• Les habitants d´un petit village se voient en photo et se trouvent plutôt... laids. Arrive alors Arsène Clou, un inventeur, qui, grâce à sa machine, promet la beauté à tous ceux qui la veulent. Les villageois se précipitent dans la machine où ils sont immédiatement transformés, pour leur plus grande joie. Mais celle-ci est de courte durée. C´est qu´il y a un hic : la perfection n´a que deux visages, un pour les hommes, l´autre pour les femmes. Impossible dès lors de se reconnaître. Adaptée du roman de Raymond Plante, La machine à beauté a connu un immense succès auprès de son jeune public.

  • Habile métissage entre l´«africanité» et la «canadianité», «Les morts ne sont pas morts» raconte le choc des cultures à travers le destin de Terama, un Africain à cheval sur deux mondes que tout sépare. / Immigrant bien intégré au Canada, Terama trime dur pendant des années pour faire sa marque dans son pays d´accueil. Une nuit pareille aux autres, il entend la voix de Tongo, son père, qui l´interpelle d´outre-tombe. Ne croyant ni à Dieu ni à diable, Terama est persuadé qu´il est victime d´une hallucination ridicule. Il ignore la voix, qui revient pourtant incessamment. Jusqu´au jour où Terama admet l´inavouable, l´existence du culte primitif des ancêtres. Dans la chambre secrète qu´il aménage dans son logis à la manière des huttes votives, Terama renoue avec Tongo puis avec Makwaya. / Au fil de ces palabres nocturnes, Terama se rapprochera de son pays et de sa culture d´origine et sera amené à faire des choix douloureux pour lui et sa famille. En bout de ligne, parviendra-t-il à se réconcilier avec cette conviction profonde que la mort est inévitablement dans la vie ?

  • Le recueil réunit deux oeuvres de Patrice Desbiens : «L´Homme invisible / The Invisible Man», un récit - a story raconté dans les deux langues de l´auteur et qui, dès sa parution en 1981, a consacré Patrice Desbiens comme l´une des voix majeures de l´Ontario français; et «Les Cascadeurs de l´amour». Dans cette nouvelle édition dans la Bibliothèque canadienne française seront inclus une préface de Johanne Melançon, spécialiste en littérature franco-ontarienne, une biobibliographie de l´auteur, ainsi que des choix de jugements et une bibliographie de la recension portant sur les deux oeuvres.

  • Raconter des histoires est au coeur même de la condition et de l´activité humaine. De la tradition orale aux romans postmodernes, elles épousent des formes et développent des thématiques différentes. Ces études s´intéressent aux histoires que racontent les écrivains francophones du Canada, pour en saisir la diversité, les thèmes de prédilection, les courants littéraires. Les 33 articles sont variés, tant selon l´époque, le genre et les thématiques que les approches analytiques. Ils sont regroupés selon le genre (théâtre, contes, chansons...), l´origine (Acadie, Ouest canadien, Ontario français) ou les aspects narratifs (temps, espace, écriture au féminin...). L´ensemble fournit un regard vaste, original et éclairant sur de vastes pans du corpus littéraire francophone du Canada.

  • Études en marge de «La distance habitée» de François Paré En 1993, François Paré remportait le prix du Gouverneur général pour «Les littératures de l'exiguïté» (1992), un essai sur les cultures et littératures francophones minoritaires au Canada et dans la francophonie mondiale. Dans «Théories de la fragilité» (1994) et «La distance habitée» (2003), il a prolongé et enrichi son thème de prédilection. De nombreux chercheurs se sont inspirés de ses travaux.

    Les articles regroupés ici s'inspirent des grands thèmes de l´essayiste pour éclairer des oeuvres de genres aussi divers que la chanson, le roman et l'essai et d´artistes aussi divers que France Daigle, Michel Ouellette, Daniel Poliquin, Gabrielle Roy, Michel Tremblay et Gisèle Villeneuve. Des réflexions sur la langue, la mémoire, la migration et les frontières tant culturelles, linguistiques que textuelles sont menées par huit chercheurs de l'Ontario, du Québec, de l'Est et de l'Ouest canadiens, dont Catherine Leclerc, Johanne Melançon et Jean Morency. En postface, François Paré prolonge cette réflexion qu´il développe depuis une vingtaine d'années.

  • Création collective de la troupe étudiante de l'école secondaire Macdonald-Cartier, « Par osmose » a ceci de particulier que sa perspective sur l'assimilation est fidèle au vécu des adolescents franco-ontariens. Chacun d'eux est appelé à faire un choix semblable. Véronique choisit de s'assimiler, son frère Jules, non. En racontant leur histoire, la pièce fait voir les deux côtés de la médaille et explore les conséquences des choix qu'ils ont faits. Sont disponibles : une vidéo de la pièce et un cahier d'activités portant sur l'identité, la culture et l'appréciation du théâtre. « Par Osmose » a remporté le prix de la meilleure production au festival Sears en 1988 et 2002.

  • Lors d´une courte visite chez ses parents, la narratrice s´aperçoit que quelque chose cloche dans la tête de sa mère. Maman, comme elle l´appelle tout simplement, ne va pas très bien : elle oublie, elle confond, elle se répète. Une série de signes troublants lui font penser que Maman souffre de la maladie d´Alzheimer. / C´est alors qu´elle entreprend de noter les derniers moments de la vie de sa mère. Moments partagés au cours des voyages réguliers qu´elle fera en Alsace pour retrouver ses parents vieillissants, mais aussi moments du souvenir : souvenirs de son enfance et de son adolescence, des couleurs, des odeurs et des coutumes de son coin de pays natal si différent de son pays d´adoption, le Canada, souvenirs émaillés de la langue si particulière à cet endroit. Au fur et à mesure de ses visites, la narratrice se sentira de plus en plus désemparée de voir ses parents, et surtout sa mère, ainsi vieillir et mourir sans elle. / «La petite musique du clown» livre le récit simple et touchant d´un amour maternel, celui d´une fille pour sa mère dont le fil du temps l´a séparée, mais qui sera amenée à la retrouver, fragile, vulnérable, dans le temps qui s´achève.

  • Quelque part en Asie, Maïta, âgée d´à peine 12 ans, termine un contrat dans une fabrique de jouets. Après quatre ans de dur labeur, au cours desquels elle a réussi à rembourser les dettes de sa famille, elle aspire de tout son coeur à retrouver son père. Maïta a hérité de l´art de son père et envoûte ses camarades en mettant en scène la marionnette Issane, princesse de la lumière, qui ouvre les portes d´un autre univers... Avec une justesse de ton qui ne se dément jamais, l´auteure insuffle véracité et émotion à ce huis clos pour le moins inusité. Comédiens, ombres chinoises et marionnettes se conjuguent pour accentuer la cruauté du drame ou propulser le spectateur dans les voiles du rêve. Porté à la scène par le Théâtre de la Vieille 17 en 2000, le premier texte de théâtre pour la jeunesse d´Esther Beauchemin a été acclamé au Canada et à l´étranger. En 2002, «Maïta» remportait le prix Christine Dimitriu Van Saanen au salon du livre de Toronto.

  • « Je ne veux plus de la réalité / parce qu´elle a le goût d´une senteur trop vieille qui m´est arrivée trop jeune. » Voici une écriture qui ne se cherche pas; elle jaillit de source. Elle est délire en surface, mais sagesse en profondeur - la sagesse de la folie. Des réflexions anecdotiques sur l´amitié, la poésie, la beauté, l´estime, la maladie, la mort, l´éternité sont entremêlées de moments de fabulation aux allures de science-fiction, si bien que le tout acquiert un souffle cosmique. On en retire l´intuition vive d´une manière d´être autrement et étrangement. On y ressent la puissance de la conscience de soi en face à face avec l´aliénation, quelle qu´elle soit.

  • À la mort de son mari, une mère entraîne ses six enfants à la cabane de chasse familiale, un chalet rudimentaire, éloigné de tout, dépourvu d'électricité et d'eau courante. Coupant tout lien avec le monde, elle s'entoure d'une meute de chiens chargée de les protéger, elle et ses enfants, des «Ombres» qui les traquent.

    Hantés par la peur de l'autre, les enfants se replient sur eux-mêmes et se débrouillent comme ils le peuvent. Un jour, alors que la mère vient de donner les dernières gouttes de lait aux jeunes chiots plutôt qu'à son bébé, l'aînée, Irène, se révolte et quitte l'enclos familial à la recherche de nourriture pour sauver l'enfant.

    Inspirée d'un fait divers survenu en Idaho à l'été 2001,« La meute » a été créée le 28 novembre 2003 par le Théâtre la Catapulte, en collaboration avec le Théâtre français du Centre national des Arts.

  • Le salut de l´arrière-pays, c´est le signe de la main que les villages envoient aux villes, leurs voisines.Face à d´inquiétantes tendances démographiques et économiques, les petites communautés cherchent leur avenir. Voici un vibrant témoignage de confiance en leur coeur et leur esprit.

    Cette collection d´oeuvres créées dans le cadre d´une série d´émissions de CBON, la Première Chaîne de Radio-Canada dans le Nord de l´Ontario, évoque les ambiances et célèbre les richesses humaines de huit localités nord-ontariennes : Gogama, Verner, Chapleau, Earlton, Iroquois Falls, Spanish, Sturgeon Falls et Fauquier. Chaque arrêt comprend le portrait d´un personnage local haut en couleur ; un « conte rural » signé par un écrivain renommé et inspiré par la communauté ; et un sketch comique dans lequel se déploient des projets de développement régional loufoques. Tout ça ponctué de chansons originales.

    Le salut de l´arrière-pays rend hommage à des communautés menacées, mais fières, enracinées et résolues à bâtir l´avenir. Les petites communautés de partout au Canada s´y reconnaîtront.

    « À tous ceux qui veulent que ça continue, on dit : Salut ! » Normand Renaud signe ici un quatrième ouvrage, après De face et de billet (2002), Bozo l´orignal vampire (2008), et Flagabou l´enfantôme et la bombe à bonbons (2009).

  • L'Acadie, depuis ses débuts, a fasciné explorateurs, colonisateurs, voyageurs, historiens et écrivains. Ceci s'avère particulièrement vrai pour l'Acadie qui précède le « Grand Dérangement ». Cette Acadie souvent mythique et mythifiée s'est trouvée figurée sous des formes diverses dans le discours littéraire et historiographique. L'Acadie des origines explore les différentes manifestations de ce mythe aussi bien dans l'imaginaire que dans la réalité, des textes fondateurs aux représentations contemporaines. Les spécialistes explorent ici une variété de facettes de ce mythe à la vie longue, notamment la cartographie, la construction discursive, les pratiques linguistiques et socioculturelles et les études littéraires.

  • Dans « Faire société », Joseph Yvon Thériault poursuit l´analyse des tribulations identitaires de l´Acadie et des francophonies minoritaires du Canada qu´il avait amorcée en 1995 dans L´identité à l´épreuve de la modernité (Prix France-Acadie).

    S'il y a une constante et une originalité dans l´aventure des francophonies d´Amérique du Nord, c´est bien celle de vouloir faire oeuvre de civilisation en français dans le continent anglo-américain. Cette idée, présente déjà en Amérique française, a été reprise et réinterprétée dans le projet canadien-français, et reconduite, depuis les cinquante dernières années, principalement par la mouvance nationaliste québécoise.

    Aujourd'hui, pourtant, en Acadie et au sein des francophonies minoritaires, l'ambition de faire société demeure présente même si elle est mise à rude épreuve, que ce soit au plan de la réalité - le fait minoritaire - ou de la représentation - leur exclusion de l´imaginaire québécois et l´attraction de l´imaginaire canadien. Entre l´affirmation d´une continuité nationale unissant Canada français et francophonies minoritaires, et celle d´une rupture ayant disloqué le Canada français en autant de fragments constitutifs de la mosaïque multiculturelle canadienne, la tension reste forte.

    Si le Canada français n´est plus une réalité historique ni un espace sociopolitique commun, il en reste une trace encore lisible. Une mémoire vivante qui vient d´une expérience historique particulière, mais dont il faut chercher le sens. La lecture de cette trace se différencie selon le lieu à partir duquel on lit cette tradition : de l´Acadie, de l´Ontario français, du Québec.

    Les essais réunis dans Faire société, écrits de 1995 à 2005, relatent les enjeux et les écueils rencontrés par les francophonies minoritaires dans leurs parcours récents qui visent à faire société. Cet ouvrage rend compte de ce fait.

  • Au centre de l´oeuvre est une femme à la personnalité et au parcours captivants. À son arrière-plan est un tragique épisode de la Deuxième Guerre mondiale qu´on s´étonnera de ne pas mieux connaître.

    En 1940, la guerre amène au Canada des enfants réfugiés. Mirka est ainsi accueillie, comme un petit oiseau farouche, par la famille Dumouchel. Marion a huit ans, Mirka en a sept. Arriveront-elles à s´apprivoiser mutuellement ?

    Ainsi débute l´histoire fascinante d´une femme rétive et impétueuse qui, en composant avec son passé troublant, sa famille adoptive puis celle qu´elle fondera, avec ses aspirations et son tempérament, traversera au Canada les décennies de l´après-guerre à la fin du siècle.

    Mirka mettra toute une vie à découvrir, à assumer et enfin à partager les secrets douloureux de ses origines. Mais ce passé perdu et retrouvé ne sera plus oublié. Ultimement, Mirka léguera à sa fille une mémoire et le devoir de la préserver.

    Ce roman promet le plaisir de lecture que recherchent les amateurs de sagas familiales, sans le foisonnement de l´intrigue que l´on associe à ce genre. Il évoque un milieu humain fascinant et peu connu, celui des Tsiganes dans l´Europe des années 30 et 40, leurs relations difficiles avec la société qui les entoure et les persécutions dont ils furent victimes. En suivant le grand arc d´une vie, il fait vibrer une forte personnalité accablée, mais aussi animée, par ses antécédents personnels et culturels.

  • Au coeur d´un vaste paysage enchanteur règne une atmosphère trouble. Entre deux soeurs s´interposent une enfance empoisonnée, une trahison passée, une méfiance toujours vive, mais surtout, un secret nouveau, dont la révélation sera dramatique.

    Le chalet de Caro sur la baie des Chaleurs, c´est son refuge. Mais voici que sa soeur Maryse fait intrusion dans ce décor enchanteur. Elles se revoient pour la première fois depuis que Maryse s´est enfuie avec Bobby, l´amant de Caro, il y a dix ans. L´ambiance est tendue.

    Maryse, dont la personnalité narcissique a été façonnée par le favoritisme de leur mère, tente de renouer avec sa soeur. Caro, elle, essaie plutôt de s´éloigner de la carence affective de ses jeunes années; elle aspire au bonheur et à l´amour que lui offre Alain, son voisin psychologue. Maryse va-t-elle encore lui ravir son amant?

    Au fil des jours, Maryse semble de plus en plus tourmentée par un drame récent. Caro est tiraillée entre sa volonté de l´aider et sa résolution de ne plus se laisser malmener. Le secret sera enfin dévoilé. Sa conséquence sera tragique.

    Monique Roy explore avec perspicacité la complexité d´une relation familiale troublée par la névrose, celle d´une mère, celle d´une de ses deux filles. Mais surtout, elle montre la voie par laquelle une femme assure, envers et contre tout, la santé de son esprit et le triomphe de son amour.

  • Il y a seize ans, Alexandra a quitté son village en disgrâce. Elle était la Cassandre des lieux : elle avait le don de prophétie, mais la malédiction qu´on ne la croit jamais. Son départ a laissé un trou béant que sa tante Marguerite a cherché à combler par un culte de seize femmes muettes dédié à son souvenir.

    Aujourd´hui, après seize ans de pérégrinations, Alexandra rentre, épuisée, au bercail. Celle qui troublait par ses visions ne dit plus rien. Aphone, elle inquiète d´autant les villageois par son silence. Que cache-t-elle de si terrible qu´elle n´en dit rien? Pourquoi est-elle revenue après seize ans?

  • La société Charlevoix est une amicale vouée à l´étude de l´Ontario français. Fondée à Sudbury en 1992, elle se compose d´universitaires appartenant à des disciplines différentes et provenant de Sudbury, d´Ottawa et de Toronto. Elle honore la mémoire du jésuite Pierre-François-Xavier de Charlevoix (1682-1761), qui a laissé des observations remarquables sur le territoire ontarien. Cette société publie les « Cahiers Charlevoix » depuis 1995.

    Les « Cahiers Charlevoix 7 » contiennent les articles suivants:
    « L´École du fort Frontenac (1676) : faits et mythes » de Gaétan Gervais;
    « Le Chercheur de trésors ou l´influence d´un livre. Marius Barbeau et le Romancero du Canada » de Jean-Pierre Pichette;
    « L´Ontario français du Centre et du Sud-Ouest, 1940-1970 » de Yves Frenette;
    « Usage et représentation d´Internet chez les jeunes.Comparaison entre les francophones et les anglophones du nord de l´Ontario » de Simon Laflamme;
    « Diversification du parler des adolescents franco-ontariens : le cas des conjonctions et locutions de conséquence » de Raymond Mougeon;
    « Un exemple de « groulxisme » appliqué : l´Association de la jeunesse franco-ontarienne de 1949 à 1960 » de Michel Bock; Chronique, Notes rassemblées par Michel Gaulin, La Société Charlevoix, La Société des Dix.

  • À la fois introduction à la littérature franco-ontarienne et exploration des enjeux liés à la production littéraire minoritaire, «Introduction à la littérature franco-ontarienne (1970-2008)» témoigne de l´essor fulgurant que connaît cette littérature depuis le début des années 1970.
    Dans une introduction substantielle, les directrices de l´ouvrage présentent les particularités du corpus et effectuent un survol de la production littéraire en Ontario français des origines -1610 - à 1969, situant ainsi l´émergence de la littérature franco-ontarienne dans son contexte historique, politique et culturel. L´ouvrage comporte ensuite cinq chapitres, rédigés par des spécialistes, chacun abordant l´un ou l´autre des principaux genres littéraires s´étant développés depuis 1970 : théâtre (Jane Moss), poésie (François Paré), chanson (Johanne Melançon), roman (Lucie Hotte) et nouvelle (Michel Lord).

  • Un ancien dramaturge, maintenant professeur à l´université, épie sa voisine dans l´appartement d´en face. Il ne perçoit que des fragments de sa réalité. Elle est artiste-peintre. Au fil des mois, ses tableaux changent. Dans l´appartement, la femme tourmentée sombre, fuit, s´enfuit, puis s´engage dans une quête pour retrouver sa mère. Pendant ce temps, le professeur a engagé une femme et ses fils pour reconstruire une maison d´été sur le bord d´une rivière. Trois histoires, trois mondes qui s´entrecroisent sur trois modes narratifs différents, qui vacillent entre le théâtre et le roman à la recherche d´un espace-temps fragmenté comme des milliers de points de couleurs sur une toile.

  • Réédition en un volume de trois oeuvres de Patrice Desbiens : «Poèmes anglais», «Le pays de personne» et «La fissure de la fiction».

    Ces trois titres marquants retracent l'évolution du poète au tournant décisif des années 80 et 90.

    «Poème anglais», paru en 1988, marque la fin de la période où Desbiens vivait et écrivait à Sudbury. Ce recueil marque un point de rupture dans sa relation aigre-douce avec le milieu où s´étaient définitivement révélées sa vocation et sa problématique de poète. Il y intériorise on ne peut plus profondément la condition du francophone minoritaire et la solitude de poète dans une société banalement marchande qui n´a que faire de lui.

    «Le pays de personne», paru en 1995, a été écrit à Québec, où Desbiens a vécu de 1988 à 1991 et aussi au début des années 70. Parue à l´origine dans Un pépin de pomme sur un poêle à bois (où elle côtoyait ce dernier recueil ainsi que Grosse guitare rouge), cette oeuvre est celle où son malaise personnel rejoint le malaise collectif québécois tout aussi étroitement que le malaise franco-ontarien. L´amour, l´espoir, la poésie n´y ont pas plus facilement droit de cité.

    «La fissure de la fiction», parue en 1997, peut être considérée comme la première grande oeuvre de sa période montréalaise. Sa voix devient plus narrative pour relater une aliénation toujours aussi terriblement familière, incarnée dans le réalisme hallucinatoire d´une quotidienneté cauchemardesque. Le poète aspire au roman, mais se heurte contre l´inéluctabilité de la poésie qui le voue à la solitude, sans pays, sans amour, sans amarre.

    L´ouvrage est précédé d´une préface de Jean Marc Larivière, cinéaste et ami de l´auteur, qui fournit une synthèse fort adroite de l´ensemble de son parcours et de ses publications. Riche en balises interprétatives, cette préface est une excellente introduction à l´oeuvre de Desbiens. En postface, on trouvera des extraits de la critique et une biobibliographie détaillée.

    L'ouvrage paraît dans la collection Bibliothèque canadienne française.

  • Pierre, un homme dans la jeune cinquantaine, travaille à la pige comme traducteur; il partage sa vie avec Odette. Ils ont élevé deux enfants, un garçon et une fille, qui ont quitté la maison. Le couple vit en retrait du monde, dans un espace aux limites du ciel et de la terre. Quand Pierre sort faire sa promenade quotidienne, il contourne les planètes, côtoie les étoiles.

    Dans cet espace sidéral, Pierre pourrait jouir d´une existence paisible, à l'écart de la vie grouillante et tumultueuse de ses semblables. Et pourtant... Son quotidien est perturbé par des apparitions, des mouvements insolites. Ainsi, un masque mi-fâché mi-souriant l'accueille le matin à son réveil du plafond de sa chambre; son ordinateur refuse de sauvegarder les mots de la traduction que Pierre y dépose; le timbre de la porte sonne, et il n'y a personne. Enfin, un enfant l'appelle, lui demande avec insistance s'il est le créateur du ciel et de la terre.

    Faut-il voir dans ces dérangements des hallucinations, les signes avant-coureurs d'une dépression, comme celle qui avait terrassé Pierre alors qu'il était jeune adulte? Ou bien l'univers est-il véritablement en train de se détraquer, la mécanique de se dérégler? Pierre serait alors le pantin d'un esprit malin, d'un monstre qui, à l'image d'un dieu tout-puissant, s'amuserait à ses dépens sans jamais se révéler à lui ou lui permettre de saisir les pourquoi de son existence.

    «Il lui semblait que l'univers avait des comptes à rendre. Qu'il était grand temps d'étaler les cartes sur table, de mettre fin à ce jeu de colin-maillard où l'humanité en est réduite à tout ignorer et à tout espérer. Oui, il était temps d'expliquer pourquoi les enfants pleurent, pourquoi les hommes tuent, pourquoi la terre tremble, pourquoi les oiseaux meurent en silence, pourquoi les planètes se dérèglent, pourquoi le cancer succède à l'orgasme et la mort à la vie.» Au coeur de ce roman qui oscille entre le philosophique et l'aventure fantastique, Maurice Henrie repose la question éternelle mais toujours si actuelle, du sens à donner à l'aventure humaine sur la terre.

  • Le roman « Noëlle à Cuba » de Pierre Karch est réédité dans la Bibliothèque canadienne-française (BCF), une collection qui rassemble les oeuvres marquantes de l'Acadie, de l'Ontario et de l'Ouest du Canada.

    Paru initialement en 1988, Noëlle à Cuba a été unanimement salué par la critique.

    Une vingtaine de touristes s'aventurent à Cuba - la perle des Antilles - pour Noël. Dans ce décor paradisiaque, certains cherchent l'amour, d'autres la fortune, la solitude ou le repos. Bercés par des moments de tendresse et portés par leurs péripéties quotidiennes - tant banales que tragiques - , c'est de lui qu'ils se souviendront surtout: Icare, l'ange, le révélateur des désirs, celui qui leur fera toucher la matière de leurs rêves.

    La nouvelle édition comprend une préface de Pierre Hébert, professeur de littérature à l'Université de Sherbrooke, une biobibliographie de l'auteur et un choix de jugements critiques. Et au préfacier d'affirmer:

  • L'amour des mots et la passion du théâtre sont au premier plan de cette fable contemporaine qui « met en scène » quatre personnages.



    Toutes jeunes, Beau-Belle et son amie Chant-ale prennent part à des récitals costumés dans l'atelier de Méli. Cette bonne vieille fée les mène au sommet du plaisir avec ses histoires. Au collège, les inséparables s'inscrivent à la troupe de théâtre de l'école et s'éprennent de deux beaux jeunes hommes, Pierre et Luc, tout aussi passionnés qu'elles. Déjà éprise des mots, Beau-Belle prend goût à l'écriture. Les quatre marmousets fondent une troupe, et c'est le monde entier qui leur offre ses planches.



    « Beau-Belle invente, fabrique, se contorsionne l'imaginaire pour le plaisir sensuel de l'écriture. Elle sait multiplier, Mirabeau-Mirabelle; elle sait multiplier la douceur des images, le parfum des fleurs, le vol de son cardinal préféré, le discours de tête de linotte du ruisseau, les souvenirs emprisonnés dans les vieux chiffons. Et les cravates. [...] Elle sait aussi diviser, l'envers de multiplier. Elle aime diviser le silence, le réduire à son plus petit dénominateur commun: le mot. Le mot, costumé par l'acte de parole [...] » À même l'univers magique du conte, voici une histoire bien ancrée dans la modernité où la passion pour le métier et la quête du bonheur prédominent.

  • Faisant écho au Sermon sur la Montagne, au cours duquel Jésus décrit les vertus des citoyens du Royaume des Cieux, Herménégilde Chiasson nous propose, dans ces Béatitudes des temps modernes, un inventaire qui se veut exhaustif des gestes de tous « ceux » et « celles » qui « assurément sont en route pour le ciel ».
    « ceux qui font des grimaces, qui font les bouffons, qui se ridiculisent dans l'espoir improbable d'entendre une autre fois le rire aigu et cristallin de leurs enfants, ceux qui ont fait voeu de ne plus se pencher pour ramasser la monnaie destinée à leur porter chance »

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