Raymond Chandler et de George Orwell, c'est que leur fréquentation m'avait persuadé qu'ils n'étaient pas morts, mais qu'ils faisaient seulement semblant de l'être. J'étais comme ces enfants qui pensent que les grandes personnes, aux yeux fermés par un prêtre ou par un médecin, se sont endormies, et qu'il suffira bientôt de les réveiller. Avec les livres, nous sommes des enfants, qui tirons nos chers fantômes de leur sommeil pour qu'ils conversent avec nous, et nous apprennent les secrets de la vie. Baudelaire, Chandler et les autres n'ont cessé de m'éclairer, de me guérir, de me transformer. Ce courrier clandestin - puisqu'il passe en fraude, sous le nez de la mort - je l'ai tenu par gratitude et par courtoisie. J'ai voulu démentir la maxime selon laquelle nous éprouvons d'obscurs ressentiments à l'égard des gens qui nous ont obligés.

  • Le Professeur Pierre Debray-Ritzen est actuellement chef du service de psycho-pédiatrie à l'Hôpital des Enfants-Malades. Depuis quinze ans, il examine des petits écoliers en difficultés scolaires, et dans sa lettre ouverte à leurs parents il vend aujourd'hui la mèche... C'est-à-dire qu'il dénonce l'aveuglement et la carence de notre Éducation. Il explique pourquoi le mythe égalitaire, celui du collège unique, l'inutile cuistrerie de la pédagogie, surtout l'ignorance neuro-psychologique de l'enfant concourent à faire souffrir beaucoup de jeunes êtres. Étant donné leurs inégalités en intelligence, en langage oral, en apprentissage de la lecture, en contrôle moteur, etc., ceux-ci demandent à être secourus et à bénéficier d'un enseignement adapté. Des modèles étrangers sont à suivre, dans une orientation méthodique - malheureusement refusée par des idéologues, les petits dévots de la scolastique freudienne et des hommes politiques sans détermination. Cette lettre ouverte aux apparences de pamphlet est en vérité un cri d'amour poussé dans un monde qui en manque singulièrement.

  • Quand j'ai remis ce récit à mon éditeur, celui-ci, après l'avoir lu, m'a dit : C'est une histoire folle. C'est une histoire complètement folle ! Cette histoire folle, je l'ai vécue, et cela se passait en des temps très lointains, puisqu'il y a maintenant plus de trente ans ; et que le Sahara était français. J'y étais l'hôte de la Légion étrangère J'y ai découvert que le mythe de L'Atlantide de Pierre Benoit est totalement faux. Il n'est pas besoin d'une femme exceptionnellement belle pour que le Sahara soit à feu et à sang. Sous le ciel incandescent, empli d'orages magnétiques qui mettent les nerfs à fleur de peau, la moindre maladresse peut provoquer des explosions en chaîne. C'est pourquoi je n'y fus pas supporté et qu'aussi vaste que soit ce territoire immense, j'en fus expulsé, au bout de vingt mois. Je m'y étais fait pourtant quelques amis : les Soeurs blanches, les légionnaires, et ce grand seigneur musulman, chef à la fois religieux et politique du Sahara occidental, qu'on appelait Le Bachaga, image fascinante de ce qu'est l'islam civilisé, et même raffiné. Ce temps était pour moi un temps de retraite et d'exil. Ce fut aussi le temps trouble d'un affrontement : l'affrontement de l'angoisse à l'intérieur de moi, l'affrontement de deux camps, autour d'un couple fugitif et scandaleux que je n'ai jamais rencontré, et dont on peut se demander s'il n'était pas imaginaire. Une histoire folle en effet : un jeu périlleux et sans merci, où chacun essaie de deviner qui est qui.

  • Ce que le lecteur, s'il existe, lira dans cet amas de signes est, et n'est pas, un essai éclaté, est et n'est pas un journal mais, mises à bout, rien que des rêveries d'écritures Or si, ici ou là, il a entendu, roulant, un collier brisé, le bruit de quelques perles, s'il a entendu quelques notes égrenées sur un piano qui, tel jour, à telle page, était par hasard accordé, s'il a, collant son oreille contre une phrase - une seule phrase peut-être et qui, d'apparence, était de bavardage entendu une voix, qu'il sache que, là, le temps fragile d'un frisson, se cachait mon aveu.

  • ... De l'infini au boudoir... C'est un peu le parcours aléatoire auquel nous ont conviés régulièrement les choix de François de Cornière. De l'infini dans le boudoir, serait peut-être plus exact : serrés les uns contre les autres dans l'espace de la scène, salle Georges Brassens, entre nous dans l'intimité poétique, nous avons parcouru les mondes au gré des textes et des écrivains qui nous entraînèrent parfois si loin... si loin... au-delà du temps, des espaces irisés, de ce que nous savions des autres, de ce que nous croyions de nous... Deux pas suffisaient, ou deux lignes. Sommes-nous bien revenus de royales ouvertures, certains soirs de communion et de plaisir, quand les lumières ourlaient les voix et la musique ? Ces Lettres de Rencontres aimeraient témoigner que les échos perdurent quand on fait partager.

  • Le discours prononcé lors du Congrès de l'association Les enfants du Gard le 17 mars 1962. Avec 12 crocodiles, emblème de Nîmes, dessinés par R. Wogensky.

  • Décidément Patrick Besson est incorrigible. Après Amicalement Rouge, il récidive et publie dans Un peu d'Humanité ses chroniques politiques. Contre l'indifférence mondaine et le cynisme blasé, Patrick Besson prend fait et cause. Refusant d'endosser le costume élimé de l'intellectuel retiré du monde, il s'attaque avec allégresse au consensus des idées molles et dit clairement où il se situe : du côté de l'O.S. et de l'infirmière, du jeune Palestinien, des droits de l'esprit critique et de la liberté de penser. Bien plus qu'un règlement de compte avec tel ou tel petit maître des médias, ce livre constitue une critique radicale et tonique de l'ordre social actuel ; romancier de talent et mousquetaire de la plume, Patrick Besson se livre à une charge alerte et joyeuse qui fait la part belle à l'humour et renouvelle cette tradition française qu'on appelle l'esprit. Quel que soit l'événement qui le conduit à réagir et à prendre la plume, c'est toujours en écrivain que Patrick Besson le fait, avec cet irrespect, cette férocité, mais aussi ce don de sympathie, qui sont sa marque.

  • Le secret des secrets, entretien avec Henri Laborit. Un adulte parmi les hommes, entretien avec Arnaud Desjardins. De l'observateur au participant, entretien avec Kheireddine Badawi et Éric Beall. Se perdre dans la transparence, entretien avec Jean-Michel Carnoy. De l'indicible en littérature : petite musique et grande béance, entretien avec Gilles Farcet. Du conditionnement à la liberté, entretien avec Éric Edelmann. Indispensable apprentissage, entretien avec Swamî Devanath. Inspiration et contentement : les deux ailes de la sagesse, entretien avec Sogyal Rimpoché. La simplicité d'être, entretien avec Swami Shankarananda. Un Bouddha nommé Désir, entretien avec Yvan Amar. La splendeur du Réel, entretien avec Jean Klein. Contrepoint : la Mort, ombre ou lumière sur le Réel ? entretien avec Patrice Van Eersel

  • C'est un enseignant, Jean François, qui pose cette question. Il répond en décrivant la contradiction en laquelle l'enferment les aspirations des parents d'élèves et les exigences de l'institution parfois terriblement opposées. Jean François traite de l'illusion pédagogique, de ce qu'il appelle la violence formatrice, de la difficulté de maintenir un enseignement de haut niveau, tenant compte du rythme et des capacités de chacun des jeunes, des contraintes du métier, de la formation, de l'évaluation et du contrôle des enseignants. Témoignages, anecdotes et portraits se mêlent, l'institution vit sous nos yeux. Plaidoyer, T'aimes mieux ta mère ou ton prof ? fera grincer bien des dents. Mais la profession de foi d'un enseignant qui veut exercer pleinement son métier mérite d'être lue. Et entendue.

  • Le Président américain contraint de dévoiler au monde ébahi ses secrets d'alcôve. Une aventurière de haut vol couverte d'or par une entreprise publique pour obtenir l'aide de son amant ministre. Des sportifs accumulant les records de dopage. Une députée de la République brandissant la Bible, lors d'une séance de l'Assemblée... L'actualité est riche de contrastes. Laissant tiédir les gros titres et refroidir tous ces sujets qui se télescopent à la Une des journaux ou s'accumulent sur les téléscripteurs des agences de presse, Michel Grossiord décrypte l'information brute. Il analyse, avec recul et distance, les faits marquants de l'année, mettant en relief les contradictions de l'actualité, soulignant le ridicule, l'hypocrisie, la lâcheté, parfois le courage de ses héros. Edouard Balladur chassant sur les terres du Front national pour tenter de se repositionner sur le devant de la scène : comble de la frustration politique. Jack Lang faisant feu de tout bois, de la techno au soutien à Bill Clinton : comble de l'occupation de terrain. Jacques Chirac soutenant frénétiquement les Bleus, lors du Mondial : comble de la récupération politique. Alternant ironie et gravité, moquerie et critique, Michel Grossiord nous invite à une décoiffante lecture de l'information.

  • On ne naît pas salaud on le devient ! On voit ce qu'une telle formule contient de pessimisme et d'optimisme à la fois. Nous sommes tous des salauds potentiels. Cela n'est pas réjouissant et demande vigilance mais si on ne naît pas salaud on peut tout aussi bien ne pas le devenir. Ce qu'il faut c'est traquer le salaud dans ce qui le rend possible, un peu comme on prend des mesures prophylactiques contre un cancer, qui en l'occurrence, ronge le monde.

  • Yvonne Vineuil (Yvonne Sée), écrivain à la fois rigoureux et lyrique, s'exprime dans sa poésie - publiée généralement par GLM - et dans ses pièces de théâtre, illustrant en particulier la mythologie grecque et hindoue, et qui furent jouées à Gretz et à Paris. Elle représente la Ligue Internationale de Femmes pour la Paix et la Liberté auprès de l'Unesco. C'est par admiration pour l'oeuvre de Shakespeare, qu'Yvonne Vineuil a voulu extraire des trente-sept pièces du grand auteur, les passages qui lui paraissaient présenter un intérêt universel. Elle les a groupés sous des titres qui évoquent, à ses yeux, les thèmes majeurs des préoccupations shakespeariennes. L'originalité de ce livre réside dans le fait que son auteur, au long de sa cueillette élective, a su dégager de l'oeuvre de Shakespeare, une humanité essentielle, actuelle, vivante, propre à émouvoir nos sensibilités qui se reconnaissent en elle. Ce travail est un acte d'amour pour ces textes admirables, et aussi pour le public, qu'il soit lycéen, étudiant, amoureux du théâtre de Shakespeare ou humaniste. Yvonne Vineuil souhaite que le lecteur partage, à lire cet ouvrage, la joie qu'elle a eue à le rédiger.

  • Ce livre pourrait être le récit d'un chemin de deuil singulier. Par la grâce des mots qui se rencontrent ici, certains pour la première fois, il fait résonner en nous la cruauté de la perte, l'abîme de solitude, le morcellement d'images et la tentative d'un rassemblement, la présence du chtonien.

  • L'auteur, Martiniquais d'origine, est licencié ès lettres et diplômé d'études supérieures d'histoire. La Lettre est une dénonciation irréfutable de l'exploitation de l'homme par l'homme, par quelques hommes, responsables de tous les maux qui nous accablent : la haine, le racisme, la drogue, le chômage, la pollution, la faim, la vérole nucléaire, la guerre... car seul le saint fric les intéresse. C'est un cri de douleur et de fraternité blessée devant le sort réservé à nos frères fichés, humiliés, écrasés, avilis, déracinés, torturés, éventrés, crucifiés, brûlés vifs, assassinés par une poignée de requins, cupides et corrompus, fous et sanguinaires, profitant de la lâche résignation, du consentement tacite de la majorité des sociétaires d'un monde en décomposition morale et sociale. C'est un appel à nous réveiller car nous dormons quand on torture, quand le goulag étend son champ stérile, quand on laisse mourir de faim, quand on tue, nous dormons quand il faudrait crier notre colère, notre indignation, notre détermination à vivre dans la dignité, la joie, la beauté, la solidarité, la générosité, la justice, l'amour et la paix. Hugo disait : la conscience doit rester armée « tant qu'il y aura des opprimés, des exploités, des accablés, des justes qui saignent, des faibles qui pleurent », tant qu'il y aura des bourreaux, des tyrans, des menaces sur la vie, la liberté et la démocratie.

  • Savent-elles, les femmes, que du jour béni où l'enfant paraît et pour peu qu'elles aient le coeur accroché au bon endroit, les problèmes et les angoisses - parsemés de joies enivrantes mais parcimonieuses comme truffe en tranche de foie gras - ne prendront plus jamais fin ? Qu'ils iront plutôt en s'amplifiant avec l'âge des Chers Petits ?

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • « Et si se battre contre soi, mais pour soi, c'est pour se trouver véritablement, se découvrir à l'un pour l'autre, ce fut, et c'est toujours au risque de notre santé mentale et de nos vies ; et si certains n'ont pu échapper au naufrage, c'est pour avoir été au coeur du malheur, porter le deuil de leur vie. » Chroniques des visages du soir « Le nagha ? - Pour le voyageur harassé. (...) Fès où l'on revient mourir. (...) Il y a un serpent qui se tient sur la rive du monde. (...) C'est un nagha, un serpent qui ressemble à un nuage. L'histoire est comme le serpent, on n'en ramasse que les mues... » L'Assommoir. « À l'en croire, il ne craignait rien pour lui-même, le trésor seul, dont il avait la garde, lui donnait de l'inquiétude. » Le jour et l'heure.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

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