Robert Laffont

  • Grandir

    Sophie Fontanel

    L'histoire de l'amour d'une jeune fille pour sa mère.0300 Chaque morceau de la vie d'une vieille dame vulnérable est raconté : un jeune médecin, l'appétit, les vacances, un aide-soignant, les petits-enfants, des mains très douces, des souvenirs, l'Arménie, une amie d'enfance. À la page qui suit, on voit sa fille : une cavale, une vie à gagner, un défilé  de mode, des articles à écrire, des dîners décommandés, la ville à traverser quand sa mère est tombée, les infirmières de jour et celles de nuit, les douceurs.
    Avec des phrases très simples : « Elle a fait de mon enfance une vraie enfance, je peux bien lui rendre à présent », et qui vous serrent le coeur. Ou bien des dialogues : « Ouh là, ne prie pas pour moi, hein ? » J'ai demandé pourquoi. Elle a dit : « Ne va pas me faire repérer. » Le miracle du livre : parce que sa mère est devenue son enfant, l'auteur grandit. Elle a eu cette grâce et elle pense : « D'où me vient tout cet amour ? » 0300Sophie Fontanel ne vieillit pas. Elle grandit. Sa mère est très âgée et dépendante d´elle, entièrement. Il arrive que cette mère soit absente et parfois, au contraire, ses paroles et sa présence sont justes, drôles et imprévisibles. Chaque épisode de la vie d´une vieille dame si vulnérable est raconté avec un amour et un humour irrésistibles : un jeune médecin, l´appétit, les vacances, un aide-soignant, les petits-enfants, des souvenirs, l´Arménie. À la page qui suit, il y a la vie de sa fille : une cavale, un métier, un défilé de mode, des articles à écrire, des dîners décommandés, la ville à traverser quand sa mère est tombée, les infirmières de jour et celles de nuit, les douceurs à trouver. Un sujet pour tout le monde dans un style très personnel, rare, dans la veine d´un des précédents livres de Sophie Fontanel,Sacré Paul, prix du Premier Roman en 1995.

  • Plébiscité par des grands éditeurs du monde entier avant même sortie en France.

    0300 À l´autre bout du monde, en Suisse, le jeune Nick, analyste dans les services secrets, est lancé sur la piste d´un fugitif, dirigeant d´une entreprise très opaque aux ramifications internationales. L´homme s´est volatilisé avec un rapport secret qui paraît affoler plusieurs gouvernements. Quand il comprend que son organisation assassine des innocents dans sa quête désespérée pour retrouver le fugitif, Nick se révolte. Il découvre les sanglantes tentatives d´élimination dont a été victime, à Kaboul, un certain commissaire Oussama Kandar. Oussama l´Afghan, Nick le Suisse et Bakir le mollah : ce trio improbable se retrouve dans les hautes montagnes d´Afghanistan, en des lieux sauvages contrôlés par des hommes qui tuent au nom de Dieu. Là se terre sans doute l´homme qui connaît la vérité. Là est caché le rapport recherché par tous. Mais choisiront-ils de révéler au monde ce qu´ils apprendront ? Ou accepteront-ils de se taire au nom d´intérêts supérieurs ?Menée par le très attachant commissaire Kandar, située dans un pays dont on entend parler quotidiennement mais qu´on connaît mal, cette enquête policière où se mêlent passions humaines, intérêts économiques et enjeux politiques a été plébiscitée par des grands éditeurs du monde entier qui en ont acquis les droits avant même sa sortie en France.0400RÉSUMÉ L´affaire qui requiert Oussama et ses adjoints a lieu dans un quartier populaire de Kaboul. Derrière des murs lépreux, ils découvrent une somptueuse résidence. Le propriétaire de ce palais secret, Wali Wadi, gît mort au milieu du salon. Suicide, affirme le ministre de la Sécurité, supérieur hiérarchique et ennemi juré d´Oussama. Car il ne s´agit ni du geste désespéré d´une jeune fille contrainte au mariage, ni de l´ultime provocation d´un illuminé qui, pour rejoindre le paradis au soixante-douze vierges, se lave, se parfume et emmaillote précautionneusement ses parties génitales avant de se faire sauter au milieu de la foule. Wali Wadi est un riche homme d´affaires, intermédiaire pour le compte des pays de la Coalition, du gouvernement afghan et de grosses entreprises internationales.
    Le ministre pense-t-il vraiment que le commissaire va croire cette invraisemblable histoire de suicide ? Wali Wadi est un riche homme d´affaires, intermédiaire pour le compte des pays de la Coalition, du gouvernement afghan et de grosses entreprises internationales. Pour quelle raison a-t-on maladroitement travesti son assassinat en suicide ? Quelle puissance manipule le ministre pour qu´il contraigne Oussama à enterrer l´enquête avant même qu´elle ait commencé ? Et quel rôle jouent les Occidentaux dans cette histoire qui tourne au cauchemar ? Car quelqu´un s´acharne contre Oussama : attentat-suicide provoquant des dizaines de morts, bandes de voyous payées pour l´éliminer, massacre de ses proches et de ses subordonnés... Tandis qu´il cherche la trace d´un document qui pourrait lui permettre de comprendre les enjeux cachés derrière l´assassinat de Wali Wadi, Oussama trouve une aide inespérée en la personne d´un religieux éclairé. Mollah Bakir, tout en rondeurs et en suavité, est un ancien dirigeant du Conseil secret des talibans, un lettré modéré, formé à Oxford, et un fin connaisseur de la diplomatie internationale doublé d´un redoutable manipulateur.
    De l´autre côté du continent, en Suisse, le jeune Nick, analyste pour les services secrets, est lancé sur la piste d´un fugitif, membre de la direction d´une entreprise très opaque aux ramifications internationales, qui s´est volatilisé avec le rapport Mandrake, un dossier qui paraît affoler des gouvernements occidentaux. Mais lesquels ? Quand il comprend que son organisation, dans sa quête désespérée pour retrouver le fugitif, assassine des innocents, Nick se révolte. Il découvre les sanglantes tentatives d´assassinat dont a été victime, à Kaboul, un certain commissaire Oussama Kandar.
    Oussama l´Afghan, Nick le Suisse et Bakir le mollah : ce trio improbable se retrouve dans les hautes montagnes d´Afghanistan,

  • Voici une autre histoire de la philosophie.0300Qu´est-ce que la vie et d´où vient-elle ? Comment fonctionne l´univers ? Pourquoi y a-t-il quelque chose au lieu de rien ? Des mathématiciens aux philosophes grecs, à Einstein et à la théorie des quanta, en passant par Newton et Darwin, voilà déjà trois mille ans que les hommes s´efforcent de répondre à ces questions. L´histoire s´est accélérée depuis trois ou quatre siècles. Nous sommes entrés dans l´âge moderne et postmoderne. La science, la  technique, les chiffres ont conquis la planète. Il semble que la raison l´ait emporté. Elle a permis aux hommes de remplacer les dieux à la tête des affaires du monde. Où en sommes-nous aujourd´hui ? Dieu est-il à reléguer au musée des gloires étrangères et des puissances déchues ? La vie a-t-elle un sens ou est-elle une parenthèse entre deux néants ? Est-il permis d´espérer quoi que ce soit au-delà de la mort ? Avec les mots les plus simples et les plus clairs, avec une rigueur mêlée de gaieté, Jean d´Ormesson aborde de façon neuve ces problèmes de toujours et raconte au lecteur le roman fabuleux de l´univers et des hommes.0300 Une autre histoire de la philosophie, qui se lit comme un roman.0400TABLE DES MATIÈRES I - Que la lumière soit !

    Sont passées en revue les grandes étapes de l'histoire des hommes et les théories de l'univers qu'ils ont élaborées. De Thalès à Pythagore, à Einstein, à Bohr, à Hawking, en passant par saint Thomas d'Aquin, par Copernic, par Galilée et par Newton.
    II - Pourquoi y-a-t-il quelque chose au lieu de rien ?

    Nous savons presque tout du Comment et presque rien du Pourquoi. Qu'est-ce qui est à l'origine des choses ? Un Dieu créateur de l'univers ou l'univers lui-même ? Il est aussi impossible de prouver l'existence de Dieu que son inexistence. Nous sommes dans l'énigme. Dieu est possible.


    III - La mort : un commencement L'homme-est-un-être-pour-la-mort. Si Dieu n'existe pas, toute vie va d'un néant à un néant, tout passé est aboli et le monde est absurde. Si Dieu existe, il n'est pas impossible qu'après la mort il y ait autre chose qu'une autre vie.

  • Un matin de printemps a lieu l´enterrement de Romain. Habité par un goût immodéré du bonheur, il ne croyait à rien mais cultivait un art difficile: l´amour de la vie. Il passait, un soleil intérieur se mettait à briller. Au cimetière, parmi des hommes et des femmes en larmes, son ami le plus proche voit ? ainsi que dans la première scène de «La Comtesse aux pieds nus» ? se dérouler les vies innombrables et les destins croisés de ceux qui jettent une rose sur le cercueil de celui qu´ils aimaient tant. Deux figures de femme règnent au long de ces pages: ce sont une mère et sa fille. Autour d´elles et de Romain, du New York des années 30 aux dernières découvertes de la science, en passant par les plaines d´Ukraine, une île grecque, un hôtel italien et la côte sud de la Turquie, on voit défiler le valet de chambre de Hitler, les pilotes de l´escadrille de Normandie-Nièmen, un historien d´art, un professeur de physique théorique, Arthur Rubinstein et le maréchal Joukov, Lucky Luciano et Churchill... Chacun d´entre eux est le héros d´un petit roman qui est lié par l´Histoire et les sentiments au grand roman qui les fait tous se rejoindre. La vie apparaît comme une grande sarabande; elle est aussi une fête en larmes.0400Le monde entier sortait d´une réplique de Béchir, d´une décision de Romain, d´un regard de Marina, d´un olivier de Ravello. Il n´y avait rien dans l´espace, il n´y avait rien dans le temps et dans ses profondeurs qui ne renvoyât à autre chose. Rien n´était suspendu. Rien n´était arrêté. Tout roulait, tout se mêlait. Le yin et le yang, le plein et le vide, les ordures et les étoiles. Pour trouver quelque chose de plus solide que le reste, nous nous précipitions aux origines: de la pensée, de la vie, de la matière, de l´énergie. Il y avait la naissance pour chacun d´entre nous, le surgissement de la conscience pour ceux que nous appelons les hommes, le big-bang pour l´Univers. Tout était pris dans le cycle, tout supposait toujours autre chose. La grande roue tournait sans fin. Le train de l´Histoire, de la vie et de tout le reste encore plus loin ne s´arrêtait jamais. On pouvait le prendre n´importe où. On pouvait sauter dedans avec Mahomet, avec le Christ, avec le Bouddha, avec les présocratiques, avec Abraham, ou les débuts de l´agriculture, ou l´invention du feu, avec cette vieille bique de Lucy, avec l´apparition dans le firmament du Soleil et de la Terre. Je n´avais pas de telles ambitions. Je grimpais à la gare, quarante secondes d´arrêt, buffet, correspondances en tout genre, du Caruso Belvedere.J´ouvrais les volets. Le soleil entrait dans la chambre 17 qui était simple et inoubliable. Quelques jours plus tôt, l´hivers à bout de forces traînait encore ses guêtres dans les rues de Paris. Les citronniers éclataient dans la vallée du Dragon. Les oliviers levaient les bras vers le ciel en témoignage d´allégresse. On voyait la mer au loin, derrière les vignes et les cyprès.Je regardais le monde. Il était beau. Je me retournais pour appeler Marina. Elle dormait encore dans le lit. Sa tête, sous les cheveux châtain très clair, presque blonds, reposait sur son bras replié. Le drap la couvrait à demi et la dénudait en même temps. Les lignes de son corps étaient si pures et si rondes qu´elles donnaient une idée de la perfection ici-bas. Je m´arrêtais, saisi. Je regagnais la fenêtre. On entendait un chant d´oiseau. Le cri d´un enfant. Plus rien. Le bleu du ciel dévorait tout. La vallée scintillait, immobile, silencieuse, écrasée de soleil. Les plans successifs menaient jusqu´à la mer des sirènes d´Ulysse. C´était un spectacle à couper le souffle. J´allais m´étendre sur le lit où dormait Marina.Elle s´éveilla. Je la pris dans mes bras. Je sentais son souffle sur mes lèvres. Son souffle, ses mains, ses jambes si fines et si longues. Il n´y avait plus rien d´autre. Le monde se confondait avec elle. Sa bouche, son ventre, ses seins qui étaient très ronds. Ce qu´il y a de plus profond chez l´homme, c´est la peau. Nous nous attardions sur le plus profond. Nous échangions nos dons. Elle me rendait ce que je lui offrais. À l´

  • Tu ne jugeras point

    Armel Job

    Lorsque l'enfant disparaît0300Lorsque, ce jour-là, Denise Desantis entre dans un magasin pour s´acheter des mouchoirs, elle est pressée et, comme cela se fait dans cette banlieue paisible, elle laisse son dernier-né dans la poussette, devant la porte. Lorsqu´elle ressort, la poussette est toujours là, mais vide. La disparition d´une enfant de treize mois est toujours une affaire douloureuse et compliquée, et le juge Conrad entend suivre ce dossier avec le maximum de rigueur. Homme intègre et pondéré, il veut éviter les débordements fréquents dans ce type de faits divers qui enfièvre les imaginations et excite les médias. Les investigations du juge commencent par l´interrogatoire de Denise Desantis. C'est une femme ordinaire, effacée. Mère de quatre enfants, épouse d´un ouvrier sans grand caractère, elle vit pauvrement mais dignement dans sa petite maison de banlieue. Une femme sans histoires. Et pourtant... Derrière sa détresse, son désespoir évident, le juge est intrigué par la rigueur et la minutie de son témoignage. Quand il s´efforce de retracer la chronologie des événements qui se sont déroulés avant la disparition de l´enfant, elle a réponse à tout, quasiment minute par minute. Toutes les informations qu´elle donne sont vérifiables. Au fil des jours, alors que tout prouve son innocence, la conviction du juge se forge : cette femme a tué son enfant. Il finira par la contraindre aux aveux et elle sera condamnée. Et pourtant...0300Les Fausses Innocences,Les Mystères de sainte Freya), Armel Job fait le portrait de ces personnages coupables aux yeux du monde et qui dissimulent une réalité tout autre.

  • Un écrivain connu raconte à une journaliste le roman rêvé de sa vie. Pendant une journée, il se confie. Mais comment savoir si ce qu´il dit correspond à la réalité? Elle se confond avec l´imaginaire. L´écrivain mixte ses histoires et celle du siècle qui vient de s´achever. Il tente d´embrasser le monde. Après la guerre, une première aventure amoureuse, un bureau aux côtés d´un ambassadeur pittoresque et illustre, il part enseigner dans une université américaine où deux femmes changeront sa vie: Léa, juive polonaise, et Marie, française, dont le frère a été fusillé à la Libération. Elles sont les fils rouges de plusieurs histoires d´amour d´hier et d´aujourd´hui. L´Histoire et ces événements se mêlent aux réflexions sur la vie politique, intellectuelle et sentimentale.L´existence est tragique, elle est aussi très belle. Le sourire remplace peu à peu l´ironie, le recul tempère le scepticisme, la touche de profondeur qui fit longtemps semblant de ne pas être là éclaire maintenant chaque page où l´enchaînement des phrases crée une sorte d´enchantement.0400? Mais les livres, lui dis-je. Ils se suffisent à eux-mêmes. Je suis venu parmi eux comme vers un paradis, un royaume enchanté, une oasis dans le désert du monde. Marguerite Yourcenar dit quelque part qu´elle est entrée en littérature comme on entre en religion. Je ne suis pas entré en religion. J´ai découvert le plaisir. Et peut-être le bonheur. Et peut-être un peu plus que le bonheur: un monde plus beau et plus haut, le même que le nôtre et un autre, où tout était à la fois raconté et effacé, révélé et inventé, et toujours plus vrai que nature ? non seulement la gloire, les fêtes, les amours, les voyages, la violence et la haine, les trahisons, les bassesses, mais les temps morts de l´existence, ses ratés, son ennui, son dégoût et la mort. Les livres prenaient le relais de Dieu pour une seconde création qui doublait la première et qui la corrigeait.

  • La Grande Guerre, la peur et la réalité avec les mots les plus simples et l'humanité de Claude Michelet.0300Mercredi 20 décembre 1916, 22 heures. Jean est de garde dans la boue de sa tranchée, il sera relevé à minuit. Marthe, dans leur ferme près de Brive, tricote en attendant minuit: elle sait qu´elle ne pourra s´endormir avant... Voici 872 jours que Jean est parti pour la guerre; 872 jours qu´elle est seule à tenir l´exploitation et que l´angoisse l´étreint. Ils sont là, à sept cents kilomètres l´un de l´autre, dans cette nuit d´hiver, et c´est comme s´ils se parlaient. Autour d´eux vivent d´autres personnages ? ici, les copains exténués et pouilleux; là, les enfants, la belle-mère, les gens du village. La vie dans sa rudesse, dans l´obsession de la mort ? la peur. Il était minuit et cinq minutes et l´on entendait arriver les gars de la relève quand un tir de mortier se déclencha sur la tranchée des Revenants...Pour aborder cette part tragique de notre Histoire, devenu mythe et légende, Claude Michelet a pris le parti de la sobriété, comme dans une tragédie classique. Durée: deux heures; décors: une tranchée et une salle de ferme; personnages: une femme, un homme. On est, alternativement, avec l´un et avec l´autre. La guerre, avec toutes ses horreurs; la ferme, avec tous ses travaux. Ici comme là, il n´y a pas à discuter: il faut agir ? et Marthe est ici l´exemple de toutes ces femmes qui, presque seules, ont fait vivre la terre.0400Mercredi 20 décembre 1916Ferme des Combettes, 22 heures.Malgré la pesante fatigue qui l´écrasait, Marthe jugeait inutile d´aller se coucher. Car, en dépit de l´envie qu´elle avait de se glisser entre les draps de lin que surmontait l´énorme édredon ? rare pièce de son trousseau ?, elle savait qu´il était vain de chercher le sommeil.Quoi qu´elle fît et malgré son épuisement il ne viendrait pas avant des heures. Car, sitôt les yeux fermés, l´assailleraient toutes les sombres pensées qu´elle parvenait à dompter, tant bien que mal, dans la journée mais qui guettaient sa moindre faiblesse pour l´envahir.Alors, comme chaque soir, tout en se répétant qu´elle devait absolument reprendre des forces et être ainsi prête, dès le lendemain, à sauter du lit à cinq heures sonnantes, elle s´installa au coin de l´âtre, dans le cantou. Là, jambes au ras des braises et dos au chaud contre les pierres tièdes, elle prit son tricot et tenta de s´absorber à sa tâche, de maîtriser son angoisse.Autour d´elle, tout reposait dans la maison. Dans la première chambre, la sienne et celle des enfants, dormaient Louis et Albert ? neuf et dix ans ?, blottis l´un contre l´autre; ils rêvaient, pouce dans la bouche comme le prouvaient les bruits de succion qui émanaient parfois de leur couche. Ici, dans la deuxième chambre, résonnaient par moment les caverneuses éructations et les ronflements non moins bruyants d´Octavine, sa belle-mère, endormie depuis plus d´une heure. Enfin, couchés en face d´elle, de l´autre côté du foyer, sur le petit banc de paille, ronronnaient les deux chats. Et le silence de la nuit n´était troublé que par les craquements des brandons en fin de combustion auxquels faisaient écho les cliquetis des aiguilles tressant la laine et le monotone et grave tic-tac de la grande pendule à balancier.Ce soir, comme tous les mercredis, Marthe avait remonté les lourds poids de fonte. Et même dans cette modeste tâche, elle n´avait pu s´empêcher de penser qu´elle faisait là un travail qui n´était pas le sien, mais celui du chef de famille. Alors, comme toujours et parce que personne n´était là pour l´obliger à cacher ses sentiments, à feindre une inébranlable solidité, elle avait failli succomber au chagrin, à cette vague de larmes qu´elle refoulait pendant la journée. Comme toujours, depuis plus de deux ans, elle s´était reprise, consciente que la moindre faille dans sa défense pouvait ouvrir d´insondable abîmes de détresse. Et c´est d´une main ferme que, comme chaque soir, elle avait rayé ce jour du 20 décembre 1916 sur le calendrier des Postes. Rayé ce huit cent soixante et onzième jour écoulé depuis le départ de

  • Généreux et optimiste, un roman qui fait du bien.
    0300 Parce qu'elle n'a personne à qui se confier et que c'est trop lourd, Lucie demande de l'aide sur le Site des Voisins, en se cachant derrière le pseudo de Mouette. Tout de suite, des internautes du site se mettent à correspondre avec elle et Lucie découvre à travers ce réseau de proximité une solidarité insoupçonnée.
    Il y a Alberte, une formidable institutrice à la retraite qui a guéri du même cancer vingt ans auparavant. Erwan, un breton qui a vendu sa maison pour payer les dettes de son fils, lequel ne veut plus entendre parler de lui. Darius, un chirurgien iranien exilé politique qui travaille comme infirmier de nuit. Il y a aussi Sébastien, l'ami de Léa, adopté par des parents scientifiques qui le délaissent. Et il y a Charlie, son préféré, le seul qu'elle n'a jamais vu... Charlie, qui écrit des messages provocants et drôles, qui la fait rire dans les moments de panique, et qui, pendant les sept semaines que dure sa radiothérapie, lui envoie chaque jour le titre d'une chanson, d'un morceau ou d'un air qu'elle découvre grâce à son iPhone et écoute juste avant d'entrer dans ce qu'elle appelle « le grille-pain ». Autant de messages d'amour, autant de petits cailloux blancs sur le chemin de la guérison...
    Dans l´existence ordinaire, l´ennemi de Lucie, c'est Malo, son voisin chocolatier avec lequel elle est en perpétuel conflit. Malo qui pourtant prend de plus en plus de place dans sa vie... Le jour de la fin de son traitement, Lucie découvrira ce que sa fille et tous ses amis ont compris avant elle : Malo et Charlie sont la même personne.
    0300Aujourd'hui, on guérit du cancer du sein s'il est pris à temps. C'est ce qu'on dit à Lucie, et c'est vrai. Sauf que... Si on est maman célibataire d'une fillette de onze ans, et si on se retrouve seule dans une nouvelle ville où on ne connaît personne, où trouvet-on le soutien pour traverser vaillante l'espace incertain qui sépare le diagnostic de la fin du traitement ? Grâce au Site des Voisins, un site Internet de proximité, Lucie va découvrir, au fil de son traitement, de vraies amitiés qui, virtuelles au départ, vont devenir réelles, reconstruire autour d'elle une famille comme elle n'osait plus en rêver. Et puis il y a ces lettres d'amour qu'elle reçoit chaque jour, sous forme de chansons, comme pour mieux redonner au mot « espoir » les couleurs et la force que la maladie menaçait de lui voler. L'histoire de Lucie lui tient particulièrement à coeur, et le lecteur le sent : Lorraine Fouchet nous offre ici son meilleur roman depuis son best-sellerL´Agence.0400RÉSUMÉ À vingt-neuf ans, Lucie emménage en Provence avec sa fille Léa, laquelle ignore qui est son père. Elles ne sont là que depuis quelques mois, elles ne connaissent encore vraiment personne. Le jour des onze ans de Léa, à l'heure du déjeuner, Lucie ferme sa fromagerie et se rend chez la gynécologue pour un contrôle de routine. Et le ciel lui tombe sur la tête : elle a un cancer du sein. Dans son désarroi, elle ne pense qu'à une chose : il ne faut pas que Léa sache - il ne faut pas que Léa se retrouve impuissante face à la maladie comme Lucie le fut elle-même, au même âge, face à l'anorexie de sa soeur aînée. Car celle-ci a fait se déliter complètement la famille de Lucie : sa soeur n'a jamais complètement guéri, leur mère a plongé, leur père les a quittées... Alors Lucie se fait une promesse : continuer coûte que coûte à offrir à Léa l'enfance insouciante et heureuse dont elle-même a été brutalement privée.Parce qu'elle n'a personne à qui se confier et que c'est trop lourd, Lucie demande de l'aide sur le Site des Voisins, en se cachant derrière le pseudo de Mouette. Tout de suite, des internautes du site se mettent à correspondre avec elle et Lucie découvre à travers ce réseau de proximité une solidarité insoupçonnée. Très vite, certains quittent même l'univers virtuel pour devenir ses amis dans la vie réelle. Il y a Alberte, une formidable institutrice à la retraite qui a guéri du même cancer vingt ans auparavant. Erwan, un mateloteur breton qui a vendu sa maison pou

  • Une intrigue digne des meilleurs films d'Alfred Hitchcock0300Nous sommes en 1962, à la frontière belgo-allemande. Rentrant au milieu de la nuit d´une visite galante, Roger Müller, bourgmestre de Niederfeld, tombe sur Stembert, le docteur de la commune, qui vient d´être victime d´un accident de voiture. Effondré, l´homme avoue qu´il vient de quitter sa femme Mathilda et qu´il part rejoindre sa maîtresse en Allemagne de l´Est. Furieux, Müller, qui a toujours été amoureux de Mathilda, oblige le docteur à rejoindre le domicile conjugal. Le lendemain matin, Roger Müller a la surprise de voir débarquer dans sa mairie Mathilda Stembert venue déclarer le décès de son époux, mort, dit-elle, au cours d´un voyage en Allemagne. Immédiatement, Müller est convaincu que Mathilda l´a assassiné quand elle a appris son infidélité et il décide de tout faire pour que la jeune femme échappe à son juste châtiment. Malgré les allusions assez transparentes de Müller, malgré les preuves évidentes de son mensonge, Mathilda continue à prétendre que son mari est mort. Et Müller de s´enferrer dans une situation de plus en plus dangereuse sans que l´attitude de la jeune femme change à son égard...Orfèvre des mots et des sentiments, Armel Job nous entraîne dans les subtils méandres d´une comédie dramatique insolite.0400Moi, je n´aurais jamais cru ça, qu´il me fasse ça, à moi, sa femme, son unique, son aimée. Même mon nom ? Mathilda ?, il ne le disait jamais. Il ne m´appelait qu´avec des diminutifs caressants: « Thilda, mon amour, mon trésor, mein Schatz. » Toujours si prévenant, à me servir à table, à s´inquiéter si j´avais froid, si je n´avais pas mes idées noires. Ah, le salaud!Comment ne me suis-je pas aperçue qu´il ne m´aimait plus? Et depuis quand? Il a rencontré cette femme, il y a six mois, au congrès de médecine d´Erfurt. Le 27 mars. C´était le troisième jour du congrès. Il a dit le 27. Une précision d´anniversaire, déjà.« Je ne peux plus vivre sans elle.? C´est pas possible! Qu´est-ce qu´elle t´a fait, André?? Rien, je t´assure, elle n´y est pour rien. C´est moi seul qui...»Il était là, en face de moi, à table. Il avait attendu la fin de la semaine, la fin des consultations, la fin du souper. J´allais me lever pour lui servir son cognac qu´il prendrait dans son club devant le poêle à charbon. Le samedi soir, c´est ce qu´il aime: regarder les braises rougeoyer à travers la vitre et, de temps en temps, fourgonner avec les pincettes. Il a posé sa grande main blanche de docteur sur mon bras pour me retenir.«Reste un peu là. Il faut qu´on se parle.»Il était pâle. Il avait à peine touché au repas. Depuis plusieurs jours, il était sombre. Je savais qu´il se passait quelque chose. Me lever, de toute façon, je n´aurais pas pu. Tout d´un coup, j´avais les jambes en flanelle.«Mathilda, je vais te quitter.? Ah oui...» C´est ce que j´ai dit: «Ah oui...» J´aurais dû m´indigner: «Me quitter? Comment? Qu´est-ce que c´est que cette histoire?», mais je savais que ces interrogations ne serviraient à rien, qu´à retarder la vérité, à la rendre plus vulgaire.Alors, il a tout déballé: le congrès, cette femme ? docteur, elle aussi ? avec qui il voulait vivre. «Vivre enfin», pour reprendre ses termes. Avec moi, sans doute, il n´avait pas vécu.«Je deviens quoi, de mon côté?? Tu n´auras pas à te faire de souci. Je te laisse tout: la maison, les sapins, le compte en banque. J´ai fait le nécessaire. Je ne veux rien garder. Sauf l´Opel. J´en ai besoin pour partir.»Il avait vidé son sac. Affaire réglée. À mon tour, maintenant. J´allais certainement dire quelque chose pour le retenir. Il me regardait, les yeux navrés, la figure penchée, se demandant lequel de ses arguments tout prêts déjà il m´opposerait. Par quoi commencer? Je n´avais que l´embarras du choix. Seize années ensemble.Ces derniers temps? On était heureux tout de même. Si «heureux» n´est pas le mot, disons «contents», «sereins», «tranquilles». Ce n´était plus la passion des débuts, bien sûr. On ne peut pas jouer avec le feu toute la vie. Avec cette femme, est-ce que...? Évidemment. À chaque fois qu´il s´est ren

  • Le troisième roman d'un écrivain belge d'exception.0300Agrégé de philologie classique, Armel Job parle et écrit le latin comme Cicéron et le grec comme Thucydide. Directeur du lycée de Bastogne, dans l´Ardenne belge, Armel Job est l´un de ces hommes de haute culture dont la Wallonie n´est pas avare (tel Alexis Curvers, l´auteur de «Tempo di Roma»). De sa connaissance approfondie de la langue française lui est venue «l´idée extravagante» d´écrire des romans. D´où, en 2000, «La Femme manquée» (prix Emmanuel-Roblès et prix René-Fallet) et, en 2001, «Baigneuse nue sur un rocher»: originalité du sujet, perfection de l´écriture, humour subtil. Et celui-ci, «Helena Vannek», dans un tout autre registre: dramatique. Dans une famille de notables terriens, le père est marchand de chevaux, la mère est morte, deux grandes filles: Helena l´exaltée et Mieke l´espiègle. Le père engage un apprenti, Guido, qui arrive précédé d´une réputation sulfureuse. Lorsqu´il fuit, Helena le suit: elle l´aime et croit qu´il l´aime. Quand il se refuse, elle pense découvrir la vérité: il est son demi-frère. Le destin les sépare.Dans une seconde partie du roman, c´est alors le fils d´Helena qui prend la parole. Il vient de mettre la main sur le journal de sa mère: les mystères se dévoilent. Et l´on prend conscience que le récit d´Helena est, pour une large part, le produit de son imagination. Elle a voulu faire des événements de sa jeunesse une tragédie, de sa vie un destin. Étrange et troublante histoire où, par-devers la parfaite limpidité du récit, la réalité des êtres se révèle sous un jour inattendu.0400Alors Guido est arrivé. Un soir, j´étais occupée à préparer le souper, papa est rentré avec un garçon, un grand échalas mal fagoté. Tobie traînait ses devoirs au bout de la table. Papa a accroché son chapeau au portemanteau vissé derrière la porte et il s´est assis sur le tabouret où il avait l´habitude de se débotter. Le garçon restait planté comme une borne près de lui, sur le seuil, les bras embarrassés. De temps à autre, il levait un oeil morne sur nous. Un pantalon de golf en gros velours râpé lui descendait sous les genoux, à partir de quoi ses chaussettes avaient tirebouchonné sur ses mollets bruns. Papa l´a poussé sur le banc à côté de Tobie, puis il a attaqué son souper. La dernière bouchée congédiée, il a écarté son assiette et il nous a lancé son ordinaire regard de rassasié qui se souvenait tout à coup de notre existence. «Lui, c´est Guido.»Guido a déposé sa fourchette. Il a redressé la tête et rejeté de la main la mèche qui pendait comme un rideau sur son nez. «Guido Noodlot. Il est de Scherpenwal. À partir de maintenant, il va rester avec nous. J´ai besoin de quelqu´un pour m´aider dans les chevaux. Bon! Tobie et Guido, vous dormirez ensemble. Vous irez chercher mon lit de camp au grenier. On arrangera mieux plus tard. Lena, après la vaisselle, vous couperez les cheveux à Guido, qu´il ait l´air un peu civilisé.»Là-dessus, il est parti lire «L´Altdorper Krant» dans la salle. Nous avons continué à manger. J´adressai quelques sourires à Guido qui les observa comme si j´avais été affublée d´un tic. Tobie s´est levé à son tour. Il a ramassé ses livres et ses cahiers et il a rejoint papa avec qui pourtant il avait horreur de se trouver seul. «C´est loin, Scherpenwal?? Assez. Sur l´Oostvliet.? Ah? Tu cherchais du travail? ? Non, c´est votre père qui a proposé. ? Tu as des frères, des soeurs? ? Je n´ai personne. ? Tes parents, qu´est-ce qu´ils font? ? Meuniers. ? Ils n´ont pas besoin de toi? ? Je vous l´ai dit: c´est votre père qui voulait.? Tu peux dire "tu". Je m´appelle Helena, mais tout le monde dit "Lena".»Il a levé un oeil sur moi, comme un chien aplati qui a reçu une caresse à la place d´une taloche. Quand j´ai posé le baquet d´eau chaude sur la table, aussitôt, il a attrapé le torchon à vaisselle. Après ça, je l´ai fait mettre à califourchon sur une chaise. Depuis la mort de maman, c´est moi qui coupais les cheveux de papa et de Tobie. À condition de tailler court, ce n´est pas très difficile. On entre le peigne dans l´épaisseur et on c

  • Et c'est chez Robert Laffont !0300 C´est ainsi que Laviolette et le juge Chabrand se retrouvent pour l´enterrement à  La Roque-du-Champsaur, dans ce cimetière (d´une importance capitale pour l´histoire) sans portail d´apparat, sans le moindre cyprès ni thuya, où n´est gravé qu´un seul nom sur chaque tombe, sans famille successive, sans ascendants ni descendants et où le froid et le vent vous transpercent les os.
    Pierre Magnan donne une fois de plus libre cours à son imagination débordante, multipliant les assassinats dont la nature criminelle devient évidente, l´essentiel étant de ne pas se tromper d´innocent !... Rebondissements, effets de surprise, il sait nous parler, dans une langue magnifique, des comportements humains et nous étonner  par sa verve, sa gaîté, et son érudition amusée.

    0300Laissé pour mort, dans un précédent roman, le nez dans une touffe de thym, le commissaire Laviolette, guéri de ses sept impacts de chevrotine dans le dos, est à nouveau chargé d´une enquête: la routine, comme l´affirme le conseiller Honnoraty. Presque rien, en somme : un homme vient de mourir à l´hôpital de Gap, et les neveux spoliés portent plainte pour captation d´héritage. Pas de quoi fouetter un chat. On a même demandé une autopsie et ça n´a rien donné, la mort est naturelle. Deux détails pourtant : la veuve avait célébré ses noces avec le mourant quatre jours auparavant en évinçant la maîtresse en titre, et on avait trouvé sur les mains de la victime d´abondantes traces de talc... Pierre Magnan donne une fois de plus libre cours à son imagination débordante et son érudition amusée, multipliant les assassinats, les rebondissements et les effets de surprise.

  • Le directeur de l'établissement accueille avec beaucoup de déférence cet homme mondialement reconnu par la communauté scientifique pour ses travaux sur l'infini. Il lui attribue une petite chambre particulière dans la Villa des Hommes mais l'informe que, étant donné la situation, il devra certainement partager son espace de vie avec un autre patient.
    À quelque temps de là, Matthias Dutour, un jeune soldat français ? conducteur de locomotive dans le civil, libertaire viscéral traumatisé par la guerre ?, intègre la chambre 14 de la Villa des Hommes, celle qu'occupe précisément Herr Hans Singer.
    Jour après jour, le plus souvent enfermés dans leur minuscule cellule de vie commune, Herr Singer et Matthias, ces deux hommes que tout paraît opposer, vont peu à peu s'apprivoiser, apprendre à mieux se connaître et, pour finir, tisser entre eux les liens d'une aussi improbable qu'indéfectible amitié.

    Fondé sur un dispositif romanesque original, le nouveau roman de Denis Guedj met face à face la réincarnation de Georg Cantor, inventeur de la fameuse « théorie des ensembles », et un personnage de fiction pure, conducteur de locomotives et anarchiste au grand coeur. L'auteur suggère en filigrane que, comme la politique, les mathématiques doivent être au service de l'Homme.

  • Entre «L'esprit de famille» et «Marie-Tempête», le combat d'une femme et d'une mère, lancée dans la guerre impitoyable de la politique locale.0300Rien n´a préparé Charlotte, épouse d´un industriel strasbourgeois et mère heureuse de trois enfants à se lancer dans la politique. Pourtant, la mort brutale de son père l´oblige à retourner dans le village de son enfance où elle découvre avec stupéfaction que l´entreprise familiale de jouets en bois est au bord de la faillite et que son père allait être chassé de son poste de maire dont il était si fier. L´homme qui veut profiter de cette situation et détruire la paix du village pour y implanter un hypermarché est justement celui à cause duquel elle a fui quand elle avait vingt ans. Charlotte refuse d´accepter cette situation. Pour l´honneur de son père, pour l´amour de son village et de ses habitants, elle va tenter de sauver l´entreprise paternelle et briguer le fauteuil de maire.Mais cette décision jette le trouble dans son existence paisible. Son mari ne comprend pas l´activisme soudain de sa femme et le ressent comme une infidélité inacceptable. La famille se déchire... Julie, la fille aînée, prend le parti de son père ; Nicolas, le fils, et Millie, la petite dernière, la battante, celle qui rêve d´être un jour journaliste d´investigation, se lancent aux côtés de leur mère sans l´ombre d´une hésitation.Après les accusations d´incompétence, viennent les menaces, les intimidations, les ragots, les calomnies les plus viles, le chantage. Charlotte va apprendre à se bagarrer, à rendre coup pour coup. Elle va apprendre à faire le tri entre les amis et les ennemis, à déjouer les traquenards de la vie politique locale, à mesurer les vrais enjeux derrière les discours mensongers. Si l´on retrouve à travers le personnage de Charlotte le ton et l´univers qui plaît tant au large public de Janine Boissard, on découvre aussi avec bonheur la voix de Millie, la fille cadette. Cette adolescente battante est une Zazie alsacienne qui découvre et décrit le monde qui l´entoure avec une lucidité rare et une franchise qui lui vaudra bien des déboires. Elle sera pour sa mère la plus efficace des collaboratrices... mais aussi la plus dérangeante.

  • Cuba, automne 1958. Une jeune bourgeoise cubaine quitte tout pour suivre sa meilleure amie dans les montagnes où Fidel et ses hommes préparent leur prise du pouvoir. Française par sa mère, elle est belle, blonde, racée... LeCommandantela veut. Leur passion ne durera, pour lui, qu´une poignée de jours, mais marquera sa vie à elle au fer rouge.

    Eduardo Manet revient en force sur la scène littéraire : au rythme d´un coeur qui bat, son roman a le souffle des sagas les plus prenantes. Le regard intime de son héroïne sur l´homme, le leader politique et l´histoire de son pays donne à son récit toute sa puissance d´évocation et son originalité, ranimant les couleurs et la fièvre de Cuba aux premières heures de la Révolution. Et brosse le portrait d´un magnifique personnage de femme.0300À l´occasion du cinquantième anniversaire de la Révolution cubaine, Eduardo Manet nous offre une grande histoire d´amour dont Fidel lui-même est le héros... Été 1998. Une vieille dame cubaine, très distinguée, invite le narrateur à dîner dans son immense appartement des quartiers chics de Madrid. Elle a une histoire à lui raconter, il l´écoutera toute la nuit, fasciné. Histoire vraie, récit inventé ? Nul ne sait. Aujourd´hui cette femme est morte. Reste le roman de sa passion secrète, aussi brève que fulgurante, avec le jeune révolutionnaire Fidel Castro juste avant qu´il ne conquière le pouvoir... Avec en toile de fond un demi-siècle d´histoire, le destin de ce magnifique personnage de femme ranime les couleurs et la fièvre de Cuba aux premières heures de la Révolution et brosse un portrait inédit et intime du commandant Castro. Au rythme d´un coeur qui bat, ce roman a le souffle des sagas les plus prenantes.0400 Je ne l´ai pas entendu approcher. Il est debout à côté de moi, immense. Il porte le képi vert de l´armée rebelle, des lunettes à monture en écaille noire. Un revolver souligne sa hanche droite, un fusil avec longue-vue ceint son épaule et de grandes jumelles pendent à sa ceinture.
    Il tend la main pour m´aider à me relever. Debout, je lui arrive à peine à l´épaule.
    « Commandant... » Honteuse d´avoir été surprise dans ma rêverie, je me mords les lèvres pour réprimer une subite colère. J´ai l´impression d´avoir été pistée jusqu´ici, débusquée dans cet abri que je croyais sûr.
    « C´est un bon point d´observation, mais j´en connais un encore meilleur. Viens par ici », ordonne-t-il.
    Il se met en marche et sans réfléchir je lui emboîte le pas, les yeux fixés sur ses hautes épaules. Il se retourne de temps à autre pour voir si je tiens la route. Le chemin n´est pas facile, les pierres roulent sous mes pas, la pente est abrupte. Il connaît la sierra mieux que personne, m´a dit Rodolfo, ses pieds se posent sans hésitation au bon endroit, avec assurance. Sa mémoire visuelle lui permet de se déplacer en pleine nuit sans jamais s´égarer. Derrière lui, je souffle mais je garde le rythme, question de fierté.
    « Voilà ! Qu´en dis-tu ? » Nous avons fait un bon tour pour monter plusieurs mètres au-dessus du rocher où j´aime me réfugier. J´avais pensé grimper jusque-là mais j´y avais renoncé par peur de me perdre. La vue est époustouflante.
    « Regarde-moi ça ! » Il me passe ses grosses jumelles. Je balaie le paysage. La sierra Maestra est longue de deux cent cinquante kilomètres et fait 30 kilomètres de large. Nous sommes sur le Pic Turquino, le point le plus haut de la sierra. Je peux voir le campement des barbus à trois kilomètres d´Alto del Naranjo, contempler la mer au loin, la côte, les plages, les baies, les ports, la pointe du caïman cubain. L´endroit est parfait pour repérer les mouvements de l´armée et des bateaux de guerre, leurs positions dans les ports, les vols de l´aviation militaire ennemie...
    Du gros pic, je contemple ce spectacle qui est ma fête quotidienne : la lente descente du soleil, le bouillonnement de couleurs du crépuscule. Les tons violents dont se parent les nuages ? rouge vif, jaune intense, violine ? se fondent et s´affaiblissent peu à peu. Une nuée d´oiseaux se livre à un véritable concert autour de nous. Le commandant se met à

  • Où l'on retrouve Margaux Lespoir, l'héroïne d'Une femme en blanc, l'un des plus grands succès de Janine Boissard.0300Quand nous avons laissé Margaux Lespoir, elle était chirurgien en Bourgogne. Son hôpital n'était plus menacé, l'opération de la jambe de son fils avait réussi, et elle avait trouvé l'amour avec le restaurateur Bernard de Montpensy. Un grand bonheur, donc, enfin, et la naissance d'une petite Aurore pour le couronner. Et puis un jour, tout s'est écroulé : Bernard, renversé par un camion, amené sur la table d'opération de Margaux, qui n'a pu le sauver. C'était il y a trois ans. Margaux a alors rangé à jamais sa blouse de chirurgien, et a quitté la Bourgogne pour Paris. Elle a été embauchée au ministère de la Santé, où elle s'occupe des problèmes d'enfance. C'est là que nous la retrouvons.Elle est chargée d'élucider le suicide d'une petite fille de onze ans, qui s'est jetée du grenier de la Maison des enfants, une association auxerroise s'occupant d'enfants à problèmes. La mère a porté plainte. Si Margaux détermine qu'il y a eu négligence, le ministère fera fermer l'établissement. Retourner en Bourgogne n'enchante pas Margaux, qui doit affronter là-bas le fantôme de l'homme dont elle n'a jamais fait le deuil. Mais dès sa première visite à la Maison des enfants, elle est envoûtée. Ils sont une dizaine, avec des problèmes plus ou moins graves, tous attachants, tous en demande. Les cadres de l'association ? Un directeur, formidable, qui a mis tout son argent dans le projet, une cuisinière généreuse, un pédiatre et une psychomotricienne, éducateurs attentionnés et inventifs. Une solidarité sans faille unit tous ces gens, pour les enfants. Et quand Margaux détermine que le suicide de la fillette n'était pas de leur responsabilité, quand l'équipe et les enfants lui font la fête pour la remercier de son impartialité, quand une petite Cambodgienne la supplie de ne pas l'oublier... Pour la première fois depuis longtemps, Margaux se sent vraiment utile, enthousiaste, passionnée, vivante enfin. Alors Margaux quitte le ministère, Paris, et rejoint la Maison. Elle est chargée d'établir un lien entre l'équipe, les familles et les enfants, lien indispensable pour que ces derniers dépassent leurs blocages. Mais si chaque joie et chaque progrès confortent notre médecin dans sa décision, l'orage gronde autour de l'établissement, qui en dérange plus d'un, et pour des raisons pas toujours avouables. L'heure est peut-être venue pour Margaux de livrer un nouveau combat.

  • Le congrès

    Jean-Guy Soumy

    Esiècle, lors de la construction du château de Versailles, un événement extraordinaire précipite la ruine d'une puissante famille de bâtisseurs : le procès public en impuissance qu'elle intente à l'un de ses membres.0300Dans une pièce réquisitionnée pour l´occasion, prêtres et hauts dignitaires de l´Église, représentants du corps judiciaire, ainsi que médecins et matrones entourent un grand lit. Plus loin, courtisans et bourgeois de qualité se pavanent en ricanant. C´est que le procès qui se tient là, en cette année 1685 à Versailles, n´a rien de banal : il s´agit d´un congrès, épreuve durant laquelle un mari, accusé d´impuissance, est sommé d´honorer publiquement son épouse, une union non consommée étant une offense aux saints sacrements du mariage.Cette mascarade épouvantable, sanctifiée par l´Église et reconnue par la Justice, est l´oeuvre de la famille Vallade, soucieuse de s´approprier les marchés de la construction de Versailles qui, de droit, reviennent au jeune époux allongé nu sur le lit. Il appartient au clan des Maîtres des Bâtiments du Roi et est l´héritier de charges qui rapportent fortune et puissance. Pour lui voler cet héritage, les Vallade n´ont pas hésité à le discréditer par ce procès en impuissance.Jehane, sa jeune femme, est protestante, ce qui accroît la bienveillance de l´Église pour les Vallade : en cette époque précédant de peu la révocation de l´édit de Nantes, la chasse aux protestants est un jeu auquel les fanatiques catholiques s´adonnent avec férocité.Ainsi, Jehane et son mari, acculés par la rapacité des uns et la haine religieuse des autres, se trouvent-ils contraints à ce double viol public de leurs corps et de leur intimité : « dresser, pénétrer, mouiller », telle est l´injonction à laquelle ils doivent répondre pour sauver leur mariage et leur honneur. Mais le désir peut-il se glisser dans une telle parodie de l´acte de chair ?0300Le procès qui se tient là, dans cette sordide étuve peuplée de prêtres, médecins, matrones et courtisans en mal de spectacle, en cette année 1685 à Versailles, n´a rien de banal : il s´agit d´un congrès, épreuve durant laquelle un mari, accusé d´impuissance, est sommé d´honorer publiquement son épouse. Parce qu´elle est protestante, Jehane est poursuivie par la vindicte de sa belle-famille. Parce qu´il est héritier de charges lucratives, son mari doit disparaître au profit de son neveu. La machination démoniaque conçue par Louise de Vallade pour se débarrasser de sa belle-soeur et de son beau-frère aboutit à cette scène contre nature : un homme et une femme, nus, contraints de « dresser, mouiller, pénétrer» devant une foule goguenarde. Le désir peut-il se glisser dans une telle parodie de l´acte d´amour ? Comment survit-on à une telle épreuve ? S´appuyant sur des faits historiques, Jean-Guy Soumy traite avec une grande subtilité ce sujet extrême, d´une force extraordinaire.Le procès qui se tient là, dans cette sordide étuve peuplée de prêtres, médecins, matrones et courtisans en mal de spectacle, en cette année 1685 à Versailles, n´a rien de banal : il s´agit d´un congrès, épreuve durant laquelle un mari, accusé d´impuissance, est sommé d´honorer publiquement son épouse. Parce qu´elle est protestante, Jehane est poursuivie par la vindicte de sa belle-famille. Parce qu´il est héritier de charges lucratives, son mari doit disparaître au profit de son neveu. La machination démoniaque conçue par Louise de Vallade pour se débarrasser de sa belle-soeur et de son beau-frère aboutit à cette scène contre nature : un homme et une femme, nus, contraints de « dresser, mouiller, pénétrer» devant une foule goguenarde. Le désir peut-il se glisser dans une telle parodie de l´acte d´amour ? Comment survit-on à une telle épreuve ? S´appuyant sur des faits historiques, Jean-Guy Soumy traite avec une grande subtilité ce sujet extrême, d´une force extraordinaire.

  • Les thèmes majeurs de l'oeuvre de Claude Michelet.
    0300Claude Michelet revient ici sur son goût irrésistible de l´enfance, capital dans la formation de sa sensibilité et de tout ce qui fera de lui l´homme et l´écrivain qu´il est devenu. Il romance le souvenir de ses cavalcades étourdissantes dans la campagne corrézienne et du rude apprentissage des choses et des gens auquel il a dû s´atteler dans ses années de jeunesse (« Il était une fois dans la vallée », « Farouche ») ; il redit son respect profond du travail des hommes, son admiration devant leur courage, devant leurs faiblesses si touchantes et leur noblesse ordinaire (c´est particulièrement sensible dans la belle histoire du Joug amoureusement et patiemment sculpté au début du XXesiècle, et qui finira en élément de décoration d´une résidence secondaire au début du XXIe) ; il revient sur le poids accablant de l´Histoire (« Angelina et José ») qui a durement forgé le siècle qui vient de finir ; et il n´oublie pas la force de l´imaginaire et la capacité des hommes à éclater de rire (« La légende de la pomme ») quand ils sont à bout de ressources. Dans toutes ces nouvelles si différentes d´inspiration et de ton, on retrouve les deux moteurs qui font bouger, vivre et créer Claude Michelet depuis tant d´années : la colère et la tendresse.0300À travers les onze nouvelles réunies dans ce recueil, on redécouvre avec bonheur les thèmes majeurs de l´oeuvre de Claude Michelet. L´auteur revient ici sur son goût irrésistible de l´enfance, capital dans la formation de sa sensibilité et de tout ce qui fera de lui l´homme et l´écrivain qu´il est devenu. Il romance le souvenir de ses cavalcades étourdissantes dans la campagne corrézienne et du rude apprentissage des choses et des gens auquel il a dû s´atteler dans ses années de jeunesse ; il redit son respect profond du travail des hommes et leur noblesse ordinaire ; il revient sur le poids accablant de l´Histoire qui a durement forgé le siècle qui vient de finir ; et il n´oublie pas la force de l´imaginaire et la capacité des hommes à éclater de rire quand ils sont à bout de ressources.

  • Quatre amis ? Edgar, un psychiatre ; André, un grand patron très subtil ; François, professeur de physique mathématique appliquée aux sciences de la vie ; et le narrateur ? passent comme chaque année huit jours de vacances dans une île de la Méditerranée orientale. Edgar a apporté un manuscrit que lui a envoyé un certain Simon Laquedem. Il ne connaît rien de l´auteur. Le texte l´intrigue. Il voudrait savoir ce qu´en pensent ses trois amis. Le groupe décide d´en lire chaque jour quelques pages. Dans son livre, Simon Laquedem raconte qu´il est la proie de rêves s´articulant les uns sur les autres au point qu´il n´arrive plus à les distinguer de la réalité... Un ange vient lui annoncer qu´il est le nouvel Abraham, le nouveau Moïse, le nouveau Mahomet et que Dieu insiste pour lui parler. Dieu lui apparaît et lui raconte successivement avec simplicité et clarté, parfois avec gaieté, à la stupeur des quatre amis, les origines de l´univers, le big-bang, l´espace et le temps, l´eau, l´air, la vie si tragiquement passagère des hommes, leur pensée et leur histoire, les dramaturgies du savoir, de l´ambition, de l´amour et du sexe. Entre Bible et bande dessinée, entre texte sacré et canular, cette lecture quotidienne constitue une sorte d´odyssée risible de l´esprit qui provoque chez les quatre amis des réactions opposées. Pour Edgar, Simon est un fou dont les délires l´intéressent. Pour François, c´est un imbécile dont il combat les propos avec fureur. André s´en fiche un peu et le narrateur compte les coups. Au terme des huit jours, un double renversement ? le groupe a été manipulé par le narrateur, mais le narrateur est peut-être manipulé par quelqu´un d´autre ? donne comme un sentiment de vertige. Aux quatre amis d´abord. Et aussi au lecteur pour qui le livre tend à remplacer toutes les bibliothèques imaginaires et réelles.

  • Trois romans en trois ans et deux prix littéraires ont suffi à Armel Job pour prendre une place remarquée parmi les nouveaux écrivains belges.0300Abdication ! Abdication ! Printemps 1950. Belgique. Le pays est au bord de la guerre civile. Sur le pavé des villes wallonnes, les foules insultent le roi Léopold et, plus encore, Liliane Baels, la roturière promue princesse de Réthy, qu´il a épousée pendant la guerre au plus fort des souffrances de son peuple. Au fond des Ardennes, Henri Gansberg Van der Noot, le conseiller du roi, négocie et tire le lapin. Voilà qu´il séduit Aline, la fille du garde-chasse, en fait sa maîtresse, l´installe dans sa gentilhommière. Aline... Liliane... Bientôt, des injures s´étalent en lettres géantes sur les murs de sa résidence. Une nuit, le conseiller tombe nez à nez avec l´insulteur. Il le tue. Que faire ? Honnête homme, il veut se dénoncer. Mais ceux qui vivent autour de lui ? le garde-chasse, le jardinier, les servantes, sa maîtresse, et même son épouse ? font tout pour l´en dissuader : inutile scandale ! Puis voilà que son refus de participer à un complot pour le rétablissement du roi Léopold devient une source d´angoisse supplémentaire! Le pauvre homme ne sait plus où donner de la tête... Armel Job aime les histoires complexes où sa subtilité, son regard ironique et son humour se donnent libre cours. Tous les personnages qui gravitent autour du conseiller, les humbles comme les «grands», constituent un petit monde coloré et drôle. Le décor historique n´est que toile de fond: toute l´intrigue que déroule Armel Job est pur roman ? même si le héros est conseiller du roi. Cette histoire insolite, qui pourrait être un drame, se révèle une comédie enlevée et maîtrisée.0400À trois kilomètres de là, dans le vestibule de la conciergerie, un semblable frisson dévale l´échine de Julien. Évidemment, Julien est trempé et la fraîcheur de la maison l´a saisi. Mais, surtout, sur le dallage, il y a précisément un corps allongé et, un peu plus loin, assis sur une marche de l´escalier, M. le conseiller, en chemise, tout débraillé, le visage barbouillé de noir autant qu´un mineur remontant de la fosse.«Ah, Julien! Vous voyez?? Plutôt, Monsieur.»Le conseiller gémit. Il se lève, s´avance jusqu´au cadavre, mais quelque chose le retient de passer de l´autre côté, près de Julien. Il s´arrête, les pieds derrière la tête du mort.«Il s´était introduit dans le parc. Il s´est mis à courir. J´étais dehors. Alors, bêtement, je l´ai poursuivi. J´étais sûr que je tenais l´homme qui venait d´insulter Aline. Jamais, je n´ai eu l´intention, non, pas une minute, je n´ai voulu... Je vous jure. Il courait, il courait. Il a compris qu´il ne pourrait pas repasser par l´entrée, du fait que moi, je suivais l´allée. Alors, il a essayé de grimper au mur, il a glissé, il s´est retrouvé en bas, puis il a recommencé. Entre-temps, je suis arrivé. Il s´était agrippé au-dessus du mur. Il venait de se rétablir. Mais je l´ai attrapé avec le râteau. Les dents sont rentrées dans le col de sa chemise. J´ai tiré, j´ai tiré, je me suis acharné, la rage m´a pris, je l´avoue, parce qu´il se démenait pour m´échapper. Si au moins il était resté tranquille ! Il a basculé en arrière. Ça a fait un bruit, comme quand on marche sur une branche morte. Mon Dieu, Julien ! Il était par terre. Il ne bougeait plus.? C´est un accident, Monsieur.? Un accident? Mais c´est moi qui...? C´est tout de même un accident.»Julien a le ton péremptoire de la confrérie des irréfutables. La pluie et plus encore la douche froide de ce corps allongé l´ont complètement dégrisé.Le conseiller ne connaît pas la confrérie. Dans son entourage, à l´exception du roi (et encore, si l´on peut dire), il n´y a pas eu de prisonnier. Les officiers ne comptent pas, ils étaient bien traités. Mais Julien est si catégorique, le conseiller si désemparé, qu´il se jette sur la première bonne raison de s´en remettre à sa voix tranquille: Julien est jardinier, oui; Julien est un brave type, d´accord; Julien a été prisonnier, voilà! Un prisonnier doit s´y connaître en morts. Combien de fois n´a-t-il

  • « Je croyais avoir besoin de voyager seul et de rester silencieux vingt-quatre heures pour regarder en face le temps qui passe. En réalité, j'avais besoin d'autre chose. J'avais besoin, je crois, de partager un peu de temps volé avec une aimable inconnue. »0300En pleine crise de lassitude au coeur de la crise économique, Christopher, opérateur culturel belge de cinquante ans au bord de la faillite, souhaite ralentir et se recentrer sur des valeurs plus justes. Parce que « la vie rappelle de temps en temps que le monde est tout petit », il décide de s´arrêter et de partir. Ce sera pour le Portugal, en train. Alors que le ciel additionne les nuages, Christopher croise sur le quai de la gare une inconnue, Emma, qu´il va découvrir le temps d´un voyage entre Bruxelles et Lisbonne, au cours d´une longue et belle conversation, à la fois tendre, émouvante, et toujours sincère. Francis Dannemark, avec toute la délicatesse et l´élégance qui le caractérisent, nous offre comme à son habitude un court roman, subtil et délicat, sur les choses de la vie.0300En pleine crise de lassitude au coeur de la crise économique, Christopher, opérateur culturel belge de cinquante ans au bord de la faillite, souhaite ralentir et se recentrer sur des valeurs plus justes. Parce que « la vie rappelle de temps en temps que le monde est tout petit », il décide de s´arrêter et de partir. Ce sera pour le Portugal, en train. Alors que le ciel additionne les nuages, Christopher croise sur le quai de la gare une inconnue, Emma, qu´il va découvrir le temps d´un voyage entre Bruxelles et Lisbonne, au cours d´une longue et belle conversation, à la fois tendre, émouvante, et toujours sincère. Francis Dannemark, avec toute la délicatesse et l´élégance qui le caractérisent, nous offre un court et subtil roman sur les choses de la vie.0600 À propos deLe Grand Jardin:
    Philippe Lacoche,Le Figaro «Pavese parlait du métier de vivre, c´est de cela qu´il est question aufil de ces pages légères et graves comme une immortelle chanson de Cole Porter. Dannemark est un de nos écrivains majeurs et son livre est deceux qui font déjà date. » Jacques de Decker,Le Soir « De peu de romans, de nos jours, on peut affirmer qu´ils rendront heureux qui les lira :Le Grand jardinde Francis Dannemark est de ceux-là, si rares, si bienvenus. » Le Soir « Dannemark, c´est un ton, un beat, une humeur, une couleur, un tempo. Dans cette éblouissante rentrée de nos lettres, son livre est de ceux qui font déjà date. » Jacques De Decker,La Libre Belgique À propos deLa Longue Promenade avec un cheval mort(prix Alexandre-Vialatte) :

    La Vie « Sans effets ni enflures, le romancier va à l´essentiel et le charme agit. Francis Dannemark s´affirme de plus en plus comme l´écrivain de la discrétion efficace. » Pierre-Robert Leclercq,Le Monde « Étrange pouvoir que celui de ce livre, qui entraîne le lecteur dans un temps sans fil, merveilleusement suspendu dans l´instant musical d´une histoire d´amour, de blues et de littérature. La petite musique de Francis Dannemark vous poursuivra longtemps. » Michèle Gazier,Télérama « Francis Dannemark cultive la simplicité pour laisser libre cours à l´émotion. Ce n´est pas une histoire qu´il nous conte, c´est une âme qu´il donne à découvrir. Quelque chose d´impalpable, mêlé de scepticisme et de bonheur. » Christophe Henning,La Voix du Nord « Francis Dannemark n´arrête pas de mettre de la vie dans ses livres (même et surtout pour dire comment c´est difficile de perdre, puis de retrouver une femme aimée). » Serge Safran,Le Magazine littéraire À propos deChoses qu´on dit la nuit entre deux villes(prix des lycéens / prix Charles-Plisnier) :

    « En 1981, Dannemark écrit son premier roman,Le Voyage à plus d´un titre, une pure merveille. Aujourd´hui, il fait se rencontrer Wolf et Lena... Une souplesse douce de la phrase, une tendresse d´expression sous-tendent ce texte de tout un non-dit que chacun peut faire parler à sa manière. » L´Humanité « Le ton de Francis Dannemark est inimitable. C´est un murmure, mais qui a la netteté d´un cri. Une douceur de voix q

  • D'où vient-il, ce petit bonhomme haut comme trois pommes que Manon, jeune célibataire d'à peine trente ans, découvre un soir sur son paillasson, et qui va mettre sa vie et son coeur sens dessus dessous ?...   0300Hormis son job de présentatrice à la télévision, Manon a mis des barricades autour de tous ses rêves, fuyant une enfance dévastée par un père terrorisant et une mère terrorisée. Elle tient à distance l'amour, ce qui lui reste de famille, les souvenirs, et comme ça elle se croit heureuse, protégée par ses deux mères de substitution, Vic et Armelle, un couple aussi haut en couleur qu'attachant. Et puis arrive ce soir où, rentrant tranquillement chez elle, Manon trouve devant sa porte un tout petit garçon apeuré tandis que, sur son portable, une voix inconnue, masculine, la supplie : « Sauvez-le ! »...  avant de raccrocher brutalement. Elle n'en a aucune envie. Mais l'enfant lève les yeux sur elle : ces yeux, d'un bleu rarissime, unique, ce sont ceux de sa propre soeur, il n'y a pas l'ombre d'un doute. Or cette dernière est morte quatre ans plus tôt dans un incendie, après avoir définitivement coupé les ponts avec Manon et leurs parents. Dès lors, Manon n'a plus le choix : cet enfant tombé du ciel comme un cadeau empoisonné va l'obliger à rouvrir les plaies du passé, à affronter en face tout ce qu'elle s'est évertuée à oblitérer pendant tant d'années. Et surtout à enquêter sur ce qui est réellement arrivé à sa soeur quatre ans plus tôt, devenant à son tour une cible de choix pour les responsables de cette mort tragique maquillée en accident. Heureusement, Manon n'est pas seule dans cette redoutable quête, dont l'amour va bientôt se mêler sous les traits de l'irrésistible Juan, baroudeur au grand coeur...0300Un soir, Manon trouve devant sa porte un tout petit garçon apeuré tandis que, sur son portable, une voix inconnue la supplie : « Sauvez-le ! »... avant de raccrocher brutalement. L'enfant lève les yeux sur elle : ces yeux, d'un bleu unique, ce sont ceux de sa propre soeur, il n'y a pas l'ombre d'un doute. Or cette dernière est morte quatre ans plus tôt dans un incendie, après avoir coupé les ponts avec sa famille... Manon n'a plus le choix : cet enfant tombé du ciel va l'obliger à enquêter sur ce qui est réellement arrivé à sa soeur. Elle devient à son tour une cible de choix pour les responsables de cette mort tragique. Heureusement, elle n´est pas seule dans sa redoutable quête, à laquelle l´amour va bientôt se mêler... Autant d´émotion que de suspense : Janine Boissard mêle à la perfection le rythme d'une intrigue policière aux battements de coeur de son héroïne.

  • D´autant que dans la cour de récré, c´est la pagaille : Mme Lacrué (Cruella, en verlan, et, d´après la rumeur des « anciens », le surnom semble plus que justifié...), la maîtresse des CM1, est en arrêt maladie. Heureusement, une solution est vite trouvée : Hugo Victor, le surveillant le plus populaire du primaire, accepte de prendre en charge France et ses congénères, en attendant le retour de Cruella. Il ne se doute pas que la petite troupe qu´il emmène va se révéler la plus turbulente, mais aussi la plus attachante de toute l´école.
    Ali, Tiphaine, Anne-Laure, Dong, Romain, Maria, le docte Israël, Ludivine... Une classe particulièrement réactive, emblématique du monde d´aujourd´hui, des situations complexes auxquelles les enfants sont confrontés (divorce, familles recomposées ou monoparentales, mélange des cultures....), mais aussi emblématique de l´enfance tout simplement avec sa naïveté, ses rêves, son besoin de repères et de partage, et cette formidable capacité à passer, en un instant, de la gravité à la légèreté, du désespoir à l´espoir.
    Parallèlement à cette vie à l´école, il y a la vie en dehors. Pour France, le refuge que représentent ses grands-parents paternels, la maison qui est souvent un peu triste à deux, et puis, surtout, ce mystère du côté de ce grand-père maternel inconnu qu´elle aimerait tellement retrouver. Ce rêve d´une grande famille dans laquelle il ferait toujours chaud...

  • Un nouveau personnage de femme inoubliable, un roman majeur dans l'oeuvre de Maryse Condé.0300Il y a cinq ans, à la Guadeloupe, un bébé a été trouvé, la gorge tranchée, sur un tas d'ordures. Il a survécu à ses blessures. La lecture de ce fait divers abominable a touché profondément Maryse Condé. Une telle mutilation subie quand on est un bébé marque une vie d'une manière monstrueuse. Comment peut-on survivre en portant à son cou une cicatrice aussi horrible ? Pour répondre à cette question, Maryse Condé a créé l'étonnant personnage de Célanire Pinceau, dite " Célanire cou-coupé " et a replacé ce drame dans le contexte du début du siècle et de la colonisation. La blessure abominable devenant le symbole du crime commis contre les populations indigènes et la révolte de son héroïne celle de tous les révoltés.Une nouvelle fois, avec la force et la cruauté qui hantent son oeuvre, Maryse Condé met en scène le supplice des peuples opprimés, et plus particulièrement celui des femmes martyrisées. Dans ce roman " endiablé " où les vivants et les morts se mêlent parfois amoureusement, Maryse Condé trace à l'encre rouge sang le destin de Célanire Pinceau, bébé sacrifié à sa naissance sur l'autel de la réussite politique d'un Blanc et qui n'aura assez de toute sa vie pour se venger du crime dont elle a été la victime.

  • Hugo, jeune provincial affamé de fiction, débarque à Paris pour y suivre des études de lettres. Jean, son logeur, peu aimable, peu loquace, a toutes les apparences du personnage tristement passemuraille. Et puis, peu à peu, à cause d´un roman tombé sur sa route presque par hasard et qui a eu beaucoup de succès dans les années 1970, Hugo va percer la véritable identité de Jean : c´est lui l´auteur de ce roman. Et s´il le cache avec tant de soin, c´est parce qu´il n´y en a eu qu´un : il est, depuis, un écrivain raté... Par-delà les plis du temps, le jeune étudiant va rendre son histoire à l´homme qui a perdu l´écriture. À travers l´histoire de Hugo et de Jean, le nouveau Blondel rend un hommage très personnel à la littérature et nous entraîne à sa suite sur un thème qui lui est crucial : que se passe-t-il si l´écriture nous quitte ? Un très beau roman sur la transmission, qui écorne au passage, avec une douce ironie, le petit monde de l´édition et ses cruautés. 

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