• On arrive à Paris à vingt ans, sans penser qu'un jour, plus d'un demi-siècle après, on devra rendre le bonjour et adresser ses adieux. Nous y sommes, enfin le narrateur, lui y est. Il a fait son temps. Sous l'horloge sinistre de la Gare de Lyon, qui lui donna l'heure, les heures de la Ville, pour toujours et dès la première fois, reconnaissant tout ce qu'il voyait sans jamais avoir rien vu avant, grâce aux livres, aux films, leurs correspondances avec la réalité. Maintenant, il convient de saluer cet Hier, sans même avoir à le quitter. Celui qui narre aura vécu, regardé autant que lu, cohabité avec les mots, les images, les photographies, les films, dehors comme dedans, jour et nuit, à la Bibliothèque ou dans les salles obscures. C'est terminé. Clap de fin.

    Arthur Bernard a publié sous différents noms des romans et des ouvrages historiques et sociologiques (en particulier sur Paris). Champ Vallon a publié nombre d'entre eux.

  • Cest un livre dimpressions, de réflexions, de poésie et de grandes voyageries entre la baie de James et le Labrador, entre les terres de la Moyenne Côte-Nord et les berges de la baie dUngava. Cet ouvrage est modelé par le territoire situé au-delà du 49e parallèle, avec ses gens, ses peuples, ses manières de dire, de concevoir et dappréhender le monde. La photographie importe. Les images de la nordicité québécoise y sont saisissantes, majestueuses, quasi surréelles. Des textes courts, dinspiration nordique, ont été semés ici et là par les deux auteurs principaux. Onze « coups de cur » dautres nordistes parlent dadoption, de cinéma, dépinettes noires et dintimité avec la Nature, en même temps que de la rude réalité inuite du temps présent. Objectif Nord donne une vue densemble dun monde qui porte le souffle même du « tout Québec », pour reprendre une expression chère au géographe Louis-Edmond Hamelin.

  • Chacune à leur façon, les oeuvres de ce numéro parlent de photographie et d'images analogiques en les transposant dans d'autres moyens d'expression artistique (simulation numérique, film, vidéo, sculpture, peinture). L'empreinte de la lumière se retrouve ainsi matérialisée dans des formes abstraites et épurées qui multiplient les registres de référentialité des images tout en relativisant le lien privilégié de la photographie au réel. Les grandes images de Thomas Ruff, réalisées avec des logiciels d'imagerie numérique en 3D, les images animées de Lorna Bauer et Jon Knowles, l'installation vidéo et les sculptures de Jacinthe Lessard L. ainsi que les images abstraites d'Henri Venne sont au coeur de ce dossier.

  • Ciel variable numéro 97 nous présente une « Galerie de portraits » bien particulière. En effet, que peuvent bien avoir en commun les portraits de ces gens ici rassemblés (gitans, mineurs, aristocrates, modèles, noctambules...), si ce n'est que les moyens mis en oeuvre par les photographes leur confèrent une certaine dignité? Les trois artistes présentés ici - Pierre Gonnord, Christian Tagliavini, Gabriel Coutu-Dumont - sont aussi unis par une démarche singulière : le croisement de références et de savoir-faire photographiques et picturaux qui s'incarne dans les clairs-obscurs, les cadrages, les poses, les textures et le drapé des vêtements, les ports de tête et, par-dessus tout, les regards. Reposant sur une grande maîtrise des moyens, le travail de ces artistes témoigne d'un regard aigu et sensible sur la multiplicité des existences.

empty