• Quel nom conviendrait mieux à cet art dont Émile Zola écrivait que «jamais auparavant des peintures ne lui avaient paru posséder une telle dignité. On peut presque entendre les voix intérieures de la terre et sentir les arbres bourgeonner». Plus qu'un art émotionnel, il s'agissait d'un art révolutionnaire qui rompait catégoriquement avec les règles rigides de l'art académique. Ainsi, les peintres purent se laisser enchanter par la lumière dansant sur les arbres, ou ses reflets dans l'eau. Expérimentée par Théodore Rousseau, la méthode allait être intensément développée par Monet, Renoir, Pissaro, Manet ou encore Berthe Morisot, chacun à sa propre manière.

  • Pierre-Auguste Renoir (Limoges, 1841 - Cagnes-Sur-Mer, 1919) Pierre-Auguste Renoir naquit le 25 février 1841 à Limoges. En 1854, ses parents retirèrent l'enfant de l'école et le placèrent dans l'atelier des frères Lévy afin qu'il apprenne la peinture sur porcelaine. Son frère cadet, Edmond Renoir,racontait : «De ce qu'il usait des bouts de charbon sur les murs, on en conclut qu'il aurait du goût pour une profession artistique. Nos parents le placèrent donc chez un peintre en porcelaine. » Un des ouvriers de Lévy, Emile Laporte, pratiquait la peinture à l'huile pour son plaisir. Il proposa à Renoir d'utiliser ses toiles et ses couleurs. Et c'est récisément ainsi que naquit le premier tableau du futur impressionniste, qui fut montré très solennellement à Laporte dans la maison des Renoir. En 1862, Auguste Renoir réussit son examen d'entrée à l'École des Beaux-Arts. Il fréquente en même temps un atelier libre où enseigne le professeur Charles Gleyre. Le deuxième événement important de cette période de la vie de Renoir fut la rencontre, dans l'atelier Gleyre, de ceux qui devinrent ses meilleurs amis tout au long de sa vie et ses compagnons dans l'art. À un âge plus avancé, l'artiste déjà mûr eut la possibilité de voir des Rembrandt en Hollande, des Velàzquez, Goya et le Greco en Espagne, et des Raphaël en Italie. À l'époque où les amis se retrouvaient à la Closerie des Lilas, Renoir continuait de puiser son inspiration au Louvre : «Et pour moi, au moment de Gleyre, le Louvre c'était Delacroix. » La première exposition des impressionnistes devint, pour Renoir, le moment d'assertion de sa propre vision du peintre. Dans la vie de l'artiste, cette période fut marquée encore par un événement significatif : en 1873, il emménagea à Montmartre au numéro 35 de la rue Saint-Georges, où il vécut jusqu'en 1884. Il resta fidèle à Montmartre jusqu'à la fin de sa vie. Là, il trouva ses motifs de plein air, ses modèles et même sa famille. C'est justement dans les années 1870 que Renoir se fit des amis qui l'accompagnèrent jusqu'à la fin de ses jours. Le marchand Durand-Ruel devint l'un d'eux. Il commença à lui acheter des tableaux en 1872. L'été, comme toujours, Renoir peignait beaucoup, avec Monet, en plein air. Il venait à Argenteuil où Monet louait une maison pour sa famille. Avec eux travaillait parfois Edouard Manet. En 1877, à la troisième exposition des impressionnistes, Renoir présenta plus de vingt peintures. C'étaient des paysages exécutés à Paris, sur la Seine, en dehors de la ville et dans le jardin de Claude Monet ; des études de visages de femmes et des bouquets de fleurs ; les portraits de Sisley, de l'actrice Jeanne Samary, de l'écrivain Alphonse Daudet et de l'homme politique Spuller ; il y avait aussi La Balançoire et le Bal au Moulin de la Galette. Dans les années 1880, Renoir connut enfin le véritable succès. Il travaillait sur des commandes de riches financiers, de la propriétaire des Grands Magasins du Louvre, du sénateur Goujon. Ses peintures furent exposées à Londres, à Bruxelles, à la septième exposition internationale chez Georges Petit (1886).
    Dans sa lettre adressée à Durand-Ruel, à New York, il écrit : «L'exposition de Petit est ouverte et elle a pas mal de succès, diton.
    Car c'est difficile de savoir soi-même ce qui se passe. Je crois avoir fait un pas dans l'estime publique, petit pas. Mais c'est toujours ça ».

  • Paul Cézanne (Aix-en-Provence, 1839 - 1906) Depuis sa mort il y a deux siècles, Cézanne est devenu le peintre le plus célèbre du XIXe siècle. Il naquit à Aix-en-Provence en 1839, et la plus belle période de sa vie fut sa prime jeunesse en Provence, qu'il passa en compagnie de Zola, également d'origine italienne. Suivant l'exemple de ce dernier, Cézanne partit pour Paris à l'âge de 21 ans. Il fut déserteur pendant la guerre franco-prussienne, partageant son temps entre la peinture en plein air et son atelier. Il déclara à Vollard, un marchand d'art : «Je ne suis qu'un peintre. L'humour parisien me donne du mal. Peindre des nus sur les rives de l'Arc [une rivière près d'Aix] c'est tout ce que je demande ». Encouragé par Renoir, l'un des premiers à l'apprécier, il exposa avec les impressionnistes en 1874 et en 1877. Il fut reçu avec une dérision qui le blessa. L'ambition de Cézanne, selon ses propres paroles, était «de faire de l'impressionnisme quelque chose d'aussi solide et de durable que les peintures des musées ». Son but était d'atteindre au monumental par un langage moderne de tons incandescents et vibrants. Cézanne voulait reproduire la couleur naturelle d'un objet et l'harmoniser avec les variations de lumière et d'ombre qui tendent habituellement à le détruire ; il désirait élaborer une échelle de tons capables d'exprimer la masse et le caractère de la forme. Cézanne aimait peindre des fruits, parce que c'étaient des modèles dociles et qu'il travaillait lentement. Il ne cherchait pas à reproduire la pomme. Il gardait la couleur dominante et le caractère du fruit, mais amplifiait l'attrait émotionnel de sa forme par un agencement de tons riches et harmonieux. C'était un maître de la nature morte. Ses compositions de fruits et légumes sont véritablement impressionnantes : elles ont le poids, la noblesse, le style des formes immortelles. Aucun autre peintre n'a jamais accordé à une pomme de conviction aussi ardente, de sympathie aussi authentique, ni d'intérêt aussi prolongé. Aucun autre peintre de ce talent n'a jamais réservé dans ses natures mortes ses impulsions les plus fortes à la création de choses nouvelles et vivantes. Cézanne rendit à la peinture la prééminence du savoir - de la connaissance des choses - une qualité essentielle à tout effort créatif. A la mort de son père, en 1886, il devint riche, mais ne changea rien à son train de vie frugal. Peu après, Cézanne se retira définitivement dans sa propriété en Provence. Il fut sans doute le peintre le plus solitaire de son temps. Parfois, il était saisi d'une curieuse mélancolie, d'un noir désespoir. Avec le temps, il devint plus sauvage et exigeant, détruisant des toiles, les jetant dans les arbres par la fenêtre de son atelier, les abandonnant dans les champs, les donnant à son fils pour qu'il en fasse des puzzles, ou aux gens d'Aix. Au début du XXe siècle, quand Vollard débarqua en Provence avec l'intention de spéculer en achetant tous les Cézanne qu'il pouvait emporter, les paysans des environs, apprenant qu'un guignol de Paris cherchait à gagner de l'argent avec des vieilles toiles, se mirent à produire dans leurs granges tout un tas de natures mortes et de paysages. Le vieux Maître d'Aix fut submergé par la joie. Mais la reconnaissance vint trop tard. En 1906, il succomba à une fièvre contractée alors qu'il peignait sous une pluie diluvienne.


  • Le roman de Philippe André fait entendre la voix de Van Gogh et nous plonge dans l'existence tumultueuse du peintre taraudé par ses démons intérieurs dont l'issue tragique reste un mystère.

    Entendre la voix de Van Gogh, l'écouter s'adresser aux autres comme à lui-même. Le voir peindre, vivre, aimer, s'exalter, souffrir, endurer la folie, faire preuve de la plus grande lucidité mais aussi des doutes les plus profonds sur sa vie et son oeuvre... Tel est le défi relevé par ce roman où s'allient la rigueur biographique et l'imagination nécessaires pour parvenir au plus près de ce que fut le peintre des nuits étoilées, du soleil éclatant, des paysages sombres ou radieux, des gens de la terre, des impitoyables autoportraits, de la symphonie éternelle des couleurs...
    Van Gogh est un météore de l'art occidental. En dix années à peine, il a laissé une oeuvre gigantesque, une oeuvre de saisissement du monde, de poésie, d'affrontement permanent aux êtres et à la nature. Mais si cette oeuvre s'est édifiée grâce à une énergie et un engagement hors du commun, elle n'en émane pas moins d'un homme avec mille faiblesses et travers incessants. Lui qui pensait qu'il ne vivait pas une vraie vie, a fini par voir se confondre entièrement cette vie et sa peinture. Jusqu'à la catastrophe finale, énigme perpétuelle dont l'oeuvre nous conte cependant la logique implacable.

  • For Claude Monet the designation `impressionist´ always remained a source of pride. In spite of all the things critics have written about his work, Monet continued to be a true impressionist to the end of his very long life. He was so by deep conviction, and for his Impressionism he may have sacrificed many other opportunities that his enormous talent held out to him. Monet did not paint classical compositions with figures, and he did not become a portraitist, although his professional training included those skills. He chose a single genre for himself, landscape painting, and in that he achieved a degree of perfection none of his contemporaries managed to attain. Yet the little boy began by drawing caricatures. Boudin advised Monet to stop doing caricatures and to take up landscapes instead. The sea, the sky, animals, people, and trees are beautiful in the exact state in which nature created them - surrounded by air and light. Indeed, it was Boudin who passed on to Monet his conviction of the importance of working in the open air, which Monet would in turn transmit to his impressionist friends. Monet did not want to enrol at the Ecole des Beaux-Arts. He chose to attend a private school, L´Académie Suisse, established by an ex-model on the Quai d´Orfèvres near the Pont Saint-Michel. One could draw and paint from a live model there for a modest fee. This was where Monet met the future impressionist Camille Pissarro. Later in Gleyre´s studio, Monet met Auguste Renoir Alfred Sisley, and Frédéric Bazille. Monet considered it very important that Boudin be introduced to his new friends. He also told his friends of another painter he had found in Normandy. This was the remarkable Dutchman Jongkind. His landscapes were saturated with colour, and their sincerity, at times even their naïveté, was combined with subtle observation of the Normandy shore´s variable nature. At this time Monet´s landscapes were not yet characterized by great richness of colour. Rather, they recalled the tonalities of paintings by the Barbizon artists, and Boudin´s seascapes. He composed a range of colour based on yellow-brown or blue-grey. At the Third Impressionist Exhibition in 1877 Monet presented a series of paintings for the first time: seven views of the Saint-Lazare train station. He selected them from among twelve he had painted at the station. This motif in Monet´s work is in line not only with Manet´s Chemin de fer (The Railway) and with his own landscapes featuring trains and stations at Argenteuil, but also with a trend that surfaced after the railways first began to appear. In 1883, Monet had bought a house in the village of Giverny, near the little town of Vernon. At Giverny, series painting became one of his chief working procedures. Meadows became his permanent workplace. When a journalist, who had come from Vétheuil to interview Monet, asked him where his studio was, the painter answered, "My studio! I´ve never had a studio, and I can´t see why one would lock oneself up in a room. To draw, yes - to paint, no". Then, broadly gesturing towards the Seine, the hills, and the silhouette of the little town, he declared, "There´s my real studio."Monet began to go to London in the last decade of the nineteenth century. He began all his London paintings working directly from nature, but completed many of them afterwards, at Giverny. The series formed an indivisible whole, and the painter had to work on all his canvases at one time. A friend of Monet´s, the writer Octave Mirbeau, wrote that he had accomplished a miracle. With the help of colours he had succeeded in recreating on the canvas something almost impossible to capture: he was reproducing sunlight, enriching it with an infinite number of reflections. Alone among the impressionists, Claude Monet took an almost scientific study of the possibilities of colour to its limits; it is unlikely that one could have gone any further in that direction.

  • Claude Monet (Paris, 1840 - Giverny, 1926) Pour Claude Monet, le qualificatif d'impressionniste est toujours resté un sujet de fierté. Malgré tout ce que les critiques ont pu écrire sur son oeuvre, Monet n'a cessé d'être véritablement impressionniste jusqu'à la fin de sa très longue vie. Il l'a été par conviction profonde, et peut-être a-t-il sacrifié à son impressionnisme beaucoup d'autres possibilités que lui offrait son immense talent. Monet n'a pas peint de compositions classiques avec des personnages, il n'est pas devenu portraitiste, bien que tout cela fût compris dans sa formation professionnelle. Il s'est choisi, en fait, un seul genre, celui du paysage, et il y a atteint un degré de perfection auquel aucun de ses contemporains n'a pu parvenir. Pourtant, le garçonnet avait commencé par dessiner des caricatures. Puis Boudin lui conseilla d'abandonner la caricature et d'opter pour le paysage : c'est que la mer et le ciel, les animaux, les gens et les arbres sont beaux justement dans l'état où les a créés la nature, c'est-à-dire entourés d'air et de lumière. C'est en effet de Boudin que Monet hérita la conviction de l'importance du travail en plein air, conviction qu'il transmit plus tard à ses amis impressionnistes. Monet ne voulut pas entrer à l'École des Beaux-Arts. Il préféra fréquenter une école privée, l'Académie Suisse, fondée par un ancien modèle, quai des Orfèvres, près du pont Saint-Michel. On pouvait y dessiner et peindre un modèle vivant pour une somme modique. C'est là que Monet rencontra le futur impressionniste Camille Pissarro. C'est ensuite dans l'atelier de Gleyre, que Monet rencontra Auguste Renoir, Alfred Sisley et Frédéric Bazille. Il parlait aussi à ses amis d'un autre peintre qu'il avait également trouvé en Normandie. Il s'agissait de l'étonnant Hollandais Jongkind. «Il fut à partir de ce moment mon vrai maître », disait Monet. «C'est à lui que je dois l'éducation définitive de mon oeil ». Ces paysagistes normands, Boudin et Jongkind, se rangent au nombre des maîtres directs des impressionnistes.
    En 1871-1872, les paysages de Monet ne se distinguaient pas encore par une grande richesse de coloris ; ils rappelaient plutôt les tonalités de la peinture des artistes de Barbizon ou les marines de Boudin. Il composait une gamme de coloris sur la base de tons marron-jaune et bleu-gris.
    En 1877, lors de la troisième exposition des impressionnistes, Monet présenta, pour la première fois, une série de tableaux : sept vues de la gare Saint-Lazare. Il les choisit parmi les douze toiles peintes dans la gare. Ce motif, dans l'oeuvre de Monet, est dans la ligne non seulement du Chemin de fer de Manet et de ses propres paysages, avec trains et gare, à Argenteuil, mais aussi de la tendance qui commença à se manifester avec l'apparition des chemins de fer. Un beau matin, il réveilla Renoir avec un cri de victoire : «J'ai trouvé, la gare Saint-Lazare ! Au moment des départs, les fumées des locomotives y sont tellement épaisses qu'on n'y distingue à peu près rien. C'est un enchantement, une véritable féerie ». Il n'avait pas l'intention de peindre la gare Saint-Lazare de mémoire ; il voulait saisir les jeux de lumière du soleil sur les nuages de vapeur qui s'échappaient des locomotives.
    En 1883, Monet avait acheté une maison dans le village de Giverny, à proximité de la petite ville de Vernon. À Giverny, les séries devinrent une des principales méthodes de travail en plein air de Monet. Quand un journaliste, venu de Vétheuil pour interviewer Monet, lui demanda où se trouvait son atelier, le peintre répondit : «Mon atelier ! Mais je n'ai jamais eu d'atelier, moi, et je ne comprends pas qu'on s'enferme dans une chambre. Pour dessiner, oui, pour peindre, non ». Montrant d'un geste large la Seine, les collines et la silhouette de la petite ville, il déclara : «Voilà mon atelier, à moi » Dès la dernière décennie du XIXe siècle, Monet commença à aller à Londres. Il commençait tous les tableaux à Londres, d'après nature, mais en terminait beaucoup, ensuite, à Giverny. Un ami de Monet, l'écrivain Octave Mirbeau, écrit qu

  • Avant le XVIIe siècle, l´école française n´occupait qu´une modeste place dans la peinture européenne. C´est seulement à partir de cette date que les peintres anonymes cédèrent la place à toute une pléiade de noms devenus célèbres : Nicolas Poussin, Georges de la Tour, Claude Le Lorrain, les frères Le Nain...Aux XVIIIe et XIXe siècles, la peinture française est à son apogée. Les musées du monde entier conservent aujourd´hui les toiles de Watteau, David, Ingres, Delacroix, Rousseau, Monet, Renoir. Cet ouvrage offre à l´amateur d´art, pour chaque genre, (natures mortes, portraits, paysages...) une étude complète et illustrée sur l´évolution de la peinture française pendant cinq siècles.

  • With Impression, Sunrise, exhibited in 1874, Claude Monet (18401926) took part in thecreation of the Impressionist movement that introduced the 19th century to modern art. All his life, he captured natural movements around him and translated them into visual sensations. A complex man and an exceptional artist, Monet is internationally famous for his poetic paintings of waterlilies and beautiful landscapes. He leaves behind the most wellknown masterpieces that still fascinate art lovers all over the world.

    In this twovolume illustrated work, Natalia Brodskaya and Nina Kalitina invite us on a journey across time to discover the history of Impressionism and Monet; a movement and an artist forever bound together. Specialists of 19th and 20th century art, the authors shed light on the birth of modernity in art, a true revolution responsible for the thriving art scene of the 20th century.

  • « Le père Pissarro », comme aimaient à l´appeler ses amis, était le plus sage des artistes impressionnistes. Peut être son âge, plus avancé que celui de ses camarades Monet, Sisley, Bazille et Renoir, ou plutot sa maturité, lui firent créer des oeuvres sereines et sobres tant dans leur sujet que dans leur composition.

    Homme au goûts simples, il se plut à peindre des paysans sur les chemins, bien qu´il dut sa tardive notoriété à ses paysages urbains, traités avec la même passion que celle que faisaient jaillir en lui les ciels orageux et les matins blanchis par le givre.

  • Alfred Sisley (Paris, 1839 - Moret-Sur-Loing, 1899) Alfred Sisley naquit à Paris le 30 octobre 1839 dans une famille anglaise. Ayant atteint ses dix-huit ans, ses parents l'envoyèrent en Angleterre. C'est alors, probablement, qu'il pressentit, devant la facture libre des paysages, à l'apparence d'esquisses, de Turner et Constable, sa vocation pour la peinture. Le destin amena Sisley, en octobre 1862, dans le même atelier libre de Charles Gleyre, où étaient venus étudier Claude Monet, Auguste Renoir et Frédéric Bazille. C'est Sisley qui avait incité ses amis à en finir avec l'apprentissage chez Gleyre et à partir peindre dans la nature. Il était indigné, beaucoup plus que ses amis, par l'attitude hautaine de Gleyre envers le paysage. Pour Sisley, le paysage fut, dès le début, non seulement un genre pictural essentiel, mais, en fait, le seul et unique auquel il travaillât toute sa vie. Après avoir quitté Gleyre, Sisley peignit souvent en compagnie de Monet, Renoir et Bazille dans les environs de Paris.
    À partir de 1870, dans la peinture de Sisley commencèrent à apparaître les premières caractéristiques de la manière qui sera plus tard celle de la peinture impressionniste. À partir de ce moment, le coloris des tableaux de Sisley devient nettement plus clair. Cette nouvelle technique crée une impression de vibration de l'eau, de moirures colorées à sa surface et de transparence de l'atmosphère. Dans la peinture de Sisley, la lumière était née. Sisley peignit une quantité de paysages des bords de la Seine. Il découvrit Argenteuil et la petite ville de Villeneuve-la-Garenne, qui resta dans son oeuvre comme l'image du silence et de la tranquillité, d'un monde que la civilisation et l'industrie n'avaient pas encore défiguré.
    Contrairement à Pissarro, il ne recherchait pas l'exactitude prosaïque. Ses paysages se colorent toujours de son attitude émotionnelle à leur égard. Comme chez Monet, les ponts chez Sisley se fondent dans le paysage d'une façon toute naturelle. Un ciel bleu serein se reflète sur la surface à peine frémissante du fleuve. Après la première exposition impressionniste, Sisley passa plusieurs mois en Angleterre. À son retour d'Angleterre, Sisley déménagea de Louveciennes à Marly-le-Roi. Vers cette époque, Sisley était véritablement devenu le peintre de l'eau. Elle l'ensorcelait, l'obligeait à scruter sa surface changeante et à étudier les nuances de sa couleur, comme le faisait Monet dans les prés de Giverny. Les paysages consacrés à l'inondation de Port-Marly sont une apothéose. Le peintre joue avec l'espace et la perspective, et finalement trouve la seule solution : la maison rose est figée dans un monde où le ciel se confond avec la terre, où le reflet frissonne à peine et les nuages glissent lentement. Sisley est le seul impressionniste dont les paysages ne se limitent pas à la beauté changeante de la nature, mais se prolongent dans le domaine tantôt du rêve, tantôt de la réflexion philosophique.

  • Mary Cassatt (Pittsburg, 1844, - Château de Beaufresne, 1926) Mary est née à Pittsburgh. Son père était un banquier très libéral en matière d'éducation, et toute la famille semblait manifester une certaine sympathie pour la culture française.
    Mary n'avait pas plus de cinq ou six ans lorsqu'elle vit Paris pour la première fois, et elle était encore adolescente quand elle décida de devenir peintre. Elle se rendit en Italie, puis tourna ses pas vers Anvers, pour retourner à Rome et finalement, revenir à Paris, où, en 1874, elle s'installa définitivement.
    En 1872, elle envoya ses premières oeuvres au Salon ; d'autres suivirent jusqu'en 1875, année où elle envoya un portrait de sa soeur, qui fut refusé. Elle devina que le jury n'avait pas aimé l'arrière-plan, c'est pourquoi elle le retravailla à maintes reprises pour le renvoyer au Salon de l'année suivante, où il fut finalement accepté. A ce moment-là, Degas lui demanda d'exposer avec lui et ses amis du groupe des impressionnistes, dont la popularité allait croissant, et elle accepta avec joie. Elle admirait Manet, Courbet, et Degas, et détestait l'art conventionnel. Son biographe insiste sur son intellectualité et ses sentiments, sur les émotions et les nuances avec lesquelles elle peignait ses modèle préférés : les bébés et leurs mères. Il parle aussi de son intérêt particulier pour le dessin et sa maîtrise du trait, un don renforcé par son étude approfondie de l'art japonais, imitant son style dans des gravures en couleur. Si son style puise à diverses sources, en revanche son dessin, ses compositions, sa lumière et ses couleurs, sont les siennes. Ses toiles possèdent une certaine délicatesse dont peut-être seule une femme est capable, mais les qualités qui ont inscrit son oeuvre dans la postérité, sont, elles, d'une nature que seul un peintre extraordinaire peut produire.

  • Als Impressionist zu gelten war für Monet eine Auszeichnung. Er war es aus tiefer Überzeugung und blieb es bis an das Ende seines langen Lebens. Er begnügte sich mit einem einzigen Genre, dem der Landschaftsmalerei. Hier aber brachte er es zu einer Vollkommenheit, an die keiner seiner Zeitgenossen heranreichte. Im Sommer jenes Jahres kam es zu gemeinsamen Malübungen mit Boudin (1824 bis 1898) am Meeresstrand. Mit der Zeit gingen mir die Augen auf und ich begann, die Natur zu verstehen; zugleich lernte ich, sie zu lieben so erinnert sich Monet später an diese gemeinsamen Exerzitien. Er besucht nicht die Ecole des BeauxArts, sondern zieht die von Monsieur Suisse, einem ehemaligen Modell Davids, gegründete freie Académie Suisse vor. Hier war es mglich, für einen geringen Beitrag lebende Modelle zu malen und zu zeichnen. Die Farbskala der Bilder, die Monet 1871 und 1872 malte, ist nicht sehr breit; sie erinnert an die der BarbizonSchule und an die Seestücke Boudins. Die Grundtne sind braungelb und blaugrau. Im Jahr 1877 wurde die dritte Ausstellung der Impressionisten erffnet, bei der Monet zum ersten Mal eine Bilderserie zeigte. Mit seinem Motiv, dem Bahnhof SaintLazare, setzte Monet nicht nur Manets Die Eisenbahn und seine eigenen Landschaftsbilder aus Argenteuil fort, er schloss sich darüber hinaus der bei den Künstlern wachsenden Tendenz an, sich von diesem Transportmittel faszinieren zu lassen. In seinem Wohnort Giverny wurden die Bilderserien Monets wichtigste Arbeitsmethode. In den 1890er Jahren entdeckte Monet London. Zwar begann er die Bilder allesamt in London, beendete viele von ihnen aber in Giverny. Für den Schriftsteller Octave Mirbeau (1848 bis 1917) war Monet ein Mensch, der Wunder vollbrachte: Mit Hilfe der Farben habe er auf der Leinwand das Sonnenlicht, etwas nahezu Unfassbares, nachgebildet und es um eine Unzahl prismatischer Facetten bereichert. Tatsächlich hat Monet das Potenzial der Farbe mit nahezu wissenschaftlicher Strenge bis zu seinen äußersten Konsequenzen getrieben; kein anderer Impressionist ist darin so weit gegangen wie er, und es ist wenig wahrscheinlich, dass man in dieser Richtung hätte noch weitergehen knnen.

  • C'est avec Impression, soleil levant, exposé en 1874, que le peintre Claude Monet (18401926) se fait connaître du grand public et donne naissance au mouvement impressionniste. Tout au long de sa vie, il essaya de saisir les mouvements naturels autour de lui et de les traduire en sensations visuelles sur ses toiles. Personnalité complexe, peintre brillant, Monet est aujourd'hui mondialement reconnu pour ses compositions intimes et poétiques, ses séries de nénuphars et ses paysages représentant une nature vivante et belle. Il laisse derrière lui des chefsd'oeuvre qui
    fascinent encore aujourd'hui les amateurs d'art à travers le monde.

    Dans cet ouvrage composé de deux volumes illustrés, Nathalia Brodskaïa et Nina Kalitina nousv invitent à un voyage à travers le temps pour découvrir ou redécouvrir l'histoire d'un mouvement et d'un peintre aux destins à jamais liés : Claude Monet et l'impressionnisme. Spécialistes de l'art des XIXe et XXe siècles, les deux auteurs mettent en lumière la naissance de la modernité en peinture, véritable révolution qui a rendu possible l'épanouissement du paysage artistique du XXe siècle.

  • Die Kunst und Kultur Deutschlands, einem Land, das sich erstmals 1871 zu einer Nation vereinte,
    bauen auf uralten und facettenreichen Traditionen auf. In der Auseinandersetzung mit der deutschen
    Malerei müssen die derzeitigen geografischen Grenzen ignoriert und der gesamteuropäische historische
    Kontext untersucht werden. Vom Mittelalter bis zur Neuen Sachlichkeit des 20. Jahrhunderts stellen wir Ihnen
    bedeutende Künstler der deutschen Kunstgeschichte wie Albrecht Dürer, Casper David Friedrich oder Otto
    Dix vor und begleiten sie auf ihrem Werdegang.

  • In a country only unified since 1871, German culture and art is derived from ancient tradition. Studying German painting requires viewing it on a different scale, larger than the current geographical frontiers. From the Middle Ages through to the New Objectivity of the 20th century, we introduce you to the German artists who have marked history: Albrecht Dürer, the Romantic Caspar David Friedrich, and the Expressionist Otto Dix. Original in its themes, German painting always seeks harmony whilst remaining inquisitive.

  • Bonnard, Vuillard, Roussel, und Denis, die bekanntesten Vertreter der Nabis-
    Gruppe, revolutionierten den Geist der dekorativen Techniken während einer
    der produktivsten Perioden der franzsischen Malerei. Beeinflusst von
    Odilon Redon, Puvis de Chavannes, der populären Volkskunst und japanischen
    Holzschnitten, waren diese Postimpressionisten vor allem eine Gruppe von
    Freunden, die dem gleichen kulturellen Umfeld angehrten. Jedoch gerät die innere
    Einheit der Gruppe des Öfteren durch den wachsenden Individualismus ins Wanken.
    Die hier vorgestellten Werke zeigen eine breite Palette von wundervoll poetischen
    Ausdrucksvarianten: Naiv bei Bonnard, ornamental und geheimnisvoll bei Vuillard,
    sanft und verträumt bei Denis, herb bis zur Bitterkeit bei Vallotton der Verfasser
    lässt uns am innersten Leben der Künstler teilhaben und vor unseren Augen
    erschließen sich die Quellen ihres schpferischen Talents.

  • Pierre Bonnard was the leader of a group of post-impressionist painters who called themselves the Nabis, from the Hebrew word meaning `prophet'. Bonnard, Vuillard, Roussel and Denis, the most distinguished of the Nabis, revolutionized the spirit of decorative techniques during one of the richest periods in the history of French painting. Influenced by Odilon Redon and Puvis de Chavanne, by popular imagery and Japanese etchings, this post-impressionist group was above all a close circle of friends who shared the same cultural background and interests. An increasing individualism in their art often threatened the group's unity and although tied together by a common philosophy their work clearly diverged. This publication lets us compare and put into perspective the artists within this fascinating group. The works presented in this collection offer a palette of extraordinary poetic expressions: candid in Bonnard, ornamental and mysterious in Vuillard, gently dream-like in Denis, grim and almost bitter in Vallotton, the author shares with us the lives of these artists to the very source of their creative gifts.

  • Paul Cézanne (Aix-en-Provence, 1839 - 1906) Depuis sa mort il y a deux siècles, Cézanne est devenu le peintre le plus célèbre du XIXe siècle. Il naquit à Aix-en-Provence en 1839, et la plus belle période de sa vie fut sa prime jeunesse en Provence, qu'il passa en compagnie de Zola, également d'origine italienne. Suivant l'exemple de ce dernier, Cézanne partit pour Paris à l'âge de 21 ans. Il fut déserteur pendant la guerre franco-prussienne, partageant son temps entre la peinture en plein air et son atelier. Il déclara à Vollard, un marchand d'art : «Je ne suis qu'un peintre. L'humour parisien me donne du mal. Peindre des nus sur les rives de l'Arc [une rivière près d'Aix] c'est tout ce que je demande ». Encouragé par Renoir, l'un des premiers à l'apprécier, il exposa avec les impressionnistes en 1874 et en 1877. Il fut reçu avec une dérision qui le blessa. L'ambition de Cézanne, selon ses propres paroles, était «de faire de l'impressionnisme quelque chose d'aussi solide et de durable que les peintures des musées ». Son but était d'atteindre au monumental par un langage moderne de tons incandescents et vibrants. Cézanne voulait reproduire la couleur naturelle d'un objet et l'harmoniser avec les variations de lumière et d'ombre qui tendent habituellement à le détruire ; il désirait élaborer une échelle de tons capables d'exprimer la masse et le caractère de la forme. Cézanne aimait peindre des fruits, parce que c'étaient des modèles dociles et qu'il travaillait lentement. Il ne cherchait pas à reproduire la pomme. Il gardait la couleur dominante et le caractère du fruit, mais amplifiait l'attrait émotionnel de sa forme par un agencement de tons riches et harmonieux. C'était un maître de la nature morte. Ses compositions de fruits et légumes sont véritablement impressionnantes : elles ont le poids, la noblesse, le style des formes immortelles. Aucun autre peintre n'a jamais accordé à une pomme de conviction aussi ardente, de sympathie aussi authentique, ni d'intérêt aussi prolongé. Aucun autre peintre de ce talent n'a jamais réservé dans ses natures mortes ses impulsions les plus fortes à la création de choses nouvelles et vivantes. Cézanne rendit à la peinture la prééminence du savoir - de la connaissance des choses - une qualité essentielle à tout effort créatif. A la mort de son père, en 1886, il devint riche, mais ne changea rien à son train de vie frugal. Peu après, Cézanne se retira définitivement dans sa propriété en Provence. Il fut sans doute le peintre le plus solitaire de son temps. Parfois, il était saisi d'une curieuse mélancolie, d'un noir désespoir. Avec le temps, il devint plus sauvage et exigeant, détruisant des toiles, les jetant dans les arbres par la fenêtre de son atelier, les abandonnant dans les champs, les donnant à son fils pour qu'il en fasse des puzzles, ou aux gens d'Aix. Au début du XXe siècle, quand Vollard débarqua en Provence avec l'intention de spéculer en achetant tous les Cézanne qu'il pouvait emporter, les paysans des environs, apprenant qu'un guignol de Paris cherchait à gagner de l'argent avec des vieilles toiles, se mirent à produire dans leurs granges tout un tas de natures mortes et de paysages. Le vieux Maître d'Aix fut submergé par la joie. Mais la reconnaissance vint trop tard. En 1906, il succomba à une fièvre contractée alors qu'il peignait sous une pluie diluvienne.

  • La culture et l'art allemand sont issus d'une tradition ancienne, bien que le pays ne se soit unifié qu'en 1871. Étudier la peinture allemande demande donc de la comprendre selon une échelle différente, plus large que les limites géographiques actuelles. Du Moyen Âge à la Nouvelle Objectivité du XXe siècle, les artistes marquants de l'histoire de l'art allemand sont présentés : Albrecht Dürer, le romantique Caspar David Friedrich ou encore l'expressionniste Otto Dix. L'art allemand, original dans ses thématiques, est toujours à la recherche d'harmonie, tout en demeurant curieux et incisif.

  • Si le ravissant « Pays du soleil levant » devait, lors d´une de ces éruptions volcaniques qui le menacent d´extinction, sombrer à jamais dans les profondeurs de l´océan, il continuerait de vivre pour nous à travers le trait magique d´Utagawa Hiroshige.

  • Cézannes glücklichste Zeit war seine frühe Jugend in der Provence, wo er zusammen mit Zola und einem anderen Freund in der Natur umherstreifte. Ermutigt durch Renoir, stellte er 1874 und 1877 zusammen mit den Impressionisten aus. Doch die ablehnende Haltung, mit der man seiner Kunst begegnete, verletzte ihn tief. Er malte gern Früchte, weil sie gehorsame Modelle waren, was seiner langsamen Arbeitsweise entgegenkam, dabei behielt er die dominante Farbe und den Charakter der Frucht bei, verstärkte aber den emotionalen Reiz der Form durch ein Spiel von reichen, fein aufeinander abgestimmten Farbwerten. Seine eigentliche Meisterschaft entfaltete er in den Stillleben. Cézanne verstand es, seine Malkunst mit Wissen zu bereichern, dem Wissen um die Dinge - dieser unabdingbaren Voraussetzung für alles schöpferische Bemühen. Kurz nach dem Tod seines Vaters zog er sich für immer auf sein Gut in der Provence zurück und war vermutlich dort der einsamste Maler seiner Zeit. Von Zeit zu Zeit überfiel ihn eine seltsame Melancholie, ja sogar eine düstere Hoffnungslosigkeit. Er konnte unberechenbar und schwierig sein, seine Leinwände zerstören oder sie zum Fenster seines Studios hinauswerfen, sie ganz einfach auf einer Wiese stehen lassen oder sie seinem Sohn geben, der sie zerschnitt und wie ein Puzzle wieder zusammensetzte. Zu Beginn des neuen Jahrhunderts holten die Bauern aus ihren Scheunen eine größere Menge von Stillleben und Landschaften, als sie hörten, dass ein Narr aus Paris dafür mit gutem Geld zahlte. Doch leider kam die Anerkennung zu spät. Er starb 1906 an einem Fieber, das er sich zugezogen hatte, als er beim Malen vom Regen überrascht wurde.

  • Pierre Bonnard était le chef d´un groupe de peintres post-impressionnistes. Ils se nommèrent eux-mêmes les Nabis, du mot hébreux signifiant `prophète´. Bonnard, Vuillard, Roussel, Denis, les plus illustres des Nabis, ont révolutionné l´esprit des techniques décoratives durant l´une des époques les plus riches de la peinture française. Influencés par Odilon Redon, Puvis de Chavannes, l´imagerie populaire ou les estampes japonaises, ces post-impressionnistes furent avant tout un groupe d´amis fréquentat les mêmes milieux culturels. L´individualisme croissant de leurs créations ébranla souvent l´unité du groupe. Bien que liés par une même philosophie, leurs oeuvres divergeaient nettement. Cet ouvrage permet de les comparer et de les mettre en perspective les unes avec les autres.
    Les oeuvres présentées dans cet ouvrage offrent une palette d´expressions merveilleusement poétiques : candide chez Bonnard, ornementale et mystérieuse chez Vuillard, doucement rêveuse chez Denis, âpre jusqu´à l´amertume chez Valloton, l´auteur nous fait partager la vie intime des artistes jusqu´à la source profonde de leurs dons créatifs. Bonnard et de nabis do

  • Als Impressionist zu gelten war für Monet eine Auszeichnung. Er war es aus tiefer Überzeugung und blieb es bis an das Ende seines langen Lebens. Er begnügte sich mit einem einzigen Genre, dem der Landschaftsmalerei. Hier aber brachte er es zu einer Vollkommenheit, an die keiner seiner Zeitgenossen heranreichte. Im Sommer jenes Jahres kam es zu gemeinsamen Malübungen mit Boudin (1824 bis 1898) am Meeresstrand. "Mit der Zeit gingen mir die Augen auf und ich begann, die Natur zu verstehen; zugleich lernte ich, sie zu lieben" - so erinnert sich Monet später an diese gemeinsamen Exerzitien. Er besucht nicht die Ecole des Beaux-Arts, sondern zieht die von Monsieur Suisse, einem ehemaligen Modell Davids, gegründete freie "Académie Suisse" vor. Hier war es möglich, für einen geringen Beitrag lebende Modelle zu malen und zu zeichnen. Die Farbskala der Bilder, die Monet 1871 und 1872 malte, ist nicht sehr breit; sie erinnert an die der Barbizon-Schule und an die Seestücke Boudins. Die Grundtöne sind braungelb und blaugrau. Im Jahr 1877 wurde die dritte Ausstellung der Impressionisten eröffnet, bei der Monet zum ersten Mal eine Bilderserie zeigte. Mit seinem Motiv, dem Bahnhof Saint-Lazare, setzte Monet nicht nur Manets Die Eisenbahn und seine eigenen Landschaftsbilder aus Argenteuil fort, er schloss sich darüber hinaus der bei den Künstlern wachsenden Tendenz an, sich von diesem Transportmittel faszinieren zu lassen. In seinem Wohnort Giverny wurden die Bilderserien Monets wichtigste Arbeitsmethode. In den 1890er Jahren entdeckte Monet London. Zwar begann er die Bilder allesamt in London, beendete viele von ihnen aber in Giverny. Für den Schriftsteller Octave Mirbeau (1848 bis 1917) war Monet ein Mensch, der Wunder vollbrachte: Mit Hilfe der Farben habe er auf der Leinwand das Sonnenlicht, etwas nahezu Unfassbares, nachgebildet und es um eine Unzahl prismatischer Facetten bereichert. Tatsächlich hat Monet das Potenzial der Farbe mit nahezu wissenschaftlicher Strenge bis zu seinen äußersten Konsequenzen getrieben; kein anderer Impressionist ist darin so weit gegangen wie er, und es ist wenig wahrscheinlich, dass man in dieser Richtung hätte noch weitergehen können.

  • "I paint what I see and not what it pleases others to see." What other words than these of Édouard Manet, seemingly so different from the sentiments of Monet or Renoir, could best define the Impressionist movement? Without a doubt, this singularity was explained when, shortly before his death, Claude Monet wrote: "I remain sorry to have been the cause of the name given to a group the majority of which did not have anything Impressionist." In this work, Nathalia Brodskaïa examines the contradictions of this late 19th-century movement through the paradox of a group who, while forming a coherent ensemble, favoured the affirmation of artistic individuals. Between academic art and the birth of modern, non-figurative painting, the road to recognition was long. Analysing the founding elements of the movement, the author follows, through the works of each of the artists, how the demand for individuality gave rise to modern painting.

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