• Le constat est implacable: le partage des tâches domestiques n'existe pas.
    Il ne s'agit pas, nous disent Christine Delphy et ­Diana­ Leonard, du seul produit d'une mauvaise volonté des hommes qui profitent de ce travail gratuit, mais plus fondamentalement d'un système d'exploitation et d'oppression qui dépasse les relations affectives que peuvent entretenir les individus concernés: le patriarcat, et dans le patriarcat, le mariage, y compris le concubinage et le pacsage.
    Celui-ci s'incarne concrètement dans une exploitation domestique - qui ne s'applique pas seulement au travail dit «ménager» - dont les autrices s'attachent à dévoiler les mécanismes dans cet ouvrage où la lectrice ou le lecteur ne manqueront pas de reconnaître leurs propres moments de vie quotidienne.
    Les autrices proposent ici une nouvelle approche radicale de la subordination des femmes dans les sociétés occidentales focalisée sur la famille, en tant que système économique. Elles révèlent que celle-ci constitue en réalité un système de rapports de production dont les hommes sont les artisans - politiques, juristes et autres gouvernants - et les bénéficiaires - tous les autres. Ce sont la structure hiérarchique et les  rapports de production entre les membres de la famille qui sont ici mis à jour.
    Pour les autrices, la subordination des femmes constitue un cas particulier d'exploitation économique qui ne réduit pas au capitalisme dominant dans nos sociétés. Exploitation domestique et exploitation capitaliste ne peuvent se confondre même si l'un et l'autre doivent être renversés.
    Ouvrage de référence du féminisme matérialiste, ­L'Exploitation­ domestique est publié ici pour la première fois en français.

  • Ce livre en deux volumes rassemble la plupart des textes publiés par Christine Delphy à partir de 1970 au sujet de ce qu'on appelait jusqu'alors la «condition féminine» ou «la question des femmes», et qu'avec la deuxième vague du mouvement féministe du 20e siècle, elle a désigné comme l'oppression des femmes et la question du patriarcat.
    L'oppression étant la situation des gens opprimés, les femmes étant le nom que l'on donne à ces opprimés-là, et le patriarcat étant le système socio-politique qui organise tout cela.
    Qui est donc alors «l'ennemi principal»? Pour la féministe matérialiste qu'est Christine Delphy, il ne s'identifie ni à l'Homme - avec une majuscule -, ni aux hommes en général. Ce n'est en effet ni une essence ni un groupe naturel: c'est un système. Or ce n'est pas non plus, ou plutôt pas principalement, pour cette théoricienne qui s'inspire de Marx mais dans un parfait esprit d'hétérodoxie, le système capitaliste.
    L'ennemi principal, c'est ce qu'elle a choisi d'appeler le patriarcat: à savoir un système autonome d'exploitation et de domination, une structure sociale hiérarchique et inégalitaire. Elle refuse toute explication de la subordination des femmes en termes idéalistes - que ce soit sur des bases biologiques, naturalistes ou essentialistes, ou bien encore fondées sur l'idéologie ou le «discours».
    Les différences entre femmes et hommes ne sont pas seulement des différences, mais aussi des hiérarchies. La société s'en sert pour justifier son traitement « différent » - en réalité inégal, hiérarchique - des groupes et des individus.

  • « J'étudie l'oppression des femmes. Mais l'oppression des femmes est spécifique non pas parce que les femmes seraient spécifiques, mais parce que c'est un type d'oppression unique. » « Oppression », le mot est important car en l'utilisant on comprend qu'il ne s'agit plus d'améliorer la « condition des femmes » mais de la rébellion d'un groupe social.
    « Patriarcat » est un mot qui désigne le système d'oppression des femmes : il s'agit d'un système, et non d'une série de hasards malchanceux.
    « Genre » est le système de division hiérarchique de l'humanité en deux moitiés inégales.
    Avec Penser le genre, le tome 2 de L'ennemi principal, l'auteure nous présente la suite de son analyse matérialiste de la société, une analyse en termes de rapports sociaux et donc politiques, fondamentale pour la compréhension de toutes les oppressions, fondamentale à tout projet d'émancipation.

    - « Les femmes n'ont pas tort du tout quand elles refusent les règles de vie qui sont introduites au monde, d'autant que ce sont les hommes qui les ont faites sans elles », Montaigne.
    - « Je n'ai jamais réussi à définir le féminisme. Tout ce que je sais, c'est que les gens me traitent de féministe chaque fois que mon comportement ne permet plus de me confondre avec un paillasson », Rebecca West.

  • Les féministes ont accusé les hommes d'être responsables de tout ce qui allait mal sur cette planète et que c'était à cause d'eux si les femmes se retrouvaient dans des situations socioéconomiques défavorables. Elles leur ont dit qu'ils étaient tous des violeurs et des violents en puissance, qu'ils ne communiquaient pas, qu'ils étaient insensibles et inexpressifs, qu'ils ne pensaient qu'au sexe, qu'ils étaient des pères absents et quoi d'autre encore !

    Beaucoup d'hommes ont copié et confirmé ces discours mis de l'avant par les féministes des années 60-70. Les hommes sont, à l'heure actuelle, le seul groupe contre lequel on peut déblatérer publiquement sans que personne, ni eux-mêmes, n'ose prendre leur défense. L'homme a laissé dire parce que lui-même en est venu à croire qu'aujourd'hui être homme, c'est tout ce qu'il ne faut pas être. De héros, les féministes en ont fait des zéros.

    Pour la première fois, un homme, psychologue, sexologue, mari, père et heureux de vivre, ose se lever pour rétablir les faits. Pour la première fois, un homme attire notre attention sur les apports bénéfiques de l'homme sur le couple, la sexualité, les enfants et l'évolution de la société et de l'humanité. Il dénie plusieurs grands postulats du féminisme : le patriarcat, la non-communication des hommes, sa non-expression émotive, son non-engagement. Il réhabilite la masculinité aux yeux des hommes. Il dit aux hommes comment se tenir debout devant leur compagne !

  • Bien engagé au Québec, émergent en Europe francophone, le mouvement des hommes est en marche.
    A leur tour, les hommes se découvrent victimes d´injustices, de sexisme, et encore dépendants d´un stéréotype vieux de deux siècles. Ils prennent la parole et font face. Sous des formes diverses, de nombreux pères se mobilisent pour donner à leurs fils la nourriture masculine qu´eux-mêmes ont insuffisamment reçue. Les pères divorcés, marginalisés par des procédures iniques, militent pour le droit de chaque enfant à ses deux parents. Des hommes victimes de la violence, en particulier conjugale, brisent le silence et s´efforcent d´être reconnus. Dans les mouvements identitaires, les hommes apprennent à se parler et à se montrer, entre eux, tels qu´ils sont. Enfin, un courant pédagogique s´efforce de trouver des solutions au phénomène inquiétant de la sous-performance des garçons à l´école.
    Tous, à leur manière, inventent la nouvelle cause des hommes - qui a vocation à se conjuguer à d´autres causes : celle des enfants, qui ont droit à des pères présents; celle des femmes qui aspirent à un vrai partage social et à la paix des sexes.

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