• Une réflexion sociologique et anthropologique sur l'imaginaire urbain. Jubilation de l'éphémère, bonheur de vivre et de jouir, intensivité du moment : la ville et ses métamorphoses sont un puissant révélateur des appétences toujours recommencées de l'individu postmoderne. Sociologue photographe et climatologue de la ville, Fabio La Rocca nous invite à penser la métropole comme un personnage de cinéma, avec ses panneaux publicitaires, ses graffitis, ses interconnexions, ses flux numériques. Une déambulation heureuse qui interroge la prolifération de l'image dans l'espace urbain et propose quelques concepts clés : Hype City , Superlieux , bladerunnerisation du territoireNourrie des uvres de Simmel, Heidegger, Baudrillard, Maffesoli, portée par un style ample et précis, cette belle étude sociologique nous apprend à penser avec les yeux .

  • Les artistes contemporains délaissent les grandes luttes communes, les partis politiques, et acceptent les subventions de l'État. Ils refusent les étiquettes et se moquent du mythe de l'artiste guidant le peuple. Quand l'oeuvre d'art devient fragments, mouvement, quand son sens est ouvert et dépend de l'expérience du spectateur, quelle est son action sur le monde? Peut-on encore croire à sa portée politique?

    Les nostalgiques pleurent la disparition de l'art engagé. Pour Ève Lamoureux, l'art engagé n'a jamais cédé; il résiste d'une autre manière, à un autre pouvoir, sur d'autres terrains. Exit la division entre l'art pour l'art et l'art au service d'une idée. Exit la conception avant-gardiste militante de l'art engagé. L'engagement actuel passe par une action micropolitique multiforme, une création soucieuse de l'Autre, à la fois autonome et collective, misant sur le processus et la participation. Ainsi, l'auteure nous montre de quelle façon l'art apporte une nouvelle définition de l'engagement politique.

    Cet essai analyse la démarche d'artistes québécois comme l'ATSA, BGL, Doyon/Demers, Danyèle Alain, Sylvie Cotton, Nicole Jolicoeur, Devora Neumark, Alain-Martin Richard, Jean-Claude St-Hilaire et Raphaëlle de Groot. En prolongeant, sur le plan théorique, des créations souvent performatives et éphémères (décors, manifestations, dialogues, oeuvres à compléter soi-même, etc.), ce livre les situe dans l'histoire récente de l'art et met en lumière leur dimension politique.

  • Quel rôle joue aujourd'hui la déclaration de positions esthétiques et politiques ? Qu'est devenue la pratique du manifeste au XXIe siècle ? Il s'agit dans le numéro d'automne de la revue Inter d'interroger le manifeste comme forme d'expression qui investit le langage en tant qu'arme de changement, qui n'a pas perdu confiance dans la force d'intervention des mots. Il y a dans le manifeste l'espoir que nous serons entendus, qu'une prise de position saura altérer l'histoire. C'est un texte, une capsule vidéo, un geste public posé par un collectif, un nous qui fait de cette prise de position un moment décisif : dorénavant nous ne pourrons plus dire que..., nous ne pourrons plus prétendre que..., nous ne pourrons pas faire comme si... Le manifeste constitue une charnière entre l'avant et l'après : il signifie une rupture avec le statu quo, l'émergence d'une masse critique ; il nous exhorte à nous mobiliser, constitue un guide pour affronter le changement, en expose le programme. (source : Inter)

  • Dans les salles du Musée des beaux-arts de Montréal, Antoine et Cassandra se croisent souvent. Antoine se décide un jour à adresser la parole à Cassandra. Elle l'écoute, intriguée par cet homme fantasque, mais ne lui répond pas.

    Pour meubler le silence, Antoine raconte chaque samedi l'histoire de personnages féminins qui figurent sur certaines toiles exposées au musée.

    Mais pourquoi Cassandra est-elle incapable de sortir de son mutisme ? Et pourquoi Antoine s'entête-t-il tant à lui parler ?

    Ce roman évoque l'exil, la perte de repères et la reconstruction identitaire sur un nouveau territoire. Il évoque aussi la force de la bienveillance et de l'amitié.

  • Par son livre, lartiste Laurent Pilon rend compte de limmense potentiel de composition matérielle de la résine de polyester et de la variété des techniques quil est possible dutiliser. La résine, comme le montre la centaine de photos accompagnant le texte, est en effet avide dimprégnation, ouverte à une quasi infinie étendue de conversions matérielles.

  • Pour souligner son 30ième anniversaire, esse a délaissé l'habituel dossier thématique pour donner carte blanche à quelques auteurs invités à poser un regard sur des oeuvres ou des pratiques qui ont particulièrement retenu leur attention au 21e siècle. Se distinguant toutefois d'un palmarès des meilleures oeuvres de la dernière décennie, l'ensemble des textes permet plutôt de constater à quel point les voix et les formes d'écriture sur l'art sont aujourd'hui plurielles, à l'instar des pratiques dont elles soulignent la pertinence. Ce numéro propose donc un portrait éclaté de l'art et de la critique d'art qui se pratiquent en 2014, une aventure en images et en mots, un bref mais palpitant voyage dans l'univers d'une douzaine de commissaires.

  • Le dossier de ce numéro s'intéresse au phénomène de la rénovation que certaines pratiques artistiques abordent, et qui est aussi vécu en marge des activités artistiques par les artistes ou par les lieux de diffusion. Il appert d'abord que nombre d'oeuvres se rattachent au champ de la rénovation par leurs usages comme tel de matériaux et d'outils, mais également en recourant à des dispositifs qui mettent l'accent sur le bâti, la construction, l'élaboration de chantiers ou la mise en chantier de processus. Dans cette perspective, nous nous sommes intéressés à des textes qui analysent des corpus d'oeuvres où, sur le plan réel ou métaphorique, des opérations de (re)construction sont en cause et où il est question de rebâtir.

  • Vivons-nous à une époque où le capitalisme a une emprise totale sur les productions artistiques? Est-ce que le spectacle est synonyme d'aliénation de l'individu? Y a-t- il, en contrepartie, des aspects positifs à cette spectacularisation de la culture? Dans un dossier intitulé « Spectacle », le numéro 82 de esse se penche sur les nouvelles modalités du spectacle en observant ses différentes manifestations dans la société actuelle, et particulièrement dans le domaine de l'art contemporain où l'appel du spectaculaire se fait de plus en plus impérieux.

  • Le retour en force de la religion dans les débats sociopolitiques et philosophiques actuels est un phénomène sur lequel la revue esse a décidé de se pencher pour tenter d'en saisir les échos dans le champ des arts visuels. Ainsi, le dossier de ce numéro interroge la manière dont les artistes réagissent face à cette problématique. Que ce soit par la création d'oeuvres de fiction à caractère critique ou humoristique, par l'emprunt, la subversion ou l'amalgame des codes religieux, par des références directes ou symboliques, ou encore par la reproduction de certains rituels, les oeuvres mises en valeur dans ce numéro abordent le thème des religions par l'entremise de problématiques qui révèlent le caractère actuel de sa prégnance.

  • Le dossier, Sortie publique/Going public, du numéro hivernal de Ciel variable, propose des oeuvres relevant d'univers et de temporalités très diversifiés, toutes marquées par la notion de visibilité publique. Ces oeuvres couvrent un large spectre de ce qui définit l'espace public d'énonciation artistique. Elles vont du contexte sociétal et culturel circonscrivant ce qui peut se dire, au réseau spécialisé, professionnel et mondain, accueillant et nourrissant les expérimentations, en passant par l'espace civique et urbain où les oeuvres se voient mises à l'épreuve du quotidien des gens et des contraintes urbanistiques. Découvrez le travail photographique de Justin Wonnacott qui a documenté plus de 350 oeuvres d'art public dans la région d'Ottawa, celui de Gabor Szilasi et ses images de vernissages dans les années 1960 et 1970, ainsi que l'exposition Iran, année 38, présentée aux Rencontres d'Arles l'été dernier et retraçant 38 ans de photographies iraniennes.

  • Ce livre présente un répertoire de vingt-six concepts qui décrivent de manière synthétique les enjeux théoriques et critiques autour de la création hypermédiatique, plus spécifiquement les oeuvres artistiques et littéraires conçues pour une diffusion sur Internet. Il accompagne une exposition virtuelle du même nom, produite et diffusée par le Laboratoire NT2 de l'UQAM.

  • Sondes

    J.R. Leveille

    Peu d'auteurs dans la francophonie canadienne tiennent un discours sur leur propre pratique artistique ainsi que celle des autres.
    J.R. Léveillé l'a entrepris en 1990 avec la publication d'une Anthologie de la poésie franco-manitobaine et l'a poursuivi, au cours des ans, dans divers essais ou conférences, ainsi que par des articles de magazines, livres et revues, regroupés, en 2005, dans Parade ou les autres et Logiques improvisées.

    Sondes rassemble la majeure partie des textes produits de 2005 à 2014 et offre une vitrine sur la modernité culturelle franco-manitobaine. On y trouve des réflexions de l'auteur sur sa propre pratique d'écrivain, une certaine théorisation de l'écriture, un aperçu des conditions sociales, politiques et culturelles qui ont conduit à la modernité, des entrevues et des portraits d'auteurs qui ont fondé le théâtre et la littérature et d'artistes qui en assurent l'évolution.
    Cette version de Sondes est enrichie par des liens qui mènent aux sites internet de la plupart des artistes énoncés dans l'ouvrage.

  • Les oeuvres réunies dans le numéro printemps-été, Revisiter | Revisit, de la revue Ciel variable font un retour sur des phénomènes ou événements significatifs de l'histoire récente pour les remettre en mémoire et prendre la mesure de leurs enjeux actuels. Freedom Rocks : The Everyday Life of the Berlin Wall de Blake Fitzpatrick et Vid Ingelevics, Le huitième jour d'Emmanuelle Léonard en écho à Charles Gagnon et The Natalie Brettschneider Archive par Carol Sawyer sont des oeuvres foisonnantes, aux itérations multiples, qui empruntent des formes complexes à l'image de leurs objets d'investigation, soit tout un champ des pratiques artistiques, des oeuvres phares et des moments charnières, des artefacts culturels démultipliés qui sont l'objet d'intenses manipulations idéologiques. Aussi, sous la rubrique « Focus », découvrez L'Arab Image Foundation, l'exposition Exhibit Model de Jonathan Monk présentée chez VOX l'automne dernier, ainsi que celle de onze photographes ayant participé à un portrait collectif de l'ancien hôpital Royal Victoria.

  • Cet automne, la revue Ciel variable consacre son portfolio principal à trois artistes intéressés par le phénomène de migration. « La frontière est devenue une sorte de non-lieu, une zone hors nations, où l'identité des migrants est mise en examen et leur statut tenu en suspens pour un temps de plus en plus long et indéterminé. » Ce numéro aborde certains aspects de cette traversée des frontières avec Roxham de Michel Huneault, The Castle de Richard Mosse et The Space Between the Seconds d'Émilie Serri qui traitent de l'accueil réservé aux migrants, de leur intégration et des questionnements identitaires suscités par de telles mouvances territoriales. La section « Focus », elle, propose trois articles, l'un sur le collectif Outre-vie / Afterlife créé par Raymonde April en 2013, l'un sur la photographie comme acte de collaboration et l'autre sur l'exposition Michel Campeau - avant le numérique.

  • Le numéro hivernal de la revue Ciel variable s'articule autour d'expérimentations chromatiques dans la pratique de Yann Pocreau, Jessica Eaton et Bert Danckaert. De la manipulation de la lumière (par filtration, combinaison, diffraction) jusqu'au travail sur ses surfaces d'inscription (pellicules, papiers photo, surfaces murales) en passant par le repérage de compositions picturales dans les rues de la ville, un espace d'exploration s'ouvre pour la photographie autour des diverses manifestations de la couleur. Il en résulte des images qui mettent en question nos perceptions. Le référent de ces travaux est souvent la peinture abstraite et sa longue tradition d'expérimentation, mais le réel aussi comporte sa part d'ambiguïté perceptuelle quant à l'impact des couleurs. On retrouvera également dans ce numéro des articles de fond sur l'exposition récente de Marisa Portolese au Musée McCord et la dernière édition des Rencontres Internationales de la Photographie en Gaspésie de même qu'une réévaluation de l'exposition Camerart, présentée à la galerie Optica en 1974.

  • Trois expositions récentes offrent à la revue Ciel variable l'occasion de jeter un regard inusité sur l'acte de collectionner. Serge Clément présente, avec Archipel, la collection de tous les livres photographiques qu'il a conçus, livres que l'on peut comprendre comme des mises en séquence de collections de ses propres images. Avec Tout ceci est impossible, Bertrand Carrière plonge dans la collection de la Cinémathèque québécoise en s'intéressant au film noir dont il extrait des images-types tout en explorant les jeux de temporalités propres au fondu enchaîné. Enfin, la collection Lazare représente avec États d'âmes, esprit des lieux un exemple assez rare d'une collection rassemblée patiemment au fil des ans pour refléter une vision teintée de mélancolie sur un monde en difficultés. La rubrique « Focus », elle, propose d'explorer le documentaire Le tribunal sur le Congo de Milo Rau, la 22e édition de Paris Photo, Anthropocene fatigue d'Edward Burtynsky et In Pursuit of Magic, exposition rétrospective du travail de Nathan Lyons.

  • Réquisitoire sauvage au nom du vivant, La guerre des fleurs - Codex Ferus rassemble les principaux manifestes environnementaux, les déclarations d'artiste de Domingo Cisneros et un texte
    inédit, le Codex Ferus, manuel d'enseignements pratiques et spirituels de la vie en forêt. À l'image des codex mayas, toltèques et aztèques, ces manuscrits peints sur des peaux ou des écorces repliées en accordéon qui permettaient de léguer les connaissances
    aux générations futures, le Codex Ferus de Domingo Cisneros est un chant de passation de pouvoirs au souffle
    tellurique, un livre à l'éclat brut et envoûtant.
    Laure Morali

  • Une femme se fond dans les contours d´un paysage champêtre, évoluant dans un espace travaillé à la spatule, à grands coups de lumière. Un professeur à la retraite anticipe sa fin dans la nature morte d´un tableau cubiste. Un sans-abri s´évade du présent par la contemplation des vitraux d´une station de métro.
    Sortir du cadre est d´abord à prendre au sens littéral : les palettes de couleurs, les textures et les formes s´ouvrent sur le réel, définissent un nouvel espace physique et psychologique. Sortir du cadre, c´est aussi une manière de s´affranchir des conventions et d´explorer l´ailleurs.
    Dans une perspective résolument contemporaine, l´espace pictural et l´écriture façonnent à travers ces nouvelles un monde surprenant, où la vie, inspirée ou issue de l´oeuvre d´art, n´a plus tout à fait le même sens.
    Sortir du cadre, un regard inédit sur les êtres et les choses, celui d´une artiste qui confirme ici ses talents d´écrivaine.

  • Les changements produits par les révolutions industrielle et technologique vont de plus en plus transformer le statut du corps. On ne peut manquer de constater que les créations artistiques qui utilisent des supports technologiques reflètent les mutations en cours dans nos sociétés. La technologie est en train de bouleverser notre mode de vision et les nouveaux dispositifs numériques (images de synthèse, interactivité, réalité virtuelle...) changent notre rapport à limage, au corps et au monde.

    Dans Le Corps à lécran, Ariane Thézé nous propose une approche directe de la problématique de lautoportrait par le biais de son uvre personnelle, tout en évoquant au passage ses grandes admirations, nommément Morimura, Orlan et Boltanski. « Ce qui se passe, affirme Thézé, à travers toutes les mutations techniques, et qui nest pas accidentel, cest une vraie transformation du corps. Ce rapport à la technique nest pas quelque chose à quoi un corps donné doit se plier, sajuster, cest dabord quelque chose qui le transforme. Ce nest plus le même corps qui se déplace et réagit devant tous ces appareils. Un autre corps peu à peu sinvente, se modifie, procède à sa subtile mutation. »

  • Des années après la chute du mur de Berlin, à l'heure de la mondialisation et du libre-échange, une cinquantaine de murs sont toujours érigés dans le monde, notamment autour du territoire d'Israël et à la frontière du Mexique et des États-Unis, où des barrières d'environ 500 km de long se dressent. Si les justifications énoncées par les États sont multiples - immigration clandestine, terrorisme, contrebande, etc. -, l'élévation d'une barrière de séparation semble reprendre une formule ancestrale de rejet de l'autre-étranger et transgresse le principe d'universalité. Sa matérialité archaïque entrant en conflit avec l'image d'un monde postmoderne et technologique, le mur cristallise un malaise qui se doit d'être élucidé par l'art. Sa visibilité et son sensationnalisme en font littéralement l'affiche d'un événement géopolitique, que les artistes investissent.

    Qu'est-ce qui intéresse les artistes si le mur est conjoncturellement éphémère ? Est-ce ses métamorphoses ou bien son cadre spatiotemporel ? L'auteure de cet ouvrage compare trois murs - le mur de Berlin, la barrière de séparation entre Israël et l'auto­rité palestinienne et la frontière sécurisée entre le Mexique et les États-Unis - selon leur esthétique développée par trois artistes phares : Joseph Beuys, Banksy et Frida Kahlo. L'étude des contextes, enjeux et missions géopolitiques, appliquée à chaque barrière de séparation, rend compte des failles et des défaillances de systèmes a priori bien huilés. Car si le mur renvoie généralement à l'idée d'être chez soi et protégé, il peut aussi être synonyme d'isolement, que ce soit voulu ou non. Il est la structure physique et symbolique d'une dynamique carcérale.

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