Sciences humaines & sociales

  • La Sicile est au carrefour de l'histoire du monde. Dans un récit vivant et érudit, John Julius Norwich narre le tumultueux destin de cette île fascinante, et des tyrans, des monarques et des reines remarquables qui ont combattu pour la dominer.
    La Sicile est la plus grande île de la Méditerranée, le relais entre l'Europe et l'Afrique, le lien entre l'Occident latin et l'Orient grec. Sa situation stratégique a tenté les empereurs romains, les princes français et les rois espagnols. Les luttes qui s'en sont suivies pour la conquérir et la garder ont joué un rôle crucial dans l'essor et le déclin des dynasties les plus puissantes du monde.
    Le récit palpitant de John Julius Norwich est le premier à nouer ensemble les fils de l'histoire sicilienne dans une seule étude globale. De ses débuts comme cité-État grecque à son émergence comme carrefour commercial multiculturel pendant les croisades, et de la rébellion contre l'unification italienne à l'essor de la mafia, l'histoire de la Sicile est riche de moments extraordinaires et de personnages spectaculaires.

  • Le mardi de Pâques 31 mars 1282, la Sicile tout entière se révolte contre les troupes de Charles d'Anjou, le frère de Saint Louis, qui occupent le royaume depuis près de vingt ans. Au signal donné à l'heure des vêpres, la population se précipite dans une chasse aux Français qui va faire près de 8000 victimes puis refouler Charles d'Anjou hors de l'île et y installer pour finir la Couronne d'Aragon. À la fois chant populaire et chronique historique, le bref récit de la fin du XIIIe siècle ici présenté met en scène Jean de Procida, l'âme de la rébellion. Héros bafoué mais rusé comme Ulysse, il tisse tambour battant un immense complot à travers toute la Méditerranée, de Byzance à Barcelone en passant par Rome et Palerme. Ce Complot de Jean de Procida, évocation épique de la Sicile insoumise, est aussi à sa façon l'un des tout premiers romans d'espionnage.

  • Alcibiade (451-404) est l'une des figures les plus controversées de l'antiquité grecque. Neveu de Périclès, descendant de la grande famille des Alcméonides, Alcibiade inquiète autant qu'il fascine. Fréquentant Socrate, il joue plus au dandy arrogant qu'au philosophe d'autant que sa beauté et son charme lui valent d'être poursuivi par une foule de femmes. Excellent orateur, doté d'une intelligence de premier ordre, il brûle d'une ambition effrénée. Déçu de n'avoir pas été associé aux négociations lors de la paix de Nicias (421), il intrigue pour obtenir la direction de l'expédition de Sicile contre Syracuse (415) qui se solde par un désastre. Compromis dans la parodie des Mystères d'Eleusis, il s'enfuit et se réfugie chez l'ennemi spartiate (412) dont il devient le conseiller. Puis, il revient triomphalement dans sa patrie en 407, fort de ses succès militaires, où la cité, sous la domination des oligarques depuis leur coup de force de 411, lui accorde les pleins pouvoirs. En fin de compte, ce sont les Trente tyrans qui vont convaincre les Spartiates de le faire assassiner. Par précaution.
    En 404 avant J.-C., Athènes est vaincue et soumise à la dure loi des Spartiates. C'est aussi cette année-là que meurt Alcibiade. De la démocratie, il n'aura peut-être pas partagé les convictions. Il en aura du moins suivi le destin, dans un de ses chapitres les plus difficiles, mais un des plus éclatants.
    Plutarque, Thucydide, Lysias, Andocide, Platon, Xénophon, Aristophane, Athénée, Isocrate, Diodore de Sicile et Cornélius Népos nous racontent.

  • Qui n'a jamais su qu'une bande de mercenaires fondèrent, au coeur du Moyen-Âge, un improbable « duché catalan d'Athènes » ? Un témoin direct de cette invraisemblable équipée, Ramon Muntaner, en a pourtant consigné la mémoire dans une Chronique qu'il dédia, à la fin de sa vie, au roi d'Aragon.

  • "Figure historique de la lutte antimafia, le juge Falcone, sauvagement assassiné par Cosa Nostra en 1992, est un héros des temps modernes. Dans une Italie en mal de repères moraux, il continue d'incarner, vingt ans après sa disparition, le combat pour l'Etat de droit et des valeurs de courage, d'abnégation, de lucidité face à une corruption érigée en système. Souvent incompris et parfois haï de son vivant, il est devenu dans la Péninsule, et spécifiquement sur son île natale de Sicile, une figure historique vénérée, presque mythique.

    Et pourtant, cet homme qui perça le premier les secrets de la mafia sicilienne et le paya de sa vie demeure un quasi inconnu en France. Exception faite d'un livre d'entretiens réalisé un an avant sa mort par la journaliste française Marcelle Padovani, aucun ouvrage en langue française ne lui a été consacré, aucune biographie de Falcone n'a été traduite de l'italien ou de l'anglais.

    Le livre de David Brunat vient combler ce manque en ressuscitant la figure du juge de façon particulièrement juste et originale. Au fil d'une méditation personnelle et engagée empreinte d'une poésie tendre et mélancolique, l'auteur de Titanic et d'Histoires de la Mafia rappelle l'importance pour les sociétés démocratiques de ne jamais déposer les armes face au crime organisé.

    Magistrat hors pair doté d'une intelligence aiguë et d'une volonté implacable, amoureux de la Sicile et de la vie, fin lettré et francophile, Giovanni Falcone fut à sa façon un guide, un éclaireur. Le présent ouvrage dessine le portrait d'un homme debout, d'un honnête homme fauché par les forces du mal mais qui continue à vivre dans la mémoire des hommes de bien."

  • En l'année 1016, quelque quarante chevaliers normands revenant d'un pèlerinage en Terre Sainte aidèrent les habitants de Salerne à chasser une armée arabe sur le point de s'emparer de la ville. Émerveillés par leurs exploits, les princes de la région les invitèrent à rester comme mercenaires. Ils refusèrent sur le moment, mais ils revinrent un peu plus tard comme ils l'avaient promis, entraînant derrière eux toute une cohorte de chevaliers normands. Telles furent les prémices de l'aventure normande en Italie du Sud et en Sicile. En moins d'un siècle les Normands parvinrent à supplanter définitivement dans la région les Arabes et les Grecs byzantins et à créer une monarchie originale et exemplaire, qui devint bientôt un modèle pour l'Europe entière. Quels furent ces hommes qui ont réalisé une telle conquête ? Comment sont-ils parvenus à s'imposer, alors qu'ils étaient fortement minoritaires ? Quels furent leurs rapports avec Byzantins. Arabes, Italiens et Siciliens ? Quelles furent leurs relations avec la Papauté et avec les Églises latine et grecque ? Quelles furent leurs réalisations dans les domaines institutionnel, culturel et artistique ? Quels liens ont-ils conservés avec leurs compatriotes de Normandie et d'Angleterre ? Telles sont les questions auxquelles cet ouvrage tente de répondre. Cette seconde édition présente en annexe une importante bibliographie qui comprend d'une part les éditions des sources et d'autre part les nombreux travaux consacrés à l'Italie du Sud et à la Sicile de l'époque normande.

  • La République romaine meurt, mais ne se rend pas vite : il faut à Appien les cinq livres des Guerres civiles pour raconter sa longue agonie. Le livre III se termine par la blessure mortelle qu'en août 43 lui inflige Octave, quand il force Rome à l'élire consul. Le livre IV s'ouvre sur ce qui ressemble à un coup de grâce, l'instauration du Triumvirat. Octave, Antoine et Lépide s'octroient tous les pouvoirs et procèdent à une nouvelle « proscription » : la liste des individus à décapiter contre récompense est affichée et toute solidarité avec eux interdite. Contre les massacreurs, les proscrits inventent des cachettes, des moyens de fuir, ou bien meurent, parfois crânement. Le courage de leurs proches, voire de leurs esclaves, en sauve certains. Lâcheté, trahison et cruauté se donnent libre cours, mais la République vit encore. Sextus Pompée contrôle la Sicile et dirige une flotte. Brutus et Cassius, chefs du complot contre César, ont rassemblé des armées considérables et sont maîtres des riches provinces de l'Orient grec, alors que les triumvirs ne tirent rien de l'Italie et de l'Occident, exsangues. La lutte finale a lieu à l'automne 42, à Philippes, au nord de la Grèce.
    Appien évoque d'abord cette période de sang et de fureur par une longue suite de brefs tableaux retraçant le destin des proscrits, puis il peint une grande fresque de la confrontation finale, sans cacher où vont ses sympathies. Quand il écrit, la République est morte depuis deux cents ans, mais son souvenir alimente toujours la réflexion morale et politique.

  • En tentant de reconstituer une partie de l'histoire de la famille des Filangeri, conti di San Marco, dont un membre avait joué un rôle majeur lors du dépôt de mon arrière-grand-père à la Maison des Enfants Trouvés de Palerme en 1832, et en enracinant cette recherche dans le territoire de Villafrati d'où cette famille tirait son pouvoir féodal, c'était un long voyage dans le temps qui allait commencer pour moi, dont je ne reviendrai pas indemne, conscient désormais d'être de toute façon l'héritier d'une histoire complexe, souvent tortueuse, pleine d'espoirs toujours trahis. Cette recherche allait aussi se révéler porteuse d'une dimension plus universelle car une histoire plus vaste allait se dégager peu à peu, qui allait en apprendre plus sur la Sicile bien sûr, sur l'Italie, sur la constitution de l'État italien, sur les Italiens et leurs difficultés actuelles. Mais aussi sur les processus de colonisation et de décolonisation, sur le lien entre développement économique et social et démocratie, entre sous-développement et mafia. Et enfin sur la capacité de résistance des pouvoirs aux évolutions nécessaires, sur les terribles conséquences de celle-ci sur la mentalité des individus dans leur rapport à la loi, au bien commun, à l'intérêt général. En bref, un condensé de la géopolitique contemporaine.

  • Cette étude se veut une première approche du vin et des amphores de transport produits aux ive-iiie s. dans l'Italie du Sud grecque prise au sens large. Elle cherche essentiellement à mieux comprendre ce que représente ce secteur pour l'économie des zones grecques et périphériques, et se compose de deux volets. Le premier [chap. ii-iii] évoque un ensemble de documents illustrant d'une part la production de vin, de l'autre celle d'amphores. Le second [chap. iv-v] aborde l'organisation et la signification économique de cette production. Les pages qui suivent immédiatement présentent l'état des connaissances, mettent en relief les questions liées à l'étendue géographique et à la période prises en considération, précisent les aspects méthodologiques.

  • Cet ouvrage constitue les Actes du colloque tenu à Tours les 7, 8, et 9 septembre 1998, qui a rassemblé des spécialistes de toutes les périodes de l´histoire dans une perspective totalement diachronique et pour une large aire géographique, de la Sicile grecque à la France du xxe siècle , en passant par les Cités-États de l´Italie ou de l´Allemagne médiévales. Une réflexion y est menée sur la pertinence de l´emploi du mot patriciat à travers les âges et les cultures, ainsi que sur les éléments constitutifs de l´identité patricienne au regard le l´ensemble des familles de l´élite urbaine. Les processus de formation et de pérennisation des lignages sont mis en lumière, de même que leurs mode d´insertion dans la cité et dans ses instances dirigeants et leurs systèmes de représentations face aux contemporains et à la postérité.

  • Palerme est une ville marquée par l´illégalité, criminelle ou non, et par d´importants dysfonctionnements institutionnels : clientélisme des autorités municipales, faible efficience des administrations. Cet essai, qui traite de la gestion et de l´aménagement de la ville de Palerme depuis la fin du second conflit mondial, révèle les complexités des mécanismes à l´oeuvre dans l´espace urbain, à l´origine de la dégradation du territoire et des conditions de vie des habitants. L´auteur met en relation deux champs de recherche. Le premier a trait à la culture politique des autorités municipales : une culture faite de pratiques, d´usages et de représentations, mais aussi de rapports au territoire, aux administrés et au bien commun. Le second concerne les politiques mises en oeuvre par ces mêmes autorités et les techniques de gouvernement auxquelles elles ont recours. Appréhendée dans son quotidien comme dans ses grandes évolutions, la ville fait l´objet dans cette étude d´une approche globale. L´action des pouvoirs publics est abordée à l´aune des politiques d´urbanisme et, plus largement, des services urbains (eau, déchets) et des différentes interventions qui façonnent le territoire. Contribution importante à la connaissance des réalités de l´Italie contemporaine et plus particulièrement du Mezzogiorno, l´ouvrage livre de nombreuses clefs de lecture d´une ville qui étonne et déroute les visiteurs. Au-delà, cet essai formule, à partir du cas de Palerme, des pistes de recherche pour l´étude d´un modèle de gouvernement urbain méridional en Italie.

  • Qu'ont en commun la Chanson de Roland, le Roman de Renart, le rôle revendiqué par le comte Spencer auprès de ses neveux lors des obsèques de sa soeur, la princesse Diana, ou la place de saint Joseph dans les tables des saints siciliennes ? Cette apparente devinette pour initiés, qui ressemble à un inventaire a la Prevert, a pour solution une intéressante situation anthropologique révélée par Salvatore D'Onofrio sous l'intitulé : inceste du troisième type, ajoutant ainsi une extension nouvelle a la définition de l'inceste. C'est, pour le situer dans sa forme centrale, le rapport sexuel possible entre un « compère » et une « commère », c'est-à-dire entre le parrain d'un enfant et la mère de celui-ci. Ce type de relation spirituelle, équivalente a la relation frère-soeur dans ses effets, s'inscrit dans un nouvel atome de parente où le parrain prend la place structurellement occupée par l'oncle maternel.

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