Rendez-Vous éditions

  • Balzac ne sut que dire. Marie était sans doute en plein délire. Mais comment Balzac pouvait-il la convaincre de quelque chose dont lui-même n'était pas certain ?


    - Il m'appelle tout le temps, dit encore Marie. Il appelle, je l'entends respirer et il raccroche. Je sais que c'est lui. Il est vivant. Il n'en a pas fini avec moi.


    - Ce ne sont sans doute que des appels téléphoniques obscènes ou des farces, dit-il en feignant le calme. Mais je peux demander au Bureau de vérifier. Je peux leur dire d'envoyer une voiture de surveillance, si tu as peur. Ils traceront les appels.


    - Non ! dit vivement Marie. Non !


    Balzac lui adressa un regard stupéfait.


    - Pourquoi pas ? demanda-t-il.


    - Je ne veux pas le mettre en appétit, dit Marie dans un murmure maladif.


    Son état n'avait fait qu'empirer. Il comprit qu'il ne pouvait pas rester une minute de plus dans cette maison étouffante.


    - Je dois y aller, dit-il. Je suis désolé. Charlotte m'attend.


    Marie saisit brusquement le poignet de Balzac avec une force surprenante, en enfonçant ses ongles dans sa peau. Elle le fixa avec des yeux d'un bleu glacé, si intenses qu'ils terrifièrent Balzac.


    - Prends l'affaire, dit Marie d'un ton pressant. Trouve ce dingue ! Tue-le pour moi !


  • En 1966, la répression en Argentine. La Nuit des Longs bâtons.



    Alex Nicol


    Préface


    Lorsque des camps de la mort nazie les quelques rescapés purent regarder le soleil en face, le monde entier cria : « plus jamais ça ! »


    Pourtant, la folie meurtrière qui anime le coeur des hommes reprit le dessus sur la civilisation et l'horreur s'exprima avec tout ce qu'elle a d'indicible dans le continent sud américain.


    Une fois encore la mécanique implacable de deshumanisation des intellectuels fut érigée en mode de pensée politique et la mort se devait d'être au rendez vous de ceux qui pensaient différemment.


    Pas une mort rapide, expéditive ; non, un raffinement de cruauté où la torture mentale et physique devait venir à bout de toutes les convictions. C'est cette lente descente aux enfers de la pensée unique que Bernard Coat nous conte avec ce talent de scénariste qui est le sien : des petites phrases courtes, incisives, sèches comme des coup de fouet ; des verbes qui jonglent entre le présent et le passé comme si le temps n'était plus une variable à prendre en compte ; des dialogues diaboliques entre la logique irrationnelle du bourreau et la foi en l'humanité de la victime. On ne sort pas indemne d'un texte tel que celui là. Du reste, on a du mal à se mettre dans la peau du personnage avec lequel pourtant on partage les mêmes valeurs. Mais face à l'écrasante destinée qu'édicte un pouvoir omnipotent, on se pose immanquablement cette question : « et moi, qu'aurais je fait ? »


    Il y a du Robert Merle et du Costa Gavras dans cette histoire. Et il y a surtout du Bernard Coat du meilleur crû.


    Et vous, qu'auriez vous fait ?... Page auteur




  • From the French Best-seller.


    The hero is a man painter, he finds himself, despite himself, immersed in sordid stories. We couldn't leave him alone.

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