Editions Gunten

  • Mars 2001, « L'Affaire Hamrouzi » secoue la ville de Dole. Le maire a disparu quelques heures à peine suivant son élection. Au fil des mois son cadavre est retrouvé morcelé et dispersé aux quatre coins de la Cité. Ces lieux choisis sont-ils des indices, des symboles ou de purs hasards ? Qui peut bien se cacher derrière cet ignoble meurtrier surnommé le tueur diabolique et qui raconte lui-même les faits ? Qui est donc ce « je » qui se prête impunément à un jeu macabre auquel il semble prendre un malin plaisir ?
    « Le tueur » donne délibérément le ton à ce roman, très original, une forme attractive et quasi participative. Il en fait son roman, et défie le lecteur à deviner son identité...Qu'il prend soin de « noyer » elle aussi parmi les vies en eaux troubles de multiples suspects !

    Dans la peau seulement, de celui-ci, mais avec lui, complice, l'auteur, Christian Jelsch, s'amuse à nous faire des pieds de nez, à nous faire mettre les doigts dans l'engrenage. L'humeur de ce polar fait planer un réel suspense et l'humour de l'auteur nous extirpe des sourires...

    Après la lecture de ces lignes, jamais plus à Dole et ailleurs, nous ne vivrons sereinement des élections municipales.

  • Quelques jours avant la fin de la guerre 39-45, deux enfants sont assassinés avec sauvagerie dans un petit village.
    Un officier SS doit prendre en charge l'enquête car la police française est quasi-inexistante...
    Dans ce roman « Les galets du ruisseau », Fabrice Cart tient à rappeler des faits réels tout en revisitant le passé.
    L'action se déroule à la fin de la guerre de 40 dans le Jura, à Lons-le-Saunier, et dans ses villages environnants. Ces petits galets qu'il jette et qui font ricocher l'histoire comme l'eau, sans en changer leur cours, troublent cependant leur surface et font trébucher le lecteur.
    Les personnages ont eux des petits cailloux dans le pied. Il s'agit de Hans, un soldat SS, au-delà de tout espoir et de toute compassion, amené à enquêter sur le meurtre de deux gamins, d'un commissaire d'opérette, une caricature, d'un chef de la gestapo digne du nom, d'un jeune agent inexpérimenté, des indics, des résistants, ou des passants par-là, par cette époque.
    Par quels sentiments Hans est-il animé ? La justice, la loyauté, l'indulgence, l'amour ? Peuvent-ils éclore en enfer comme une fleur au milieu des ruines ?
    Avec romantisme Fabrice Cart cherche à effleurer les états d'âmes sans en bousculer les frontières que l'on sent fragiles...
    Un texte audacieux, insolite et captivant rehaussé d'un vrai suspense du début à la fin.

  • Les abîmes

    Alain Richard

    Alain Richard ne peut s'empêcher de rudoyer l'humanité qui de toute évidence le mérite... mais cet « acharnement » n'est-il pas proportionnel à sa passion et à sa bienveillance pour elle ?
    Dans son nouveau roman Les abîmes, dans lesquels il n'hésite pas à nous faire plonger, Alain Richard nous fait toucher le fond, le fond où croupissent les âmes les plus noires.

    Ce roman policier haletant, tout en suspens, tient à rendre Justice et faire éclater des vérités, Alain Richard n'épargne personne, surtout pas le lecteur qui ira de découvertes sordides en découvertes macabres, toutes plus sinistres les unes que les autres.
    La nature de l'homme reste la principale énigme. Une fois de plus, Alain Richard brouille les pistes, dans tous les sens du terme, pour, peut-être, nous amener à nous demander comme lui, ce qui différencie l'homme de la bête.

    Pourtant l'auteur qu'il est, chérit l'être inhumain, en qui il veut encore malgré tout croire, nous faire croire et il continue à mettre une majuscule à Humanité, à Nature humaine, à Homme ! A la lecture de cet ouvrage, il est vrai que nos coeurs vibrent, palpitent, saignent...
    Elle appelle sa maman mais son cri ne résonne pas, jugulé par le tissu qu'on vient de plaquer sur son nez et sa bouche. Elle respire encore, mais une odeur nouvelle, asphyxiante, pénètre en elle. Eloïse ne veut pas mourir.

  • Après « Piège », Jean-Jacques Cambrelin nous propose son second roman, « L'Escale ». Mais ne nous méprenons pas, ce n'est pas une escale de rêve. Pas même un refuge pour Antoine, jeune homme parti à l'aventure pour se mesurer à la Grandeur du monde. Avec autant de lâcheté que de présomption, il va découvrir l'étendue de sa diversité... au fur et à mesure de ses rencontres, un jeune couple d'abord, qui le prend en stop, puis à « l'Escale », gargote où il atterrit, un maçon, Rodrigue, un homme étrange au comportement inquiétant. Dans ce village du Sud de la France où il débarque, il va se trouver confronté à une très sombre histoire, un obscur drame familial... Sa jeunesse et sa cohorte d'orgueil et de naïveté, de compassion, de curiosité et de détermination à la fois, l'inciteront à vouloir en percer tous ses mystères, en connaître les secrets, et en démêler petit à petit, à ses risques et périls, l'enchevêtrement perfide. Une escale où l'on a tout de même envie de s'arrêter nous aussi, lecteurs embarqués par un auteur au talent de pilote... et d'écrivain, qui manie le suspense comme les manettes du tableau de bord. Mais attention aux surprises, attachez bien vos ceintures ! Un récit qui dérange au service d'un style qui mélange descriptions romantiques et personnages romanesques, ou vice versa. Un éloge bucolique au calme, à la nature, à la beauté et en parallèle, la rudesse, la lâcheté, la perversité ! Douche écossaise de bienvenue à l'Escale.

    Extrait


    Lui, sa grande obsession, c'était l'angle droit. Ou le cercle, peut-être.... Non, l'angle droit, plutôt. Plus sec, plus incisif quand le cercle est plus doux. Il trouvait à l'angle un petit côté sexuel quand la rondeur était plus sensuelle. Il préférait l'aigu, le vif, le pénétrant plutôt que l'amolli du cercle. Un goût étrange ! Comme pour tout le reste... Une ligne n'a rien d'enthousiasmant. Je pense qu'il faut être un peu toqué pour s'intéresser à des figures géométriques.... Bon, pour simplifier, disons que sa marotte, c'était la géométrie. Oh, pas la géométrie qui somnole au fond des manuels d'écolier mais la géométrie sur laquelle on se casse le nez quand on veut monter un beau mur ou ériger une charpente. La géométrie qui se confronte au fil à plomb et au niveau. L'ennemie qui désespère le maçon, et le provoque. Tout petit, à l'école primaire, ces figures parfaites dans son livre de mathématiques l'avaient intrigué et, quand il a fallu les reproduire sur le chantier, cette stupeur enfantine était toujours là. Elle n'allait jamais le quitter.

  • Ombres sur l'autre ville lumière Nouv.

    Au coeur d'une nuit hivernale, Didier d'Orville s'interpose lors d'une agression dans les rues d'une tranquille ville de Suisse alémanique. Catherine Bucher, la mère de famille qui a échappé à ce qui s'avérera être une tentative d'enlèvement, travaille pour une compagnie helvétique à l'éthique professionnelle douteuse qui éveille des soupçons.

    Didier d'Orville, Français installé en Suisse centrale depuis huit mois, mène l'enquête en compagnie d'une marginale. Grâce à eux, le lecteur va découvrir Lucerne, l'autre Ville Lumière, sous un éclairage inhabituel. L'action pleine de rebondissements et de suspense de ce roman se situe en hiver sur une période de deux semaines dans une atmosphère pesante.
    Après Ah ! Si Isokelekel était resté sur son île... Serge Robert, en compagnie de Didier d'Orville, nous propose une nouvelle intrigue qui se déroule cette fois-ci dans sa ville d'adoption. Son parcours professionnel de chimiste dans des compagnies pharmaceutiques et cosmétiques lui a fourni le terreau de ce roman ancré dans les secrets et les arcanes de ces secteurs industriels.
    L'homme recroquevillé sur le sol, ligoté et poignets noués dans le dos, ne bougeait pas. Une cagoule noire empêchait de distinguer ses traits. Le silence était impressionnant, juste le bruit d'une goutte d'eau qui tombait au loin. Une lueur blafarde accentuait l'aspect sinistre de la scène. Dans cette pièce, Didier se tenait debout, face à un inconnu. Lorsqu'il voulut lui porter secours, il ne put avancer d'un seul millimètre.

  • Christian Jelsch propose à ses lecteurs une nouvelle énigme policière se déroulant dans la ville de Dole qui lui est chère. Un professeur de français est violemment agressé au cours de la célèbre fête de la musique le 21 juin. Il se remet de sa blessure après de longs mois, mais le dénouement de l'enquête policière piétine...
    Qui lui en voulait au point de le tuer ? Car c'est de cela dont il s'agit. Plusieurs hypothèses sont avancées, plusieurs personnes sont suspectées, en passant par Edith, sa propre femme, une autre qu'il aurait rejetée ? Un élève, une inconnue, un(e) illuminé(e) ? Mais rien ne mène à une véritable conclusion.
    L'affaire sera-t-elle un jour élucidée ? Le professeur connaîtra-t-il le coupable ? Le nom de son agresseur ?
    Boussole innocente, plein de bon sens et de ses rêves d'enfant, cette phrase de l'auteur, Christian Jelsch, correspondant au personnage principal, reflète son empathie toujours intacte envers tous les héros de ses romans.
    Dans cette énigme originale, certains sentiments comme la tolérance, le pardon, ou simplement l'indulgence, ont la part belle, ce qui n'est pas toujours le cas... Lorsque la cruauté, la jalousie, l'indifférence ou l'arrogance sont de mise.

  • Plein feux

    Patrick Arquier-Colom

    Patrick Arquier-Colom nous invite à découvrir comment Virginie s'est retrouvée dans l'enfer de Blanche avec PLEIN FEUX, son nouveau roman noir animé de nouvelles voix tout aussi énergiques.
    Pour Virginie, ce PLEIN FEUX est un éclairage brûlant projeté sur les arcanes des crimes et escroqueries politico-industrielles autant que sur sa propre vie, entre le bûcher qui l'attend et son brasier intérieur.
    Cette psychothérapie de choc traitée dans un style allégorique, inventif et plein d'humour devient une mise en abîme qui ne la fera renoncer à rien.
    « - Faut que tu y aies passé du temps pour savoir tout ça...
    - Ouais... Un peu trop. J'en ai surtout déjà assez vu et entendu pour que ça risque de me couter cher. Alors je fuis cet univers un soir où je sens que c'est le moment. Dehors, il pleut. La nuit, toutes les chattes sont grises et c'est important quand on veut se tirer sans se faire remarquer ».

  • Ce roman de Jacques Barbery, La parure du frelon, nous invite à la lecture comme à un bal costumé. Invitation étrange où le masque de la mort, plus mystérieux qu'effroyable, est non seulement admis mais désirable.
    Le maître de cérémonie en est un dandy ténébreux mais courtois. Son métier et son allure inspirent confiance.

    Impression trompeuse : Alexandre d'Aigremont, ce manipulateur cynique, a plus d'une perversion dans son sac. Il a la passion des femmes, la passion des mots, notamment de la poésie, mais d'abord la passion coupable des corsets qui lui permettent sensations fortes et expérimentations originales. Jusqu'à l'extrême. Sa dernière conquête, Ode, saura-t-elle lui tenir tête ?

    Si l'intrigue enchaîne avec gourmandise les rebondissements, elle est nimbée d'une musique ensorcelante, lascive et sensuelle. Elle nous emporte dans son tempo romantique, aussi subtil, fatal et aiguisé qu'une lame d'épée.

    Ce roman cache son jeu : plus qu'un simple thriller c'est une palpitation, un hymne au corps, à son souffle et à son mystère.
    Né en 1951 Jacques Barbery a fait sa carrière dans le tourisme. Il trouve dorénavant une nouvelle évasion dans l'écriture et la photographie. La parure du frelon est son troisième roman.

  • Patrick Arquier-Colom nous propose son nouveau thriller « Blanche ». Blanche comme la mort, la morte, la feuille de papier, la tasse, la couleur des murs, l'âme, la voix...
    Virginie, l'héroïne, nous embarque avec elle à la recherche des « gens de pouvoir » qui lui ont fait subir les pires faux traitements jusqu'à la déstructurer mentalement à « La Providence », une étrange maison de soins, bien mal nommée.
    Patrick nous emporte dans des phrases qui nous brinqueballent de leurs mots en urgence. Des mots pressés par le danger, des mots efficaces de ceux qui n'ont pas le temps pour eux ! Avec cependant beaucoup d'imagination, ils vont à l'essentiel. Un talent bien caractéristique de cet auteur qui transporte la poésie en ambulance.
    Des éclats de mots remontent à la surface de ma mémoire. Je suis seule dans ce larynx. Au bout, une porte bat comme une glotte mécanique, panneau opaque sur fond noir. On me parle. Par terre, du beige un peu gris. Un blanc terne sur les murs à peine décorés d'illustrations toutes aussi ternes. Ici, même si les décorations étaient colorées elles sembleraient fades et passées. Je marche sans savoir où je vais, en exploratrice perdue. On m'appelle.

  • Ce soir tout serait réglé. Il roulait lentement, il avait pris de la marge pour la réunion qui devait se tenir à Bastia. La Corse attendrait un peu aujourd'hui. Son honneur était en jeu. Le cimetière gardé par le vieil Angelo serait encore ouvert, il le savait. Lui aurait sa réunion vers 15 heures, après que justice soit Gilbert Pastore rendue. Il savait où attendre ses futures victimes sachant d'où arriverait Maria poussant son landau. Le cimetière serait vide vers 13 heures. Il roulait lentement, la campagne alentour hurlait sa joie de vivre, les merles voletaient autour de certains arbres comme heureux qu'on ne les prenne pas pour des grives. La Corse resplendissait déjà de soleil, de couleurs et de beauté. Les plantes humidifiées la nuit exhalaient leurs senteurs la journée et plus encore à cette heure où le soleil est moins vif. Louis respirait la fureur de vivre autant que celle de la vengeance.

  • Sangs vérité

    Gilbert Pastore

    Histoire d'une affaire policière qui nait, vit, bouge et meurt comme un quartier, avec le quartier.
    Voyage au coeur des hommes qui l'habitent, l'aiment au point de s'aimer entre eux alors qu'ils pourraient se haïr.
    Emile, le flic, Manolo, le truand, ainsi que Paulo et les autres tentent de sauver une partie de leur passé, de leurs racines.
    Leurs racines c'est ce quartier de Lyon où ils ont grandi, gendarmes et voleurs, fidèles aux rôles distribués par le destin, fidèles au jeu, aux enfants qu'ils ont été, décidés à respecter la donne jusqu'à la fin.
    "Depuis longtemps déjà, Paulo avait compris qu'il ne pourrait jouir de la vie ou tout au moins n'en profiter qu'en faisant fonctionner ses méninges, en étouffant ses scrupules. Il n'avait que deux spécialités dans lesquelles il excellait : une hypocrisie dénonciatrice et une dextérité, pas pour les travaux manuels mais pour les cartes, pour la subtilisation d'objets à l'étalage et dans l'art de vider les poches. En un mot, Monsieur Paulo était un gosse surdoué dans un certain genre. Intelligent, il refusait de se disperser."

  • Laura, chanteuse célèbre et adulée engage Arnaud, ancien judoka, recommandé par son ami Thierry, judoka également. Il est chargé de reprendre Liza, sa fille, à son père, Rocco, ex mari et ex producteur de Laura. Dans un décor, show-business-coulisses, des personnages, aussi sulfureux qu'attachants vont se livrer une traque sans merci. Patrick Arquier Colom a les mots qu'il faut pour la rendre haletante, habiller, déshabiller la vérité et accrocher le lecteur au suspense aussi sûrement, aussi habilement qu'un vêtement à un clou. Le style de ce roman le rend très « policier ». Les allégories fleurissant partout le teintent d'humour.

    un petit extrait

    «Des musiciens, des machinistes, des choristes, un type qui doit être compositeur, si j'en crois ce que je capte d'une oreille. De l'autre, j'entends des applaudissements. Le public est déjà entré dans la salle. Tout ça me chamboule la tête. Je ne sais pas ce qui m'arrive. C'est comme quand je fais un rêve tellement réaliste, qu'une fois éveillé, j'ai encore l'impression de rêver. Je me sens excité mais préfère ne pas trop le montrer. C'est la première fois que j'assiste à un concert depuis les coulisses. Ça me fait tout bizarre... L'impression d'être admis dans un cercle de privilégiés. Je ne sais même pas pour quoi faire la chanteuse m'a engagé.»



  • Tiré d'une histoire réelle, Gilbert Pastore raconte dans cet ouvrage comment un couple, Georges et Marie-Christine, un homme et une femme amoureux, aisés, comblés se retrouvent sur une route qui les mène droit en enfer...
    Faisant d'eux deux inconnus, deux coupables. Marie-Christine trompe son ennui de femme trop gâtée en trompant Georges allant jusqu'à la pornographie, grugée elle-même par un amant sans scrupules. Georges apprend la débauche de sa femme.
    L'auteur, Gilbert Pastore, dépeint avec tendresse et indulgence l'humanité de ces personnages pitoyables, vulnérables et sa plume pourtant aguerrie les rend attachants et passionnés...
    Il était une fois Georges et Marie-Christine en croisière, heureux et insouciants, Telle était leur vie avant l'avis de tempête... le naufrage...
    /> Au-delà de l'horizon Georges attend Marie-Christine.

  • L'ile ronde

    Laurence Alfonsi

    Cet ouvrage nous aide à fuir le quotidien, nous embarquant loin... sur une île de l'archipel canadien. En passant par la passion, l'amour même, tout le monde se pose, aimanté par la beauté de l'endroit, pour vivre avec des personnages toujours en liseré... En liseré du bonheur, du charme, de la sérénité, de la vie, de la mort, mystérieux, engouffrés, presque enlacés dans une sombre histoire : crime ou suicide ? Beau, sage, le style reflète le regard de Laurence sur les êtres, la nature, les objets. Un auteur qu'on n'a pas seulement envie de lire, mais de connaître, d'écouter.

    « Cette histoire est d'abord celle d'une rupture, indispensable pour pouvoir renaître. Elle commence par une destination. Un billet d'avion, ce fut en apparence le seul acte dont je fus véritablement acteur. »

    Extrait


    Tel un héros de film noir américain, j'avais entrepris une enquête sur moi-même, une volonté de renaître à la vie après avoir voulu tout perdre. A partir de là, c'est la vie qui commande. Comme dans un film rouge, ce fut ensuite un combat. Puis comme dans un film blanc, tout ne fut jamais qu'à construire. L'histoire n'atteignit pas l'étape du vécu, mais demeura à celle de son invention. C'aura été une pré-histoire d'amour. La fin aurait pu être un commencement, si le film noir n'avait pas repris l'avantage sur le film blanc.
    Une rupture donc, avec cet étrange sentiment qu'une vie entière puisse tenir dans deux valises...

    Dédicace de l'auteur


    Chers lecteurs, Je vous propose de fuir le quotidien et vous embarquer loin... sur une île de l'archipel canadien. Je vous propose un flirt entre la vie et la mort enlacées dans une sombre histoire dans laquelle mes personnages ne sont héros que du temps et d'une passion. L'un pour les cactus, mystérieux scientifique, l'autre, une femme mi-ange, mi-démon, mi-amazone, fragile et forte, et enfin celui pour lequel je me fais l'interprète, celui que j'ai choisi et qui est mon « je », prenant un jour un bateau pour l'île ronde...

  • Rhett

    Agnes Siegwart

    Un jour ou l'autre, puis, un jour après l'autre, un auteur, son héroïne et ses personnages vivent ensemble. Dorment ensemble, se réveillent ensemble puis dans des pages poussiéreuses finissent ensemble pour l'éternité, au fond d'un grenier...
    Qui des uns ou des autres apprend la vie ? Qui des uns ou des autres n'arrivent pas à exprimer les sentiments ? Qui anéantira l'autre qui ne peut y répondre ? L'auteur Bess bien que protégée par l'amour fou de son mari Rhett, ira au bout de son roman comme au bout de ce combat qu'elle livre sans merci à Flora, surnommée « la tempête ».
    Sous les doigts de Bess, la tendresse, la jalousie, la vanité, la folie, la mort..., la vie, trop effleurées se vengent...
    Derrière la porte qu'il a volontairement claquée un peu plus fort que d'habitude, Rhett entend Bess frapper à nouveau sur son clavier avec acharnement et hardiesse car une quelconque défaillance de sa part déclencherait maintenant un déraillement du train, un dérèglement de ce roman en route.


    Flora... Ah... Oui ! C'est joli, ça, Flora !


    Elle aurait pu aussi s'appeler « Epi de blé », car elle aime ondoyer au gré du vent. Mais elle espère son souffle comme un comédien sans mémoire.


    Puis, soudain, un sentiment bizarre, entre l'effroi et une solide obstination à rester bien blottie, s'empare d'elle. La parcourt, puis, peu à peu, l'enveloppe d'un voile invisible prétendu protéger délibérément sa pudeur comme si elle allait être mise à mal. Plus que cela, la prémunit d'une sorte de carapace. Ainsi baptisée, cuirassée, Flora va quitter un lieu dans lequel elle ne redoute rien, pour un autre sûrement redoutable... Jusque-là, quelque part, impalpable, elle va prendre corps.


    Frêle et sauvage, elle se sent curieusement, tout de suite, gonflée de hardiesse et de courage.



    Bess est là tout près d'elle. Elle l'entend respirer. Ses yeux brillants la transpercent. Ses mains très longues aux ongles affûtés ondulent devant elle comme des tentacules et l'effarouchent. Au bout de celles-ci ses doigts s'agitent en petites pressions décidées et rythmées sur le clavier. Les mots, les phrases qu'ils expulsent sur l'écran de Bess donnent naissance à ses personnages. D'abord un peu floue aux lignes incertaines puis de plus en plus nette, une femme jaillit comme une sirène hors de la mer. Bess, éclaboussée, mouillée, est ravie de son accouchement.



    Flora est née, elle est maintenant la créature de Bess. Son évolution n'appartient qu'à Bess. Sa mutation se fera sous les doigts de Bess qui va veiller de près à ce que celle qui va incarner l'héroïne de son ouvrage, contribue à faire, de cette évolution, un succès de plus, au titre prometteur qui porte son prénom « Une tempête nommée Flora ».

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