• Le 28 novembre 1888, Octave Mirbeau signe dans Le Figaro un article intitulé La Grève des électeurs. Un tel manifeste en faveur de l'abstention serait aujourd'hui impensable. Pour autant, il ne cherche point à inoculer le vice du désengagement mais à dénoncer la mystification du système électoral qui pare de la légitimité du vote les extorsions des puissants. Ce n'est pas l'idée de démocratie qu'il critique mais sa pratique au sein de la République ; les institutions abêtissent l'électeur tout en lui demandant son aval. L'anarchisme de Mirbeau fait de l'individu le centre à partir duquel la République doit être interrogée. Il prend à partie l'électeur, qu'il tutoie, sur l'absurdité de sa contribution au grotesque spectacle de sa quête aux suffrages. Par l'humour et la dérision, il attente à la respectabilité des institutions, dénonce "la protection aux grands, l'écrasement aux petits". Si Mirbeau n'érige pas d'utopie dans cette critique radicale, il nous lègue les armes capables de nous défaire du conditionnement qui annihile le plus faible ; vision suffisamment juste pour qu'elle nous dérange encore plus de cent ans plus tard !

  • Début 2020, le virus de la Covid-19 se propage rapidement dans tous les pays du monde. Mais pas partout de la même façon...
    Il semble exister une exception « Française d'Origine Contrôlée par l'Union Européenne », dont l'acronyme laisse entrevoir la façon dont le gouvernement traite cette pandémie.
    Dans les couloirs de l'Élysée et de Matignon, les dirigeants de groupes terroristes ont ainsi cédé la place au virus. Nostalgie de son ancien boulot à la Rothschild & Compagnie, dans lequel Emmanuel Macron s'efforçait, selon son propos, de « séduire un peu comme une prostituée » ? Toujours est-il que le président s'entiche de ce nouveau tueur qui paralyse pourtant l'économie de son pays.
    Mais que cache ce racolage médiatique ?
    />
    Dans « Le virus et le Président », co-écrit par le journaliste d'investigation Jean-Loup IZAMBERT et l'écrivain-polémiste Claude JANVIER, plongez dans une enquête sur l'une des plus grandes tromperies contemporaines organisées par un pouvoir politique, main dans la main avec les dirigeants de l'Union « européenne » et les grands propriétaires privés de la finance et de l'économie. Un document indispensable pour comprendre la nature réelle de la crise ainsi que les enjeux d'aujourd'hui et de demain.

  • Le XXIe siècle est celui du choc des puissances. L'extension du domaine de la guerre aux nouveaux espaces économiques, virtuels ou cognitifs a ouvert une ère de conflictualité systémique.
    Cette rupture stratégique est encore mal appréhendée en France, où inhibitions et approches idéalistes faussent l'analyse des rapports de force et de leur évolution.
    Spécialiste des problématiques de puissance, Raphaël Chauvancy en définit le concept et le replace au coeur d'une analyse méthodique
    En remontant le fil des causalités, il éclaire l'arrière-plan des cas concrets dont il illustre sa démonstration. Il s'inscrit ainsi dans le temps long pour proposer une grille de lecture globale et accessible.
    Ouvrage de référence, LES NOUVEAUX VISAGES DE LA GUERRE ouvre la voie à une pensée stratégique alternative, adaptée au nouveau monde multipolaire.

  • Construction de mythes, évocation d'un âge d'or, interprétation à des fins de propagande... Quand le passé est convoqué, c'est souvent pour légitimer, figer et déformer des moments d'histoire, dont l'usage au présent vise à servir une cause.
    Cet ouvrage, fruit d'un travail collectif mené depuis plusieurs années, tente de penser une autre relation au passé à l'aide de la notion de « référence » : il s'agit de saisir la façon dont le passé est parfois « réactivé » par des sujets qui se le réapproprient. Moteur d'action et opérateur de pensée, ce passé dynamique, inachevé, subsiste en effet dans les mémoires « souterraines » d'un collectif, où, à la fois rêvé et perdu, il attend son actualisation.
    Chaque chapitre du livre analyse un moment historique à la lumière de cette notion de référence : la Grande Famine en Irlande entre 1845 et 1851, les destructions d'églises pendant la Commune, le coup d'État du 6 septembre 1930 en Argentine, la notion de « martyr » dans la Tunisie contemporaine, celle de « peuple » en Italie au milieu du XIVe siècle...
    Élaborer la notion de référence, c'est repenser notre façon de faire de l'histoire : c'est restituer à la connaissance du passé tout son potentiel critique, qu'il s'agisse d'y trouver ces références nécessaires à l'action, ces possibles contenus dans les expériences d'hier, ou d'échapper au tragique re-jeu du passé.

  • Depuis sa victoire en novembre 2016, le président américain Donald Trump livre une guerre quotidienne aux médias traditionnels qu'il a érigés en « ennemis du peuple ». Il ne cesse de les attaquer au fil de ses discours qui incitent ses électeurs à la violence physique, mais aussi sur Twitter dans des messages rageurs où il condamne leur supposée malhonnêteté. Trump dénigre et harcèle les journalistes, menace les rédactions de mesures de rétorsion, portant à croire que le premier amendement à la Constitution, qui garantit la liberté de la presse, est en sursis.
    Pour autant, quatre ans plus tard, loin d'avoir été terrassés, les grands médias nationaux connaissent au contraire des records de ventes et d'audience en s'établissant comme gardiens de la liberté de la presse, argument éthique et commercial qui a trouvé un écho favorable parmi les opposants à Trump. Ils ont, en outre, renoué avec la tradition du journalisme d'investigation, mus par le devoir d'informer les citoyens dans une Amérique où le président est devenu le premier pourvoyeur de contre-vérités. Ces déconvenues apparaissent comme autant de défaites pour Trump et l'on peut alors se demander s'il n'aurait pas perdu la guerre qu'il a lui-même initiée.
    Pour Alexis Pichard, l'ambition de l'actuel locataire de la Maison-Blanche ne serait pas tant de vaincre ceux qu'il appelle les « Médias Fake News », mais plutôt de maintenir l'illusion d'une guerre qu'il exploite habilement à des fins politiques et électorales. C'est là ce qu'il entend démontrer au fil d'une analyse d'ampleur qui apporte une compréhension précise des relations complexes et instrumentalisées entre Trump et les médias.
    Cet ouvrage diachronique entend réévaluer la guerre que l'actuel locataire de la Maison-Blanche livre aux grands médias américains. La première partie de l'ouvrage revient sur le parcours à la fois médiatique et politique de Donald Trump depuis les années 1980 jusqu'à la veille de sa déclaration de candidature à la présidentielle en juin 2015. La deuxième partie se concentre sur la campagne de 2016 avec pour objectif de démontrer le rôle crucial des médias d'information, mais aussi des réseaux sociaux dans la victoire de Trump. La dernière partie est consacrée au premier mandat du président républicain. Nous y révélons notamment les stratégies de communication mises en place par ce dernier pour faire circuler le récit « officiel » de sa présidence et s'assurer le soutien de sa base en vue de sa réélection.

  • À la croisée de l'économie, de l'écologisme et du transhumanisme, la Grande Réinitialisation ou « Great Reset » est un projet de société promu et développé au Forum économique mondial de Davos par son fondateur Klaus Schwab.
    Bien loin d'être un projet occulte organisé secrètement par les puissants de ce monde, le Great Reset se veut au contraire un slogan marketing, volontairement provocateur, censé attirer l'attention des gouvernements et du monde économique.
    L'auteur de cette étude s'est donc attelé à décortiquer cette idéologie, moteur d'un certain complotisme, pour en analyser le contenu, en révéler certains aspects méconnus, mais aussi dégonfler certains fantasmes dont elle peut faire l'objet.
    Révélant les liens privilégiés entre le Forum économique mondial et le gouvernement sino-communiste chinois, l'auteur enquête sur la filiation idéologique des promoteurs de la réinitialisation qui penchent vers l'idée de décroissance avec une fascination non dissimulée pour la technologie et la robotisation.
    Le Great Reset se présente comme l'ingénierie d'une nouvelle humanité dans laquelle les systèmes internationaux actuels basés sur la souveraineté des nations doivent être dépassés tout en promouvant un État fort, peu soucieux des libertés individuelles.
    L'influence mondiale de ce Forum, la présence de nombreux chefs de gouvernement, de hauts responsables économiques et de grandes sociétés rendent cette étude indispensable pour comprendre le projet qui anime certains milieux de pouvoir.

  • Un plateau de homard ou bien un gilet jaune, un costume de candidat ou un tweet de président américain : on choisit la visibilité ou bien on la subit, mais on n'y échappe guère.
    Désir d'être vu et besoin de voir, expression personnelle au vu et au su de tous, ou encore transparence : la visibilité est une tyrannie dont les ressorts sont au fond de nous et les outils au bout de nos doigts.
    Tyrannie cruelle quand elle implique la chute, mais si douce quand elle signifie une élection, au sens religieux du terme, d'un individu ou d'un groupe, pour laquelle ils auront lutté.
    Le culte de la visibilité construit une relation nouvelle à l'autorité, à la réalité et à la vérité, avec ses impasses et dangers. Elle transforme notre imaginaire, nos rapports sociaux et, partant, le statut du politique, plus vulnérable que jamais.
    Cette injonction, il convient d'en comprendre le caractère puissant, mais aussi d'en faire la critique, afin d'y résister peut-être un peu, du moins d'en déjouer quelques pièges...

  • En 1936, le magazine illustré de la BBC The Listener sollicitait l'économiste John Maynard Keynes pour introduire une série d'articles formant une enquête internationale sur les rapports entre l'Art et l'État, en Europe et aux États-Unis. A l'heure où le nazisme et le stalinisme s'étaient établis et étendaient leur influence, tandis que la guerre d'Espagne cristallisait nettement les tensions entre le fascisme et la démocratie, il s'agissait pour The Listener d'offrir à ses lecteurs un panorama des politiques artistiques contemporaines et de leur permettre de réfléchir à la nécessaire distinction entre art et propagande.C'est dans cette perspective qu'il faut relire aujourd'hui le feuilleton de cette enquête, inédite en français, où se croisent d'un côté la parole officielle d'un urbaniste soviétique (Nikolay Milyutin), d'un dignitaire de l'Allemagne nazie (Hans Hinkel) et du poète futuriste Marinetti au nom de l'Italie mussolinienne, et de l'autre, les réflexions du philosophe américain Lewis Mumford, du critique d'art anglais Clive Bell (membre du groupe d'esthètes de Bloomsbury, à l'instar de Keynes) et du byzantiniste français Georges Duthuit, le gendre de Matisse, qui évalue ici la politique culturelle du Front populaire.Bertrand Tillier est professeur d'histoire de l'art contemporain à l'Université de Bourgogne et chercheur au Centre Georges-Chevrier (CNRS Umr 7366).

  • La conquête des marchés est aussi un art de la guerre. Il est resté plus méconnu que la pratique du monde militaire. Cet ouvrage retrace le cheminement de la guerre économique au cours des trente dernières années. La société de l'information a rendu peu à peu visible les différents types de rapports de force opposant les Etats, les entreprises et les activistes de la société civile. L'auteur s'appuie sur la démarche pédagogique innovante initiée au sein de l'Ecole de Guerre Economique qu'il dirige depuis sa création en 1997.

  • La géopolitique

    Pascal Boniface

    • Lizzie
    • 13 Août 2020

    50 chapitres thématiques et documentés pour comprendre les enjeux géopolitiques du monde contemporain.La géopolitique, en tant qu'étude des relations internationales, rend compte du phénomène de la mondialisation tout en analysant ses mécanismes.
    Pédagogique, ce guide commence par définir la géopolitique.
    Pratique, il propose ensuite 50 chapitres thématiques et documentés pour dresser un panorama des conflits, des problématiques et des tendances du monde actuel. Il constitue une synthèse d'introduction et de référence sur le sujet.
    Table des matières :Partie 1 Qu'est-ce que la géopolitique ?

    Chapitre 1 Les définitions classiques
    Chapitre 2 Un déterminisme géographique ?
    Chapitre 3 La naissance d'une discipline
    Chapitre 4 Une discipline diabolisée puis réhabilitéePartie 2 Les 10 défis géopolitiques

    Chapitre 1 La gouvernance mondiale
    Chapitre 2 Le terrorisme
    Chapitre 3 La prolifération nucléaire
    Chapitre 4 La permanence de la guerre
    Chapitre 5 Le réchauffement climatique
    Chapitre 6 Le choc des civilisations
    Chapitre 7 Les États faillis
    Chapitre 8 Les guerres de l'espace
    Chapitre 9 Les cyberguerres
    Chapitre 10 Les migrationsPartie 3 Les principaux conflits et crises

    Chapitre 1 Chine/États-Unis : le piège de Thucydide ?
    Chapitre 2 Ukraine - Russie
    Chapitre 3 L'État islamique
    Chapitre 4 Israël - Palestine
    Chapitre 5 L'Iran
    Chapitre 6 La Syrie
    Chapitre 7 Le Yémen
    Chapitre 8 La Libye
    Chapitre 9 L'Afghanistan
    Chapitre 10 L'Inde et le Pakistan
    Chapitre 11 La Chine et Taïwan
    Chapitre 12 Tensions en mer de Chine
    Chapitre 13 Le Tibet et le Xinjiang
    Chapitre 14 La Corée
    Chapitre 15 Le Mali et le Sahel
    Chapitre 16 Le SoudanPartie 4 Les 10 tendances structurelles

    Chapitre 1 La fin de l'hyperpuissance américaine
    Chapitre 2 La fin du monopole occidental de la puissance
    Chapitre 3 Les États-Unis basculent vers le Pacifique
    Chapitre 4 La prolifération étatique
    Chapitre 5 La Chine, prochaine première puissance mondiale
    Chapitre 6 La montée en puissance de l'opinion publique
    Chapitre 7 Le soft power
    Chapitre 8 La redéfinition de la puissance
    Chapitre 9 La justice internationale
    Chapitre 10 La démocratie progressePartie 5 Les 10 questionnements

    Chapitre 1 La fin des frontières
    Chapitre 2 La mondialisation universelle
    Chapitre 3 L'impuissance de la puissance militaire
    Chapitre 4 Les NTIC : transparence démocratique ou nouveau totalitarisme ?
    Chapitre 5 L'obsolescence des États
    Chapitre 6 La privatisation de la guerre
    Chapitre 7 Les matières premières
    Chapitre 8 Les compétitions sportives mondialisées
    Chapitre 9 L'Europe est-elle en déclin ?
    Chapitre 10 La crise du multilatéralisme

  • Bolivie, le rêve brisé du narcocalero MORALES
    Lorsqu'en juillet 2010, Valentin MEJILLONES, le grand prêtre Aymara ayant "couronné" le Président Evo MORALES, sur le site précolombien de Tiwanaku, tombe avec 240 kgs de cocaïne à son domicile, cela sonne comme un coup de tonnerre au sein de la société bolivienne. Mais une fois le "narco-amauta" rapidement libéré, le ménage sera fait au plus haut niveau de la FELCN, la Brigade des stupéfiants !
    Cette anecdote judiciaire symbolise à elle seule, la nouvelle Bolivie de l'ère MORALES, qui durant 14 années est (re)devenue un narco-État aux mains d'une partie des producteurs de la petite "feuille sacrée", ceux qui alimentent la fabrication et le trafic de cocaïne : les "narcocaleros" du Chapare.
    /> Comment en est-on arrivé là ? Comment et pourquoi la guerre menée par la DEA et les Américains au début des années 2000 a-t-elle accouché d'un tel revirement de situation.
    -----------------
    Jean-François BARBIERI, ex-policier antidrogue à Marseille, un temps attaché de Sécurité Intérieure en poste à l' Ambassade de France de La Paz, et désormais passionné par ce pays, nous livre son analyse. Il décortique le processus politico-sécuritaire lié à problématique de la feuille de coca, et de son dérivé diabolique : la cocaïne.
    Il a été le témoin privilégié de la dérive d'un Pouvoir toujours plus corrompu, qui sous couvert d'une idéologie indianiste et un pachamamisme d'État, a bafoué tous les principes de la démocratie, avant de sombrer en cette fin d'année 2019.

  • Fin 1943, après deux ans de combats lointains et relativement indolores pour les États-Unis, la population américaine qui, jusque-là, soutenait inconditionnellement la décision d'intervenir dans la Deuxième Guerre mondiale, est soudainement frappée d'effroi. La cause de ce vacillement: les violentes images tournées lors de la bataille de Tarawa. La prise de ce minuscule atoll du Pacifique se fait de justesse, en trois jours, au prix de 1 000 morts et de 2 000 blessés du côté américain seulement. C'est le premier carnage essuyé par les boys depuis leur entrée en guerre et c'est aussi la première fois qu'une équipe de cameramen de l'armée filme les combats... et les cadavres.

  • Il s'est juré de « démolir le Président Trump », Trump l'a désigné comme « une menace pour la sécurité nationale » : qui est George Soros, l'homme qui a déclaré la guerre au Président américain ?
    Spéculateur, milliardaire, philanthrope, George Soros est connu pour avoir fait « sauter » la banque d'Angleterre et contribué au renversement de nombreux régimes politiques. Les auteurs ont choisi de nous le faire découvrir au travers de son action en Afrique. Deux des facettes du personnage peuvent être observées : Soros le philanthrope, qui apporte son soutien aux mouvements citoyens, aux ONG et aux médias pour officiellement promouvoir la démocratie et les libertés. Et Soros le spéculateur, qui investit dans les secteurs les plus controversés : mines, pétrole, OGM, biocarburants... Le tout avec le support des cercles de pouvoir américanoatlantistes.
    Ambivalence, cynisme ou pragmatisme ? Avec cette plongée en SOROSAFRIQUE, les auteurs analysent méthodiquement un système d'influence parmi les plus puissants et les plus opaques de la planète.

  • Hitler

    Retour sur le parcours d'un homme désigné comme l'une des personnalités les plus détestées de toute l'histoire de l'humanité. Cet ouvrage s'attache à comprendre, à travers son évolution, par quel mécanisme a-t-il pu en arrivé là, en revenant sur toutes les étapes majeures de sa vie : la défaite de 1918, le traité de Versailles, l'écriture de "Mein Kampf", sa nommination au pouvoir, jusqu'à son suicide en 1945. Un récit chronologique pour tenter de savoir qui était vraiment Adolf Hitler ? La collection "Histoire" des Éditions Chronique regroupe toute une série d'ouvrages relatant le parcours des principales personnalités qui ont marqué leur époque à travers les siècles. Pour découvrir tous les autres ouvrages de notre collection et l'ensemble de notre catalogue, venez consulter le site des Éditions Chronique.

  • Post tenebras lex interroge la nature du témoignage et l'usage de la preuve dans l'historiographie calviniste de la période des guerres de Religion. Les documents que Simon Goulart choisit pour ses Mémoires de Charles IX et ses Mémoires de la Ligue s'inscrivent dans un courant de propagande internationale qui, grâce à une réutilisation de la littérature pamphlétaire, propose une "histoire du présent". Au centre du monde des imprimeurs, de la culture de l'imprimé et des pratiques du texte, Simon Goulart explicite un mode du souvenir et de la commémoration accordé aux convictions de son mouvement. Tout en ne portant que sur une partie des usages et de la pratique des textes, cette étude apporte un éclairage particulier sur une modalité du dire, du faire savoir et du faire croire au temps de la Réforme.

  • Publiée à Genève en 1566, la Mappe-Monde Nouvelle Papistique, dont subsistent cinq exemplaires, constitue un témoignage exceptionnel de la propagande réformée par l'image. Tout à la fois art de la mémoire dressant le catalogue géographique des provinces et républiques du Pape, et satire féroce prédisant la victoire de l'Évangile sur le roi Franc-Arbitre, elle a pour auteur Jean-Baptiste Trento, réfugié italien originaire de Vicence, dont l'identité se dissimule sous le pseudonyme de Frangidelphe Escorche-Messes.,La Mappe-Monde Papistique se présente simultanément sous la forme d'une estampe et d'une Histoire ou « livre déclaratif » de quelque deux cents feuillets. Formée d'un assemblage de 16 planches gravées sur bois et typographiées par Pierre Eskrich, ou Cruche, ou Vase, la Mappe-Monde proprement dite (135 cm x 176 cm environ) comporte sur son pourtour un commentaire réparti en 133 rubriques imprimé sur 12 planches complémentaires. La construction allégorique est assez complexe : à l'intérieur de la bouche du diable largement ouverte, la ville de Rome, dont la muraille est bien reconnaissable, est livrée à l'assaut des Réformateurs armés de bibles enflammées et soutenus par les « canons de la Parole de Dieu ». Le Purgatoire et l'Enfer, où trône le Pape, sont représentés dans les angles inférieurs.,L'édition critique et commentée du texte de la Mappe-Monde et de l'intégralité de l'Histoire est précédée d'une introduction substantielle éclairant la genèse de l'oeuvre et la personnalité de son auteur, aussi bien que celle de l'artiste. Elle est suivie de l'inventaire systématique des légendes de la carte, au nombre de neuf cents environ, relevées dans l'ordre des planches. La Mappe-Monde est reproduite ici d'après les exemplaires de Sondershausen pour l'ensemble monté et colorié, de Florence et de Londres pour les 16 planches particulières qui la constituent. Une bibliographie critique, un glossaire de la langue de Trento, riche en italianismes, et plusieurs index complètent l'ouvrage. ,,,Frank Lestringant est professeur de littérature de la Renaissance à l'Université de Paris-Sorbonne. Il a notamment publié chez Droz : André Thevet, cosmographe des derniers Valois (1991) ; Le Huguenot et le sauvage (3e éd., 2004) ; Le Livre des îles. Atlas et récits insulaires, de la Genèse à Jules Verne (2002), ainsi que deux éditions critiques d'oeuvres du cosmographe André Thevet.,,Alessandra Preda est professeure de littérature française à l'"Università degli Studi" de Milan. Ses travaux concernent les rapports entre France et Italie à la Renaissance. Elle a publié Ilarità e tristezza. Percorsi francesi del Candelaio di Giordano Bruno (1582-1665), Milan, Led, 2007.,,,

  • Depuis les origines de la Réforme jusqu'à la fin du XVIIe siècle, on compte des centaines de prédicants et de pasteurs en activité dans les Eglises de langue française. Parmi eux, un certain nombre ont aussi été poètes, et cela dans des contextes très différents. Cette étude se présente comme la première enquête systématique visant à localiser à travers l'Europe les Eglises qui les emploient, la noblesse qui les protège, les libraires imprimeurs qui les publient et les lecteurs auxquels ils s'adressent. Elle entend fournir des éléments probants sur leur formation intellectuelle et les cadres sociaux de leur pratique d'écrivain, en temps de paix comme en temps de guerre. Qu'il s'agisse de pasteurs devenus poètes ou bien de poètes devenus pasteurs, ce sont autant de parcours originaux. Cette production, qui se développe sur près de deux siècles, offre un éclairage déterminant sur l'activité d'un groupe social lettré constitutif de la République des lettres.

  • Ce volume porte sur les productions culturelles liées aux révoltes et révolutions survenues dans les possessions des Habsbourg d'Espagne aux xvie et xviie siècle, tant dans la péninsule Ibérique qu'en Italie, dans les Flandres ou dans le Nouveau monde. Il s'agit d'étudier différentes formes d'expression (écrites, iconographiques, architecturales, cérémonielles) employées par les révoltés ou par les autorités afin de légitimer ou de diffuser leur action.

  • Dans l'oeil du soleil

    Bechard Deni Ellis

    • Alto
    • 1 Novembre 2016

    Qu'est-ce qui inspire les Icare modernes ? La volonté de venir en aide aux autres, ou le besoin de se sauver eux-mêmes ?

    Kaboul, dix ans après le 11 Septembre. Trois étrangers trouvent la mort dans un attentat à la voiture piégée: Alexandra, avocate québécoise spécialisée en droit humanitaire, Justin, idéaliste religieux enseignant dans une école locale, et Clay, ex-militaire devenu contractuel en sécurité. Les liens complexes qui les unissent se révéleront au fil de l'enquête que mène une connaissance, journaliste proche des disparus. Du Maine à La Louisiane en passant par le Québec et l'Afghanistan, l'ambition de trouver un coupable cède la place à un dessein plus vaste, de nouvelles silhouettes se dessinent, et le reportage peu à peu se transforme en un roman d'une violente beauté.

  • L'écrivain et philologue Victor Klemperer (1881-1960) a le premier recensé au quotidien dans son journal les manipulations opérées sur la langue allemande par le régime nazi : abondance d'abréviations donnant le sentiment d'appartenir à un groupe d'initiés, profusion de termes techniques mécanisant l'homme, tendance à décrire la société en termes organiques.
    Alors que certains régimes continuent à tordre le langage pour les besoins de leur idéologie, il devenait urgent de redécouvrir l'oeuvre de Klemperer. C'est à cette entreprise que s'est consacré le colloque de Cerisy.
    Linguistes, sociologues, psychanalystes, anthropologues, confrontent ici l'oeuvre de Klemperer à d'autres pensées politiques et explorent, de l'Italie de Mussolini aux dictatures d'Amérique du Sud en passant par les régimes de la Corée du Nord, les caractéristiques de cette langue qui appelle au meurtre et à l'anéantissement de toute altérité. C'est un langage mort, figé, altéré dans sa capacité de signifier, de dire le différent que découvrent ces enquêtes sur divers types de régimes de coercition et de terreur, ainsi que sur les manifestations discursives de leur violence inouïe.
    Une relecture de l'histoire des régimes totalitaires dans le sillage de l'auteur de la Langue du IIIe Reich.

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