Julliard

  • Vendu à plusieurs millions d´exemplaires dans le monde, sans cesse réédité depuis sa première parution et adapté au cinéma, La Planète des singes, le chef-d´oeuvre de Pierre Boulle, est l´un des plus grands classiques de la science-fiction et du roman d´aventures.Y´a-t-il des êtres humains ailleurs que dans notre galaxie ? C´est la question que se pose les passagers d´un vaisseau spatial survolant une planète proche de Bételgeuse : on y aperçoit des villes, des routes curieusement semblables à celles de notre Terre. Après s´y être posés, les trois hommes découvrent que la planète est habitée par des singes. Ceux-ci vont les capturer et se livrer sur eux à des expériences. Il faudra, devant les singes, faire la preuve de son humanité...

  • Entreprise familiale, le Magasin des Suicides prospère dans le malheur jusqu'au jour où surgit un adversaire impitoyable : la joie de vivre.0300Imaginez une petite entreprise où l´on vend depuis dix générations tous les ingrédients pour se suicider. Bienvenue dans le Magasin des Suicides, au célèbre slogan : "Mort ou remboursé!" Mishima Tuvache, le père, spécialisé dans les morts violentes, dirige la maison d´une main de fer. Lucrèce, la mère, adepte de l´empoisonnement, confectionne elle-même des mixtures fatales. Vincent, le fils aîné, projette la création d´un parc d´attractions sur le thème du suicide. Sa soeur, Marilyn, qui se croit moche et inutile, voudrait en finir avec l´existence, mais ses parents lui rappellent que : "Chez les Tuvache, on ne peut pas se suicider parce que sinon qui tiendrait le magasin?"Dans cette famille malheureuse et contente de l´être, le destin a frappé le jour où Mishima et Lucrèce ont testé un préservatif poreux destiné à ceux qui veulent mourir par contamination sexuelle. C´est ainsi qu´est né le petit dernier, Alan, que la nature a doté d´un horrible défaut : il adore la vie. Un enfant pareil, c´est un coup du sort. Il console les clients, sème une joyeuse pagaille avec son sens de l´humour et ses chansons. Mishima en fait une dépression et doit s´aliter quelques jours, le temps pour Alan de métamorphoser la boutique avec l´aide de sa mère, sa soeur et son frère, atteints par son optimisme.Dorénavant, le M.D.S. (Magasin des Suicides) devient une sorte de M.J.C. locale où les clients se retrouvent pour faire la fête et chercher des solutions à l´avenir du monde. Tout cela se terminera peut-être dans une sorte d´apothéose, car, finalement, le pire n´est jamais sûr!

  • Le chagrin

    Lionel Duroy

    • Julliard
    • 30 Septembre 2010

    De l'Occupation jusqu'à nos jours en passant par la guerre d'Algérie et Mai 68, des avenues chics de Neuilly aux cités dortoirs de Rueil, Lionel Duroy retrace l'itinéraire chaotique d'un garçon pris au piège d'une odyssée familiale désastreuse. Un roman poignant qui fouille les mentalités françaises depuis la seconde moitié du XXe siècle.0300 De 1940 à nos jours, la société française connaîtra elle aussi de grands bouleversements. Mais jamais cette famille ne sera du bon côté des événements politiques. Défenseur de Pétain sous l´Occupation, opposé de nouveau à de Gaulle lorsqu´il « abandonne » les Français d´Algérie, et pestant contre ces «gauchistes» qui, en 68, incendient Paris du haut de leurs barricades, le père est toujours à contre-courant des grands mouvements libérateurs. Il faudra plusieurs décennies au narrateur pour se défaire de l´héritage culturel familial, et parvenir enfin à se forger ses propres convictions.
    Comprendre d´où l´on vient pour parvenir à s´émanciper de son passé, telle est l´entreprise du Chagrin. Lionel Duroy s´est inspiré de son propre parcours pour écrire ce magistral roman d´initiation. Loin de montrer la face glorieuse de son existence, c´est au contraire avec un courage et une sincérité déchirants qu´il décrit ce que tant d´autres familles taisent sur leurs origines honteuses ou inavouables. Selon une conception cyclique du temps chère à Marcel Proust, Lionel Duroy démontre que les mêmes épisodes traumatiques ne cessent de se rejouer dans notre vie présente, sous d´autres déguisements. Et souligne, avec mélancolie, la manière dont l´enfance continue à nous hanter des décennies plus tard.
    0300Au départ, c´est un couple amoureux qui convole durant l´Occupation. Le mari est issu de la noblesse désargentée ; l´épouse aspire à une vie mondaine digne de sa récente particule. En catholiques zélés, ils donnent naissance à onze enfants, tandis que toute la maisonnée mène aveuglément un train de vie de grands bourgeois. Prêt à se lancer dans les entreprises les plus hasardeuses pour satisfaire les exigences de sa bien-aimée, le père accumule les dettes en secret. La chute n´en est que plus rude. Expulsion des beaux quartiers, humiliation sociale, toute la tribu est relogée dans une cité lugubre. La paix du ménage se fissure, tout comme l´équilibre de la mère. Commence une longue série de galères ? de magouilles paternelles en crises de nerfs maternelles. L´un des enfants, témoin épouvanté des calamités qui s´amoncellent audessus du foyer familial, raconte son histoire. À la fois roman d'initiation, saga familiale, épopée tragicomique,Le Chagrinest un mélange des genres d´une envergure littéraire exceptionnelle.0600PRESSE À propos d´Écrire(Prix du récit biographique) :  François Vey,Le Parisien  Didier Pourquery,Métro  Philippe-Jean Catinchi,Le Monde  Alexandre Fillon,Madame Figaro Le Nouvel Observateur  Trois couples en quête d´orage:  Philippe-Jean Catinchi,Le Monde Trois couples en quête d´orageest un de ses meilleurs livres. » Marie-Laure Delorme,Le Magazine littéraire  François Vey,VSD  Dominique Bona,Le Figaro littéraire  Nathalie Crom,La Croix  Gérad Pussey,Elle  Christian Sauvage,Le Journal du dimanche  Méfiez-vous des écrivains:  Nathalie Crom,La Croix  Patrick Besson,Le Figaro littéraire  Jérôme Garcin,Le Nouvel Observateur  Philippe-Jean Catinchi,Le Monde  Christine Ferniot,Télérama  Un jour je te tuerai:  Philippe-Jean Catinchi,Le Monde  Christian Sauvage,Le Journal du dimanche  Thierry Gandillot,L´Express  Michèle Fitoussi,Elle  Jérôme Garcin,Le Nouvel Observateur  Marie-Edith Alouf,Politis  France-Dimanche  François Vey,VSD  Thierry Gandillot,L´Express  Alexie Lorca,Lire  Des hommes éblouissants:  Jérôme Garcin,Le Nouvel Observateur  Pierre-Robert Leclercq,Le Monde des livres  Laurence Liban,Lire  Valérie Doineau,Elle  Mon premier jour de bonheur Mon premier jour de bonheurà cet écho touchant d´un livre à l´autre, on y retrouve une écriture à exacte distance entre pudeur et impudeur, et le refus de se complaire dans la contemplation de son nombril. » Jean-Baptiste Harang,Libération 

  • Il arrive à quatorze heures à l'entrée de la foire. Deux heures plus tard, la foule devenue folle l'aura lynché, torturé, brûlé vif et même mangé. Comment une telle horreur est-elle possible ? Comment une population paisible (certes angoissée par la guerre contre l'Allemagne et sous la menace d'une sécheresse exceptionnelle) peut-elle être saisie en quelques minutes par une telle frénésie barbare ? Au prétexte d'une phrase mal comprise et d'une accusation d'espionnage totalement infondée, six cents personnes tout à fait ordinaires vont pendant deux heures se livrer aux pires atrocités. Rares sont celles qui tenteront de s'interposer. Le curé et quelques amis du jeune homme s'efforceront d'arracher la malheureuse victime des mains de ces furieux et seule Anna, une jeune fille amoureuse, risquera sa vie pour le sauver.
    Incapable de condamner six cents personnes d'un coup, la justice ne poursuivra qu'une vingtaine de meneurs. Quatre seront condamnés à mort, les autres seront envoyés aux travaux forcés. Au lendemain de ce crime abominable, les participants hébétés n'auront qu'une seule réponse : « Je ne sais pas ce qui m'a pris. » Avec une précision redoutable, Jean Teulé a reconstitué chaque étape de cet atroce chemin de croix qui constitue l'une des anecdotes les plus honteuses de l'Histoire du XIXe siècle en France.

  • Dix ans après la publication d'En l'absence des hommes, premier livre de Philippe Besson, paraîtRetour parmi les hommes, suite fiévreuse, lyrique et nostalgique de ce somptueux roman devenu culte.0300 Déambulation hypnotique à travers le monde, qui convoque les fantômes de Kafka, Rimbaud, Nizan ou Dos Passos, voyage solitaire où le héros se perd et se dissout plus qu´il ne se reconstruit, où le déracinement demeure même une fois retrouvées ses racines, ce très beau livre, à la fois grave et lumineux, est un chant d´amour déchirant à la gloire des disparus, un livre sur la douleur vécue comme exil intérieur.0300Dix ans après la publication d´En l´absence des hommes, premier livre de Philippe Besson, paraîtRetour parmi les hommes, suite fiévreuse, lyrique et nostalgique de ce roman-culte. En 1916, à la mort de son amant tué au combat, Vincent s´enfuit en Italie, puis au Moyen-Orient, traverse l´Atlantique à bord d´un bateau d´émigrants, découvre l´Amérique et le New York de 1920. Après ces années d´errance à travers le monde, Vincent retourne en France. Son mentor, Marcel Proust, est mort lui aussi. Dans ce Paris des années folles, il peine à trouver sa place. Mais le hasard va le mettre en présence de Raymond Radiguet, qui vient de publierLe diable au corps. Le jeune prodige entraîne son nouvel ami dans les milieux intellectuels et les folles nuits de Montparnasse. Pourtant, derrière la joie de vivre apparente de ce garçon de vingt ans se cache une fêlure. Comme si Radiguet, malgré sa gloire éclatante et brutale, pressentait le sort tragique qui le guette.0600PRESSE A propos d´En l´absence des hommes « Il y a parfois, rarement, des premiers romans qui paraissent, signés d´illustres inconnus, et qui annoncent, sans hésitation, sans contestation, l´apparition d´un véritable écrivain. » Jean-Jacques Brochier, Magazine Littéraire « Etonnant, envoûtant premier roman que celui de Philippe Besson ! Tout y est dit, raconté avec pudeur et sensualité. L´écriture d´une réelle maîtrise court, fluide, légère... Le charme opère sans cesse. » Michèle Gazier, Télérama « Philippe Besson est un inconnu. Son premier roman,En l´absence des hommes, est une divine surprise. » Edmonde Charles-Roux de l´académie Goncourt, La Provence « Un superbe roman éclatant, inventif et audacieux. La culture, l´amour de la littérature, l´originalité du propos, l´intrigue insolite, la drôlerie du pastiche, l´ambiguïté des situations et la gravité de l´Histoire qui en est le décor s´y conjuguent avec subtilité pour la plus grande jouissance du lecteur. » Hugo Marsan, Le Monde À propos de son précédent roman,La Trahison de Thomas Spencer « AprèsUn homme accidentel, Philippe Besson revient au monde pictural d´Hopper comme à une icône américaine. Cet univers apporte avec lui, en même temps que l´histoire d´un lien passionnel entre deux jeunes hommes, celle d´un triangle amoureux : deux composantes récurrentes de l´oeuvre de Besson. » Fabienne Dumontet,Le Monde des livres « L´analyse est menée très finement, la jalousie, les souffrances indiquées avec tact. Le talent de Philippe Besson, la manière douce et tendre qui lui attire de plus en plus de lecteurs, consiste à ne jamais élever la voix, à montrer que les mouvements du coeur forment l´essentiel d´une vie humaine. » Dominique Fernandez,Le Nouvel Observateur « UnJules et Jimplus sombre, plus actuel, où le héros qui trahit finit par affronter sa culpabilité et s´accepter avec sa noirceur et son innocence. Un héros humain tout simplement. » Claire Chazal,Le Figaro « Romancier des sentiments, explorateur de l´intime, Philippe Besson n´avait encore jamais traité de la trahison et de son double, l´amitié. Il le fait avec une grande clarté d´expression et beaucoup de finesse dans son dernier roman,La Trahison de Thomas Spencer. » Joseph Macé-Scaron,Marianne « On apprécie, de roman en roman, que Philippe Besson se remette en question, changeant d'époque, de contexte, voire de style. Un conte moderne sans concession. Philippe Besson a réussi son coup : ses héros sonnent aussi vrai que les héros de romans sig

  • Charly 9

    Jean Teulé

    Il fallait tout le culot de Jean Teulé pour surnommer ainsi Charles IX, roi de France de 1560 à 1574, dont il nous raconte ici le règne pathétique et sanguinaire.0300Il est vrai que Charles IX ne fut pas un roi comme les autres et qu´il n´aurait pas laissé un grand souvenir s´il n´avait ordonné, en août 1572, le massacre de la Saint-Barthélemy, carnage qui horrifia l'Europe, à l'exception du pape et des Espagnols qui y virent, eux, la bienheureuse volonté de Dieu. Cette décision n´était pas la sienne mais celle de sa mère, la redoutable Catherine de Médicis qui utilisa toute sa vie sa nombreuse progéniture pour assouvir son appétit dévorant de pouvoir : dès qu´un de ses fils mourait, elle poussait illico le suivant sur le trône de France. Charles IX avait 22 ans à l´époque, et il ne possédait ni la cruauté ni la détermination, ni la force morale d´assumer un crime aussi horrible. Accablé par le poids de sa faute, il sombra dans une folie qui le conduisit en quelques mois à la maladie et à la mort. C´est cette terrifiante descente aux enfers que Jean Teulé raconte dans ce roman baroque et magnifique. Avec la verve qu´on lui connaît, il décrit les extravagances de ce malheureux jeune homme : la manière dont il coursait furieusement des lièvres qu´il délivrait dans les appartements de sa maîtresse ; comment il massacrait le bétail, la basse-cour et tous les animaux des fermes où le hasard de ses errances le conduisaient, comment il empoisonna une partie de la population en lui offrant du muguet le 1er mai, ce qui, en ces temps de famine, poussait ses sujets à manger cette fleur vénéneuse qu´il croyait être une sorte de salade ; comment il provoqua l´invention du poisson d´avril en officialisant le changement de date du début de l´année du 1er avril au premier janvier ; comment il crut remplir les coffres vides du royaume en fabriquant de la fausse monnaie... et bien d´autres folies encore, aussi saugrenues que sanglantes.0600PRESSEÀ propos de son dernier romanMangez-le si vous voulez« C´est bien du Teulé tout craché : un récit bref, efficace, inspiré de faits et de personnages réels, rigoureusement documenté. »Thomas Wieder,Le Monde des livres« Jean Teulé ne retrace pas uniquement un atroce fait divers de l´histoire de France. Il démontre surtout, avec une minutie époustouflante, l´engrenage sacrificiel qui se mit alors en place. En cent trente pages coupantes comme autant de lames, il revisite les étapes du crime et souligne que, dans sa confusion vengeresse, la foule des villageois prend la moindre rumeur pour argent comptant. »Alexis Lacroix,Marianne« Jean Teulé, après le foudroyant succès duMontespan, revient avec un nouveau livre court et puissant. »Stéphane Vacchiani,Le Point« Après le triomphe de sonMontespan, Jean Teulé livre un court récit, incroyable mais authentique. Grâce à son talent et sa verve, il parvient à rendre cette histoire dans toute sa monstruosité, son horreur, mais sans pathos inutile. »Jean-Claude Perrier,Livres Hebdo« L´auteur s´est livré avec talent à une reconstitution romancée de ce fait divers aux allures de cauchemar. (...) Il donne un livre concis et réussi (...) Avec une précision chirurgicale, un réalisme impitoyable, il démonte le mécanisme qui pousse la foule aux pires actions, la rend sourde et aveugle, la transforme en une meute animale assoiffée de sang et de vengeance. »Thierry Savatier,lemonde.fr« Jean Teulé réussit la prouesse d'un livre haletant qui dénonce la bêtise humaine. La bête n'est pas morte. »Philippe Séguy,Point de vue« Jean Teulé ne brode pas sur ce fait divers atroce, réel, qu´il exhume des oubliettes de l´histoire. Il en fait un compte-rendu circonstancié (...), ne veut rien démontrer. Montrer seulement. La Bête immonde qui sommeille en l´homme. Celle qui déclenche les pogroms, les génocides, les guerres civiles, les guerres tout court, toujours sales.Les Échos« Ce récit coup de poing de Teulé nous bouleverse. En tendant un miroir aux bourreaux ordinaires, il réussit un roman extraordinaire. »François Lestavel,Paris Match« Le compte-rendu poético-factuel d´un fait div

  • Une histoire simple et déchirante par l'auteur de «En l'absence des hommes».0300Thomas meurt.Thomas accepte de mourir. C´est ici, dans la maison de Saint-Clément, la maison de l´enfance, qu´il choisit d´attendre de mourir. Je suis auprès de lui. C´est encore l´été. J´ignorais qu´on pouvait mourir en été.Je croyais que la mort survenait toujours en hiver, qu´il lui fallait le froid, la grisaille, une sorte de désolation, que c´est seulement ainsi qu´elle pouvait se sentir sur son terrain. Je découvre qu´elle peut tout aussi bien exercer sa besogne en plein soleil, en pleine lumière. Je songe que Thomas l´accueillera en pleine lumière.»Un jour, Thomas apprend qu´il est gravement malade et qu´il va probablement mourir. La nouvelle touche en plein coeur ce jeune homme si vivant, si amoureux. Comment supporter une telle épreuve? Lucas, son frère va l´accompagner pendant ces quelques mois. Ils iront se réfugier dans la maison d´enfance, la maison blanche de l´île de Ré. Non pas pour attendre la mort mais pour vivre intensément chacune des heures qui leur est donnée.On retrouve dans ce nouveau roman les qualités de «En l´absence des hommes», premier roman très remarqué de Philippe Besson paru en janvier 2001."Son frère" a été adapté par Patrice Chéreau, avec Eric Caravaca et Bruno Todescini. Le film sera diffusé sur Arte au printemps 2003, puis sortira en salle. Il a reçu l'Ours d'argent du Festival du film de Berlin (la Berlinale).http://www.philippebesson.com0400Le 31 juillet,Thomas meurt.Thomas accepte de mourir. C´est ici, dans la maison de Saint-Clément, la maison de l´enfance, qu´il choisit d´attendre de mourir. Je suis auprès de lui. C´est encore l´été. J´ignorais qu´on pouvait mourir en été.Je croyais que la mort survenait toujours en hiver, qu´il lui fallait le froid, la grisaille, une sorte de désolation, que c´est seulement ainsi qu´elle pouvait se sentir sur son terrain. Je découvre qu´elle peut tout aussi bien exercer sa besogne en plein soleil, en pleine lumière. Je songe que Thomas l´accueillera en pleine lumière.Je croyais que cela commencerait par un engourdissement des membres, une contraction et qu´il y aurait soudain une urgence, une précipitation, une violence. Mais non: c´est la nonchalance, une sorte de vacance, une lenteur, un renoncement dans la chaleur. Une chaleur jaune et vibrante.Cette mort prévisible, attendue, causera pourtant, à n´en pas douter, un cataclysme. Elle rejaillira sur nos existences à tous. Elle les modifiera, leur fera prendre une direction imprévue. Elle opérera un dérèglement de nos vies, sans qu´aucun d´entre nous ne parvienne à s´y opposer. Cette mort sera le plus grand événement. L´onde de sa douleur se propagera pendant des années. Nous serons hantés, dévastés.Mon frère meurt.Saint-Clément-des-Baleines, c´est la dernière ville, celle qui se loge à la pointe ouest de l´île de Ré, à son extrémité, celle qui regarde le plus vers les Amériques. Après ça, il n´y a plus rien, ce n´est plus l´île, ce n´est plus la terre, c´est l´océan à perte de vue, c´est l´Atlantique indéfiniment. La lumière du phare montre la direction.Saint-Clément, c´est la terminaison d´un monde, comme l´était dans mon imaginaire enfantin le cap Horn. C´est le point au-delà duquel les eaux prennent le dessus, à partir duquel les hommes doivent déposer les armes. On raconte que des bateaux se sont perdus dans les eaux mauvaises, au large, malgré le phare, que des marins se sont noyés, que leurs cadavres ont été charriés par les marées, ramenés par elles à la terre ferme. On raconte des histoires extraordinaires.Ici, on peut facilement éprouver une manière d´abandon, comme si on était le dernier homme, et comme s´il suffisait de se laisser aller désormais, de n´avoir plus aucune prise sur rien. Ce sentiment, c´est autant celui du relâchement que celui de l´offrande, autant celui de la solitude imposée que celui de l´exil choisi.Le regard se perd, loin. Je sais que derrière moi, il y a les chemins, les pins, les marais, les églises, les cimetières. Mais devant: rien, rien que l´océan. Tout. L´enfance s´est jouée ic

  • Http://www.philippebesson.com 0600«Il y a parfois, rarement, des premiers romans qui paraissent, signés d´illustres inconnus, et qui annoncent, sans hésitation, sans contestation, l´apparition d´un véritable écrivain. Ce dut être la certitude des premiers lecteurs de «L´Étranger», ou de «La Nausée». C´est celle que nous avons à la lecture de «En l´absence des hommes», de Philippe Besson. Un romancier, et de talent, est apparu.Tout y est. L´aventure, le style, l´humeur, la respiration, les atmosphères, les personnages, la vérité et l´illusion romanesques, la construction. Un monde. [...]Ce qui frappe dans «En l´absence des hommes», c´est la maîtrise. Maîtrise des personnages, de la progression des sentiments. Le roman, pour certains, n´est pas quelque chose qui s´apprend, où l´on progresse, de livre en livre. Le premier est un coup de maître, d´emblée.»Jean-Jacques Brochier, «Magazine littéraire»«"En l´absence des hommes" est un superbe roman éclatant, inventif et audacieux. La culture, l´amour de la littérature, l´originalité du propos, l´intrigue insolite, la drôlerie du pastiche, l´ambiguïté des situations et la gravité de l´Histoire qui en est le décor s´y conjuguent avec subtilité pour la plus grande jouissance du lecteur.»Hugo Marsan, «Le Monde des livres»«Étonnant, envoûtant premier roman que celui de Philippe Besson! Tout y est dit, raconté avec pudeur et sensualité. L´écriture d´une réelle maîtrise court, fluide, légère. [...] Le charme opère sans cesse. »Michèle Gazier, «Télérama»«Ce roman élégant est une curieuse gageure que Philippe Besson a gagnée. Chapeau claque et chapeau bas!»André Rollin, «Le Canard enchaîn黫Tout cela est raconté par Philippe Besson avec une finesse et une sensibilité fort prometteuses. C´était un défi, cette double histoire d´amour: Philippe Besson a su le relever sans effet, sans pathos. Voilà une fort belle surprise de janvier.»Michel Crépu, «L´Express»«Impressionnant de maîtrise, le premier roman de Philippe Besson joue avec différents registres narratifs, évitant ce qui pourrait le faire pencher du côté du roman historique.»Sébastien Lapaque, «Le Figaro littéraire»«Il fallait à Philippe Besson de l´audace, de la sensibilité, de la pudeur pour imaginer cette histoire et nous la rendre crédible, attachante, prenante. Toutes ces qualités, il les possède manifestement. Et d´autres encore.»Nathalie Crom, «La Croix»«Philippe Besson est un inconnu. Son premier roman, «En l´absence des hommes», est une divine surprise.»Edmonde Charles-Roux, de l´académie Goncourt, «La Provence»«Il est peu de premiers romans impeccables. «En l´absence des hommes» est du nombre.Pascale Haubruge, «Le Soir, Bruxelles»

  • Après les succès des «Jours fragiles», d'«Un garçon d'Italie» et de «L'Arrière-saison», fidèle au rendez-vous, Philippe Besson confirme avec ce sixième roman l'étendue de son talent.0500Je suis né au milieu d´un automne, un jour de brume, un jour comme un autre, en somme. La brume, elle est là presque tout le temps. Elle recouvre tout, elle nous accompagne, elle sera là jusqu´au jour de notre mort. Elle est notre unique certitude. Ce voile sur nos visages. Ce gris dans nos regards. Ces gouttes qui perlent sur l´avant de nos bras.J´ai habité toute mon enfance dans une des maisons de poupée alignées sur le rebord de la côte, vous savez, ces maisons identiques les unes aux autres, au point qu´on pourrait rentrer chez un voisin sans s´en rendre compte. Ces maisons qui possèdent des bow-windows et un jardinet. On gare la voiture sur le côté.Je n´ai pas d´âge. Les années ont passé, je les ai perdues. Si je ne devais compter que les années heureuses, je serais encore un enfant.Je suis Thomas Sheppard, les gens m´ont toujours appelé Tom. Les gens, ce sont mes parents, les garçons qui ont grandi en même temps que moi, les vieux, les commerçants. Et Marianne, bien sûr. Personne ne m´appelle Thomas. Sauf ma grand-mère. Elle ne va pas tarder à mourir, à ce qu´on m´a dit. Alors, pour de bon, je ne serai plus Thomas pour personne.Je suis Thomas Sheppard et je n´avais jamais quitté Falmouth jusqu´à ce que les hommes m´emmènent.Aujourd´hui, je reviens.Je n´avais nulle part où aller.0300 http://www.philippebesson.com

  • L'Olympe des infortunes

    Yasmina Khadra

    • Julliard
    • 30 Septembre 2010

    Les Hirondelles de Kaboul,L'Attentat,Les Sirènes de Bagdad), après un grand roman d'amour (Ce que le jour doit à la nuit),  Yasmina Khadra, qui ne craint pas les changements de registre, met toute sa verve romanesque au service d'une fable corrosive qui nous plonge dans l'univers des clochards, plein de tendresse, de cocasserie, de rêves invraisemblables et de terribles déconvenues.
    0300Coincée entre une décharge publique et la mer, hors du temps et de toute géographie, l'Olympe des Infortunes est un terrain vague peuplé de vagabonds et de laissés-pour-compte ayant choisi de tourner le dos à la société. Là vivent Ach le Borgne, Junior le Simplet, Mama la Fantomatique, le Pacha, sa cour de soûlards et bien d'autres personnages aussi obscurs qu'attachants. C'est un pays de mirages et de grande solitude où toutes les hontes sont bues comme sont tus les secrets les plus terribles. Ach le Borgne, aussi appelé « le Musicien » parce qu´il sait, en quelques accords de banjo, faire chanter la lune, a pris sous son aile un jeune et naïf va-nu-pieds qui lui voue une admiration sans limites. Auprès de Ach, Junior s´initie à la philosophie des Horr. Le Horr est un clochard volontaire qui a pris le parti de vivre en marge de la ville en rejetant toutes ses valeurs : argent, travail, famille. Refusant jusqu´à la mendicité, le Horr se croit libre de toute attache. Mais lorsqu´une affection, souvent plus profonde qu´il n´y paraît, vient à naître entre les membres de cette communauté d´ivrognes et de bras-cassés, tout détachement s´avère alors bien illusoire. Immoraux, pourrissant dans leur déchéance, les personnages de ce récit n´en sont pas moins sublimes. À travers cette galerie de portraits bigarrés, se dégage une dimension symbolique où l´esprit de solidarité, le sens du compagnonnage qui règnent chez les Horr contrastent avec la violence et l´individualisme de la société moderne. Il fallait tout le talent de conteur de Khadra, et la splendeur imagée de sa langue, pour transformer le prosaïsme rebutant de l´univers des clochards en un monde hautement poétique, où l´onirisme surgit derrière les détritus. On l´aura compris, L´Olympe des infortunes est une métaphore qui dénonce avec force la décadence de notre civilisation. Yasmina Khadra se pose en moraliste de notre temps et le constat qu´il livre n´est pas flatteur : les âmes perdues ne sont pas celles que l´on croit. Et l´enfer, lui, n´est jamais où on l´attend.0300Ce que le jour doit à la nuit), Yasmina Khadra met toute sa verve romanesque au service d´une fable corrosive qui nous plonge dans l'univers des clochards, plein de tendresse et de cocasserie. Coincée entre une décharge publique et la mer, hors du temps et de toute géographie, l'Olympe des Infortunes est un terrain vague peuplé de vagabonds et de paumés qui ont choisi de tourner le dos à la société. Là vivent Ach le Borgne, Junior le Simplet, Mama la Fantomatique, le Pacha, sa cour de soûlards et bien d'autres personnages aussi obscurs qu'attachants. C'est un pays de mirages et de grande solitude où les hontes sont bues comme sont tus les secrets les plus terribles. Mais lorsqu´une affection, souvent plus profonde qu´il n´y paraît, vient à naître entre les membres de cette communauté d´ivrognes et de bras cassés, tout détachement s´avère alors bien illusoire. Immoraux, pourrissant dans leur déchéance, les personnages de ce récit n´en sont pas moins sublimes.0600PRESSE Ce que le jour doit à la nuit(prix France-Télévisions 2008 ; élu « meilleur livre de l´année 2008 » par la rédaction du magazineLire) :
    « Des mots que porte haut Yasmina Khadra dans une fresque éblouissante qui n´omet rien des déchirures, des humiliations et des trahisons de deux peuples unis dans l´attachement à une même terre. Ni du rêve de fraternité que ravive ce grand roman d´amour. » Christine Rousseau,Le Monde  Claire Devarrieux,Libération  Julia Ficatier,La Croix  Claude Sérillon, «Vivement dimanche» (France 2)  Grégoire Leménager, Le Nouvel Observateur  François Busnel, « La Grande Librairie » (France 5)  À propos deLes Sirènes de Bagdad:
    « Il y a d

  • Vous qui, sur les talons de Jean Teulé, entrez dans l?univers carcéral,vous allez affronter l?épouvante en riant aux éclats0300Dans la cellule 203, ils sont quatre:Jacky Coutances, maigrichon et sournois, a probablement tué trois de ses amoureuses dont on n´a jamais retrouvé les corps;Sergueï Kazmarek, colosse illettré et irritable, a rendu hémiplégique une jeune mariée dont le futur époux avait eu la mauvaise idée de lui faire une queue de poisson;Pierre-Marie Poupineau, pataud et bonhomme, a trop aimé les enfants en général et ses belles-filles en particulier. Elles ont attendu la mort de leur mère pour l´envoyer en prison;Et Sébastien Biche, instituteur fragile, a, dans un moment d´épuisement et de folie, tué son bébé en lui cognant la tête contre la cheminée.Dans la 108, elles sont trois:Corinne Lemonnier, monstre femelle qui offrait ses neveux et ses nièces aux plaisirs sadiques de son amant;Nadège Desiles, qui a tué son bébé à sa naissance par crainte de déplaire à son mari;Et Rose Allain, dont tout laisse à penser qu´elle est là par erreur.Jacky aime Corinne et Corinne aime Jacky. Ils ne se connaissent que par les mensonges amoureux qu´ils échangent en hurlant, chacun collé aux barreaux de leur fenêtre respective.Kazmarek fait lire et écrire ses lettres d´amour par ses codétenus contre de menus services (comme d´accompagner Poupineau à la douche pour lui éviter de se faire sodomiser, car la prison est dure aux pédophiles).Sébastien Biche s´étiole en silence.Nadège Desîles, elle, s´est prise d´affection pour le deuxième barreau de la fenêtre de sa cellule où elle croit reconnaître son mari tant aimé.Et tout le monde plaint la petite Rose Allain, qui est si mignonne.Le directeur fou d´amour pour son épouse stérile sombre lentement dans une douce démence alors que, tel un choeur antique, les gardiens commentent et explicitent les lois étranges qui régissent cet enfer.Et si l´un d´entre eux croit pouvoir franchir la ligne invisible qui sépare ceux qui sont détenus de ceux qui les gardent, il en crève.Peut-être aurez-vous le sentiment que Jean Teulé a poussé le bouchon un peu trop loin. Que son imagination enfiévrée et son goût immodéré de la provocation l´a poussé hors du cadre. Que son amour de la phrase enlevée, du mot juste et de la scène explosive l´ont fait disjoncter. Sachez simplement que les histoires qui tissent ce roman magnifique sont tirées de faits authentiques.

  • Besson revisite le roman épistolaire avec une élégance d'une rare maîtrise.Sur un thème universel (la séparation), il propose une invitation au voyage,un témoignage sur la violence invisible de la rupture amoureuse,et une ode à l'écriture qui sauve.0300Un instant d´abandonrompt volontairement avec la noirceur de ses derniers écrits.

  • La vie rêvée doit se révéler plus belle, plus exaltante que la vraie vie Est-ce si sûr?0300Luc Esline est romancier et son projet est simple: faire des habitants de l´immeuble où il vient d´emménager les héros de son nouveau roman.Luc pense que, dans nos sociétés nanties, la plupart des gens devraient connaître des destins formidables mais que la peur de souffrir, la paresse ou la pure bêtise, les empêchent de se réaliser.Il va donc observer la vie quotidienne de ses nouveaux voisins et imaginer les destins étonnants qu´ils pourraient avoir s´ils avaient le courage d´affronter la réalité.Habitent dans cette ancienne usine, habilement transformée en appartements cossus: Paul-André, dentiste par nécessité, solitaire par goût et horticulteur par passion (sa serre encombre la cour de l´immeuble); Thomas et Cécile, un couple d´une quarantaine d´années, heureux parents de Laetitia, une adolescente adorable; Amanda, une jeune présentatrice de la télévision en pleine ascension, dont le mari (un peu terne et vaguement graphiste) reste à la maison pour s´occuper de leurs deux jeunes enfants; Marc Lanzmann, la star de l´immeuble, un éditeur de presse craint du Tout-Paris et qui vit là avec sa jeune maîtresse et Julien, son fils de dix sept ans; et notre romancier (divorcé depuis peu et douloureusement en manque de son tout jeune fils)Tous ces gens ont des histoires, des rêves, un passé, des secrets. Pour les percer à jour, il suffit de les observer et de poser les bonnes questions. Luc va s´y employer avec talent...

  • Derrière le cliché d´une existence bien rangée, ou celui des paillettes et du glamour, se cachent la vulnérabilité et la solitude de deux êtres. Aucun n´avait prévu l´attirance violente qui les pousse soudain l´un vers l´autre. Comment ces deux hommes, icônes d´une certaine Amérique et symboles de la virilité, vont-ils faire face à l´inédit ? Et combien de temps un amour, même absolu, peut-il se maintenir en marge de la morale et des lois ?
    Tantôt roman noir, tantôt road movie, cet hommage aux films hollywoodiens est aussi le récit d´une ville mythique, Los Angeles, où l´omniprésente lumière californienne irradie tout, des rues aux villas de stars, en passant par les motels de Venice Beach et les rivages du Pacifique. Cette lumière vengeresse semble n´avoir qu´un seul but : révéler le mensonge des apparences, confronter les êtres à leurs secrets enfouis et à leur vérité nue.

  • Ils ne sont pas frères, mais se disent jumeaux. Paul et Thomas sont, en effet, nés le même jour. Ce hasard les a rendus inséparables. Leur enfance se déroule à Natchez, dans le Sud des États-Unis, au fil de baignades inoubliables dans le fleuve. Les années 1950 sont, pour eux, un âge d´or. Les années 1960 ont le goût de la jeunesse. La télévision, petite lucarne sur l´extérieur, délivre les images toutes faites d´une Amérique triomphante. Le duo Paul/Thomas connaît des heures inoubliables. Pendant longtemps, ils croient leur amitié inaltérable. Jusqu´à leur rencontre avec Claire, une jeune femme libre. Donc dangereuse... Un parcours de trente ans dans une Amérique ambivalente, traversée par des conflits politiques qui révèlent ses contradictions. Pour la première fois, Philippe Besson confronte ses personnages à la durée et à l´influence de l´Histoire pour en revenir à ce qu´il estime être l´essence de la vie d´un être humain. 

  • Un critique a écrit : "La peinture de Sainte-Rose est à placer sur la pyramide des larmes."0300Ce talent à saisir l'expression d'un désarroi déchirant, Sainte-Rose l'a d'abord exercé en reproduisant avec minutie le regard très particulier des foetus de canard. La vogue des portraits de foetus morts s'épuisant, il s'est attaqué aux humains vivants. Pour faire surgir dans l'oeil de ses modèles cette même lueur d'effroi halluciné, il leur balance des vacheries abominables au moment adéquat.L'ambition venant avec le succès, il décide de s'attaquer au portrait d'un couple. Le projet pose problème. Comment faire surgir cette fameuse lueur chez deux personnes différentes, exactement au même moment ?Pour atteindre ce sommet de son art, Sainte-Rose monte une véritable machination. Il organise la rencontre de deux de ses amis qui, au demeurant, lui sont très chers.À cinquante ans, Hélène est une femme superbe qui gère sa vie et sa carrière d'une main de fer. Roland, à quarante, laisse les siennes se débrouiller comme elles l'entendent. Ils ont en commun de souffrir d'un grand manque affectif et les mettre en présence revient à jeter une allumette dans une pinède un jour de canicule et de grand vent.La passion qui les noue est immédiate et sauvage.Sainte-Rose exulte.Il referme le piège en donnant à Roland l'idée d'écrire l'histoire de deux amants qui se jurent de ne jamais tricher et de toujours dire tout ce qu'ils pensent et tout ce qu'ils ressentent. Aveuglés par la passion, Hélène et Roland s'emparent de cette gageure avec l'enthousiasme et la jubilation de deux enfants découvrant un nouveau jeu. Mais où est la limite ?L'affrontement brûlant et somptueux de ces deux magnifiques personnages est un pur régal.En refermant le livre, on éprouve ce sentiment délicieux que provoque l'assurance que l'amour sait triompher des épreuves les plus rudes. À la réflexion, on se dit que si l'envie vous prend de jouer à ce jeu fascinant, il est préférable d'avoir une grosse santé et de bien choisir son partenaire.

  • Dans ce nouveau roman, Lionel Duroy poursuit son exploration de l'intimité du couple et se penche cette fois sur les ressorts secrets d'un amour heureux.0300À l´instant où il l´a vue pour la première fois, de l´autre côté de la rue, à la fenêtre d´un appartement, Marc a été subjugué par Hélène. Dix ans plus tard, ils sont mariés et ont deux filles adorables. L´éblouissement demeure.Alors qu´ils passent un week-end sur une plage de Normandie et qu´ils vivent un de ces moments de grâce que la vie réserve aux gens heureux, Marc continue à éprouver devant le charme énigmatique de sa jeune femme le même étonnement. Comment et pourquoi cette femme a-t-elle pu l´aimer? Pourquoi lui a-t-elle tant donné? Le saura-t-il jamais? Peut-être est-ce tout simplement cela, le bonheur...Et soudain, un souvenir le transperce. C´était à Turin, au cours de ce voyage où ils ont fait l´amour pour la première fois. Il se souvient dans les moindres détails de la chambre d´hôtel et de chacun de leur geste. Il se rappelle aussi que, pendant tout leur séjour, Hélène a rempli de son écriture fine des pages et des pages d´un cahier noir qu´elle a toujours refusé de lui laisser lire. Et ce cahier, il s´en souvient parfaitement, est resté dans cet hôtel... S´il pouvait lire ce qu´elle a écrit au moment de la naissance de leur amour, il saurait tout de sa femme.Cette idée devient obsédante, et Marc décide de repartir à Turin retrouver le cahier d´Hélène. Dix ans se sont passés. Comment retrouver un objet aussi insignifiant oublié dans une chambre qui a vu passé depuis des milliers de voyageurs? L´hôtel existe-t-il encore, seulement? Et qu´y a-t-il d´écrit dans le cahier d´Hélène? Est-il bien certain qu´il soit opportun de relire aujourd´hui ce qu´elle écrivait jadis?

  • Jamal aime Judith, Judith aime Jamal. Banale histoire d'amour ? Pas vraiment : Jamal est beur, Judith est juive...
    Tragédie ? comédie ? satire ? Fouad Laroui brouille les codes romanesques traditionnels et propose un récit d'un genre nouveau.Le dossier - Des repères culturels et biographiques - Des groupements de textes - Des pistes de lecture et des exercices - Des sujets types pour l'écrit et pour l'oral du bac

  • Au fil de son tumultueux monologue, c'est la tragédie d'un amour malsain, plus mortel que la gangrène, qui apparaît comme une effroyable vérité. Elle adresse sa longue confession à l'homme, son mari, le seul amour de sa vie. Elle n'est pas sûre qu'il lira sa lettre. Encore moins qu'il veuille tenter de comprendre. Et pourtant, sans se dérober, elle cherche en elle-même les origines de son crime. Elle remonte le temps pour trouver les prémisses de la folie, très loin, quand elle n'était qu'une petite fille ? et déjà, un monstre en puissance.

    Pour son retour à la fiction, Mazarine Pingeot s'attaque avec audace à un sujet troublant. Pari risqué, pari réussi. Aujourd'hui jeune mère comblée, elle confirme un talent étonnant lui permettant de prêter sa voix à une infanticide. Explorant jusqu'au tréfonds les contradictions et les obsessions d'un personnage féminin aussi glacial que désespéré, Mazarine Pingeot écrit un texte bouleversant.

  • Fouad Laroui vit en Europe depuis l´âge de vingt ans. Mais c´est dans le Maroc de son enfance et de son adolescence qu´il a appris à connaître les hommes. Fils d´un père disparu dans les geôles de Hassan II, élève brillant du lycée Clemenceau de Casablanca, il a été cet enfant seul et cet adolescent désespérément lucide qui hante tout ce qu´il écrit. Aujourd´hui, directeur d´une unité de recherche à l´université d´Amsterdam, après avoir vécu et travaillé dans de nombreux pays d´Europe, il est probablement le véritable premier écrivain européen puisqu´il publie aussi bien ses romans en français à Paris que ses poèmes en néerlandais à Amsterdam.«Tu n´as rien compris à Hassan II» est le titre d´une des nouvelles de ce recueil qui résume parfaitement le regard que l´auteur porte sur l´humanité... Dans un café bruyant, de jeunes intellectuels marocains discutent âprement de la place qu´occupera Hassan II dans l´Histoire. Laissera-t-il le souvenir d´un monarque éclairé fondateur du Maroc moderne ou celui d´un dictateur assoiffé du sang de ses adversaires. Tout en polémiquant avec passion, Fouad ne peut s´empêcher d´être fasciné par une jeune femme assise au bar qui pleure en silence. Et si la chose la plus importante du monde était le chagrin de cette femme inconnue ?... Tous les héros de ce recueil se posent les mêmes questions, chacun à sa manière. Comment doit-on regarder le monde et nos contemporains ? Doit-on éclater de rire devant la stupidité des êtres humains ? Éclater en sanglots devant leur férocité ? S´émerveiller de la beauté des choses et de l´intelligence des hommes ou désespérer de leur incurable bêtise ?

  • Un jeune universitaire marocain, titulaire d´une chaire d´économétrie à l´université de York, se retrouve plongé dans l´univers étrange et mouillé de la campagne anglaise. Pour échapper à l´ennui qui le guette, il décide d´effectuer une étude ethnographique du peuple anglais, se servant des méthodes utilisées par les ethnologues occidentaux quand ils étudient les peuples primitifs. Partant du principe que le pub est à l´Anglais ce que l´arbre à palabres est aux Bambaras, il y installe ses pénates et note scrupuleusement sur un petit carnet les détails de la vie quotidienne, les moeurs et les rites de ces curieux indigènes. De cette étude va naître une rencontre avec une terrifiante et richissime vieille dame anglaise.
    Entre ces deux énergumènes que tout oppose, le choc est inévitable. Et les plongera, l´un comme l´autre, dans des situations inextricables et drôles...
    En filigrane de ce roman intelligent et enlevé, une critique acerbe et désopilante de l´Angleterre, de l´ethnologie, des riches, des alcooliques, des Marocains et de la météorologie... Fouad Laroui rit de tout. Heureuse tournure d´esprit qui en fait un des écrivains contemporains les plus inventifs.

  • Doggy bagaccumule les succès : déjà près de trois cent mille lecteurs séduits ; Philippe Djian choisi par les Éditions 10/18 comme premier auteur français contemporain pour figurer aux côtés de tant d´écrivains cultes américains ; un coffret en poche des trois premières saisons ; et la saison4 récompensée par le prix Vaudeville. Il ne manquait plus qu´un peu d´audace de la part des producteurs pour transposer sur le petit écran l´univers mordant de ce tumultueux récit en six "saisons", inspiré des meilleures séries américaines. Un objectif enfin atteint dont on attend avec impatience le résultat final.
    Sur les six saisons annoncées, il n´en reste plus que deux à Philippe Djian pour résoudre les énigmes deDoggy bagencore en suspens... Comment s´y prendra-t-il ? Petit avant-goût : enfermé à vie dans sa cellule de luxe, David ne devrait plus désormais représenter le moindre danger pour le couple Marc-Édith. Du moins, en théorie, car entre les frères Sollens, rien n´est jamais aussi simple... Et si vous croyez qu´on ne peut faire aucun lien entre un autobus rempli de paroissiens, un officier de police amoureux, un rituel issu duLivre des Morts tibétains,et un ours géant assoiffé de sang,détrompez-vous : la saison 5 vous réserve plus de surprises encore que toutes les précédentes...

    Suite et fin avec la saison 6 deDoggy bag,à paraître aux Éditions Julliard début 2008.
    Http://philippedjian.free.fr

  • Écrivain, conteur-conférencier et peintre, Jean-Pierre Otte est un poète heureux et généreux0300Après avoir observé nos jardins, nos étangs, nos plateaux de fruits de mer, nos forêts et nos basses-cours, Jean-Pierre Otte a levé les yeux vers le ciel et il a vu: le jaillissement de l´alouette, les acrobaties des étourneaux, la révérence des tourterelles, la cérémonie des corbeaux freux, la parade des coqs de bruyère, la danse aquatique des grèbes huppées, les amours collectives des flamants roses...Envols, parades, cris et chuchotements... «Amours en vol» est une promenade délicieuse dans le monde enchanté des amours ornithologiques.0400Dans «L´Air et les Songes», Bachelard voit dans l´alouette un signe ou un motif de sublimation par excellence. Il évoque une image littéraire pure quand par son vol en altitude, sa petite taille et sa vivacité, elle s´empêche d´être vue et de devenir une image picturale. L´alouette devient pour lui un symbole de transparence et de matière aérienne, un jet de sublimation par la verticale du chant. Il parle même d´une «onde de joie» quand à mon sens il conviendrait de parler d´une vibration d´allégresse que seule la partie vibrante de notre être peut recevoir et connaître et comprendre.Au contraire de sa soeur des champs et du cochevis des vignes, qui appartient à la même famille, l´alouette lulu se plaît dans les lieux secs et ensoleillés, les paysages avec des arbres épars et des buissons isolés, si bien que le causse où je vis lui convient parfaitement avec ses parties de landes, ses bosquets de cornouillers et d´érables dits de Montpellier, les genévriers erratiques dans les grèses et les anciens pacages à moutons.Cette alouette lulu est d´une livrée qui permet le camouflage cryptique, la parfaite dissimulation dans les herbes; elle se confond par la grâce d´un dessus brun marqué de stries anthracite et d´un dessous blanc roussâtre. Deux sourcils neigeux partent du surplomb des yeux pour se réunir contre la nuque. L´oeil est plein d´acuité, le bec effilé.Son vol est en mouvement ascendant et descendant mais aussi en spirale, décrivant la même spire qu´à l´intérieur des coquillages ou l´entortillement égal et circulaire des vrilles de la vigne. Ce vol s´interrompt par de brusques plongées, des chutes libres, ailes fermées jusqu´au sol. Quand elle monte dans les airs jusqu´à disparaître à nos yeux, elle figure alors au mieux l´image de l´âme dans son désir de rétablir le lien entre le ciel et la terre.On dit de l´alouette qu´elle grisolle: ce verbe cherche à imiter son chant en courtes strophes, un dulidulidi sans fin, qui tient du grésillement d´une herbe sèche en feu en même temps que du bruit d´une faux battue à la pierre à aiguiser; mais, à mieux l´écouter, ce chant obéit à des variations innombrables et semble ainsi exprimer avec subtilité les états d´âme rapprochés de la jubilation, de l´allégresse et de l´ivresse en altitude.Si elles s´élèvent le plus souvent en solitaire, c´est toutefois à deux qu´elles accomplissent l´interminable ascension, sans cesse reconduite à la période des amours.La folie insensée qui s´empare de leurs sens et qui dilate le coeur trouve son ivresse dans la vivacité des ailes, l´audace du toujours plus haut, le dudidulidi dont elles s´étourdissent: en définitive, elles gravitent en elles-mêmes, créant et recréant sans cesse dans l´âme l´espace amoureux.

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