• Gros-câlin

    Romain Gary

    Lorsqu'on a besoin d'étreinte pour être comblé dans ses lacunes, autour des épaules surtout, et dans le creux des reins, et que vous prenez trop conscience des deux bras qui vous manquent, un python de deux mètres vingt fait merveille. Gros-Câlin est capable de m'étreindre ainsi pendant des heures et des heures.

    Gros-Câlin paraît au Mercure de France en 1974. Il met en scène un employé de bureau qui, à défaut de trouver l'amour chez ses contemporains, s'éprend d'un python. L'auteur de ce premier roman, fable émouvante sur la solitude de l'homme moderne, est un certain Émile Ajar. La version publiée à l'époque ne correspond pas tout à fait au projet initial de son auteur qui avait en effet accepté d'en modifier la fin.
    On apprendra plus tard que derrière Émile Ajar se cache le célèbre Romain Gary. Dans son ouvrage posthume, Vie et mort d'Émile Ajar, il explique l'importance que revêt, à ses yeux et au regard de son oeuvre, la fin initiale de Gros-Câlin. Il suggère qu'elle puisse un jour être publiée séparément...
    Réalisant le souhait de l'auteur, cette nouvelle édition reprend le roman Gros-Câlin dans la version de 1974, et donne en supplément toute la fin 'écologique', retranscrite à partir du manuscrit original.

  • Christiane Taubira raconte avec passion ce qu'elle doit à la littérature et aux grands auteurs

    " Quoi que vous cherchiez à savoir ou à ressentir, à comprendre ou à percevoir, à saisir ou à entrevoir, quelque part un livre répond à votre quête. En procurant plaisir, volupté, félicité.

    Lire. Toute l'énergie, la passion, le bien-être et le tourment d'une vie ardente. " Ch. T.

    Dans cet ouvrage passionnant, Christiane Taubira rend hommage aux livres et aux écrivains qui l'ont façonnée. De son enfance à Cayenne – où les lectures des jeunes filles étaient sévèrement contrôlées – à aujourd'hui, les auteurs et leurs oeuvres défilent : Aimé Césaire, Léon-Gontran Damas, Gabriel García Márquez, René Char, Yachar Kemal, Simone Weil, Toni Morrison, et tant d'autres...

    Éveil de sa conscience sociale par les romans engagés, découverte de la force de renouvellement de la langue, relecture de l'histoire grâce à la pertinence de la littérature, convocation des auteurs au moment de ses grands discours politiques : Christiane Taubira raconte tout ce qu'elle doit aux infinies ressources des livres.

    Car la lecture, cette " vie ardente ", n'est-elle pas le meilleur moyen de conquérir sa liberté ?

  • Un regard poétique, rigoureux et inédit sur la "créolité" et l'ensemble du monde antillais au travers de l'étude des orpailleurs d'or de Guyane. Un témoignage sur un mode de vie disparu, conté avec amour et finesse."Cet ouvrage c'est tout d'abord de l'ethnographie de grand cru. Mais en même temps, l'étude de Baj Strobel - rigoureuse, personnelle et poétique - jette un regard inédit et convaincant sur la " créolité " et l'ensemble du monde antillais. Par le détour de la forêt guyanaise, elle nous met en situation d'aborder l'essentiel de ces sociétés insulaires, à la fois soumises et résistantes, repliées sur elles-mêmes et ouvertes - à leur façon - au " Tout-Monde ".
    C'est le témoignage d'un mode de vie disparu, relaté avec amour et finesse. On y découvre tout une société nouvelle, minuscule, étrange et en fin de compte pleine de charmes. A travers contes, chansons, musiques, et minutieuses restitutions des travaux et des jours, on comprend pourquoi ces hommes se sont mis en quête de l'or et on saisit aussi les merveilleuses implications métaphysiques de cette ultime quête.
    En centrant son propos sur les orpailleurs, l'auteur tisse une trame qui s'étend à l'ensemble de la Caraïbe. Au fil des cent ans d'histoire qu'elle nous raconte, nous pouvons voir les processus de créolisation qui se sont reproduits depuis les premières ébauches de communauté sur la plantation insulaire jusqu'aux réinventions de l'identité par les migrants caribéens que l'on retrouve aujourd'hui à Toronto, Miami ou Paris. C'est un témoignage sur le processus continu de la créolisation, sur la migration et la reconstitution."
    Richard Price

  • Ils sont neuf officiers de la Légion étrangère à avoir pris la plume pour raconter la dernière décennie de combat de cette unité de légende. Pour la première fois, le lecteur accompagne les hommes au képi blanc en Afghanistan, en Guyane, en République centrafricaine, au Mali. « Monsieur légionnaire » était partout où la France a décidé de se battre. De l'entraînement aux combats les plus âpres, c'est le quotidien de ces hommes venus du monde entier pour servir une autre patrie que la leur qui est retracé ici, au plus près du terrain. Durant ces dix dernières années, certains d'entre eux ont eu rendez-vous avec la mort. Ils venaient du Népal, de Serbie, d'Afrique du Sud, de Slovaquie souvent avec une certaine idée de la France mais surtout attirés par le mythe de cette troupe unique au monde, sa devise - honneur et fidélité - et aussi le « baroud » que célèbre leur chant « La lune est claire ». C'est à eux que leurs camarades légionnaires ont voulu rendre hommage en écrivant ce livre.

  • Après le succès de Pour l'amour d'une île, le nouveau roman d'Armelle Guilcher ! Marie a perdu Michel, son époux gendarme, missionné en Guyane pour combattre l'orpaillage illégal. Tué quinze jours après leur arrivée. Contre toute attente et sous le regard sceptique des siens, les obsèques passées, elle ne choisit pas de rester en métropole mais repart vivre à Cayenne. Là-bas, pense-t-elle, elle pourra trouver des réponses à leur tragédie et guérir, qui sait ? Malgré la pression de sa femme, Alex, cadre sans envergure, a trouvé dans la Guyane un refuge temporaire. À quarante ans passés, il se voit bien vivre seul, ne plus rendre de comptes à personne et surtout pas à ce tyran domestique qui lui sert de moitié. Et ça tombe à pic, parce qu'elle a pris ses cliques et ses claques, leur fille et un vol sans retour direction l'Hexagone. En attendant que Monsieur en fasse de même. Mais la volonté et la témérité ne sont pas des domaines dans lesquels Alex excelle. Partir ? Rester ? On verra plus tard... Marie " la veuve " n'a jamais travaillé. Ses compétences (qu'elle croyait inexistantes) vont la rendre utile. Alex " l'aspirant divorcé " a toujours fui l'aventure, planqué derrière ses verres de myope. Cayenne va lui faire voir le monde autrement. Découvrant derrière les clichés de la violence une terre aux mille promesses, Marie et Alex avancent à petits pas sur ce morceau du bout du monde. Ils ne se connaissent pas. Mais un dieu quelconque semble bien décider à les faire se rencontrer. Dans l'épreuve d'une vie de femme aux allures de verre brisé, dans les tourments d'un couple voué à mourir, deux individus qui portent haut les valeurs de la discrétion vont croiser les forces nécessaires pour mener leur vie comme bon leur semble.

  • René Belbenoît a vingt-deux ans quand il est condamné pour vol à la déportation à vie en Guyane. Au bagne, il n'a de cesse que de trouver un moyen de recouvrer sa liberté. Après plusieurs tentatives infructueuses, traité de plus en plus durement, il parvient à ses fins. Suivra une cavale de vingt-deux mois, en pirogue, à cheval mais surtout à pied, à travers mers, jungles, fleuves et montagnes, à l'issue de laquelle il réussit à gagner clandestinement les États-Unis. Guillotine sèche est le récit de cette incroyable aventure qui séduisit déjà plus d'un million de lecteurs depuis sa publication et inspira les célèbres roman et film Papillon.

  • La carte n'est pas le territoire. Œuvre de l'esprit, interprétation de l'espace, elle est restée longtemps l'apanage du pouvoir, l'expression des dominants, véhiculant des représentations partiales, douteuses ou orientées. Une mise en ordre qui fabrique parfois l'ordre bien réel de nos sociétés. Dressé dans les années 1970, ce constat critique bouleverse encore aujourd'hui la lecture des cartes.

    Cet atlas s'inscrit dans ce mouvement intellectuel en plein essor : il se veut être un exercice de cartographie critique appliquée à un espace donné. Les auteurs, géographes spécialistes de la discipline, ont choisi la Guyane – mais leur méthode pourrait s'appliquer à n'importe quel " terrain " – parce qu'elle forme un espace singulier, une " île " méconnue, rebelle aux méthodes classiques de représentation (par l'immensité du massif amazonien, difficilement accessible). Région à forts enjeux politiques et économiques, ses cartes voient s'affronter des visions très différentes, des divergences de regards sur l'Histoire.

    Cet ouvrage questionne des cartes existantes en procédant à une analyse virtuose de tous les grands problèmes de leur fabrique (confiner, délimiter, détecter, collecter, nommer) à leur usage (mesurer, planifier, révéler, figer, relier). Il traite aussi des thèmes cruciaux de cet espace en produisant pour ce faire des cartes originales sur les frontières, le littoral, la forêt, les circulations, l'orpaillage, la toponymie, la topographie, le foncier, l'urbanisme, les relations géopolitiques, la biodiversité... Tandis que les deux derniers chapitres " Imaginer, la Guyane par les cartes " et " Oublier, le blanc des cartes " réinterrogent la carte jusque dans la logique de ses suppositions ou de ses omissions.

    En multipliant les points de vue, cet atlas fait émerger les co-vérités d'un territoire, divers, complexe à décrire, sans jamais pouvoir y arriver complètement, comme s'il y avait pour cette " île " et le monde en général une impossibilité, un " in-cartographiable " irréductible.

    Plus de 80 contributeurs (géographes, cartographes, sociologues, historiens, anthropologues, archéologues, ethno-botanistes, linguistes, etc.) ont participé à cet ouvrage collectif coordonné par Matthieu Noucher et Laurent Polidori. Matthieu Noucher est chercheur au CNRS, UMR Passages, Bordeaux. Laurent Polidori est chercheur au CNRS, UMR Cesbio, Toulouse.

    Liste des auteurs

    Régine Alexandre • Waiso Michel Aloïké • Tasikale Alupki • Xavier Amelot • Edward Anthony • Nicolas Baghdadi • Françoise Bahoken • Pierre Baulain • Julien Béziat • Élisabeth Botrel • Stéphanie Bouillaguet • Aurélien Brusini • Cristèle Chevalier • Christine Chivallon • Gérard Collomb • Pascale Cornuel • Marion Comptour • Romain Cruse • Philippe Cuny • Jeanne Da Silveira • Damien Davy • Lucie Déjouhanet • Gutemberg de Vilhena Silva • Aurélie Dourdain • Guy Di Méo • Marie Fleury • Pierre-Michel Forget • Jérôme Fozzani • Pierre Gautreau • Antoine Gardel • Grégoire Gitton • Luis Alejandro Ávila Gómez • Sophie Gonzalez • Françoise Gourmelon • Stéphane Granger • Luc Greffier • Pierre Grenand • Juliette Guirado • Stéphane Guitet • Leïla Hamidi • Matthieu Hildebrand • Théo Jacob • Marquisar Jean-Jacques • Morgane Jolivet • Pierre Joubert • Patrick Lacaisse • Dennis Lamaison • Bettie Laplanche • Grégoire Le Campion • Isabelle Léglise • Clémence Léobal • François-Michel Le Tourneau • Sébastien Linarès • Serge Mam Lam Fouk • Marie Masson • Marie Mellac • Mickaël Mestre • Delphine Montagne • Vincent Morrachini • Valérie Morel • Jérôme Murienne • Thierry Nicolas • Matthieu Noucher • Guillaume Odonne • Aimawale Opoya • Marianne Palisse • Anne Péné-Annette • Frédéric Piantoni • Julie Pierson • Olivier Pissoat • Laurent Polidori • Monique Pouliquen • Jean-Yves Puyo • Stéphen Rostain • Boris Ruelle • Daniel Sabatier • Mara Sierra Jiménez • Cyrille Suss • François Taglioni • Marc-Alexandre Tareau • Christiane Taubira • Dénétèm Touam Bona • Julien Touroult • Pascal Tozzi • Moïse Tsayem Demaze.

    Comité scientifique

    Xavier Amelot, géographe, enseignant-chercheur à l'Université Bordeaux Montaigne.

    Élisabeth Botrel, juriste en droit privé, enseignante-chercheure au Conservatoire national des arts et métiers, ESGT Le Mans.

    Béatrice Collignon, géographe, enseignante-chercheure à l'Université Bordeaux Montaigne, directrice de l'UMR Passages.

    Damien Davy, anthropologue, chercheur au CNRS et directeur de l'OHM Oyapock.

    Stéphane Granger, géographe, professeur d'histoire-géographieau lycée Melkior-Garré de Cayenne.

    Irène Hirt, géographe, enseignante-chercheure à l'Université de Genève.

    Laurent Jégou, géographe cartographe, enseignant-chercheur à l'Université de Toulouse Jean Jaurès.

    Pierre Joubert, géomaticien, responsable du Système d'Information du Parc amazonien de Guyane.

    Thierry Nicolas, géographe, enseignant-chercheur à l'Université de Guyane.

    Frédéric Piantoni, géographe, enseignant-chercheur à l'Université de Reims.

    Philippe Rekacewicz, géographe cartographe, chargé de recherche, département d'anthropologie à l'Université d'Helsinki.

    Stéphen Rostain, archéologue, chercheur au CNRS à l'ArchAm, Paris.

    Production cartographique

    L'Atlas critique de la Guyane remobilise des cartes existantes pour les commenter. Elles sont alors signalées par des encadrés ombrés et leur origine est explicitée. L'ouvrage propose également des cartes inédites. Sauf mention contraire, toutes les cartes et graphiques inédits ont été réalisés par l'équipe " Analyse et Représentation des Données " de l'UMR Passages : Olivier Pissoat, Grégoire Le Campion, Delphine Montagne et Julie Pierson. Quelques planches cartographiques originales ont également été produites par Cyrille Suss.

    Direction artistique

    La conception de la maquette et la mise en page ont été assurées par Grégoire Gitton.

    Remerciements

    Matthieu Noucher et Laurent Polidori remercient l'ensemble des auteurs pour leurs contributions, les membres du comité scientifique pour leurs relectures précieuses, les cartographes et géomaticiens de l'équipe pour leur enthousiasme et leur rigueur, le graphiste pour sa créativité et l'éditeur pour sa confiance.

    Les soutiens du CNRS et de l'UMR Passages ont également été indispensables pour mener à bien ce projet éditorial. Celui-ci est aussi la preuve que des recherches ambitieuses peuvent être menées en dehors des sacro-saints appels à projet.

    Enfin, un immense merci à tous ceux qui ont contribué de loin à cette aventure : Marie, Florence, Carlos, Caroline, Shadia, Marie-Bé, Hélène, Sylvie, Aurélie, Émile, Jules, Thomas...

  • Vers 1930, le quotidien de la Guyane française est dominé par la présence du bagne. Trente ans plus tard, c'est la construction du Centre spatial guyanais qui marque le développement local et conditionne l'installation de nouvelles infrastructures. Jusque-là, faute de voies terrestres, le littoral et les fleuves sont les seules composantes du réseau intérieur, tandis que les rares liaisons extérieures sont le fait des armements métropolitains.
    De l'exploitation forestière à la recherche minière, en passant par l'aquaculture et la pêche, son évolution est faite de perspectives de développement, riches de promesses souvent non tenues.
    Piliers de la vie locale à qui ce livre rend un hommage appuyé, les seules constantes de l'histoire de la Guyane sont les nombreux petits armateurs et propriétaires de navires locaux qui, par leur courage et leur obstination, ont su faire face aux exigences de cette région si riche et si particulière.
    À partir de ses souvenirs, d'archives spécialisées et d'entretiens avec de nombreux professionnels du secteur maritime, l'auteur, homme de terrain, ni homme de lettres, ni historien, nous offre là une histoire maritime concrète des territoires français d'Amérique.
    Né en 1930, Roger Jaffray a navigué comme officier de la marine marchande puis a exercé en tant qu'administrateur des affaires maritimes de 1960 à 1988, dont une quinzaine d'années aux Antilles et en Guyane. Il vit à la Martinique depuis cette date, d'où il continue de suivre avec la même passion l'évolution de la vie maritime locale.

  • Cet ouvrage abondamment illustré présente de façon détaillée les pharmacopées de trois populations de Guyane française, les Créoles, les Wayãpi et les Palikur. L'usage des plantes médicinales rythme la vie de ces trois groupes qui élaborent leurs pharmacopées selon leurs propres conceptions du corps et de ses rapports au monde et à l'environnement. Cet ouvrage a été réalisé à partir d'enquêtes pluridisciplinaires menés par des chercheurs de l'IRD, avec le concours de spécialistes et d'institution divers, à l'interface des sciences de la nature et de la vie et des sciences de l'homme et de la société. Cette édition revue et augmentée a été enrichie de nombreuses espèces médicinales recueilleis jusqu'en 2001. Sur les 620 plantes décrites, plus de 20 % des taxons ont changé depuis la première édition de l'ouvrage en 1987 tandis que le texte a été complété de données issues de la littérature scientifique récente dans les domaines de la chimie, la pharmacologie et l'ethnobotanique. À l'heure des débats sur la valorisation des produits forestiers, sur les droits de propriété intellectuelle et les modalités d'application de la Convention sur la biodiversité, les interrogations formulées par les auteurs dès 1987 trouvent une acuité tout à fait nouvelle. L'ouvrage avait alors valeur de témoignage sur la richesse des savoirs des peuples amazoniens et constituait un élément important dans la reconnaissance de leurs droits. Les auteurs fondent à présent l'espoir que cette nouvelle édition de leur ouvrage contribuera à une ré-appropriation par ces peuples médecines traditionnelles et de leurs pharmacopées.

  • La Compagnie générale transatlantique, la « Transat », a été le plus important armement de transport maritime français pendant plus d'un siècle. Bien qu'ayant été présente sur presque toute la planète, elle mérite l'appellation d'« armateur antillais et guyanais ». Parce que les Antilles étaient placées géographiquement au centre de son réseau, et parce qu'elle y a souvent armé des navires à bord desquels embarquaient des marins locaux. Les navires qui assuraient les services locaux ou annexes étaient souvent qualifiés de stationnaires, par opposition aux longs courriers affectés aux lignes transocéaniques. Ils font l'objet de cette étude, réalisée avec les sections locales de la Fédération nationale du mérite maritime et de la médaille d'honneur des marins.
    C'est aussi un recueil des témoignages et anecdotes de leurs marins, regard non dépourvu d'humour, sur une période encore proche mais révolue, où la navigation était bien différente de ce qu'elle est aujourd'hui.
    L'auteur
    Né en 1930, Roger Jaffray a d'abord navigué comme officier de la marine marchande sur les principales lignes maritimes françaises de 1948 à 1960. Il a servi ensuite dans l'administration, et a exercé en tant qu'administrateur des affaires maritimes de 1960 à 1988, dont une quinzaine d'années aux Antilles et en Guyane. Il vit à la Martinique depuis 1988, d'où il continue de suivre l'évolution de la vie maritime locale.

  • L'ouvrage propose une réflexion critique à la fois sur la géographie et sur la région caribéenne comme elle a trop souvent été enseignée et décrite. Pour ce faire, cet espace est appréhendé à la fois dans sa globalité et dans le détail, au travers de nombreuses études de terrain menées par l'auteur durant les dix dernières années (Suriname, Haïti, Cuba, etc.). Le géographe Romain Cruse rejette ici d'emblée le mythe de la neutralité en sciences humaines, qui amène trop de chercheurs à décrire le monde qu'ils étudient du point de vue des classes moyennes occidentales. Fort des années passées dans les quartiers pauvres et les villages de pêcheurs de Trinidad, de la Dominique ou encore de la Jamaïque, il choisit volontairement d'adopter le regard des classes populaires caribéennes - regard à la fois inspiré des observations sur le terrain et fondé sur un travail de recherche minutieux dans les bibliothèques universitaires de la région. La Caraïbe ainsi décrite n'est donc ni un éden touristique, ni un modèle de libre-échange, ni une région de forte croissance économique. On découvre plutôt des sociétés profondément divisées selon des clivages ethniques et sociaux hérités du colonialisme, des bidonvilles abandonnés derrière des décors de carte postale, la manipulation des masses par les élites locales et les investisseurs étrangers, et un regard différent sur la condition caribéenne contemporaine. Une condition qui se nourrit d'un environnement particulier, d'une histoire singulière et de traits démographiques propres tels que la créolisation et le pluralisme.

  • Le regard, élément constitutif de l´appréhension du moi, et donc la connaissance de notre propre personne, mais aussi lien vers l´extérieur, de représentation du monde, est étudié sous la lumière de la poétique. Une poétique qui a ici ses propres bornes. Spatiales tout d´abord, avec une limite aux territoires de la Martinique, Guadeloupe et Guyane, mais aussi temporelles avec une amplitude de trente-sept années entre 1945 et 1982. L´auteur tend à mettre en relation la vie des auteurs avec leur oeuvre, les thématiques mises en scène et les méthodes utilisées pour venir à leurs fins.

  • Ronilson Mendoca Coimbra quitte sa paisible vie de professeur de mathématiques à Santarem, au Brésil, suite à la réception d'une lettre lui annonçant la mort de son frère tué en Guyane française. Ce voyage l'entraîne dans une aventure humaine, poétique, sensuelle et meurtrière dans le monde des chercheurs d'or clandestins, les fameux garimpeiros.

  • « C'est alors que j'entendis une voix humaine prononcer distinctement, à quelque trente mètres, le mot que j'ai définitivement gravé dans ma mémoire : "Tacou" ! Réflexe, je signale ma présence et vais au-devant des chasseurs. Est-ce une illusion, cette chevelure noire rapidement disparue derrière un tronc d'arbre ? Je ne puis le dire, car je réalise soudain, en apercevant la trace d'un pied nu, que je suis en train de me fourrer dans une drôle de situation. Je suis tombé sur des Indiens qui apparemment fuient tout contact avec des étrangers et qui chassent avec une sarbacane et des flèches empoisonnées. S'ils avaient utilisé un arc, je pense que j'aurais entendu le claquement provoqué par la rencontre de la corde avec le bois [...]. Pas question d'utiliser les grands moyens ni d'essayer de les intimider. Ils sont chez eux, c'est moi l'intrus et si l'affaire devait tourner mal, j'en serais responsable. » Profondeurs, splendeurs et curiosités de la Guyane, par un homme qui ne cesse de l'arpenter, mais aussi de l'aimer et de la faire découvrir ! Collection de récits littéralement immersifs en ces zones reculées où l'individu doit se montrer humble et patient face à la nature et à la terre, « Mes chemins en Guyane » lève un peu le voile sur cette terre française lointaine et méconnue, dangereuse et fascinante, troublante et stupéfiante... et toujours à préserver.

  • En Guyane française, ils s'appellent Aluku, Ndyuka, Paramaka et Saramaka. Marrons, leur histoire plonge ses racines dans les luttes héroïques de leurs ancêtres qui, réduits en esclavage sur le continent américain, arrachaient leur liberté aux colons. Situé au nord de l'Amérique du Sud, partageant les frontières avec le Brésil et le Suriname, la plus grande partie de ce département français est occupée par la forêt amazonienne. Plus de 37 000 Marrons vivent actuellement le long des fleuves. Richard Price et Sally Price, spécialistes des sociétés marronnes, nous brossent un portrait de ces peuples et nous servent de guides passionnés pour la découverte de leur histoire, de leurs us et coutumes, de leurs cultures et leurs arts.


    Rédigé dans un langage clair et précis, cet ouvrage est enrichi de nombreuses photographies et de documents. Une quinzaine de folios d'art à la fin de l'ouvrage nous font percevoir la richesse de la création artistique des Marrons.

  • Ailleurs

    Cecile Cadilhac

    « Saint-Georges-de-l'Oyapock. C'est là que je serai dans quelques jours. C'est dans cette petite ville de Guyane française que je vais enseigner dans une école primaire pendant un an. Je n'ai jamais mis les pieds en Guyane, je ne suis pas enseignante. Mais qu'est-ce qui me prend, à quarante ans, de me lancer dans une aventure qui semble s'apparenter à une galère? J'ai ici, en Normandie, un travail, un conjoint, une vie stable, des loisirs, des amis... » Avec humour et sensibilité, l'auteure vous fait partager mois après mois son aventure guyanaise à travers des récits pittoresques. Laissez-vous porter par ses péripéties au fil de l'Oyapock...

  • Tapioca est une fourmi manioc. Elle fait partie des grandes ouvrières. Son travail est très important, la survie de la reine et de toute la colonie en dépend. Toutes les nuits, Tapioca part à la recherche de feuilles fraîches. Toutes les nuits, Tapioca découpe ces feuilles en morceaux. Toutes les nuits, Tapioca transporte cette récolte jusqu´à la fourmilière. Toutes les nuits, Tapioca fait des allers-retours.

  • La comète Nouv.

    Jaillie de l'ombre du Soleil, la comète noire DU3 se dirige droit vers la Terre. Une collision semble inévitable, ce qui provoquerait une véritable Apocalypse. Un jeune spécialiste de l'aéronautique, Ben Schwartz, est nommé à la tête d'une équipe internationale censée trouver le moyen de faire dévier l'énorme bolide céleste de sa trajectoire. Réunis sur la base de Kourou en Guyane, coupés de leurs proches, des hommes et des femmes de tous horizons rivalisent d'ingéniosité pour affronter ce défi sans précédent. Mais contre toute attente, ce n'est pas l'exploit technologique qui se révèle le plus difficile ; en temps de crise, les passions humaines s'exacerbent, comme sur ce bateau brise-glace en route vers l'Arctique où un photographe baroudeur se rapproche d'une biologiste solitaire. Alors que le temps vient à manquer, chacun se montre sous son vrai jour

  • « J'ai voulu raconter de mon vivant dans un petit volume une partie de l'histoire de ce quartier qui m'est très cher mais aussi à d'autres. » À travers la narration de Kalichat, le « petit crabe de vase », Toussaint Lentin parcourt l'histoire de sa terre natale, la Guyane, de la colonisation à l'abolition de l'esclavage. Il a tout particulièrement souhaité rendre hommage à cette partie de la ville de Cayenne, improprement nommée « village chinois », qui a vu des Indochinois, déracinés par le colonialisme, tenter de reprendre pied. Un récit riche en péripéties, mêlé à des souvenirs personnels.

  • En 1923, Albert Londres est déjà célèbre quand il décide d'enquêter sur le pénitencier de Guyane.
    Près de sept mille condamnés, surveillés par six cents fonctionnaires, vivent à Saint-1,aurem-du-,Maroni et sur les îles du Salut. Les conditions de vie des bagnards, telles qu'il les découvre et telles que son talent les restitue dans leur cruauté, ne sont abois guère connues. La publication de l'enquête dans le Petit Parisien s'achève par une lettre ouverte au ministre des Colonies. Ce reportage connaît d'emblée un retentissement considérable, et sa tétine sera si grande qu'en septembre 1924 le gouvernement décidera la suppression du bagne.

  • " Adieu Cayenne! " d´Albert Londres est un autre texte dont nous ne sommes pas peu fiers. Déjà qu´Albert Londres n´est plus vraiment lu de nous jours, voici en plus un livre peu connu parmi ses livres. Il raconte l´évasion de Dieudonné, anarchiste, membre supposé de la bande à Bonnot, du bagne de Cayenne. Londres vient jusqu´à Rio pour le rencontrer une deuxième fois, écouter son histoire ahurissante, et clamer son innocence auprès des autorités françaises qui le condamnèrent. Un récit d´une simplicité et d´une beauté saisissantes. Un grand roman humaniste.

  • Armand Jusselain. "Ma foi, pensai-je, puisque le sort contraire me force de quitter la France en ce moment, colonie pour colonie, autant être déporté à Cayenne qu'ailleurs." Armand Jusselain ne raconte pas les souvenirs d'un transporté comme pourrait nous faire penser le titre. Ce sont les récits d'un officier sur la Guyane et les débuts chaotiques du bagne. Jusselain était lieutenant d'infanterie marine et séjourna de 1854 à 1857 en Guyane. Il fut chargé de la "colonisation" de la Comté, lieu malheureusement peu apte à la rédemption des transportés !

  • Au bagne

    Albert londres

    • Bookelis
    • 21 Janvier 2018

    Au bagne est un reportage d'Albert Londres, journaliste et écrivain français, paru en 1923.

    Il se rend en Guyane où il visite le bagne aux Îles du Salut, à Cayenne et à Saint-Laurent-du-Maroni. Décrivant les horreurs de ce qu'il voit, son reportage suscite de vives réactions dans l'opinion mais aussi au sein des autorités.
    « Il faut dire que nous nous trompons en France. Quand quelqu'un - de notre connaissance parfois - est envoyé aux travaux forcés, on dit : il va à Cayenne. Le bagne n'est plus à Cayenne, mais à Saint-Laurent-du-Maroni d'abord et aux îles du Salut ensuite. Je demande, en passant, que l'on débaptise ces îles. Ce n'est pas le salut, là-bas, mais le châtiment. La loi nous permet de couper la tête des assassins, non de nous la payer. Cayenne est bien cependant la capitale du bagne. (...) Enfin, me voici au camp , là, c'est le bagne. Le bagne n'est pas une machine à châtiment bien définie, réglée, invariable. C'est une usine à malheur qui travaille sans plan ni matrice. On y chercherait vainement le gabarit qui sert à façonner le forçat. Elle les broie, c'est tout, et les morceaux vont où ils peuvent. »
    Et le récit se poursuit :
    « On me conduisit dans les locaux. D'abord je fis un pas en arrière. C'est la nouveauté du fait qui me suffoquait. Je n'avais encore jamais vu d'hommes en cage par cinquantaine. [...] Ils se préparaient pour leur nuit. Cela grouillait dans le local. De cinq heures du soir à cinq heures du matin ils sont libres - dans leur cage. »
    |Source Wikipédia

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