• Une réflexion sociologique et anthropologique sur l'imaginaire urbain. Jubilation de l'éphémère, bonheur de vivre et de jouir, intensivité du moment : la ville et ses métamorphoses sont un puissant révélateur des appétences toujours recommencées de l'individu postmoderne. Sociologue photographe et climatologue de la ville, Fabio La Rocca nous invite à penser la métropole comme un personnage de cinéma, avec ses panneaux publicitaires, ses graffitis, ses interconnexions, ses flux numériques. Une déambulation heureuse qui interroge la prolifération de l'image dans l'espace urbain et propose quelques concepts clés : Hype City , Superlieux , bladerunnerisation du territoireNourrie des uvres de Simmel, Heidegger, Baudrillard, Maffesoli, portée par un style ample et précis, cette belle étude sociologique nous apprend à penser avec les yeux .

  • Par son livre, lartiste Laurent Pilon rend compte de limmense potentiel de composition matérielle de la résine de polyester et de la variété des techniques quil est possible dutiliser. La résine, comme le montre la centaine de photos accompagnant le texte, est en effet avide dimprégnation, ouverte à une quasi infinie étendue de conversions matérielles.

  • Dans les salles du Musée des beaux-arts de Montréal, Antoine et Cassandra se croisent souvent. Antoine se décide un jour à adresser la parole à Cassandra. Elle l'écoute, intriguée par cet homme fantasque, mais ne lui répond pas.

    Pour meubler le silence, Antoine raconte chaque samedi l'histoire de personnages féminins qui figurent sur certaines toiles exposées au musée.

    Mais pourquoi Cassandra est-elle incapable de sortir de son mutisme ? Et pourquoi Antoine s'entête-t-il tant à lui parler ?

    Ce roman évoque l'exil, la perte de repères et la reconstruction identitaire sur un nouveau territoire. Il évoque aussi la force de la bienveillance et de l'amitié.

  • Ce livre présente un répertoire de vingt-six concepts qui décrivent de manière synthétique les enjeux théoriques et critiques autour de la création hypermédiatique, plus spécifiquement les oeuvres artistiques et littéraires conçues pour une diffusion sur Internet. Il accompagne une exposition virtuelle du même nom, produite et diffusée par le Laboratoire NT2 de l'UQAM.

  • Réquisitoire sauvage au nom du vivant, La guerre des fleurs - Codex Ferus rassemble les principaux manifestes environnementaux, les déclarations d'artiste de Domingo Cisneros et un texte
    inédit, le Codex Ferus, manuel d'enseignements pratiques et spirituels de la vie en forêt. À l'image des codex mayas, toltèques et aztèques, ces manuscrits peints sur des peaux ou des écorces repliées en accordéon qui permettaient de léguer les connaissances
    aux générations futures, le Codex Ferus de Domingo Cisneros est un chant de passation de pouvoirs au souffle
    tellurique, un livre à l'éclat brut et envoûtant.
    Laure Morali

  • Une femme se fond dans les contours d´un paysage champêtre, évoluant dans un espace travaillé à la spatule, à grands coups de lumière. Un professeur à la retraite anticipe sa fin dans la nature morte d´un tableau cubiste. Un sans-abri s´évade du présent par la contemplation des vitraux d´une station de métro.
    Sortir du cadre est d´abord à prendre au sens littéral : les palettes de couleurs, les textures et les formes s´ouvrent sur le réel, définissent un nouvel espace physique et psychologique. Sortir du cadre, c´est aussi une manière de s´affranchir des conventions et d´explorer l´ailleurs.
    Dans une perspective résolument contemporaine, l´espace pictural et l´écriture façonnent à travers ces nouvelles un monde surprenant, où la vie, inspirée ou issue de l´oeuvre d´art, n´a plus tout à fait le même sens.
    Sortir du cadre, un regard inédit sur les êtres et les choses, celui d´une artiste qui confirme ici ses talents d´écrivaine.

  • Les changements produits par les révolutions industrielle et technologique vont de plus en plus transformer le statut du corps. On ne peut manquer de constater que les créations artistiques qui utilisent des supports technologiques reflètent les mutations en cours dans nos sociétés. La technologie est en train de bouleverser notre mode de vision et les nouveaux dispositifs numériques (images de synthèse, interactivité, réalité virtuelle...) changent notre rapport à limage, au corps et au monde.

    Dans Le Corps à lécran, Ariane Thézé nous propose une approche directe de la problématique de lautoportrait par le biais de son uvre personnelle, tout en évoquant au passage ses grandes admirations, nommément Morimura, Orlan et Boltanski. « Ce qui se passe, affirme Thézé, à travers toutes les mutations techniques, et qui nest pas accidentel, cest une vraie transformation du corps. Ce rapport à la technique nest pas quelque chose à quoi un corps donné doit se plier, sajuster, cest dabord quelque chose qui le transforme. Ce nest plus le même corps qui se déplace et réagit devant tous ces appareils. Un autre corps peu à peu sinvente, se modifie, procède à sa subtile mutation. »

  • Des années après la chute du mur de Berlin, à l'heure de la mondialisation et du libre-échange, une cinquantaine de murs sont toujours érigés dans le monde, notamment autour du territoire d'Israël et à la frontière du Mexique et des États-Unis, où des barrières d'environ 500 km de long se dressent. Si les justifications énoncées par les États sont multiples - immigration clandestine, terrorisme, contrebande, etc. -, l'élévation d'une barrière de séparation semble reprendre une formule ancestrale de rejet de l'autre-étranger et transgresse le principe d'universalité. Sa matérialité archaïque entrant en conflit avec l'image d'un monde postmoderne et technologique, le mur cristallise un malaise qui se doit d'être élucidé par l'art. Sa visibilité et son sensationnalisme en font littéralement l'affiche d'un événement géopolitique, que les artistes investissent.

    Qu'est-ce qui intéresse les artistes si le mur est conjoncturellement éphémère ? Est-ce ses métamorphoses ou bien son cadre spatiotemporel ? L'auteure de cet ouvrage compare trois murs - le mur de Berlin, la barrière de séparation entre Israël et l'auto­rité palestinienne et la frontière sécurisée entre le Mexique et les États-Unis - selon leur esthétique développée par trois artistes phares : Joseph Beuys, Banksy et Frida Kahlo. L'étude des contextes, enjeux et missions géopolitiques, appliquée à chaque barrière de séparation, rend compte des failles et des défaillances de systèmes a priori bien huilés. Car si le mur renvoie généralement à l'idée d'être chez soi et protégé, il peut aussi être synonyme d'isolement, que ce soit voulu ou non. Il est la structure physique et symbolique d'une dynamique carcérale.

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