• Edition enrichie (Introduction, notes, commentaires, chronologie et bibliographie)Avec Les Fleurs du Mal commence la poésie moderne : le lyrisme subjectif s'efface devant cette « impersonnalité volontaire » que Baudelaire a lui-même postulée ; la nature et ses retours cycliques cèdent la place au décor urbain et à ses changements marqués par l'Histoire, et il arrive que le poète accède au beau par l'expérience de la laideur. Quant au mal affiché dès le titre du recueil, s'il nous apporte la preuve que l'art ici se dénoue de la morale, il n'en préserve pas moins la profonde spiritualité des poèmes.
    D'où la stupeur que Baudelaire put ressentir quand le Tribunal de la Seine condamna la première édition de 1857 pour « outrage à la morale publique et aux bonnes moeurs » et l'obligea à retrancher six pièces du volume - donc à remettre en cause la structure du recueil qu'il avait si précisément concertée. En 1861, la seconde édition fut augmentée de trente-cinq pièces, puis Baudelaire continua d'écrire pour son livre d'autres poèmes encore. Mais après la censure, c'est la mort qui vint l'empêcher de donner aux Fleurs du Mal la forme définitive qu'il souhaitait - et que nous ne connaîtrons jamais.

  • Les yeux d'Elsa

    Louis Aragon

    À la gloire de la femme aimée, Aragon, le dernier poète courtois, a composé ses plus merveilleux poèmes. " Ma place de l'étoile, à moi, est dans mon coeur, et si vous voulez connaître le nom de l'étoile, mes poèmes suffisamment le livrent. " Pétrarque a chanté Laure, Ronsard Hélène, Lamartine Elvire, c'est à Elsa qu'Aragon donne ses poèmes qui sont au nombre des plus beaux chants d'amour qu'un poète ait écrits. La présente édition intègre la préface que Louis Aragon rédigea en février 1942, ainsi que trois textes en prose particulièrement éclairants : " La Leçon de Ribérac ", " La Rime en 1940 " et " Sur une définition de la poésie. " Enrichie d'une postface de Lionel Ray et de documents iconographiques rarement publiés, elle est une invitation à lire, ou relire, l'une des oeuvres majeures de la poésie française.

  • À son existence maudite de voyant, de voyou, de météore, Une saison en enfer semblait lancer un dernier adieu. La fête était finie. Avec les Illuminations, Rimbaud, à vingt ans, écrit le dernier acte de son " opéra fabuleux ", le plus énigmatique. En fixant ses délires et ses vertiges, il ouvre les portes de l'inconscient et de l'inconnaissable, il transfigure ses visions, invente le surréalisme, les villes du futur, prophétise l'ère atomique.
    Les dernières lueurs du " voleur de feu " créent un spectacle total mélangeant l'épopée, la chanson, le cirque, tous les genres et tous les styles. Les Illuminations annoncent un nouveau monde, qui est finalement le nôtre.Préface inédite de Jean-Michel Espitallier

  • Ce volume rassemble la totalité des poèmes écrits par René Guy Cadou dans sa courte vie : il est mort en 1951 à l'âge de trente et un ans. Sa notoriété est attestée aujourd'hui par sa présence dans la plupart de la poésie française du XXe siècle ainsi que par les des anthologies travaux universitaires consacrés à son oeuvre, qui ne cessent de se multiplier.
    " Son oeuvre, écrivait Claude Roy à l'occasion de la première édition de ce volume, doit réconcilier avec la poésie un très vaste public. Elle est robuste et familière, ancrée dans la vie quotidienne la plus simple et la plus humainement banale - radieuse et altière cependant. René Guy Cadou donne dans chacun de ses poèmes une grande leçon, qu'on croit connaître et qu'il faut pourtant réapprendre : la poésie est la lumière de chaque jour pour qui sait ouvrir les yeux sur la vie réelle. "

  • " La grande liberté de la poésie de Cadou ne s'enferme pas dans ses propres mots. Ses dialogues de poète avec l'esprit du trobar, du romantisme allemand (Schubert, Hölderlin, Novalis), de Whitman, de ses frères en poésie, de Max Jacob surtout, ont permis une grande oeuvre lyrique. [...]
    Hélène ou le Règne végétal, livre lumineux, devient ainsi une cathédrale végétale. "
    Luc Vidal (extrait de la postface)
    Chant d'amour à une femme et exaltation de la nature, ce recueil de René Guy Cadou (1920-1951), parfaitement emblématique de l'École de Rochefort, apparaît aujourd'hui comme l'un des plus poignants de notre littérature.

  • Juste après la pluie

    Thomas Vinau

    Tandis que d'autres s'étirent et ouvrent les volets Thomas Vinau, depuis longtemps, écrit de la poésie. Chaque matin. Après Nos cheveux blanchiront avec nos yeux (2011), Ici ça va et Le Bric à brac hopperien, (2012) voici donc, écrit dans la même veine que les romans, un gros livre de petits poèmes conçu comme un livre d'usage et de combat pour tous les jours. Un livre qui caresse, tempête et tient tête. Tout ceci mine de rien évidemment.
    Tandis que d'autres s'étirent et ouvrent les volets Thomas Vinau, depuis longtemps, écrit de la poésie. Chaque matin. Après Nos cheveux blanchiront avec nos yeux (2011), Ici ça va et Le Bric à brac hopperien, (2012) voici donc, écrit dans la même veine que les romans, un gros livre de petits poèmes conçu comme un livre d'usage et de combat pour tous les jours. Un livre qui caresse, tempête et tient tête. Tout ceci mine de rien évidemment. " Je défends une poésie sans chichis, une poésie du présent. Je veux qu'elle dise cet au-delà de nous, qu'elle écope cet essentiel, ce qu'il nous reste après la tempête et les mensonges, mais sans grands gestes. Je travaille beaucoup sa simplicité. Elle doit sentir l'odeur de chaque matin, être comme ces nuages suaves et sombres formés par des milliers d'oiseaux dans l'automne. " En 235 poèmes, Thomas Vinau encore une fois nous comble et réveille ce qui pourrait dormir en nous. " Songer, certains dimanches de grands vents pleins de poussières et de lumière, à s'ouvrir le ventre du sol au plafond. Pour aérer à l'intérieur ". C'est par ces mots que commence Juste après la pluie.


  • Me voici
    Animal marin de la poésie
    Je sens gronder en moi la colère des foules
    Je sens vibrer en moi leur rage de vivre

    Tels sont les vers par lesquels débutait, en 1945, le premier recueil d'un jeune poète haïtien de langue française : René Depestre. Soixante ans plus tard, en 2005, les Éditions Seghers publiaient une " cérémonie des adieux " du même écrivain sous le titre Non-assistance à poètes en danger. Entre-temps, une vie à couper le souffle, des voyages sur tous les continents et le fleuve indomptable de la poésie.
    Le présent ouvrage rassemble la totalité des poèmes écrits par René Depestre au cours de sa vie. Les recueils publiés par Pierre Seghers - Végétations de clartés, Traduit du grand large, Journal d'un animal marin - y côtoient des éditions rares, parues à l'étranger et aujourd'hui introuvables. De Port-au-Prince à Paris, de Prague au Chili, de la Havane au Sud de la France, où il est aujourd'hui installé, le poète donne à lire le chant fantaisiste, dionysiaque et vigoureux de ses passions caribéennes.

  • "Il ne m'est Paris que d'Elsa": l'anthologie des plus beaux poèmes d'Aragon sur Paris...
    Par cette anthologie, Aragon intègre la famille des poètes qui ont chanté Paris et décide de sa filiation en donnant à relire, comme en surimpression, les tableaux parisiens de Baudelaire, les poèmes d'Apollinaire, le Paris de Francis Carco et de Robert Desnos, compagnon de route du surréalisme.Mais Paris est également le théâtre où se joue l'histoire d'un amour écrit aux portes de la légende: celui que le poète voue à Elsa, rencontrée en 1928. Il ne se contente pas de célébrer les endroits que le couple fréquentait: à travers Elsa, il retrouve l'empreinte affective que le temps a laissée sur les murs de la capitale. "En intitulant son recueil Il ne m'est Paris que d'Elsa, Aragon faisait plus que mettre en miroir deux mythes qui lui sont propres, il donnait une définition de lui-même et de son écriture. Tout comme Paris et le monde en général ne peuvent devenir sensibles au poète que par la médiation de l'Autre, le poème sur la ville découvre, dans la brèche qu'ouvre la voix d'autrui, la première césure qui donne naissance au chant. Poésie de la rencontre et du dialogue, la romance d'Aragon trouve dans Paris, ville d'histoire et de mots, plus qu'un écho, un interlocuteur." (Sylvie Servoise, auteure de la postface)

  • Tout au long de sa vie, au gré de ses amours parfois agitées, E. E. Cummings (1894-1962) a composé des poèmes érotiques. Il ne lui a pas été toujours facile de faire publier ses textes, comme la plupart de ceux réunis dans cette anthologie. Car, chez Cummings, la chair n'est pas triste. Érotisée, la langue suggère des étreintes, des ébats, des cris. Qu'elle évoque les prostituées fréquentées dans sa jeunesse ou qu'elle chante l'amour pour ses compagnes, la poésie de Cummings ne craint pas de heurter les conventions, aussi bien morales que formelles.


  • Par la publication de ce recueil inédit de René Depestre, les Éditions Seghers poursuivent leur travail en direction des poésies francophones.

    "Certains poètes contemporains donnent l'impression de n'être que des cerveaux, de purs produits de matière grise tarabiscotée. Quelques mots sur une page, des collisions verbales aléatoires, un vague tropisme mallarméen, un culte du mot seul, une religion de la phrase pour elle-même, une manie du blanc et de l'espace, de quoi générer un autisme de bon aloi, et s'assurer qu'on ne sera pas lu, aimé, compris", écrit Michel Onfray dans la préface de ce recueil.

  • Un grand livre introuvable depuis près de vingt ans... Le Voyage de Hollande ne fait pas partie des livres les plus connus d'Aragon, mais n'en demeure pas moins une oeuvre majeure dans laquelle on retrouve les grandes thématiques du poète, la douleur d'aimer, le jeu, le miroir, le double, et une matière humaine d'une profondeur peu commune. Après avoir réédité Les Yeux d'Elsa et Il ne m'est Paris que d'Elsa, les Éditions Seghers devaient offrir une nouvelle vie à ce grand livre introuvable depuis près de vingt ans. Les poèmes qui composent ce recueil relatent moins le "voyage en Hollande" qu'ont effectué Louis et Elsa au cours de l'été 1963 qu'ils ne nous invitent à voyager dans un espace, réel ou onirique, qui fascinait déjà Baudelaire. "Le voyage de Hollande peut être voyage pictural ou exil puisque, après Descartes, plus d'un écrivain français a cherché refuge en ce pays", explique dans sa postface Michel Besnier. Poète courtois égaré au vingtième siècle, Aragon parle ici aussi de l'amour au passé. En 1963, le temps a fait son oeuvre ; bientôt les amants ne seront plus. Cette dimension temporelle explique la tonalité des poèmes sur lesquels se clôt le recueil.

  • Une magnifique anthologie à tout petit prix
    Plus connu pour ses romans -
    Notre-Dame de Paris,
    Les Misérables - que pour ses poèmes, Victor Hugo est pourtant l'auteur de centaines d'oeuvres poétiques écrites tout au long de sa vie.
    Tantôt classiques, tantôt romantiques, parfois lyriques, parfois épiques, les poèmes de Victor Hugo sont présents dans tous les genres et ont à la fois ému ses contemporains, exaspéré les dirigeants et inspiré les plus grands poètes.
    Dans cette anthologie à petit prix, Jean-Joseph Julaud nous présente une sélection des plus beaux poèmes de Victor Hugo, dévoilant les nombreuses facettes de ce géant : Hugo et les femmes, Hugo en pleine nature, Hugo et le futur, Hugo et la mort... De quoi satisfaire tous les goûts et toutes les humeurs !

  • " Le génie de Paul Éluard est d'avoir concentré, en quelques dizaines de pages, tous les ressorts du poétique en deçà et au-delà de sa définition fossilisée en vers comptés / rimés. [...] On trouve dans cet opus, apparent fourre-tout en vérité, n'en doutez pas, scrupuleusement composé, mieux que dans un austère traité académique, un répertoire dynamique des formes poétiques possibles, celles notamment qu'ont explorées les poètes des cinquante dernières années : vers libres, poème en prose, aphorisme, poésie sonore, poésie concrète, lettrisme, ready-made, accumulation, etc. On en tirera la meilleure des conclusions : la poésie n'est pas ceci ou cela, elle est ceci et cela, multiple, diverse, imprévisible. " Jean-Pierre Siméon (extrait de la préface)

  • À la fois poème et roman, voici la confession d'un Virgile rapatrié, d'un Quichotte actuel mais déculturé, d'un Dante sourd, québécois, aveugle et agnostique. En une centaine de chants menés rondement et non moins roboratifs que le vieil océan de Lautréamont ou l'hippopotame invisible de Telus, le héros décide de refaire sa vie après un accident de voiture. Il s'appelle Pierre Pons, alias Gérard Ovide Quevedo-Labine, Gerry pour les intimes. Il cherche sa mère dans les brumes de la réalité, va à Paris, en revient, y retourne, monte au ciel, descend dans des tombeaux, rêvant toujours d'amours folles.

  • " Par sa poétique double de l'automatisme puis du collage, L'Immaculée Conception concilie les deux grands modes d'écriture, issus des Illuminations de Rimbaud et des Poésies de Ducasse, qui déterminent la majestueuse révolution surréaliste telle que celleci se trouve illustrée dans l'un des plus grands livres qu'elle ait jamais produits.L'Immaculée Conception est ce livre. Son ambition est immense. Elle l'est à un tel point qu'aucun lecteur n'a pu en prendre encore la mesure. Il s'agit de tout faire tenir en l'espace des quelques pages fulgurantes qui donnent à cet ouvrage sa dimension d'encyclopédie poétique de poche, [...] denses au point de paraître inintelligibles, défi nitives comme si elles contenaient le dernier mot d'un oracle absolu s'exprimant en aphorismes sans appel. " Philippe Forest (extrait de la préface)

  • Ce volume rassemble les poèmes de Paul Éluard dédiés à l'amour, écrits durant les dix dernières années de sa vie : Une longue réflexion amoureuse, Le Dur Désir de durer, Le temps déborde, Corps mémorable et Le Phénix. " C'est un livre incandescent, brûlant d'aimer, brûlé de désir, traquant la fl amme, s'il faut, au-delà de la mort [...] Un des opus sacrés de l'adolescence, [...] un bréviaire insolent où puiser, à chaque instant d'ombre et d'abandon, telle ou telle de ces formules dont la jeunesse a besoin pour oser le pas... " Jean-Pierre Siméon (extrait de la préface)

  • " Ce que Daniel Biga a écrit de plus beau et de plus accompli. " J. M. G. Le Clézio, Le Monde" L'Amour d'Amirat est ce que Daniel Biga a écrit de plus remarquable [...]. Une grâce lui est venue, une luminosité [...]. " J.M.G. Le Clézio, Le Monde, 24-2-1984 L'Amour d'Amirat, dont Le Clézio a été le premier lecteur enthousiaste, est, en prose, le journal de bord d'un citadin qui s'exile à 1 000 mètres d'altitude. Un document peu commun !Né nu (poésies 1974-1983), recueil de la maturité, de l'apaisement gagné, rend parfois la grande foulée narrative, l'érotisme convaincant, l'amertume tendre. Mais de sa solitude en montagne, de son absence de besoins, de sa paresse de principe, Biga a voulu faire une expérience intérieure. Le narcissisme est devenu la clé de la connaissance fraternelle.

  • Un poème d'amour et d'amour de la musique.J'ai mis mes mots dans ta bouche, neuve terre de leurs envols, je t'ai écrite avec mes mots, mes mots chantés par toi, lavés de ton amour, qui m'ont fait en te faisant neuve à jamais, à jamais lue. Cette vaste ode s'inscrit dans la grande tradition des poèmes d'amour lyriques, de Pétrarque à Aragon, où se confondent exaltation sensuelle et élévation, transfigurées par le souffle du vivant. Musique de l'amour et amour de la musique y mêlent leurs effusions dans un même concert d'images et de sensations.


  • Une réédition exceptionnelle incluant des manuscrits autographes inédits mis à disposition par la succession Guillevic.

    Ce volume rassemble deux recueils de Guillevic publiés par Pierre Seghers au début des années 1950 : Envie de vivre (1951) et Terre à bonheur (1952).
    De l'aveu même du poète, les textes qui composent cet ouvrage furent écrits " dans une période de créativité difficile ", dominée par le contexte très particulier de la guerre froide. Un demi-siècle plus tard, l'erreur serait de croire que ces poèmes empreints de militantisme n'ont plus rien à nous dire. Devant la menace d'un conflit planétaire, face au pessimisme de l'époque, Guillevic rappelle avec force, lyrisme et conviction, que la terre est faite pour que les hommes y vivent heureux ; qu'elle est faite pour le bonheur.
    Cette réédition inclut des manuscrits autographes inédits, inventoriés et mis au jour pour la première fois. Brouillons et variantes, ratures et biffures font entrer le lecteur dans l'atelier où l'oeuvre s'est élaborée, témoignant du travail par lequel l'artisan du langage donne corps à la poésie qui le traverse.

  • De la manière la plus ludique qui soit, l'auteur de ce manuel nous administre la preuve que la poésiethérapie est peut-être un remède souverain à des maux comme la tristesse, l'impuissance, les insomnies, les rhumatismes, les allergies, la déprime, la timidité, le stress, les illusions, etc. À chacun de ces " maux " ou incommodités de la vie, Jean-Joseph Julaud indique, comme traitement, un ou plusieurs poèmes assortis d'une posologie en forme de conseil. Les poèmes remèdes sont signés des plus grands noms de notre lyrisme national, dont Villon, Voltaire, Verlaine, Mallarmé, Baudelaire, Rimbaud, Cadou.
    Cette thérapie-là n'est pas remboursée par la Sécurité sociale, et les poèmes ne comportent pas de vignette à coller sur la prescription, mais l'éditeur se porte au moins garant d'une chose : si la lecture de ce livre ne vous fait pas de bien - tout au moins sur le moment -, elle ne vous fera aucun mal et, à terme, a toutes les chances d'alléger votre humeur et vos humeurs. À conserver à portée de main.

  • Récit ? fragments de fiction ? poésie de prose ?Ces genres se confondent où alternent dérives apocalyptiques et scènes intimistes. En ce texte passionnel, entre les travaux et les jours de Pointe-au-Père, dans le Bas-du-Fleuve, et le secret bien gardé d'un voyage de noces, des personnages fantasmatiques se croisent : un médecin excessif, sa femme languissante, une prostituée de la Côte-Nord, un enfant perdu, un écureuil visionnaire... Sous le choc de la violence qu'ils subissent ou font subir et tentent en vain d'exorciser, ils vivent dans un univers brutal, ravageur, ravagé. Leurs chemins conduisent vers l'inconnu, l'irrationnel, tandis qu'ils s'enlisent dans l'horreur de la nuit des temps.
    Le poète livre un texte à la sensualité brute, dénuée de sentimentalisme. Les amours sans bonheur, liées à des rituels, s'apparentent aux sacrifices. Seule la beauté du monde et des paysages tient lieu de salut.

  • " La rose et le réséda ", " Il n'y a pas d'amour heureux ", " Ballade de celui qui chanta dans les supplices ", les poèmes ici rassemblés ne sont pas seulement devenus, en un demi-siècle, des classiques de la poésie contemporaine : ils sont aussi le chant des années les plus sombres de notre histoire et le chant de l'espoir. C'est d'une France prisonnière que la voix d'Aragon sonne la diane, roulement de tambour destiné à réveiller la patrie endormie. Le poète parle comme Charles d'Orléans, comme Hugo, comme Péguy. Son chant est celui d'une France éternelle, blessée. Fait de colère et d'amour, de tendresse et de révolte, il s'élève au coeur de Brocéliande comme aux quais de la Seine pour apporter aux hommes l'espérance de la victoire. La présente édition rassemble deux recueils qui furent d'abord publiés séparément aux Editions Seghers : La Diane française et En étrange pays dans mon pays lui-même. Enrichie d'une postface inédite de Jacques Perrin, elle est une invitation à lire, avec une curiosité renouvelée, l'une des oeuvres majeures de la poésie française

  • Une anthologie poétique, c'est une invitation à butiner dans un jardin fleuri pour faire sa provision de miel. Le lecteur y entend " le rêveur sacré " (Hugo), écoute les mots d'amour et d'humour, ressent la joie et la tristesse, l'espoir et l'angoisse, le bonheur et la mélancolie. Il prend le temps de savourer de mystérieuses correspondances. Et puis - pourquoi pas ? - il peut aussi s'essayer lui-même à la cuisine poétique car les recettes ne manquent pas : ici, comment faire un sonnet, là un rondeau ou une villanelle.
    Une anthologie, ce n'est qu'un bouquet, comme le dit son étymologie : elle doit éveiller les sens en donnant accès à l'infinie variété des couleurs et des parfums, des motifs et des formes. Elle ne peut pas offrir toutes les fleurs du jardin, mais elle ouvre des portes pour y entrer. Soixante-huit auteurs, plus de deux cent trente textes : à vous de choisir vos clés...

  • Dans ce premier volet du projet Les grands cimetières qui a pour thème le deuil des certitudes, l'auteure poursuit son questionnement sur comment appartenir au monde en explorant plus particulièrement les conséquences du vivre.  À la fois fil et rupture, glissement entre récit et silence, refus du mensonge, mais vacillement de la parole, ces courts poèmes tentent de refaire, devant la vérité de ce que nous sommes, autant que devant celle de ce que nous ne sommes pas, la pierre de notre présence.

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