Editions Gunten

  • Un 24 décembre

    Agnes Siegwart

    Ce 24 décembre sera la charnière de la vie de trois femmes. Solène, Bérengère et Anna vont voir leurs destins bouleversés brutalement.
    A leur insu, elles vont se retrouver, pour quelques heures, dans une histoire commune.
    « Mais un soir de réveillon, on n'a pas le droit, non, on n'a pas le droit de rendre quelqu'un malheureux, ne serait-ce que cinq minutes.

    Que l'on aime Noël ou pas, Noël fait craquer les coeurs comme la neige sous les pas.

    Ce soir-là, on est doux, tolérant, mais très fragile et ému. Noël sensibilise. Noël fait tout fondre, sauf les glaçons. Décor naturel et féerique des toits jurassiens.
    De joie ou de peine, parfois les deux mélangées, les yeux des grands sont humides et ceux des enfants étincellent. »

  • Arnaud Friedmann signe son deuxième roman. C'est l'histoire d'une rupture. Histoire banale ? Non, elle ne l'est pas. Lui, il n'aime plus. Elle, elle meurt dans les mots de la rupture accompagnés de leur mélodie préférée. Histoire sombre ? Oui. Des solitudes, des caricatures, des rencontres sans demains. Histoire insolite aussi. De la femme qui renaît folle, meurtrière, différente. Et surtout, histoire écrite, balancée, mélodieuse. « La mélodie préférée », un swing, un rythme and blues dont la partition est signée Arnaud Friedmann, l'auteur chaque fois plus talentueux, à suivre...

    Extrait


    « En sortant, il s'efface pour laisser passer une femme. Une belle femme. Elle le frôle. Elle disparaît dans le bar. Il ne la voit qu'à peine. Son dos, ses cheveux, la trace de son parfum, le mouvement de sa veste. Elle est passée très vite. Elle pourrait être une reine, un rêve, une assassine. Ou ne pas exister. Laurent l'a déjà oubliée lorsqu'il arrive sur le trottoir, comme toutes les femmes qu'il croise et qui ne s'arrêtent pas, dont il n'accroche que la silhouette et les regrets qu'elles laissent. Le soleil l'éblouit »

  • Après « Pièges », après « l'Escale », Jean-Jacques Cambrelin nous propose « Les héros ». Nouveau roman, apanage des auteurs de talent comme Jean-Jacques : transporter le lecteur dans un nouvel univers, une nouvelle époque, et nous faire découvrir de nouveaux personnages. Nous nous retrouvons pendant la guerre de 40. Qui dit guerre dit héros, lâche, courageux, indifférent, résistant, résigné, soldat, soldat français, allemand, russe... mais aussi enfant, amour, oui, amour...

    Avec Jean-Jacques Cambrelin, il s'agit donc de sentiments, des plus vils aux plus braves, tour à tour ou ensemble. Une valse en un temps mais un tourbillon dans les coeurs. Jean-Jacques donne le rythme, bat la mesure, dirige la chorégraphie. Il l'endiable jusqu'à l'épuisement, l'égarement des danseurs, pour, non pas les écorcher vifs, ni les caricaturer, mais au contraire leur donner fière allure dans ce bal miteux qu'est la guerre...

    Les âmes y tournoient emportées par les forces de l'un, les faiblesses de l'autre. Qui se retirera de la danse folle et comment, et quand ? Avant l'étourdissement fatal ? Ludwig, l'allemand, Andréa la vieille fille de la maison qu'il a réquisitionnée ?
    Sous la baguette de Jean-Jacques Cambrelin, nous, lecteurs, sommes captivés et bien un peu captifs, troublés, beaucoup, et emmenés précisément, où le chef d'orchestre le désire : au-delà de toutes considérations qui ne seraient que bassement humaines...

  • « Déposer les larmes », plus qu'un titre, plus qu'un roman, un cri, certes étouffé mais tout droit sorti du coeur de Lou Malaval. Dans cet ouvrage, elle raconte la détresse dans laquelle elle, son mari, ses enfants, sa famille ont été plongés à la suite d'une décision de leur fille ainée à fuir la maison sous l'emprise d'une dangereuse manipulatrice.
    Mais elle ne veut pas que ce cri reste un cri aux abois, mais qu'il soit un appel, qu'il trouve un écho, une résonnance et puisse servir d'alarme à tous les parents dans la même situation que celle qu'ils ont connue.
    Lou Malaval est une maman dont l'extrême souffrance qu'elle a endurée a fait d'elle un auteur, un écrivain...sa solution, sa thérapie fut de déposer ses larmes sur le papier qui au fur et à mesure les a séchées. En revanche, elle tient à ce que ses confidences ne soient pas de vaines lamentations mais un vrai témoignage des épreuves qu'un jeune adulte peut faire subir à son entourage. La maltraitance est hélas plurilatérale. Ni exclusive, ni sexiste, ni spécifique, elle peut, un jour ou l'autre, concerner tout le monde, parents comme enfants.
    Le bruit que fait le déchirement de son âme ne peut qu'être entendu. Lou trouvera peut-être l'apaisement...
    Le talent littéraire n'est pas toujours de faire rêver ou de tromper la réalité en nous en éloignant mais au contraire la dévoiler sans la trahir, ni la falsifier. Lou Malaval fait partie désormais de ces auteurs qui interpellent, alertent et rendent utiles leurs propres expériences.

  • « Un mois de novembre frais, une fin d'après-midi triste comme seul un mois de novembre sait l'être ici, le tout arrosé d'une petite pluie fine et d'une nuit qui s'installe pour quelques heures.
    La ville de Lyon est semblable à elle-même. Monsieur Jean-Marc Vinéa avait les orteils froids car depuis 90 minutes, montre au poignet, il faisait le « pied de grue » dans un couloir d'immeuble du cours Lafayette. Il avait, dans son attente scrutatrice de la porte d'entrée du bâtiment en face du sien, tout analysé, tout pesé, depuis la pluie mesquine et insidieuse qui commençait à l'humidifier, jusqu'au faible trafic des passants. Pour l'instant, tout se résumait à supputer s'il y avait ou non une sortie qu'il n'aurait pas repérée dans l'immeuble qu'il surveillait.
    Monsieur Vinéa se demandait aussi si Madame la député allait rester encore longtemps dans cette maison. D'autres questions le tracassaient évidemment : Pourquoi Monsieur le député Dupeyroux semblait-il se torturer la cervelle et le moral pour connaître à la minute près les agissements de son épouse Christiane puisqu'il était de notoriété publique que la position couchée avait de loin la préférence de sa femme... »

  • Toujours aussi calme, l'homme retira de son sac à dos une pomme puis un cran d'arrêt de sa poche de jeans. Il appuya sur le bouton de sécurité situé à l'avant du manche en corne du couteau, une lame jaillit hors de sa gaine, longue, tranchante comme un rasoir. Orgueilleuse de sa beauté terrifiante, on pouvait lire gravé « Que ma lame soit mortelle ». C'était une gravure qui remontait paraît-il au milieu du XIIIe siècle, lorsque les Français, sous le règne de Charles d'Anjou occupaient la Sicile, et ironie tragique, elles servirent beaucoup ces lames lors des vêpres miliciennes au début de l'année 1282 pour le massacre de près de deux mille Français.
    Carlo Bonatti se déplaçait vite, comme un fauve vers ce pourquoi Dieu l'avait créé sans doute, il allait vers le destin des autres et peut-être le sien

    Extrait

    La journée était particulièrement étouffante, même si c'était en juillet, un mois généralement chaud en Provence. Le ciel variait du bleu pâle au blanc crémeux tant il était chauffé par le soleil. La garrigue, elle, semblait assommée par ce trop plein de degrés centigrades. Le calme régnait en maître puisque rien ne bougeait ou presque hormis quelques rigolons qui faisaient de la résistance en hurlant leur plaisir de vivre et les inévitables fourmis qui continuaient inlassablement leur travail en ignorant la canicule. En un verbe, on pouvait dire que tout ce qui vivait dans ce petit maquis «somnolait». Au milieu de toute cette nature, sous un «arbousier», un sac à dos posé près de lui, un homme regardait la nature, devant lui, immobile. Du bout d'une canne à bout ferré, il voulut écarter une pierre un peu plus grosse que les autres, qui entravait le chemin d'une colonie de fourmis travailleuses. Une vipère bondit sur la canne. L'homme d'un simple revers du poignet rabattit d'un coup sec le bâton sur le dos du serpent. Le reptile se cabra et retomba sur le sol en s'agitant désespérément. Les reins brisés, la vipère sifflait en essayant de se traîner vers les buissons épars.

  • La souillure

    Pastore Gilbert

    Joyeuse, elle se rendait à la fête du village, traversant la campagne provençale ensoleillée et parfumée. Tout lui souriait. Elle ignorait qu'elle allait être victime d'un viol des plus horribles. Nous sommes en mai 1940 Une vie à rechercher les auteurs de ce geste et à mûrir une vengeance. Une haine au service d'un combat interdit.

    Extrait

    « Pressés d'atteindre leur proie, ils couraient, insensibles aux ronces et aux branches. Leurs vêtements étaient tâchés, quelle importance lorsque l'on chasse. Ces détails comptent peu lorsque la proie est proche. Leur bas-ventre enflammé, ils assouvissaient leur envie. L'esprit obscurci, ils crient l'hallali. »

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