Métailié

  • Leonardo Padura écrit un livre magnifique et profond et se sert de son habileté d'auteur de roman noir pour nous amener, sous la houlette de son héros Mario Conde, à réfléchir sur ce que signifie notre libre arbitre.

  • Une affaire italienne Nouv.

    Une affaire italienne

    Carlo Lucarelli

    Pendant le fascisme, le commissaire De Luca était le meilleur flic d'Italie. Avec la guerre froide et l'arrivée de la frivolité médiatique, les homicides deviennent de plus en plus étranges et on lui demande de devenir un nouveau type de policier. Dans une Bologne sous la neige, quelques jours avant Noël 1953, la très belle épouse d'un professeur universitaire est retrouvée noyée dans une baignoire. Pour découvrir ce qui s'est passé, la police a besoin d'un vrai limier et fait appel au commissaire De Luca, policier de renom pendant la période fasciste et qui avait été mis sur la touche depuis cinq ans. Mais malgré les pistes, les traces et les indices qui s'offrent à De Luca, rien n'est ce qu'il paraît. Épaulé par un jeune policier censé l'aider (ou l'espionner), séduit par une très jeune chanteuse de jazz avec un passé de partisane, le commissaire se retrouve au milieu d'une affaire ambiguë et dangereuse qui l'obligera à s'immiscer dans les coulisses des guerres politiques et du milieu musical et mondain de la ville.
    Avec son talent pour construire des intrigues convaincantes et ses solides connaissances historiques, Carlo Lucarelli écrit un récit au charme puissant dans l'Italie de l'après-guerre, entre frivolités du festival de San Remo et violences sourdes de la guerre froide. Le retour d'un personnage littéraire qui a fait le succès de Lucarelli, best-seller en Italie.

  • En juin 2000, un tremblement de terre provoque un changement du niveau des eaux du lac de Kleifarvatn et découvre un squelette lesté par un émetteur radio portant des inscriptions en caractères cyrilliques à demi effacées. Le commissaire Erlendur et son équipe s´intéressent alors aux disparitions non élucidées dans les années 60, ce qui conduit l´enquête vers les ambassades et les délégations des pays de l´ex-bloc communiste et les étudiants islandais des jeunesses socialistes boursiers de l´université en Allemagne de l´Est, pendant la guerre froide. Tous ces jeunes gens sont revenus du pays frère brisés par la découverte de l´absurdité d´un système qui, pour faire le bonheur du peuple, jugeait nécessaire de le surveiller constamment. Erlendur, séduit par un indice peu commun, une Ford Falcon des années 60, et ému par l´amour fidèle d´une crémière abandonnée, s´obstinera à remonter la piste de l´homme du lac dont il finira par découvrir le terrible secret. Indridason nous raconte une magnifique histoire d´amour victime de la cruauté de l´Histoire. L´écriture, tout en retenue, rend la tragédie d´autant plus poignante.Prix Polar Européen du Point.

  • Pour fuir le poids de sa famille, Emilio Ortiz arrive du Chili à Paris pour étudier la linguistique.
    Il est gardien de nuit dans un petit hôtel du quartier Montparnasse et il y fait la connaissance de personnages hauts en couleur, journalistes célèbres, petits truands ou femmes fatales.
    Il passe ses journées à essayer de comprendre qui est la fille avec qui il vit près d'un cimetière de banlieue et qui explose sa vision de la sexualité. Il est arraché brutalement à "ses jours tranquilles" par la découverte des amitiés d'affaires de son père avec la hiérarchie de la dictature.
    Il retourne au Chili pour comprendre ce personnage qu'il méprise et le fascine, et son prétendu suicide...
    Mauricio Electorat est né à Santiago du Chili en 1960. Après deux années d'études de journalisme et de littérature à Santiago, il s'installe à Barcelone en 1981, où il obtient une maîtrise en philologie hispanique. Petit fils de Français émigrés à Valparaíso au début du xxe siècle, il choisit Paris comme lieu de résidence dès 1987. Il est actuellement professeur universitaire au Chili, journaliste et traducteur. Sartre et la Citroneta, son deuxième roman, a obtenu en Espagne le prestigieux Prix Biblioteca Breve.

    Ce même livre a été sélectionné par Michel Polac (Charlie Hebdo) comme l'un des soixante meilleurs romans de la première décennie du XXIe siècle.

  • Mario Conde a quitté la police. Il gagne sa vie en achetant et en vendant des livres anciens puisque beaucoup de Cubains sont contraints de vendre leurs bibliothèques pour pouvoir manger. Ce jour d'été 2003, en entrant dans cette extraordinaire bibliothèque oubliée depuis quarante ans, ce ne sont pas des trésors de bibliophilie ou des perspectives financières alléchantes pour lui et ses amis de toujours qu'il va découvrir mais une mystérieuse voix de femme qui l'envoûtera par-delà les années et l'amènera à découvrir les bas-fonds actuels de La Havane ainsi que le passé cruel que cachent les livres.

  • A Havane. Hiver 1989. Le lieutenant Mario Conde est chargé d'enquêter sur la disparition mystérieuse du directeur d'une grande entreprise. Rafael Morfn était étudiant avec Mario Conde, il était beau, brillant et il a épousé Tamara, le grand amour de Mario. Le lieutenant Conde va mener une double recherche sur son passé et sur le disparu.

  • Mario Conde a quitté la police cubaine pour se consacrer à l'écriture et au commerce des livres anciens, secteur très florissant dans La Havane dont la décadence se poursuit inexorablement. Au cours des travaux dans le jardin de la maison-musée d'Ernest Hemingway, on retrouve un cadavre avec l'insigne du FBI. On fait appel au Conde. Sur une étagère du placard, il tombe sur une boîte avec des traces du passage d'Ava Gardner, et les vieux se souviennent vaguement d'une mitraillette Thompson...
    Pas facile d'enquêter sur un romancier de la taille de Papa quand on entretient avec son image et ses oeuvres des rapports ambigus d'admiration-haine, mais Mario va retrouver des amis de son grand-père qui lui raconteront ce monstre sacré, malade, généreux, odieux, paranoïaque, inoubliable. Il ira jusqu'au bout de l'enquête, au risque de mettre à mal les idées reçues.

  • La photo était là sur l'étagère tout en haut de la bibliothèque de son père. Un groupe d'hommes et de femmes autour d'une table de restaurant et parmi eux ses parents, l'éditorialiste lucide et la comédienne étrangère. Lorsque la CBS lui commande un documentaire revisitant les mythes de la révolution des OEillets, Ana Maria réalise que tous les acteurs du coup d'État qui renverse la dictature se trouvent sur cette photo. En compagnie de deux journalistes aussi jeunes qu'elle, elle les retrouve et, au fil de son enquête, découvre l'effet du passage du temps non seulement sur ces héros, mais aussi sur la société portugaise. Survivants d'un temps oublié, les personnages de la photo essaient de recréer ce qu'a été l'illusion révolutionnaire, et le difficile chemin vers la démocratie. Le regard des jeunes gens sur les protagonistes d'une histoire que personne ne veut plus entendre réécrit cruellement leur épopée. Lídia Jorge s'intéresse à l'espace indéfini qui sépare le récit que l'Histoire dévoile, avec ses vérités difficiles à affronter et la création du mythe, le moment où la vie a été transformée en une construction de l'imaginaire ou de la volonté. Un roman exceptionnel sur la politique et le destin des rêves.

  • En 1998, F. Terry revient après 18 ans d'exil à La Havane à la recherche du manuscrit disparu de José Maria Heredia (début XIXe siècle). Mais il cherche aussi lequel de ses amis l'a trahi, brisant sa carrière.

  • Un vieil homme se fait tabasser et voler son portefeuille par un groupe de petits voyous mais il récupère vite son bien, arme à la main...

    Quand il chuchote à l'oreille du voleur son nom, le gamin se met à trembler. Il pourrait le laisser partir ce serait plus sage, mais il pense : "Et depuis quand avons-nous été sages ?"
    Après avoir tué le petit voleur il hurle : "J'étais avec le Libanais !"
    Le Libanais, le Froid, le Dandy le Buffle, Patrizia... une bande de petits voyous a fait main basse sur Rome, entre la fin des années 70 et celle des années 90. Voici l'histoire authentique de la "bande de la Magliana", qui a mis la capitale en coupe réglée.
    Toute l'histoire souterraine de l'Italie de ces années récentes (loge P2, terrorisme noir assassinat dAldo Moro, politiciens et policiers corrompus, services secrets...) défile ainsi sous nos yeux, sans que jamais Giancarlo De Cataldo renonce aux moyens de ta littérature : avec une écriture jubilatoire il alterne les scènes de roman noir et les tableaux de moeurs, la bouffonnerie et le drame.
    Il crée des personnages forts et originaux, notamment de magnifiques figures de femme.

    Ce roman épique d'une incroyable puissance a été unanimement salué par la presse italienne avant d'être adapté au cinéma par Michele Placido.

    Giancarlo De Cataldo, magistrat à la cour de Rome, est l'un des écrivains de roman noir les plus importants d'Italie, devenu aussi une grande signature de la presse et un homme de télévision apprécié.
    Il est l'auteur de Romanzo criminale, La saison des massacres, La forme de la peur, Le Père et l'étranger et Les Traîtres.

  • La vie est difficile quand on est alcoolique en pause et journaliste exilé, pour mauvais esprit, dans le nord de l'Islande. Pourtant, il se passe des choses dans ce grand nulle part bouleversé par la mondialisation et l'arrivée des émigrés. Un petit chien disparaît, une vieille dame téléphone pour dire que la mort accidentelle de sa fille arrange bien les affaires de son gendre. Des adolescents se suicident. Un reportage sur la troupe de théâtre du lycée est publié, et le jeune et talentueux acteur qui tient avec tant de conviction le rôle principal disparaît... Pour échapper aux chiens écrasés et aux radios-trottoirs, mais surtout pour contredire l'ambitieux rédacteur en chef qui le téléguide depuis la capitale, Einar enquête sur cette microsociété gangrénée par la corruption, la drogue et la politique des cousins. Il étudie le théâtre classique et découvre un présent inquiétant peuplé lui aussi, si on y regarde bien, de sorcières.
    Un roman noir plein d'humour, de vivacité et de suspense.

  • Comment Christophe Leibowitz, avocat revenu de tout, loin des belles affaires d'Assises dont tout le monde parle, éternel commis d'office à la défense de délits minables, est-il enfin parvenu à être satisfait de son sort ?
    Est-ce parce qu'il occupe ses journées à convertir avec une patience extrême un proxénète albanais à la lecture de L'Éducation sentimentale derrière les barreaux de la prison de Fresnes ? Ou parce que son nom s'étale en première page aux côtés de celui de l'ennemi public numéro un ? Le premier roman d'Hannelore Cayre, auteur de La Daronne : sans pitié, drôle et méchant.
    « Hannelore Cayre a le don rare d'évoluer dans un univers glauque et calamiteux avec la même pêche que son personnage... » - L'Humanité
    « Un remède à l'air du temps. » - Télérama
    « C'est drôle. C'est méchant. C'est aussi bien écrit que La daronne et Christophe Leibowitz pourrait bien être l'égal du personnage de Prudence.» - Site Addict Culture
    Hannelore Cayre est avocate pénaliste, elle est née en 1963 et vit à Paris. Elle est l'auteur, entre autres, de Toiles de maître et La Daronne. Elle a réalisé des courts métrages et l'adaptation au cinéma de son roman Commis d'office.

  • Yacaré : Le dirigeant des maroquineries Brunni à Milan meurt mystérieusement après avoir signé un contrat d´assurance-vie dont le bénéficaire vit au fin fond de l´Amazonie. L´enquêteur de la compagnie d´assurance est un Chilien exilé et frileux, la fille de la victime a des yeux verts et étudie l´anthropologie... Hotline : Au Chili de nos jours pour s'attaquer à un militaire il faut être ou inconscient ou exceptionnellement honnête, c'est ce que découvre George Washington Caucaman, l'inspecteur rural Mapuche, lorsqu'on le punit en le mutant à Santiago. Tout en calmant ses aigreurs d'estomac au bicarbonate, il enquête sur les hot lines, le téléphone rose. Il applique aux politiques les mêmes méthodes qu'aux bandits, voleurs de bétail de Patagonie, révélant à tous qu'il ne suffit pas de ne pas s'être sali les mains.

  • Les soirées sont longues dans le port d'Isafjördur, la capitale des fjords de l'ouest de l'Islande, quand on est chargé de traquer le scoop par un rédacteur en chef avide de sensationnel et qu'on rêve de retrouver sa nouvelle petite amie laissée à Reykjavík. Et puis on découvre que les bars des hôtels abritent des célébrités intéressantes, une séduisante vedette du football national et son copain d'enfance, qui le suit comme son ombre et profite de ses conquêtes, une chanteuse pop, qui a failli gagner le titre de Nouvelle Star, les groupies respectives de ces gens importants, et une petite troupe d'adolescents en révolte. Des maisons brûlent, des tombes sont profanées, des touristes lituaniens sont volés et soupçonnés de trafic de drogue, des droits de pêche ont été bradés, tout s'emballe, tandis qu'à Reykjavík on retrouve le corps d'un homme politique, nouvel espoir de la gauche et ex-mari de la mère de la presque Nouvelle Star. Einar, le correspondant du Journal du soir, malmené par la séduisante commissaire de police, mène l'enquête avec son air désabusé, sa nonchalance et une ironie qui lui permettent d'apprivoiser les témoins et de porter un regard sans préjugés sur les événements.

  • Ground XO

    Hannelore Cayre

    Christophe Leibowitz, notre désastreux avocat, poursuit toujours sa quête désespérée du bonheur.
    Bientôt, il fêtera ses vingt ans d'exercice et ne voit pourtant rien d'autre à l'horizon qu'un enchaînement de mornes causes. Mais voilà qu'un beau jour, par le hasard d'une succession, il se retrouve héritier d'une marque de cognac. Cette boisson qui conserve en France l'image de la bouteille qu'on dépoussière pour clore un repas dominical est aux États-Unis le symbole de la sophistication dans la culture hip-hop. Il n'en faut pas plus pour ragaillardir notre pénaliste névrosé. Riche de son carnet d'adresses au pays des dealers, il se lance avec enthousiasme dans le show-business en misant sur l'un de ses clients trafiquant de cocaïne et rappeur à ses heures, qu'il charge de chanter les vertus de son cognac. Avocat, producteur de gangsta rap et bouilleur de cru, n'est-ce pas trop pour un seul homme ?
    « Entre le langage rap et celui du palais de justice, Hannelore Cayre réussit un polar à hurler de rire, écrit avec justesse, sur un rythme soutenu, en évitant la caricature. » - Christine Ferniot, Télérama
    « Politiquement fort incorrecte, Hannelore Cayre a l'humour de faire dire à son héros très macho des horreurs. » - Héléna Villovitch, Elle

  • L'inspecteur Dolores Morales, ancien guérillero, n'a pas fait fortune comme beaucoup de ses camarades au moment où la révolution s'est convertie au capitalisme triomphant. Il est devenu détective privé, spécialisé bien malgré lui dans les affaires conjugales.
    Avec l'aide de Sofia, ex-femme de ménage dotée d'une morale révolutionnaire intraitable, renforcée par l'Église évangélique, et du fantôme de Lord Dixon, un ami tombé sous les balles, il est chargé de retrouver une très jeune fille à la demande de son beau-père, un homme d'affaires tout-puissant.
    Mais celui-ci n'a aucune envie de le voir réussir et ne cesse de lui mettre des bâtons dans les roues. Et la jeune fille terrifiée se cache.
    Insensible à la corruption morale et financière, l'inspecteur devra plonger dans les bas-fonds de Managua, il y rencontrera des personnages hauts en couleur, d'anciens camarades de lutte devenus clochards, une religieuse laïque et combattive, et même un charognard de compagnie.

    Cette aventure nous révèle ce qu'Ortega a fait du Nicaragua. Sergio Ramírez utilise avec brio un humour sans pitié et un désespoir compréhensible.

    "Une dénonciation explicite de la corruption comme soutien du régime." - El País
    "Un style agile et puissant, où brillent l'ironie et une extraordinaire maîtrise du dialogue, et où Sergio Ramírez démontre tout ce que peut le roman noir." - El Imparcial


  • Alors que les juges Falcone et Borsellino viennent d'être assassinés en Sicile, le commissaire Scialoja renoue avec l'amour de sa vie, Patrizia, l'ex-prostituée.

    Scialoja a succédé au Vieux à la tête d'une structure secrète, jamais nommée et toujours redoutée parce qu'elle possède des archives sur les manoeuvres occultes et criminelles de certains dirigeants italiens depuis cinquante ans. Il entame des négociations avec la mafia pour éviter des attentats-massacres.
    Mais Stalin Rossetti, ancien des réseaux anticommunistes reconverti dans le trafic de drogue, a ranimé un réseau para-étatique né de la guerre froide pour le contrecarrer.
    Et tandis qu'Angelino Lo Mastro, étoile montante de la mafia, rêve de jouer son propre jeu aux dépens des vieux boss ; que Pino Marino, l'impitoyable tueur, tente d'arracher Valeria à la drogue ; que Maya, héritière d'un empire économique, découvre les compromissions mafieuses de son époux ; tandis que les juges de Milan entament l'opération Mains propres et que Berlusconi annonce son entrée en politique, de puissants explosifs déguisés en tommes de Parmesan arrivent dans la péninsule...

    Giancarlo De Cataldo nous livre ici une nouvelle tranche de l'histoire secrète de l'Italie contemporaine qui fait penser autant à Balzac qu'à Ellroy, et donne aux attentats qui ensanglantèrent le pays en 1992-1993 des coulisses d'une effrayante vraisemblance.

    Giancarlo De Cataldo, magistrat à la cour de Rome, est l'un des écrivains de roman noir les plus importants d'Italie, devenu aussi une grande signature de la presse et un homme de télévision apprécié.
    Il est l'auteur de Romanzo criminale, La saison des massacres, La forme de la peur, Le Père et l'étranger et Les Traîtres.

  • Dans une modeste université de province, la fac de lettres et sciences humaines devient soudain la cible d'e-mails aussi vengeurs qu'anonymes. Un vieux professeur émérite d'histoire de l'art en est la première victime. D'autres suivront. Christin dépeint l'effarant délabrement de l'institution universitaire avec un humour mêlé d'affection et de colère.
    Un roman noir ironique qui en dit plus sur l'état des universités en France que la plupart des rapports officiels.
    « Pour dénoncer le quotidien d'un jeune enseignant du supérieur, Pierre Christin a choisi d'écrire un roman féroce et hilarant. Plus efficace que les communiqués syndicaux. Une intrigue policière, cocasse et cruelle, menée tambour battant dans une ambiance à la David Lodge. » - Véronique Radier, Le Nouvel Observateur


  • La vie est un match de boxe, tendance lucha libre.
    À Caracas aujourd'hui il faut aussi survivre aux balles perdues et aux pénuries chroniques.

    Donizetti, fonctionnaire ordinaire, bonhomme et maladroit, chargé de convoyer de mystérieuses valises à travers le monde, veut juste gagner de quoi faire vivre ses deux familles, dont un fils taiseux et une ex-femme qui fait des fleurs en porcelaine.
    Mais à force de prendre des coups sans trop savoir d'où ils viennent, on finit par s'énerver.
    Avec Manuel, ami d'enfance, fan de boxe, qui survit en travaillant dans le magasin de chaussures de ses parents, ils vont tenter de prendre une revanche éclatante et définitive sur tous les profiteurs corrompus, les espions cubains et les mafias russes, la seule façon, peut-être, de survivre au marasme.
    Oscillant sans cesse entre le roman noir et l'épopée kafkaïenne, Méndez Guédez nous plonge avec ses deux losers magnifiques dans un monde où la réalité est toujours plus délirante que n'importe quelle fiction. C'est drôle, tragique, et terriblement littéraire.


  • Les perdants ont toujours tort

    La Vierge de Fatima entre dans Managua, au son d'un orchestre de chicheros, escortée par les officiers de la police nicaraguayenne. L'inspecteur Morales regarde la scène de son bureau de la Plaza del Sol. Il est chargé d'enquêter sur un yacht abandonné à Laguna de Perlas, sans doute une histoire de narcos, et pas des moindres. Flanqué d'un lieutenant cynique et d'une ex-guérillera coriace devenue femme de ménage, il traque les coupables avec sa Lada bleue et son p38 sur fond de chaos social et politique.
    Managua, entre deux orages, est traversée par des processions religieuses délirantes, des manifs de toubibs, des embouteillages monstres, au milieu des ruines du tremblement de terre de 1972, des bidonvilles et des quartiers chics. La guérilla est loin, désormais, on inaugure en grande pompe des stations-services rutilantes et les évangélistes vendent du savon miracle. Les anciens guérilleros sont devenus flics, bandits, notables, employés, les trahisons vont bon train, et les narcos courent toujours.

    Ce polar féroce nous plonge dans une société désabusée qui ne sait plus à quel saint se vouer ; l'auteur multiplie les personnages hauts en couleur et les histoires troubles en maniant avec talent l'humour vache et la satire sociale.

    Sergio Ramirez est né au Nicaragua en 1942. Après des études en Allemagne, il abandonne sa carrière littéraire pour s'engager aux côtés de la révolution sandiniste et devient membre de l'Assemblée nationale, puis vice-président du premier gouvernement élu en 1984.
    Journaliste, essayiste, professeur d'université, il a publié de nombreux romans, dont Châtiment divin et Le Bal des masques

  • Un adepte du sadomasochisme contacte Marco, dit l'Alligator, pour qu'il retrouve son épouse disparue. L'ancien prisonnier et ses acolytes, Beniamino Rossini, vieux truand à l'ancienne, et Max la Mémoire, vieux militant qui recouvre sa passion politique lors du G8 de 2001, vont plonger dans le monde souterrain de la souffrance volontaire, dans le drame des « doubles vies », à la recherche du Maître des noeuds, un tortionnaire qui sait se faire adorer de ses victimes.
    Pour les trois amis, le plus dur ne sera pas de progresser les armes à la main entre bonne société et mafias mais de se retrouver, au bout du monde SM, face à leurs propres souvenirs de prisonniers.
    Remarquable comme toujours par sa précision documentaire et son regard implacable sur les plaies sociales, ce roman de Carlotto met une nouvelle fois en scène son enquêteur très particulier, amateur de blues et de calva.
    Massimo Carlotto est né à Padoue en 1956.
    Découvert par le critique et écrivain Grazia Cherchi, il a fait son entrée sur la scène littéraire en 1995 avec le roman Il fuggiasco (Le Fugitif, non traduit en français), publié par les éditions E/O, qui a obtenu le prix Giovedì en 1996. Depuis, il a écrit quinze autres romans, des livres pour enfants, des romans graphiques et des nouvelles publiées dans des anthologies.
    Ses romans sont traduits dans de nombreux pays ; certains ont été adaptés au cinéma. Massimo Carlotto est aussi auteur de pièces de théâtre, scénariste pour le cinéma et la télévision, et il collabore avec des quotidiens, des magazines et des musiciens.

    En 2007, il est lauréat du prix Grinzane Cavour - Piémont Noir.

  • En 1783 des éruptions volcaniques apocalyptiques recouvrent l'Islande de cendre, détruisent les récoltes et provoquent une famine. C'est dans ce pays dévasté que deux représentants de l'autorité coloniale danoise vont s'affronter dans un conflit qui sera jugé par l'assemblée populaire traditionnelle. La rivalité des deux hommes se cristallise autour de deux orphelins, Sunnefa, considérée, à dix-huit ans, comme la plus belle femme de l'île, et son frère cadet Jón, coupables d'inceste et victimes de la société traditionnelle luthérienne. Les paysans qui observent les faits forment le choeur pluriel qui commente la tragédie et permet une grande diversité de points de vue, voix, lettres et journaux des protagonistes qui font lentement progresser le mystère autour du crime central. La nature est un personnage à part entière, les glaciers, les déserts et les torrents intensifient les sentiments et les haines qui se développent. La présence du mal devient palpable dans cet impitoyable duel à mort.

  • Envahi par la nostalgie, Mario Conde, notre Marlowe tropical, mène des enquêtes presque métaphysiques tout en soldant une à une les illusions perdues de la révolution cubaine. Il promène son spleen dans La Havane, belle, moite, décadente : plus qu'un décor, c'est la pulsation, l'âme. Il revient toujours à ses anciennes amours, le bon rhum et la littérature, au milieu de ses fidèles amis, qui comme lui appartiennent à la « génération cachée », celle qui n'a connu de l'utopie que le goût amer de la désillusion.

  • Alors qu'il approche de son 60e anniversaire, Mario Conde broie du noir. Mais le coup de fil d'un ancien camarade de lycée réveille ses vieux instincts.
    Au nom de l'amitié (mais aussi contre une somme plus qu'honorable), Bobby le charge de retrouver une mystérieuse statue de la Vierge noire que lui a volée un ex-amant un peu voyou.
    Conde s'intéresse alors au milieu des marchands d'art de La Havane, découvre les mensonges et hypocrisies de tous les "gagnants" de l'ouverture cubaine, ainsi que la terrible misère de certains bidonvilles en banlieue, où survit péniblement toute une population de migrants venus de Santiago.
    Les cadavres s'accumulent et la Vierge noire s'avère plus puissante que prévu, elle a traversé les siècles et l'Histoire, protégé croisés et corsaires dans les couloirs du temps.
    Conde, aidé par ses amis, qui lui préparent un festin d'anniversaire somptueux, se retrouve embarqué lui aussi dans un tourbillon historique qui semble répondre à l'autre définition de la révolution : celle qui ramène toujours au même point.

    Un voyage éblouissant dans le temps et dans l'histoire porté par un grand roman plein d'humour noir et de mélancolie.

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