République des Lettres

  • Texte intégral révisé suivi d'une biographie de Guy de Maupassant. Devenu célèbre, et poussé par un mystérieux besoin de fuite où l'on peut voir un des premiers signes de sa future folie, Maupassant entreprend dans les années 1880-85 une série de voyages, la plupart en Méditerranée, dont il rapporte de passionnantes impressions recueillies dans les volumes intitulés "Au soleil", "Sur l'eau" et "La Vie errante". "La Sicile", publié d'abord en revue avant d'être intégré en 1890 dans le recueil "La Vie errante", est le titre de son carnet de voyage dans l'île italienne en 1885. Après avoir longé la côte italienne sur son yacht, il passe le détroit de Messine "tout entier parfumé comme une chambre de femme", et découvre la Sicile, peu visitée à cette époque, qu'il baptisera la "perle de la Méditerranée". Palerme, Monreale, Agrigente, Syracuse, l'Etna, Taormine ("un paysage dans lequel on trouve tout ce qui semble exister sur terre pour séduire les yeux, l'esprit et l'imagination"), l'auteur de "Bel-Ami" est littéralement fasciné par la beauté des principaux sites et la chronique de son voyage transporte le lecteur dans la géographie, l'histoire et l'âme de la Sicile mieux que le ne ferait aucun guide touristique.


  • Texte intégral révisé suivi d'une biographie de Vitaliano Brancati. Après leur éducation sentimentale avec les femmes délaissées par leurs maris au front, Giovanni et ses amis oisifs quittent Catane, ville dont "l'histoire est d'abord celle des regards", pour aller à Rome et dans les grands lieux de villégiature italiens, en quête de femmes et d'aventures plus parlées que réellement consommées. Ainsi rêvent-ils, de touristes septentrionales en prostituées sordides, en passant par une poupée de caoutchouc. Mais Giovanni va être regardé par la femme la plus convoitée de Catane, Ninetta dei Marconella. Cet amour va le transporter au point de tout abandonner pour se mettre au travail, guettant les regards de Ninetta dont il effleurera enfin les lèvres dans le train fantôme du luna-park. Ainsi, découvrant le sentiment de l'universel, se retrouve-t-il marié et installé à Milan. Giovanni est assiégé par les milanaises, persuadées de la virilité du don Juan sicilien. Il se laisse aller, dans la peur et l'ennui, à des relations faciles, puis finit par retourner en Sicile. Avant "Le Bel Antonio" et "Les Ardeurs de Paolo", "Don Juan en Sicile" est le premier roman d'une trilogie de Brancati sur le "gallisme" (de "gallo": coq), ces comportements masculins ostentatoires d'affirmation de séduction dont il nous donne la définition: "Mal commun aux hommes du Sud, pour qui le mot "honneur" trouve sa signification la plus élevée dans l'expression "se faire honneur avec une femme", le gallisme consiste principalement à faire croire qu'on détient une extraordinaire puissance virile."



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