Littérature générale

  • « La corvée de bois était le nom donné aux exécutions sommaires. On emmenait en pleine campagne un groupe de prisonniers ou de simples suspects pour effectuer une corvée de bois, et là, on faisait mine de leur rendre leur liberté et on les abattait comme des lapins. Et comme on ne pouvait pas obliger les appelés à commettre des assassinats, Rolles choisissait parmi eux des volontaires. Il arrivait souvent que ceux-là se rétractent au dernier moment. »
    Jacques est un jeune appelé du 35e régiment, un de ces hommes envoyés en Algérie dans les années 1959-1960 pour accompagner la transition après les années de guerre, se faire les dents et devenir des hommes, leur dit-on. Il laisse derrière lui son père, et surtout celle qu'il aime, Jeanne, qui reste tout près, en pensée, tout au long de son exil. Là-bas, en Algérie, Jacques retrouve son ami d'enfance, François, un jeune officier plein d'assurance, qui viendra, juste après la proclamation de l'indépendance, rappeler lors d'une cérémonie officielle le sens de l'engagement militaire et les valeurs patriotiques, comme pour mieux organiser l'occultation de l'horreur qui vient de se dérouler. Jacques ne reconnaît plus son ami, devenu un étranger pour lui. Que fera-t-il de son sentiment de trahison ?
    Marie-Aimée Lebreton, après Cent sept ans (Prix Alain-Fournier), revient une fois encore sur la guerre d'Algérie, explorant cette fois le sort de ces jeunes Français engagés dans un conflit qui leur est étranger. Une oeuvre lumineuse qui emprunte au conte.

  • Mélanine

    Jeet Thayil

    À soixante ans passés, Francis Newton Xavier, poète et artiste culte installé à New York, décide de quitter l'ambiance délétère qui s'abat sur Manhattan au lendemain du 11-Septembre et de rentrer en Inde. Ce voyage sera l'occasion de dresser le portrait réjouissant d'un créateur radical et de la société dans laquelle il a évolué.
    De ses années d'apprentissage auprès d'un groupe de poètes maudits de Bombay jusqu'à ses frasques new-yorkaises, l'histoire de Xavier montre que la vie d'un artiste peut être, au fond, son grand oeuvre. Sa destinée compose un roman foisonnant, un hymne beau et étrange à la vie d'artiste qui vient confirmer Jeet Thayil comme l'un des auteurs les plus captivants de sa génération.
    Jeet Thayil (né en 1959) est un poète, romancier et musicien indien. Il a fait sensation avec son premier roman, Narcopolis (L'Olivier, 2013), qui lui a valu de remporter le DSC Prize for South Asian Literature, d'être finaliste du Man Booker Prize et du Hindu Literary Prize en 2012. Il vit en Inde.

  • Fin 1772. Bolitho à seize ans à l´heure de son deuxième embarquement. C´est sur le Gorgone, imposant vaisseau de soixante-quatorze canons qui appareille pour une destination inconnue, que le « petit » Richard fera son rude apprentissage : promiscuité des entreponts, brutalité des maîtres d´équipage, peur au ventre à l´heure des manoeuvres dans les voilures quand le gros temps malmène le navire... Tout cela ne serait rien sans les coups tordus qui gangrènent le quotidien et aguerrissent les plus tendres. Le « petit » deviendra grand et ceux qui le cherchent ne tarderont pas à le comprendre...

  • Parce que le monde change très vite, de plus en plus vite, à une vitesse inédite même, la question de l'adaptation des individus dans un environnement si mouvant est centrale. À plus forte raison alors que nous savons qu'un métier sur deux environ va être impacté à moyen terme par la révolution digitale et que nous allons tous en moyenne changer dix fois d'employeurs, de secteur d'activité, de métier, de statut au cours de nos vies professionnelles. Se former, tout au long de la vie, est donc quasiment une condition de survie.

    Olivier Faron est administrateur général du Conservatoire National des Arts et Métiers (CNAM). Thibaut Duchêne est son adjoint, en charge de la stratégie et du développement.

  • De belles rencontres

    Alain Gaba

    - Quel moyen avons-nous pour lutter contre ces abus, dans nos quartiers ? Qu'en est-il de ce que l'on appelle le "social" ? Passé à la trappe par l'argent ? David a toujours apporté aux autres son savoir pédagogique, construit avec Célestin Freinet. De retour à Paris après avoir enseigné à La Réunion et Madagascar, il crée un centre de formation d'animateurs pour permettre aux jeunes en décrochage scolaire d'acquérir une formation et un travail. Bien que cela ne soit pas son milieu de prédilection, il s'est laissé emporter par le défi : aller à la rencontre de ces jeunes des banlieues, dont on a souvent des images très négatives et violentes. Il réussit ensuite à travailler avec les porteurs d'innovations et de nouvelles approches dans leur domaine : tels que Lainé, les frères Oury, Deligny, Augusto Boal, Jacquard, Debord et Vainegem... et d'autres encore, tous des personnalités qui ont apporté une respiration dans ce siècle, déjà perverti par l'argent. Et maintenant, pourquoi ne les connait-on pas ? Du moins, pourquoi leurs propositions sont-elles enfouies dans l'histoire ? Qui connaît ces personnages, dans le public et même dans des formations professionnelles ? Le travail, le soin, les handicaps, l'éducation populaire... n'ont pas résisté à la fougue capitaliste et à l'abandon de l'histoire ! De belles rencontres, le quatrième volume de la saga de David, évoque avec justesse les différentes méthodes de pédagogie pour les enfants en difficulté. Alain Gaba nous offre ici un témoignage essentiel de son temps, tout en nous transmettant son savoir et en luttant contre des idées reçues.

  • Mauvaise surprise pour Alain, les vacances estivales en famille n'auront pas lieu comme prévu, le camping où se trouve leur cabanon ayant été détruit. L'étudiant en économie à la faculté de Montpellier s'apprête à découvrir la liberté hors du cocon familial et les émois du premier amour. Sensible au renouveau de la scène musicale rock du début des années soixante-dix, le jeune homme s'enthousiasme à l'écoute de groupes tels que Magma ou Pink Floyd. Sans oublier les examens et les responsabilités du monde adulte qui l'attendent... Le temps a passé, à l'insouciance des souvenirs d'enfance et d'adolescence au Cap d'Agde sur la côte méditerranéenne contés dans les deux premiers volumes succèdent ceux de l'étudiant en formation. Dans la suite de ses mémoires romancés, Alain Boixados entreprend librement de reconstruire le passé de manière subjective. Son témoignage rétrospectif se libère des contraintes propres au genre autobiographique pour faire oeuvre de fiction.

  • « Les soufis pensent que le voyage importe encore plus que la destination, et c'est ce qui explique que leur dévotion n'est nullement inspirée ni mue par la crainte des enfers ou encore le désir d'un paradis. Pour eux, l'enfer comme le paradis se trouvent tous deux dans le présent, dans le voyage qu'ils ont entrepris, et c'est pourquoi ils courent souvent le monde et s'attachent rarement aux endroits où il leur arrive de séjourner. Ils ne veulent pas s'encombrer d'attaches, ils sont d'éternels nomades de l'esprit, ils sont comme le vent. Qui peut dire où habite le vent, d'où il vient, et où il va ? La terre n'est pour eux qu'un chapelet d'oasis dans lesquels ils s'attardent de temps à autre, mais qu'ils finissent toujours par quitter. Ils sont d'éternels aventuriers, mais ce qui les intéresse le plus, ce sont les aventures de l'esprit, car les barrières de l'esprit sont plus perméables que celles du corps et les étendues qu'elles nous ouvrent sont quasiment infinies et recèlent de plus grands trésors. Le monde des esprits est soumis à moins de contraintes, mais seuls les aventuriers dans l'âme peuvent y être invités. En vérité, nous nous y invitons nous-mêmes, mais ne pouvons y pénétrer que lorsque nous y sommes disposés. » Tamsir est un trentenaire confronté aux fléaux de la société. Bien que conscient des difficultés de la vie, il analyse les situations avec discernement et garde la conviction que le meilleur est encore possible, en dépit des embûches qui entravent le cheminement de nos projets. Déterminé, philosophe et optimiste, le jeune passionné souhaite écrire un livre afin de partager ses idées et inciter ses lecteurs à avoir la foi en leurs aspirations nobles. Un ouvrage empli d'humanité et de sagesse, qui fait naître l'espoir et donne envie de croire à nouveau en notre monde.

  • Changer, la gageure

    Robert Tauzin

    Dans ce roman, ils sont trois :
    - Luc Roq : veuf, il a de surcroît perdu sa fille unique, victime d'une longue maladie. Il n'est pourtant pas seul, il lui reste Davide, jeune femme à présent. Hier, gamine, cahotée par les aléas de la vie, elle a été élevée chez Luc.
    - Davide, 24 ans, étudiante en 6e année de médecine, l'année cruciale, celles des épreuves classantes nationales. Luc s'impose en mentor auprès de Davide. Il en a le temps : son sacerdoce est épuisé, il est médecin à la retraite. Il la surprotège : il sait, lui, ce que la vie apportera à Davide. Il décide de tout avec une méticulosité inquiète. Elle s'en indigne ; il la tanne tant qu'elle étouffe. Elle se rebelle, timidement d'abord, puis, s'affermit : à chaque occasion de rencontre, elle se révulse et ne cherche plus qu'à conquérir toujours plus de liberté.
    Au milieu de leurs querelles, où les frictions entre deux générations sont animées : Élisabeth.
    - Élisabeth, veuve de deux maris, a derrière elle un pan de vie qui lui a forgé une capacité de patience exemplaire et une non moins belle tolérance. Elle est la récente compagne de Luc. Elle use sans relâche de tous les moyens en sa possession pour les réconcilier.
    Elle est à la veille de réussir, quand un évènement, pourtant prévisible, vient tout chambouler, rend l'action encore plus palpitante : cartes rebattues, nouvelle donne, partie différente certes, mais dont les éclats ne sont pas moins flamboyants. Fracassants ! À se demander comment cela va finir...

  • « De futur simple en futur antérieur, de ces circuits d'enfance à cet autel de l'avenir d'aujourd'hui rencontré dans la glace piquée de la cheminée, de ce printemps d'avant-hier à celui des marronniers du Luxembourg que je suis allé enfin respirer, combien de tours de manège, combien de va-et-vient et d'allers sans retours et de retours de manivelle ! Mon Dieu, Maman, comme ton petit a vieilli ! Sans doute aura-t-il voulu courir trop de lièvres à la fois, se mesurer à l'aune de grands exemples, le souffle lui aura manqué (la course de fond ne fut jamais son fort...). Peut-être aura-t-il chevauché un coursier trop fougueux, ce cheval blanc qui déjà l'emportait sur les pistes d'Arizona, au désert de Santa Fe. Ma mère, pardonnez-moi parce que j'ai péché. Par défaut. Absence, faiblesse, pusillanimité... C'est déjà bien difficile de devenir seulement ce que l'on est. Quant à être celui que l'on voulait devenir ! »

  • « Mais sa pitié, je n'en veux pas. Je ne lui dois rien, ni à elle, ni à personne. J'ai un père et une mère comme tout le monde, mais je ne sais pas où ils sont ni qui ils sont. Tout ce que je sais, c'est que je suis tout seul, sans famille, comme les autres garçons et filles placés chez les paysans en Ardèche. J'en ai gros sur la patate, mais faut faire avec. Le Gustave, un soir de vogue et rond comme un boulon, m'a dit que j'avais été abandonné à la naissance à Marseille. J'en reviens pas. C'est comme la guerre, je ne comprends pas. La nuit, ma paillasse sur le nez, j'apostrophe ma mère : "Pourquoi tu m'as abandonné ? Tu ne m'aimais pas, tu étais malade, tu n'étais pas mariée et tu avais honte, tu étais trop pauvre pour me garder ? Les enfants, c'était pas ton affaire ? [...]" » OEuvre inspirée par la trajectoire du père de l'auteur et composée en son honneur, « La Folle Herbe » se lit comme un roman d'apprentissage où le courage le dispute à la dignité.

  • Majorque, début des années soixante. Un architecte rêveur achète des terrains et bâtit un hôtel sur la plage pour ses amis. C'est ainsi que naît la communauté des artistes de la Cala Alegria. C'est là qu'Élisabeth voit le jour. Un univers à part où elle se construira avant d'affronter l'autre visage du monde... Utopie, nostalgie, liberté : trois maîtres mots qui guident un récit initiatique attachant, humain et authentique, à l'image de ses personnages, plus vivants que nature.

  • Vladimir est un adolescent atypique qui à aspire à percer dans le tennis professionnel. Il est prêt à tout pour réussir son rêve, même à s'élever contre son entourage. C'est dans ce contexte que surgit Ibn. Cet homme étrange semble sorti de nulle part. Rejeté par sa fédération, il croit pourtant en Vladimir et devient son Pour ...

  • Un soir d'hiver, le chasseur de loups Narcisse Rognard, dit le Puant, arrive chez les Baulier. Au cours de ses traques en forêt, il poursuit certains brigands qui croisent des loups avec des chiens pour créer des animaux très agressifs. Fasciné par l'homme et ses connaissances, le jeune Louis s'engage aux côtés du chasseur en quête d'un successeur. Il va alors s'initier à comprendre les animaux et la nature puis faire son apprentissage de la vie et de l'amour auprès de Cladie, la fille de la Vive, l'âme soeur guérisseuse du Puant.

empty