Société des écrivains

  • Nous sommes dans les années soixante. Un adolescent né dans le Sud, élevé dans une famille pauvre, grandit comme il peut entre une mère, femme au foyer, qu'il aime et un père, officier de police, qu'il admire, des parents qui l'aiment dans le plus grand désordre, celui d'un couple à l'agonie. Une double trahison, celle de sa mère puis celle d'une jeune fille de son âge le marque durement. À 18 ans, il fuit le Sud dans les bagages d'une femme plus âgée avec laquelle il découvre la vie. Au contact de cette femme remarquable il devient un homme. Il s'engage dans des études de médecine. La maladie le freine dans son élan. Il devient tout de même médecin, attaché à ce métier dont il rêve depuis son plus jeune âge. Mais affectivement, il n'a de cesse de revenir en arrière, vers celle qu'il a laissée là-bas. Il finit par comprendre qu'elle n'existe plus pour lui, elle a construit sa vie. Alors, il avance en trébuchant, il s'échappe encore, il fuit de marche en marche, d'histoire en histoire, de tranche de vie en tranche de vie, avec à chaque fois le désir de revoir sa copie afin qu'elle ressemble à celle qu'il avait imaginée : le couple idéal, un homme et une femme qui s'aiment, ce couple qu'il avait cru découvrir à 18 ans. Il chemine lentement, en tâtonnant vers la sérénité.

  • « Le temps s'écroule Balancé par la houle Images de jeunesse Bourlinguer la vieillesse Le temps attendu Côtoie le temps perdu Regarder derrière soi Le vestige foudroie Le dernier souffle arrivera Atteignant les derniers pas Toujours trop tôt Pour s'engloutir dans les flots. » Sous les caresses des mots, Alain Carpentier partage des émotions ressenties, au fil du temps, des rencontres et des événements d'une vie, qui trouvent fatalement écho dans notre coeur. Notre âme se reconnaît autant dans les questionnements intimes et universels, que dans l'expression des sentiments qui naissent ou disparaissent. Une poésie, qui fleure bon la douce nostalgie et les couleurs des saisons, où le poète nous souffle de toujours savourer les plaisirs simples de la vie, avant que ne sonne l'horloge sournoise du non-retour.

  • « La neige tombe en abondance, Nappant le sol avec prestance, C'est beau comme tes cheveux, Beau comme la couleur de tes yeux, Beau comme quand tu me souris, Et que tes yeux moqueurs me rient. En somme, ce beau manteau blanc Rejoint aussi... nos cheveux blancs. » Certes, il est question de souvenirs, ...

  • « C'est un tout petit rien, Un orage dans la mer. Une vague qui suit l'écume, Une phrase mise en bière. Tes mains sont un tremblement de terre. C'est un tout petit rien, Un champ perdu dans le bois. Une larme qui suit un sourire, Une lettre écrite sans les doigts. Tes yeux maintenant se remplissent d'émoi. » Des images d'hier aux rêves de demain, « La Brocante des sentiments » murmure la mélodie chavirante du temps qui fuit, nous marque et nous efface. Angélique Istace convoque ces petits riens qui font tout et nous hantent à jamais : difficile de rester insensible lorsque les mots s'adressent aussi naturellement à l'âme.

  • « Comment sertir les souvenirs de son enfance et les aventures adolescentes dans des paysages bien aimés ? Évoquer en liberté, sans réticences des expériences nécessaires et partagées ? Peu importe l´écriture exacte, ce ne sont que moments contés avec des mots qui s´imposent à nous ou que l´on s´impose. Et si l´autre y reconnaît le chemin qu´il a fait, qui n´est jamais le même, le miracle de la rencontre avec le lecteur est dû à la langue, et à ses reflets multiples et infinis sur nos âmes... »

  • « C´est ainsi qu´un soir, ayant elle aussi bénéficié de la séance, je parvins à l´aborder, non sans une certaine maladresse, et à connaître enfin son nom. Elle s´appelait Michèle et à dater de là, ce fut une correspondance ininterrompue entre nous deux par le biais des filles de terminale qui venaient en cours au lycée de garçons. J´ai encore le souvenir de ses enveloppes bleu azur qui m´étaient transmises et que j´attendais avec une incroyable impatience. »

  • « La plage du Môle avec ses dunes de sable blanc d'une grande finesse n'est plus loin. Pour nous, c'est le bout du monde, notre Amérique à nous, un endroit unique au charme incomparable. Le camion entreprend alors une lente manoeuvre à reculons dans le sable jusqu'à ce que les deux grosses roues arrière ne puissent plus progresser. Il s'immobilise enfin à quelques pas de notre baraque en bois dont nous sommes très fiers. C'est enfin le terminus tant attendu. Raphaël et moi, sans attendre les ordres du papa, qui lui aussi essaye de se rapprocher le plus possible avec sa camionnette, nous sautons d'un bond vertigineux depuis notre poste d'observation sur la dune brûlante. Le contact avec le sable est doux et moelleux, nous exultons de joie, notre premier réflexe est de nous déchausser pour aller tremper nos pieds nus dans l'eau fraîche de mare nostrum. » Les souvenirs de nos vacances d'enfant ont un goût particulier. Souvent liés au soleil et à la mer, à la famille et aux nouvelles amitiés, aux aventures et autres expéditions loin du regard des parents, ces instants s'avèrent être des pépites lumineuses nichées au creux de notre mémoire. Pépites qu'exhume justement A. Boixados avec « Les Enfants de Cartouche » en nous décrivant ses propres expériences sur la plage du Môle, réveillant en nous, grâce à une innocence retrouvée par l'écriture, une douce nostalgie.

  • Elliot n´en a plus pour longtemps. Le temps lui a tout pris, ou presque : sa jeunesse, sa femme, sa mémoire. Profitant d´un instant de lucidité, il décide de tenir la promesse qu´il avait faite à sa belle Florence. Son vieil ami Dave vient le chercher à la maison de retraite et l´accompagne à la gare de Montréal pour une ultime escapade. Un aller simple pour un voyage entre passé et présent... Romantique et touchante, une ballade nostalgique qui revisite trente années d´un couple, avec ses rires et ses larmes. Joignant les mondes publicitaire et littéraire de ses personnages, Murielle Beauchamp rend hommage à l´esprit créatif. Une démarche qu´elle souligne en adoptant une habile narration à tiroirs au service de l´émotion.

  • Sur les champs de cotons planétaires, au bord tout proche des asiles perdus, un Blues joyeux traversera l'outrage des choses et des hommes.

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