Les Arènes

  • J'ai rencontré Jean d'Artigues pour la première fois à Vannes dans le Morbihan. Je n'imaginais pas que cette visite compterait autant. Jean, victime depuis huit ans de la maladie de Charcot et devenu tétraplégique, devait habiter un corps figé dans l'immobilité absolue.
    Notre premier échange de regards, je m'en souviens encore, m'avait communiqué une impression de force et de combativité hors du commun. J'ai envie d'ajouter de "_justesse_". Je veux dire qu'il n'était ni dans l'accablement, ni dans un martyrologe affiché, comme cela arrive parfois. Notre conversation, assez brève, renforça cette première impression.
    Il me parla calmement de sa volonté de livrer bataille. Coûte que coûte, et même sans espoir. Il refusait de se rendre, voilà tout. Et quel que soit l'obstacle. Dans ces pages, on le verra, la souffrance est dite, décrite, racontée mais d'une voix sans sanglots. Une paradoxale joie de vivre habite même ce livre lumineux.

  • Faut-il faire vacciner ses enfants ? Quels sont les risques et les bénéfices ? À l'heure où l'on prévoit, en France, d'élargir l'obligation vaccinale, plus aucun parent n'échappe à ce questionnement. Ni aux réponses contradictoires des médias, des amis ou des médecins.
    Ce livre salutaire clarifie et approfondit le débat. Une jeune mère, Eula Biss, mène l'enquête, remet à plat les données
    scientifiques pour se forger une opinion sur les additifs, les vaccins multidose, le lien entre vaccination et autisme...
    Au-delà, pour mieux comprendre nos peurs, elle revisite les mythes qui entourent les vaccins, convoquant au passage l'histoire de la médecine, les romans de vampire ou les contes de fée. Comme la grossesse ou le don d'organes, la
    vaccination interroge les frontières de notre corps, toujours relié à celui des autres, à un corps social et politique plus vaste.
    À rebours de la méfiance ambiante, Eula Biss plaide, d'une plume alerte et engagée, pour une parentalité responsable, garante de l'intérêt collectif.

  • Autour d'elle, on pensait qu'elle avait tout pour être heureuse. Jusqu'au jour où Priscille Deborah se jette sous une rame de métro. Survivante, lourdement handicapée, elle se sent revivre et exister dans son art, la peinture.
    UNE FILLE DE BONNE FAMILLE Née dans une famille bourgeoise, Priscille grandit au milieu des nondits et des secrets de famille. Son petit frère, atteint de mucoviscidose, meurt à l'âge de 9 ans. Priscille n'arrive pas à surmonter sa douleur et ses parents pensent que cela passera. Parallèlement elle découvre la peinture et excelle dans cet art. Quand elle envisage d'en faire son métier, il en est hors de question.
    LA DESCENTE AUX ENFERS En fidèle petit soldat, Priscille fait de bonnes études, obtient un bon métier et épouse un bon parti. Les apparences sont sauves, mais une grave dépression lui ôte le goût de vivre et la conduit à se jeter un matin sous un métro. « J'étais emprisonnée dans quelque chose qui n'était pas moi et qui a éclaté. » VERS UNE NOUVELLE VIE Privée de ses deux jambes et d'un bras, Priscille réapprend le goût de la vie. Malgré son handicap, elle reprend la peinture et décide d'en faire son métier. Elle a choisi de vivre libre et de s'affranchir de sa vie d'avant.
    « Je ne me suis jamais sentie aussi entière que depuis que je vis avec un corps incomplet. Jamais aussi heureuse que depuis que je suis handicapée.
    » Aujourd'hui, sa peinture expressionniste est exposée en France et à l'étranger et elle a déjà été récompensée par de nombreux prix.

  • C'est l'histoire d'un homme qui se perd. Journaliste hyperconnecté, twittant à jets continus, alimentant son blog et un site d'information chaque jour et tenant chronique à la radio, Guy Birenbaum était devenu un zombie. Toujours le nez collé sur ses écrans, happé par le Web, il était dédoublé, avec une vie familiale et sociale en trompe-l'oeil. Le chercheur de sa jeunesse, l'éditeur engagé des années Denoël, était devenu un super geek dans le tourbillon infernal du « buzz » et du vent.
    C'est l'histoire d'une dépression. Une maladie qui touche plus de 3M de personnes en France chaque année.
    Les douleurs au dos presque insoutenables et les nuits sans sommeil jusqu'au break down. Cloué au lit, pleurant et à fleur de peau, incapable d'aller jusqu'au bout du couloir, il plonge.
    C'est l'histoire d'une renaissance, grâce aux médicaments et à un psychiatre et psychanalyste, le Dr Nasio. Il se réconcilie avec la vie et avec sa propre histoire. Il remonte le fil de son enfance, exhume les carnets de ses parents, son père engagés dans la FTPMOI (« Guy » était alors le pseudonyme de résistance de son père), sa mère cachée deux ans, en plein Paris.
    Il revisite leur histoire incroyable. Il reprend les fils de sa vie, abandonne sa carapace, retrouve l'étonnement et la curiosité.
    C'est l'histoire d'un chemin intérieur. Un homme du Web alerte sur les dangers de l'addiction numérique et de cette course à l'émotion et au clic. Pendant dix ans, il a absorbé sur Internet, presque 24 heures sur 24, la parole spontanée des citoyens. Confronté à la montée de la violence verbale des Français, au désarroi collectif, il analyse notre dépression collective, dont il a été le symptôme et la victime. Il se rend compte qu'il s'est écarté de la seule route qui vaille pour un intellectuel et pour une nation, celle de la connaissance.

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