Jeunesse

  • Tu ne jugeras point

    Armel Job

    Lorsque l'enfant disparaît0300Lorsque, ce jour-là, Denise Desantis entre dans un magasin pour s´acheter des mouchoirs, elle est pressée et, comme cela se fait dans cette banlieue paisible, elle laisse son dernier-né dans la poussette, devant la porte. Lorsqu´elle ressort, la poussette est toujours là, mais vide. La disparition d´une enfant de treize mois est toujours une affaire douloureuse et compliquée, et le juge Conrad entend suivre ce dossier avec le maximum de rigueur. Homme intègre et pondéré, il veut éviter les débordements fréquents dans ce type de faits divers qui enfièvre les imaginations et excite les médias. Les investigations du juge commencent par l´interrogatoire de Denise Desantis. C'est une femme ordinaire, effacée. Mère de quatre enfants, épouse d´un ouvrier sans grand caractère, elle vit pauvrement mais dignement dans sa petite maison de banlieue. Une femme sans histoires. Et pourtant... Derrière sa détresse, son désespoir évident, le juge est intrigué par la rigueur et la minutie de son témoignage. Quand il s´efforce de retracer la chronologie des événements qui se sont déroulés avant la disparition de l´enfant, elle a réponse à tout, quasiment minute par minute. Toutes les informations qu´elle donne sont vérifiables. Au fil des jours, alors que tout prouve son innocence, la conviction du juge se forge : cette femme a tué son enfant. Il finira par la contraindre aux aveux et elle sera condamnée. Et pourtant...0300Les Fausses Innocences,Les Mystères de sainte Freya), Armel Job fait le portrait de ces personnages coupables aux yeux du monde et qui dissimulent une réalité tout autre.

  • Une intrigue digne des meilleurs films d'Alfred Hitchcock0300Nous sommes en 1962, à la frontière belgo-allemande. Rentrant au milieu de la nuit d´une visite galante, Roger Müller, bourgmestre de Niederfeld, tombe sur Stembert, le docteur de la commune, qui vient d´être victime d´un accident de voiture. Effondré, l´homme avoue qu´il vient de quitter sa femme Mathilda et qu´il part rejoindre sa maîtresse en Allemagne de l´Est. Furieux, Müller, qui a toujours été amoureux de Mathilda, oblige le docteur à rejoindre le domicile conjugal. Le lendemain matin, Roger Müller a la surprise de voir débarquer dans sa mairie Mathilda Stembert venue déclarer le décès de son époux, mort, dit-elle, au cours d´un voyage en Allemagne. Immédiatement, Müller est convaincu que Mathilda l´a assassiné quand elle a appris son infidélité et il décide de tout faire pour que la jeune femme échappe à son juste châtiment. Malgré les allusions assez transparentes de Müller, malgré les preuves évidentes de son mensonge, Mathilda continue à prétendre que son mari est mort. Et Müller de s´enferrer dans une situation de plus en plus dangereuse sans que l´attitude de la jeune femme change à son égard...Orfèvre des mots et des sentiments, Armel Job nous entraîne dans les subtils méandres d´une comédie dramatique insolite.0400Moi, je n´aurais jamais cru ça, qu´il me fasse ça, à moi, sa femme, son unique, son aimée. Même mon nom ? Mathilda ?, il ne le disait jamais. Il ne m´appelait qu´avec des diminutifs caressants: « Thilda, mon amour, mon trésor, mein Schatz. » Toujours si prévenant, à me servir à table, à s´inquiéter si j´avais froid, si je n´avais pas mes idées noires. Ah, le salaud!Comment ne me suis-je pas aperçue qu´il ne m´aimait plus? Et depuis quand? Il a rencontré cette femme, il y a six mois, au congrès de médecine d´Erfurt. Le 27 mars. C´était le troisième jour du congrès. Il a dit le 27. Une précision d´anniversaire, déjà.« Je ne peux plus vivre sans elle.? C´est pas possible! Qu´est-ce qu´elle t´a fait, André?? Rien, je t´assure, elle n´y est pour rien. C´est moi seul qui...»Il était là, en face de moi, à table. Il avait attendu la fin de la semaine, la fin des consultations, la fin du souper. J´allais me lever pour lui servir son cognac qu´il prendrait dans son club devant le poêle à charbon. Le samedi soir, c´est ce qu´il aime: regarder les braises rougeoyer à travers la vitre et, de temps en temps, fourgonner avec les pincettes. Il a posé sa grande main blanche de docteur sur mon bras pour me retenir.«Reste un peu là. Il faut qu´on se parle.»Il était pâle. Il avait à peine touché au repas. Depuis plusieurs jours, il était sombre. Je savais qu´il se passait quelque chose. Me lever, de toute façon, je n´aurais pas pu. Tout d´un coup, j´avais les jambes en flanelle.«Mathilda, je vais te quitter.? Ah oui...» C´est ce que j´ai dit: «Ah oui...» J´aurais dû m´indigner: «Me quitter? Comment? Qu´est-ce que c´est que cette histoire?», mais je savais que ces interrogations ne serviraient à rien, qu´à retarder la vérité, à la rendre plus vulgaire.Alors, il a tout déballé: le congrès, cette femme ? docteur, elle aussi ? avec qui il voulait vivre. «Vivre enfin», pour reprendre ses termes. Avec moi, sans doute, il n´avait pas vécu.«Je deviens quoi, de mon côté?? Tu n´auras pas à te faire de souci. Je te laisse tout: la maison, les sapins, le compte en banque. J´ai fait le nécessaire. Je ne veux rien garder. Sauf l´Opel. J´en ai besoin pour partir.»Il avait vidé son sac. Affaire réglée. À mon tour, maintenant. J´allais certainement dire quelque chose pour le retenir. Il me regardait, les yeux navrés, la figure penchée, se demandant lequel de ses arguments tout prêts déjà il m´opposerait. Par quoi commencer? Je n´avais que l´embarras du choix. Seize années ensemble.Ces derniers temps? On était heureux tout de même. Si «heureux» n´est pas le mot, disons «contents», «sereins», «tranquilles». Ce n´était plus la passion des débuts, bien sûr. On ne peut pas jouer avec le feu toute la vie. Avec cette femme, est-ce que...? Évidemment. À chaque fois qu´il s´est ren

  • Le troisième roman d'un écrivain belge d'exception.0300Agrégé de philologie classique, Armel Job parle et écrit le latin comme Cicéron et le grec comme Thucydide. Directeur du lycée de Bastogne, dans l´Ardenne belge, Armel Job est l´un de ces hommes de haute culture dont la Wallonie n´est pas avare (tel Alexis Curvers, l´auteur de «Tempo di Roma»). De sa connaissance approfondie de la langue française lui est venue «l´idée extravagante» d´écrire des romans. D´où, en 2000, «La Femme manquée» (prix Emmanuel-Roblès et prix René-Fallet) et, en 2001, «Baigneuse nue sur un rocher»: originalité du sujet, perfection de l´écriture, humour subtil. Et celui-ci, «Helena Vannek», dans un tout autre registre: dramatique. Dans une famille de notables terriens, le père est marchand de chevaux, la mère est morte, deux grandes filles: Helena l´exaltée et Mieke l´espiègle. Le père engage un apprenti, Guido, qui arrive précédé d´une réputation sulfureuse. Lorsqu´il fuit, Helena le suit: elle l´aime et croit qu´il l´aime. Quand il se refuse, elle pense découvrir la vérité: il est son demi-frère. Le destin les sépare.Dans une seconde partie du roman, c´est alors le fils d´Helena qui prend la parole. Il vient de mettre la main sur le journal de sa mère: les mystères se dévoilent. Et l´on prend conscience que le récit d´Helena est, pour une large part, le produit de son imagination. Elle a voulu faire des événements de sa jeunesse une tragédie, de sa vie un destin. Étrange et troublante histoire où, par-devers la parfaite limpidité du récit, la réalité des êtres se révèle sous un jour inattendu.0400Alors Guido est arrivé. Un soir, j´étais occupée à préparer le souper, papa est rentré avec un garçon, un grand échalas mal fagoté. Tobie traînait ses devoirs au bout de la table. Papa a accroché son chapeau au portemanteau vissé derrière la porte et il s´est assis sur le tabouret où il avait l´habitude de se débotter. Le garçon restait planté comme une borne près de lui, sur le seuil, les bras embarrassés. De temps à autre, il levait un oeil morne sur nous. Un pantalon de golf en gros velours râpé lui descendait sous les genoux, à partir de quoi ses chaussettes avaient tirebouchonné sur ses mollets bruns. Papa l´a poussé sur le banc à côté de Tobie, puis il a attaqué son souper. La dernière bouchée congédiée, il a écarté son assiette et il nous a lancé son ordinaire regard de rassasié qui se souvenait tout à coup de notre existence. «Lui, c´est Guido.»Guido a déposé sa fourchette. Il a redressé la tête et rejeté de la main la mèche qui pendait comme un rideau sur son nez. «Guido Noodlot. Il est de Scherpenwal. À partir de maintenant, il va rester avec nous. J´ai besoin de quelqu´un pour m´aider dans les chevaux. Bon! Tobie et Guido, vous dormirez ensemble. Vous irez chercher mon lit de camp au grenier. On arrangera mieux plus tard. Lena, après la vaisselle, vous couperez les cheveux à Guido, qu´il ait l´air un peu civilisé.»Là-dessus, il est parti lire «L´Altdorper Krant» dans la salle. Nous avons continué à manger. J´adressai quelques sourires à Guido qui les observa comme si j´avais été affublée d´un tic. Tobie s´est levé à son tour. Il a ramassé ses livres et ses cahiers et il a rejoint papa avec qui pourtant il avait horreur de se trouver seul. «C´est loin, Scherpenwal?? Assez. Sur l´Oostvliet.? Ah? Tu cherchais du travail? ? Non, c´est votre père qui a proposé. ? Tu as des frères, des soeurs? ? Je n´ai personne. ? Tes parents, qu´est-ce qu´ils font? ? Meuniers. ? Ils n´ont pas besoin de toi? ? Je vous l´ai dit: c´est votre père qui voulait.? Tu peux dire "tu". Je m´appelle Helena, mais tout le monde dit "Lena".»Il a levé un oeil sur moi, comme un chien aplati qui a reçu une caresse à la place d´une taloche. Quand j´ai posé le baquet d´eau chaude sur la table, aussitôt, il a attrapé le torchon à vaisselle. Après ça, je l´ai fait mettre à califourchon sur une chaise. Depuis la mort de maman, c´est moi qui coupais les cheveux de papa et de Tobie. À condition de tailler court, ce n´est pas très difficile. On entre le peigne dans l´épaisseur et on c

  • Difficile pour Pierre Lefustre de vivre seul avec sa fille, Lisa. L'adolescente rebelle semble lui cacher beaucoup de sa vie. Son intelligence et sa beauté la rendent souvent lointaine. Insaisissable. Un jour, Pierre découvre des photos inquiétantes : il

  • LA-BAS, c'est un monde étrange et terrifiant. Des clowns y rôdent en meutes féroces. Une mariée folle y hante un désert brûlant. Je n'y suis allé qu'une fois. Je ne voulais plus y retourner. Mais la Nuit Verte est arrivée. Bientôt les Cohorte

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