La découverte

  • L'histoire célèbre les victoires que les médecins ont remportées sur les maladies. Mais elle néglige leurs patients dont les troubles, les souffrances ou les plaintes ont inauguré de nouveaux diagnostics, remis en cause certaines théories médicales ou ouvert des perspectives thérapeutiques inédites. Ciselés comme des nouvelles, ces récits de
    patients zéro racontent une autre histoire de la médecine : une histoire " par en bas ", dans laquelle des malades qui parfois s'ignorent et des patients comptés trop souvent pour zéro prennent la place des mandarins et des héros.
    Parmi ces " cas ", certains sont célèbres, comme le petit Joseph Meister, qui permit au vaccin antirabique de Pasteur de franchir le cap de l'expérimentation humaine, ou Phineas Gage, dont le crâne perforé par une barre à mine révéla les fonctions du lobe frontal. La plupart sont oubliés ou méconnus, comme Auguste Deter, qui fit la renommée d'Aloïs Alzheimer, Mary Mallon, la plus saine des porteurs sains, qui ne souffrit jamais de la typhoïde qu'elle dissémina autour d'elle, ou Henrietta Lacks, atteinte d'un cancer foudroyant, dont les cellules dotées d'un pouvoir de prolifération exceptionnel éveillèrent la quête du gène de l'immortalité en voyageant autour du monde. À travers eux, ce livre interroge les errements, les excès et les dérives de la médecine d'hier à aujourd'hui.
    Des origines foraines de l'anesthésie générale aux recherches génétiques ou neurobiologiques les plus actuelles en passant par les premières expériences de réassignation sexuelle, il tente de rendre justice aux miraculés, aux cobayes ou aux martyrs dont la contribution au progrès de la connaissance et du soin a été aussi importante que celle de leurs médecins, illustres ou non.

  • Avez-vous la bosse des maths, de la poésie ou de la peinture ? Cet inconnu présente-t-il la bosse du crime ou celle de la ruse ? Au XIXe siècle, certains savants peuvent répondre à ces questions. Et pour le prouver, ils tâtent des têtes de génies (Napoléon...), de criminels (Lacenaire...) et de fous. Leur théorie est vérifiée par l'examen de milliers de moulages et de centaines de crânes récoltés à Paris, à Londres, à Berlin, en Inde et en Océanie. Sûrs de leur bon savoir, les phrénologistes oeuvrent pour un monde meilleur, peuplé de génies, de criminels amendés et de fous guéris.
    Défendue par de nombreux médecins, politiciens et artistes, la phrénologie oscille entre science légitime et technique divinatoire, avant de tomber dans un discrédit total. Reléguée au statut de science occulte puis longtemps oubliée, elle semble actuellement renaître de ses cendres. Des neurobiologistes contemporains lui rendent justice d'avoir établi le principe des localisations cérébrales, et d'éminents scientifiques estiment qu'elle a été la première science de l'homme rationnelle. Qu'en est-il exactement ?
    La première édition de ce livre a reçu le prix du meilleur ouvrage de la Société française d'histoire de la médecine (2000). Cette nouvelle édition a été enrichie d'illustrations, augmentée et mise à jour par l'auteur avec une postface inédite.

  • La découverte par Louis Pasteur des microbes dans les années 1870 fait partie des pages célèbres de l'histoire des sciences, et même de l'histoire de France. Loin des clichés et des mythes qu'elle a suscitées, Bruno Latour en propose dans ce livre une lecture originale. En étudiant le travail de Pasteur et des pastoriens entre 1870 et 1914, il montre comment la bactériologie et la société française se sont transformées ensemble. C'est ainsi l'invention proprement politique d'une science, d'un savant et d'une époque qui se trouve mise en évidence. Pasteur apparaît, dans les détails de son travail sur les microbes, comme un remarquable sociologue et comme un fin politique, puisqu'il parvient àajouter les microbes au corps social.

    Entre l'épistémologie, l'histoire et la sociologie des sciences, ce livre, initialement paru en 1984 (Éd. Anne-Marie Métailié), redonne aux grands hommes les forces minuscules qui les font grands et savants. Cet exemple, devenu classique en histoire sociale des sciences, invite à revenir sur la division entre rapports de force et rapports de raison, entre politique et savoir. C'est l'objet de la seconde partie du livre, qui se présente comme un petit précis de philosophie dans lequel l'auteur se propose de pratiquer, au lieu des réductions qu'impose la division entre science, nature et société, des irréductions. Celles-ci doivent permettre de rendre les sciences et les techniques moins opaques et peut-être moins périlleuses.
    En étudiant le travail de Pasteur et des pastoriens entre 1870 et 1914, Bruno Latour montre comment la bactériologie et la société française se sont transformées ensemble. C'est ainsi l'invention proprement politique d'une science, d'un savant et d'une époque qui se trouve mise en évidence. La seconde partie du livre se présente comme un petit précis de philosophie dans lequel l'auteur se propose de pratiquer, au lieu des réductions qu'impose la division entre science, nature et société, des irréductions.

  • Au cours des trente dernières années, le taux d'incidence du cancer a augmenté de 40 % (déduction faite du facteur de vieillissement de la population). Durant cette période, la progression des leucémies et des tumeurs cérébrales chez l'enfant a été d'environ 2 % par an. Et on constate une évolution similaire pour les maladies neurologiques (Parkinson et Alzheimer) et auto-immunes, ou pour les dysfonctionnements de la reproduction. Comment expliquer cette inquiétante épidémie, qui frappe particulièrement les pays dits « développés » ?

    C'est à cette question que répond Marie-Monique Robin dans ce nouveau livre choc, fruit d'une enquête de deux ans en Amérique du Nord, en Asie et en Europe. S'appuyant sur de nombreuses études scientifiques, mais aussi sur les témoignages de chercheurs et de représentants des agences de réglementation, elle montre que la cause principale de l'épidémie est d'origine environnementale : elle est due aux dizaines de milliers de molécules chimiques qui ont envahi notre quotidien et notre alimentation depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.

    Pour cela, l'auteure retrace le mode de production des aliments, depuis le champ du paysan (pesticides) jusqu'à notre assiette (additifs et plastiques alimentaires). Elle décortique le système d'évaluation et d'homologation des produits chimiques, à travers les exemples des pesticides, de l'aspartame ou du bisphénol A, et montre qu'il est totalement défaillant et inadapté. Surtout, elle raconte les pressions et les manipulations de l'industrie chimique pour maintenir sur le marché des produits hautement toxiques.

  • Expert en neurobiologie, le professeur Matthew Walker présente, pour la première fois dans un livre de vulgarisation scientifique, vingt années de recherche et de pratique clinique sur le sommeil et les rêves. Riche de ces enseignements, il nous indique comment s'en faire de puissants alliés pour changer nos vies et les rendre meilleures. Traduit dans plus de trente langues, ce véritable page-turner vient combler un manque crucial en éclairant l'un des plus grands mystères biologiques.
    Le sommeil est l'une des dimensions les plus importantes de notre vie et, paradoxalement, c'est aussi l'une des moins connues. Jusqu'à très récemment, la science était incapable de répondre à ces questions : pourquoi dormons-nous ? Quelles sont les conséquences du manque de sommeil sur notre santé ? Et quelle est l'utilité du sommeil ?
    En agissant sur notre cerveau, le sommeil favorise nos capacités à apprendre, à mémoriser et à prendre des décisions logiques et rationnelles. Il réajuste nos émotions, réapprovisionne notre système immunitaire et règle avec précision notre métabolisme. Quant aux rêves, ils apaisent nos souvenirs douloureux et créent un espace de réalité virtuelle favorable à la créativité.
    Traduit dans une trentaine de langues,
    Pourquoi nous dormons dévoile les dernières grandes découvertes sur le sommeil et les rêves, dont Matthew Walker nous explique l'importance vitale. Un livre capital.

  • Alors que la guerre menée à la contrefaçon de médicaments semble obéir aux préceptes sanitaires les plus élémentaires, Mathieu Quet dans cette enquête qui nous conduit des bureaux des multinationales aux pharmacies de village des populations les plus démunies démontre qu'il s'agit une fois de plus d'une offensive de l'Industrie pharmaceutique pour défendre ses intérêts et maintenir son contrôle.
    Renforcement des législations, nouveaux accords internationaux, opérations de police, multiplication des saisies : la lutte contre les " faux " médicaments a pris une ampleur inédite. Ces précautions semblent s'imposer : dans les pays les plus riches comme les plus pauvres, l'accès à des médicaments de qualité, contrôlés avec attention, n'est-il pas un droit indiscutable ?
    Au fil d'une enquête qui nous conduit des bureaux des firmes multinationales aux pharmacies de village, des rues de Nairobi aux zones industrielles indiennes, Mathieu Quet montre que la bataille contre les faux médicaments fournit à l'industrie le moyen de reprendre le contrôle d'une situation qui lui échappait. Face à la montée en puissance de l'industrie générique et à la croissance des échanges commerciaux entre les pays du Sud, face aux mouvements de patients qui dénoncent les effets de la propriété intellectuelle, et face aux gouvernements des pays les plus pauvres qui ne s'en laissent plus conter, la lutte contre les faux médicaments est la solution trouvée par la Big Pharma pour défendre ses monopoles et ses profits.
    Une telle entreprise de sécurisation révèle certaines transformations essentielles du capitalisme, liées à l'évolution des routes marchandes et des formes de circulation, à la reconfiguration des stratégies de profit et des modes de contrôle. Il est grand temps d'étudier le fonctionnement de ce nouveau capitalisme des flux.

  • Ça commence de manière insidieuse : gestes saccadés et approximatifs, lenteurs, lourdeurs, raideurs, douleurs diffuses, fatigue, insomnie. " J'étais devenue pataude. Je luttais pour déplier le journal. Je me souviens de ce jour de petite fête familiale. De la musique sympa. Par réflexe on se lève, on se mêle à ceux qui se déhanchent et là patatras : les chaussons de danse ont été remplacés par des Pataugas et on danse de façon grotesque. Si on avait moins de fierté, on pleurerait. " C'est à 53 ans qu'Annick Tournier apprend qu'elle est atteinte de la maladie de Parkinson. Comme dans un mauvais rêve... Et le premier sentiment est de honte. Elle a tellement honte qu'elle ne peut se résoudre à le dire. Chaque jour la maladie s'impose un peu plus : les automatismes sont de moins en moins automatiques, les réflexes s'émoussent.
    Cette maladie sournoise porte le nom de son découvreur, le médecin britannique James Parkinson (1755-1824). On a appris beaucoup de choses sur les causes possibles de cette pathologie mais on ne sait toujours pas la soigner.
    Annick Tournier raconte avec beaucoup de sensibilité la vie quotidienne, les relations avec les médecins, le kinésithérapeute, le réapprentissage des actes de tous les jours qu'impose la progression inéluctable de la maladie. Car à défaut de guérir, il faut jouer la montre ! Comment ne pas perdre son identité quand on perd son autonomie ? Comment apprendre à cohabiter avec un double en cours de déstructuration ?

  • L'histoire de la médecine commence-t-elle au moment où l'homme a exercé un geste sur ses semblables pour le soulager d'une douleur ou le guérir d'un mal ? Ou bien doit elle débuter avec la mise en place d'une médecine rationnelle au XX e siècle ? L'histoire de la médecine commence-t-elle au moment où l'homme a exercé un geste sur ses semblables pour le soulager d'une douleur ou le guérir d'un mal ? Ou bien doit elle débuter avec la mise en place d'une médecine rationnelle au XXe siècle ? Dans cette Histoire de la médecine, le professeur Jean-Charles Sournia montre que si l'art de guérir a, depuis deux siècles, bénéficié des immenses progrès scientifiques, il conserve une part de l'irrationalité des débuts et des rites magiques. L'homme contemporain fait confiance à la haute technologie hospitalière mais continue de croire aux guérisons miraculeuses, et les " médecines parallèles " sont florissantes. L'histoire de la médecine est donc complexe, et doit être considérée sur une longue durée. Ainsi, c'est en la situant dans ses cadres traditionnels, culturels, mais aussi sociopolitiques, sans oublier les hommes qui l'ont forgée, que l'auteur trace d'une façon originale les grandes étapes, de la plus haute Antiquité à l'époque contemporaine, de cet art de soulager l'homme de ses souffrances.

  • Dans ce livre, Philippe Pignarre propose une compréhension nouvelle de la dualité substances chimiques/placebos que la science résiste à reconnaître. Il le fait en se penchant sur l'histoire, et plus précisément sur l'histoire de la psychiatrie, en suivant les deux " fils rouges " : d'une part, celui qui court du " baquet " autour duquel, à la fin du XVIIIesiècle, Mesmer rassemblait ses patients pour les " magnétiser ", jusqu'à la psychanalyse, en passant par les cures hypnotiques de Charcot ; et, d'autre part, celui qui relie l'invention par Pinel du " traitement moral " des aliénés à la psychiatrie biologique d'aujourd'hui.

  • " L'hôpital semble un vaisseau au milieu des eaux, qui glisse en silence. " Être malade, c'est d'abord passer sa vie à se faufiler : " Je me trouve, comment dire, furtive. " La peur mêlée de honte que tous les malades ressentent est d'abord celle de déranger : " Dans les salles d'attente, on baisse souvent les yeux. " Seul un journal de bord (il s'agit d'un texte réellement écrit chaque jour de traitement dans l'enceinte de l'hôpital) pouvait raconter les nouvelles routines qui s'installent car le temps ne passe plus de la même manière. Il faut en apprendre les rythmes incompréhensibles aux proches. Ils devront continuer à aimer alors même que cet amour devient épuisant pour celle qui est malade. Il s'agit ici surtout d'écrire pour apprendre à guérir car écrire donne l'indispensable force mentale. En France, une femme sur huit est atteinte d'un cancer du sein. La majorité survit au terme d'un traitement plus ou moins long, plus ou moins douloureux, plus ou moins traumatisant. Mais quelles qu'en soient les modalités, ce traitement laisse des traces indélébiles : on ne se confronte pas impunément, des semaines durant, à l'idée de la mort ? de sa mort.
    Ce live offre, à partir d'une expérience partagée par des millions de femmes, une réflexion sur l'acte d'écriture et une leçon de liberté : celle de penser que lorsque tout est sombre, la plume offre des fenêtres gorgées de vitalité et de sentiment en nous éclairant sur notre histoire collective. À la fois roman intimiste et témoignage sur la cruauté de la maladie, ce livre échappe aux explications généralisantes, aux démonstrations. Il s'agit de mettre des mots sur une expérience abyssale qui conduit chacune au coeur de sa propre histoire. Chaque minute gagnée sur la vie peut prendre la saveur d'anecdotes cocasses comme devenir le révélateur de vérités essentielles ? ces dernières touchent à l'histoire de la médecine, à la psychanalyse, à la judéité ou à la Shoah : " Pas de doute. Je suis une femme tatouée. Une femme marquée. "

  • La fin du XVIIIe siècle marque une rupture radicale dans l'histoire de la pharmacie : des plantes médicinales, souvent liées à des pratiques médicales plus magiques que rationnelles, on passe progressivement aux médicaments, élaborés grâce aux techniques

  • De l'Antiquité grecque au XX e siècle, ce livre dséormais classique fait se confronter, pour chaque période, les représentations culturelles de la douleur, les théories médicales élaborées pour en élucider les mécanismes et les thérapeutiques mises en oeuvre pour soulager le patient.
    La douleur relève-t-elle du normal ou du pathologique ? Est-elle une sensation ou une émotion ? Elle demeure pour l'homme une énigme. Il la ressent comme incompréhensible ou incommunicable, irréductiblement singulière. Pourtant, cette expérience partagée par tous revêt aussi une dimension sociale et culturelle. Mal absolu à fuir à tout prix pour la plupart, signal d'alarme utile pour certains, source de valeur morale et de connaissance de soi pour d'autres, la douleur a fait l'objet, au cours des siècles, d'approches multiples et contradictoires. C'est l'évolution des savoirs et des pratiques en Occident que Roselyne Rey retrace dans ce livre original. De l'Antiquité grecque au XXe siècle, elle confronte pour chaque période les représentations culturelles de la douleur, les théories médicales élaborées pour en élucider les mécanismes et les thérapeutiques mises en oeuvre pour soulager le patient. Cette mise en perspective, d'une grande précision historique et d'une remarquable érudition, fait ressortir l'extraordinaire transformation du rapport des hommes à la douleur, les progrès accomplis dans sa compréhension et, de manière inégale dans son traitement. Par son approche pluridisciplinaire, cette histoire de la douleur s'adresse autant aux historiens et au médecins qu'au grand public cultivé.

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