Collection XIX

  • « En 1902, quelques journaux firent grand bruit à propos des déclarations d'un médecin anglais relatives à l'influence de l'automobile sur la santé. Ce médecin prétendait que la locomotion à grande vitesse était un heureux moyen d'administrer le traitement du plein air aux tuberculeux. Il déclarait que les bienfaisants effets d'une promenade en automobile l'avaient vivement frappé ; ils se traduisaient par un sentiment de vive gaieté, un accroissement de l'appétit, un meilleur sommeil et une augmentation de "saine chaleur". Le tout coïncidait avec une diminution considérable de la toux.
    Ces déclarations ne soulevèrent aucune polémique dans le monde médical. La question posée par le médecin anglais méritait peut-être qu'on lui montrât plus de bienveillante attention. L'automobile continua à n'être considéré que "comme un mal qui répand la terreur et capable, en un jour, d'enrichir l'Achéron." Certaines têtes blanches se mirent à regretter la vie sédentaire d'autrefois "quand les boeufs au pas lent promenaient dans Paris le monarque indolent" sans vouloir reconnaître que les accidents n'avaient pas pour cause l'imprudence de leurs déplorables victimes et ne devaient pas être imputés à la locomotion nouvelle dont les progrès ne sauraient souffrir des catastrophes où des malheureux paient de leur vie la confiance exagérée qu'ils ont en eux-mêmes. »
    Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • « Durant trente ans j'ai cherché et tout expérimenté sur moi-même. Trois fois, je l'avoue franchement, je me vis obligé de changer de méthode, de détendre l'arc, d'être beaucoup moins sévère, de me modérer et do me modérer encore. Aujourd'hui, et depuis dix-sept ans, j'ai un principe bien arrêté, appuyé sur de nombreuses guérisons : On opère le plus efficacement et le plus sûrement avec l'eau, quand on en fait l'emploi le plus simple, le plus facile et le plus, inoffensif. Les formes sous lesquelles j'utilise l'eau comme moyen de guérison sont exposées dans la première partie de ce livre, partie qui traite des divers usages de l'eau, et dans la troisième partie, qui traite des maladies en détail.
    Dans la seconde partie (dont on voudra bien lire l'introduction) j'ai composé, surtout pour les gens de la campagne, une petite pharmacie, dont les éléments, comme les applications d'eau, doivent exercer dans l'organisme la triple fonction de résolvant, de dépuratif et de réconfortant.
    Chaque fois qu'un étranger vient me consulter, je commence par le questionner, pour ne pas agir trop vite et à mon préjudice. »
    Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • « Depuis une vingtaine d'années, l'étude et la production des parfums ont bénéficié d'un redoublement d'activité de la part des savants et des praticiens. Et en même temps que s'accumulent nos connaissances sur celle question, captivante entre toutes, de plus en plus nombreux devient le public qui s'y intéresse. Le bon accueil qu'a reçu ce livre, la rapidité avec laquelle se sont succédé ses diverses éditions en sont la preuve irréfutable.
    L'extraction des parfums des plantes est l'objet de perfectionnements continus, la fabrication artificielle des produits odorants est constamment rajeunie et fécondée par les découvertes des chimistes ; aussi bien les applications dans l'art de la parfumerie sont-elles en quelque sorte indéfinies et l'originalité peut-elle s'y exercer sans entraves. Présenter au lecteur un exposé, toujours au courant de ces progrès, de l'ensemble des connaissances. nécessaires au parfumeur et utiles au public éclairé, tel est le but auquel a visé l'auteur en écrivant cet ouvrage qui, fréquemment réédité, a pu y répondre constamment. »
    Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • « La première des choses que l'on doit observer strictement dans son régime de vie, c'est une sobriété régulière et une tempérance absolue ; il faut éviter avec soin les excès de tout genre. On dirait que cette terrible maladie n'est devenue tellement fréquente de nos jours que pour les punir et en être le juste châtiment. L'homme, par ses inventions surprenantes et ses immenses progrès, semble dire, dans son orgueil, sa fierté et sa folle indépendance, qu'il peut se passer de Dieu ; et Dieu lui fait voir, en le brisant tous les jours au milieu de ses beaux rêves, qu'il n'est rien et que sa science et ses progrès n'iront que là où il voudra. Quoi qu'il fasse, quoi qu'il dise, s'il veut rendre plus rares les cas de ce terrible fléau qui décime la société et qui la frappe comme la foudre, il faut qu'il revienne au régime simple de ses pères et à leur frugalité, ou du moins qu'il ne se laisse pas entraîner par cet amour du bien-être et des excès qui aujourd'hui est de mode pour tous. C'est là, Docteur, le grand écueil selon moi, et la cause principale de beaucoup de maux qui nous assiégent.
    - Vous avez parfaitement raison, Monsieur le Curé ; il est reconnu par tous les hommes sensés et réfléchis que la tempérance est la mère de la santé et la prolongation de la vie.
    - Le régime qu'il faut suivre, Docteur, consiste donc à éviter les moindres excès de boissons enivrantes et fermentées, surtout les alcools qui mettent, pour ainsi, dire le sang en ébullition. Il ne faut prendre de café que rarement ; ou bien si on en prend journellement à l'eau, il faut avoir soin de le couper avec du lait et de peu le charger. Il ne faut pas se nourrir exclusivement de viandes et d'aliments trop succulents ; il faut donc manger autant de légumes que de viandes, et surtout des légumes. rafraîchissants. Il faut éviter encore les indigestions et tout ce qui peut donner trop de flatuosités ; en un mot, on doit observer fidèlement la sobriété ; il faut se livrer à un travail modéré, à quelque exercice du corps chaque jour, à quelques distractions agréables et qui ne demandent pas trop d'application. Il faut avoir soin d'entretenir une douce chaleur aux pieds, ne pas s'exposer à des transitions trop brusques de température ; ne pas trop se couvrir ni se serrer et être à l'aise dans ses vêtements ; ne pas se laisser affecter par trop de joie ou de tristesse. Il faut autant que possible faire usage de nourriture qui ne constipe point, afin d'avoir toujours le ventre libre. »
    Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • « Ce livre sera exclusivement pratique, autant du moins que cela se peut. Mon unique ambition est de communiquer aux lecteurs qui voudront bien le lire les résultats d'une expérience de plus de trente années, dans l'application d'une médication puissante, qui a déjà rendu d'immenses services, et qui en rendra de plus grands encore, quand tous les praticiens en connaîtront bien les ressources, et qu'ils en prescriront et en feront eux-mêmes de plus fréquentes applications.
    Tout en conservant à notre oeuvre son caractère exclusivement pratique, nous nous croyons cependant obligé de résumer l'histoire, - au moins l'histoire moderne, - d'une méthode curative qui occupe dans la thérapeutique une place déjà si large et qui est destinée pourtant à grandir encore ; ce devoir nous est imposé non moins par le respect de la vérité historique que par le sentiment de la justice distributive : suum cuique, telle sera notre devise, qui n'exclura pas l'indulgence, mais qui exclura la faiblesse, et, autant qu'il nous sera possible, l'erreur. »
    Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • « Avec beaucoup d'esprits judicieux, j'ai toujours pensé que la meilleure manière de se maintenir en santé, c'était de veiller avec soin sur ce que nous introduisons dans notre corps, et par là j'entends non seulement les aliments, mais encore l'air, les boissons, et même ce qui y entre par les fonctions de la peau, réglées le plus souvent par les vêtements.
    J'ose affirmer que quiconque ferait, pour toutes ces choses, ce qui est ordonné par les lois immuables de la nature, se verrait bientôt récompensé par une vigueur incomparable, une robuste santé, et une longévité dont les exemples deviennent de plus en plus rares. Même, la puissance reconstituante d'un régime bien choisi et telle, que je suis persuadé, d'après de nombreux exemples que j'ai eu sous les yeux, qu'il suffit, sans recourir à une polypharmacie insensée, pour guérir ou améliorer en peu de temps la plupart des maladies que l'on contracte par l'oubli presque absolu de ces lois, notamment dans ces immenses agglomérations qui, dans notre siècle, deviennent de plus en plus communes.
    C'est là une vérité banale à force d'être vraie, mais les choses qui nous frappent avec la dernière évidence sont aussi, par une singulière contradiction, celles auxquelles nous ne faisons pas la moindre attention, et le médecin philosophe et hygiéniste est profondément attristé quand il considère avec quel acharnement nous semblons ignorer comment il faut vivre : comment l'amour du lucre, l'ignorance et les mauvaises passions nous entraînent à le faire dans des conditions déplorables pour la santé : qu'il s'agisse de l'enfant au berceau que l'on couvre de lainages dans un air vicié, de l'adulte qui vient s'entasser et se pourrir le sang dans la promiscuité des villes, par les effluves animales et les microbes dont elles sont le réceptacle, ou de l'homme sur le déclin, qui devenu caduc avant l'âge normal, se voit emporté par une des nombreuses maladies causées par l'absorption obstinée de ces microbes morbigènes qui entrent dans lui par toutes les voies. »
    Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • « On ne peut acquérir une exacte compréhension de l'emploi thérapeutique des applications d'eau dans les maladies, si l'on ne possède une connaissance approfondie des effets qu'elles produisent sur l'organisme sain. Or, ces effets appartiennent surtout à l'action thermique et à l'action mécanique exercées par l'eau sur la surface cutanée du corps. Il semble donc nécessaire d'étudier tout d'abord : 1° la structure anatomique et la physiologie de la peau, au point de vue de l'hydrothérapie ; 2° les propriétés physiques de l'eau qui permettent à cet élément de déterminer les effets qui seront utilisés en hydrothérapie.
    Anatomie. - S'il nous paraît utile de faire connaître en premier lieu l'anatomie de la peau, nous ne pensons pas devoir, cependant, en donner un exposé minutieux et détaillé, tel que l'exigerait une étude dermatologique. Il suffira de décrire brièvement la structure de la peau, afin d'en faire comprendre plus facilement les fonctions. Nous nous intéresserons davantage, par conséquent, aux régions de la peau qui contiennent les vaisseaux sanguins et les nerfs. Les vaisseaux et les nerfs occupent par leur distribution dans la peau une surface immense, ils ont des relations de dépendance mutuelle, directe ou indirecte, avec presque tous les organes du corps ; ces éléments méritent ainsi d'être étudiés comme un sujet de première importance au point de vue de l'hydrothérapie. Nous voyons donc une réelle utilité pratique à nous étendre sur ce point plus longuement et plus soigneusement qu'on ne le fait d'habitude dans les ouvrages d'hydrothérapie. »
    Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

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