Presses Universitaires de France

  • C'est par l'injuste que nous entrons dans le domaine de la justice, disait Ricoeur. Or, partout, depuis Sidi Bouzid jusqu'à Wall Street, en passant par la place Tahrir et celle de la Puerta del Sol, ceux qui sont victimes de l'injustice crient leur souffrance. Plus que des attentes, ils manifestent des exigences de justice sociale. Mais la justice sociale est-elle possible ? Est-elle réalisable ? Les réponses des théories contemporaines de la justice sont insatisfaisantes. Ainsi que l'a montré Sen, elles se déchirent entre des approches idéales qui s'enferrent dans des considérations vaines sur la société parfaitement juste et des approches comparatives qui proposent une pluralité de critères d'évaluation sociale qui peuvent être contradictoires entre eux. Feriel Kandil se ressaisit de la question en portant l'éclairage sur les conditions de possibilité de la justice sociale, qui sont aussi ses conditions de réalisation. Pour ce faire, elle s'appuie sur les travaux de Paul Ricoeur et d'Éric Weil. Une approche renouvelée de la justice est ainsi proposée, qui considère la justice sociale non pas seulement, à la manière de Rawls, comme une vertu des institutions, mais également comme une propriété de la bonne action publique, c'est-à-dire de celle qui contribue au bien-vivre ensemble dans des institutions justes.

  • Les Sons of Anarchy sont une bande de motards du fin fond de la Californie qui ont décidé de faire sécession avec l´autorité publique. Leur business est illégal bien sûr et leurs manières, peu courtoises. Ils chevauchent leurs Harleys comme des destriers de l´enfer et sur leurs blousons de cuir est cousu : « Ceux du Chaos ». Les Sons sont en guerre. De leur mode de vie atypique jusqu´à une critique de fond de la puissance publique, la série offre un bel aperçu de la figure de l´anarchiste.
    En quoi notre monde, que l´on peut dire libre - au sens où nous vivons dans une démocratie -, peut-il leur paraître oppressant, coercitif ? La manière dont la puissance publique réagit face à ces ploucs du désert qui n´aspirent à rien d´autre qu´à vivre seuls suggère que notre liberté est peut-être moins réelle qu´il n´y paraît. Convoquant les plus grands penseurs anarchistes, cet ouvrage a l´ambition de montrer comment la série est à l´origine d´une réflexion philosophique sur la morale, la justice et la liberté.

     

  • On visite des expositions. Toutes ne nous montrent les oeuvres qu´en leur achèvement. Ne comprendrions-nous pas mieux toutefois ce que peut être la peinture s´il nous était permis de surprendre le peintre dans son atelier ? Ainsi avons-nous invité le public à visiter l´atelier d´un philosophe pour y découvrir comment s´exerce sa réflexion pour mettre les idées en place.
    Sur une soixantaine d´exemples, le lecteur assiste ici à l´organisation d´une pensée soumise au seul arbitraire de l´alphabet. Qu´il s´agisse de l´art ou de l´éducation, de l´amour ou de la jalousie, de Dieu, de la bêtise, de l´ennui, etc., c´est à partir d´une multiplicité de points de vue qu´il voit se constituer la cohérence et l´unité d´une philosophie dont les thèmes fondamentaux sont la vie, l´attente, l´imagination, et le temps.
    Aussi cette entreprise a-t-elle toute la simplicité et la clarté d´une initiation, et, comme chez un peintre, toute la singularité d´un regard.

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