Société des écrivains

  • « Paris (juin 1968 en ce qui me concerne, mais c'était encore pas mal), Rome, Heidelberg, Zagreb, Bruxelles et d'autres. Je suis enfin devenu un beatnik, j'ai tourné le dos à cette société pourrie, même si je consens exceptionnellement à dessiner, pour quelques journaux, des gnomes à gros nez qui disent des conneries, ça ne paie pas beaucoup, mais suffisamment pour, justement, tourner le dos et foutre le camp. Je dessine sur les trottoirs, je chante aux terrasses des bistrots avec ma guitare et mon harmonica, je voyage en auto-stop, je fume du haschisch, je suis heureux. Il y a un nouveau mot qui fait son apparition : hippy. Alors va pour hippy... » Paris, Belgique, Suisse, Amsterdam, Ibiza, Asie... S'il a peut-être raté Mai 68, Jean-Pierre Gos aura fait tout le reste : l'aller-retour Paris Kaboul, avec tous les virages et dérapages imaginables. Ode à la liberté, appel au large, son témoignage est un road-trip hallucinant et halluciné, l'aventure soixante-huitarde dans toute sa splendeur : le voyage aux carrefours des cultures, à la rencontre des autres, de soi-même, au-delà de toute frontière. Sa virée aura duré deux ans. Deux ans d'expériences et de découvertes. Authentique et immersive à souhait, celle qu'il nous propose aujourd'hui nous permet de le rattraper en route, « again ».

  • « Dans la nuit décousue clignotent les étoiles, Du silence éthéré j'entends pleurer un chien. Un clocher sonne au loin, des insectes dévoilent Leurs riches symphonies troublant les musiciens. Là, dans le lit froissé de ma douce insomnie Naviguent souvenirs et émois exaltés. L'heure n'est pas aux regrets dans sa mélancolie... Et puis, il y a Toi, blottie dans mes pensées. »

  • « Qui es-tu mon Elvire, Duègne Rigoureuse Venue de la péninsule Ibérique ? Germaine issue Des sévères scrupules Du ministère Des Elfes ? Amoureuse cichlide Aux yeux bleus De scalaire ? » Au milieu des « Fleurs du désert », on se promène de l'Histoire revisitée aux petits poèmes d'amour en passant par la vie de tous les jours, la botanique ou encore l'antiquité gréco-latine. Mélangeant les genres et les langues, les cultures et les tons, Marie-France Gibert-Baillet se joue des frontières en toute liberté. L'unité de l'ensemble demeure dans le lyrisme permanent que l'auteur projette dans chacune de ses pièces.

  • Dernier de sa portée, dernier en tout, Lancelot n´est pas un chien chanceux. Loin de là ! Bientôt invité à quitter sa campagne natale pour déménager chez un dictateur d´appartement, il n´a d´autre choix que de s´échapper de sa prison. Il entamera alors un difficile retour à la nature : un véritable périple, pavé de rencontres et de surprises, bonnes ou mauvaises...

  • « J'ai envie de me casser la gueule. Je veux retourner à mes amours oubliés, mes amours démodés. Ces amours qui me font oublier l'extrême absurdité de mon existence. Ces amours qui me feront durer après moi. Revenir à la source, là où je me suis jadis baignée. Écrire comme une caresse de l'existence, une preuve. Asseoir mes mots sur le papier, le gribouiller, laisser mes mots se fracasser sans avoir peur qu'ils m'éclaboussent. Taire mon silence par mes mots. »

  • « Crier ? Sans alerter ceux qui l'emmenaient, elle essaya de se faire la voix, aussi bas que possible. Mais elle était ligotée et bâillonnée. Aucun son ne sortit de sa bouche. Le véhicule ralentissait régulièrement. Parfois, il s'arrêtait même, brièvement. Puis il repartait. À chaque arrêt, elle entendait le bruit d'un autre moteur qui tournait à côté. Puis des ordres échangés en bambara. Ils parvenaient assourdis jusqu'à elle, mais étaient criés assez fort pour qu'elle comprît de quelle langue il s'agissait. Il y avait plusieurs véhicules. Ils ralentissaient en même temps, repartaient et le jeu recommençait. Elle pensa que c'était un convoi de militaires, armés jusqu'aux dents, le séant posé sur la tranche à l'arrière de véhicules hérissés de kalachnikovs. » Paris-Bamako. Hélène, grand reporter à RFI, est envoyée au Mali pour y faire un reportage sur la liberté des femmes. Lors d'une soirée à Bamako, elle est droguée et enlevée par un groupe islamiste armé. L'odyssée de son enlèvement est opérée sur des milliers de kilomètres à travers les pistes du Mali jusqu'à l'Adrar des Ifoghas où elle est séquestrée pendant des mois. Pour tromper son ennui et sur les conseils du chef de ses ravisseurs avec lequel elle se lie d'amitié, elle se lance dans l'écriture d'un roman, une mise en abyme de sa propre histoire. Aux mains du MNLA, puis d'Aqmi, elle tentera de s'échapper... Cherchant désespérément la fuite, seule face à ses ravisseurs, seule face à ses démons, l'héroïne de Claire Rozier fascine, son expérience bouleverse. Parfaitement documenté, un thriller d'une actualité brûlante doublé d'une plongée psychologique redoutable qui ne peut laisser indifférent.

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