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  • Les familles migrantes ayant des enfants en situation de handicap doivent non seulement faire face aux défis liés à cet handicap mais elles doivent de surcroît composer avec les exigences administratives, matérielles, économiques et culturelles liées à leur migration. L'accompagnement professionnel de ces familles soulève des questions spécifiques. Quelle place accorder à l'enfant migrant en situation de handicap ? Comment travailler avec ces familles ? Geneviève Piérart ne propose pas de « recettes miracle », mais ouvre des pistes de réflexion et d'action pour soutenir une intervention créative et innovante dans des situations souvent douloureuses et complexes. A travers une synthèse des approches disciplinaires utiles pour comprendre la problématique, une recension d'outils, des illustrations tirées de la littérature et des analyses de cas, le lecteur est invité à repenser l'intervention dans le champ du handicap à l'aune de l'interculturalité, et passer par là, d'une perspective de « double handicap » ou de « double altérité » à une perspective de « double compétence » de ces enfants et de leurs familles. Cet ouvrage saura enrichir les réflexions des intervenants de l'éducation, du travail social et de la santé qui accompagnent des enfants migrants en situation de handicap et leurs familles. Il sera également un support pédagogique précieux pour la formation des professionnels destinés à intervenir dans ce contexte.

  • La diversité de trajectoires de vie, d'appartenances et de ressources est une réalité peu prise en considération dans les fonctionnements institutionnels. En proposant cet ouvrage, alors que la littérature sur les concepts de diversité et de genre abonde, Monique Eckmann et Àgnes Fldhazi offrent des pistes de réflexion et des outils pratiques pour aborder les questions de diversité et de genre dans les établissements d'enseignement tertiaire, voire dans d'autres institutions ou organisations. Un examen du cadre légal à disposition en la matière et l'étude de dispositifs existant dans les institutions de divers pays procurent des exemples de mesures qui fonctionnent. A nous d'adapter celles-ci et d'en inventer d'autres pour garantir à toutes et à tous un accès égal aux droits et aux ressources dans une perspective de non-discrimination.

  • Le génocide des Tutsi du Rwanda en 1994 a été qualifié très justement de génocide de proximité. Dans un tel contexte, une politique de réconciliation volontaire impulsée d'en haut, travail de longue haleine, ne peut porter ses fruits qu'en allant à la rencontre d'un mouvement ascendant émergeant des communautés de base. C'est là que se conjuguent, étroitement imbriqués dans le quotidien, les enjeux de la reconstruction : la lutte contre la pauvreté, la restauration de la confiance, le partage des récits qui joue un rôle décisif tant au niveau national que dans les relations intrafamiliales et entre voisins. Comment, en s'associant au sein de communautés, affronte-t-on l'ensemble de ces enjeux ? C'est ce que des chercheurs du Centre de gestion de conflits de Butare et de la Haute école de travail social de Genève ont voulu éclairer à travers la coopération qu'ils ont instaurée avec trois associations de la société civile, impliquant différents groupes divisés par le génocide. En développant une recherche-action, les chercheurs ont mis en place au sein de trois projets pilotes, un dispositif de formation des acteurs et de renforcement de leurs capacités pour qu'au-delà de la réconciliation, ceux-ci tracent le chemin d'une véritable citoyenneté démocratique.

  • À quoi sert la pensée critique ? On aime à croire qu'elle est le fondement de nos démocraties. Qu'elle pourrait nous aider à affronter la violence du monde, à rompre l'enfermement de l'activité humaine dans une rationalité purement gestionnaire, à dépasser un sentiment d'isolement. Ou encore, qu'elle nous permet de redécouvrir et d'éclairer les chemins d'une activité professionnelle ou d'une action plus globale qui revivifient le projet d'un monde plus humain. Mais comment une pensée critique se forge-t-elle ? Se transmet-elle ? S'enseigne-t-elle ? Peut-on s'y exercer ? À travers une multiplicité de thèmes, de points de vue et de formes d'expression, les contributeurs au présent ouvrage - enseignants, militants, chercheurs, étudiants en travail social - posent autant de regards critiques sur le monde et abordent ces questions selon une diversité de pensées que la coopération instaurée entre eux a voulu respecter. La pensée critique se nourrit et s'exprime ainsi à la fois sous forme de témoignages, de rêves, de projets politiques, de qualités humaines et intellectuelles. Ce florilège est encadré par deux textes plus théoriques&nsbp;: un premier qui offre un plaidoyer pour l'enseignement d'une pensée critique et un second qui questionne le thème au regard des notions de normes et d'éthique.

  • Le travail social est un univers professionnel qui s'interroge, qui hésite, qui tente de nouvelles pratiques pour appréhender la complexité des situations. La diversité des fonctions, allant du « chef de projet » à « l'agent territorial », de « l'assistant socio-éducatif » à « l'éducateur en milieu ouvert », etc., tout comme les nombreux textes censés clarifier les missions : codes de déontologie, orientations de l'action... illustrent bien cette complexité. L'analyse de l'activité, dépassant les débats d'intentions, permet d'aller voir de près comment les professionnels « se débrouillent », jour après jour, dans le réel de l'activité. Par l'étude de cas très concrets, le présent ouvrage montre que l'action professionnelle en travail social, si elle reste mouvante et diversifiée, peut malgré tout s'adosser à un socle identifiable. Le repérage de ces savoirs d'action s'inscrit dans un processus de reconnaissance du métier à partir d'un agir professionnel analysé dans sa quotidienneté. En situation de formation, l'analyse de l'activité permet de construire des outils ainsi que des contenus d'enseignement et d'offrir des supports pour la clarification des compétences en jeu. Grâce à cet appui sur l'analyse du travail, les dispositifs professionnels ou de formation seront davantage en phase avec l'évolution de la profession. Les contributions réunies dans cet ouvrage sont le fruit d'un travail collectif mené au sein du réseau local de compétences « Analyse de l'activité » de la Haute école de travail social à Genève. A côté des chercheurs enseignants : Claude de Jonckheere, Joëlle Libois, Sylvie Mezzena, Kim Stroumza, la parole est donnée à des étudiants en travail social qui ont inscrit leur mémoire de fin d'études dans l'approche d'analyse de l'activité : Virginie Crettenand et Isabelle Duchâble, Brahim Hemma, Julie Prada et Kim Ramirez.

  • Voici, en substance, le type de plaisanterie qui circule au sujet des « colloques » des travailleurs sociaux. Alors, les réunions, une alternative au travail ? Alliant théorie et pratique, cet ouvrage se propose justement de prouver le contraire, en interrogeant le colloque, en tentant de comprendre les différents éléments qui le constituent et en explorant de manière synthétique et concrète un ensemble de pistes pour trouver son chemin dans l'exercice de cette pratique. S'appuyant sur une enquête statistique réalisée auprès de plus de cinq cents travailleurs sociaux genevois, l'auteure tente notamment de répondre à la question suivante : des points de vue de l'organisation, des méthodes employées, des résultats et du ressenti, quels rapports les travailleurs sociaux entretiennent-ils avec leurs colloques ? Des suggestions d'amélioration, fondées sur la théorie des réunions, jalonnent le parcours. Le colloque est un objet complexe faisant partie intégrante du dispositif de fonctionnement vital de n'importe quelle institution sociale. A ce titre, il est fondamental de s'arrêter sur cette activité, de tenter de la comprendre, de l'évaluer et donc de l'améliorer. Ce livre est une invitation à penser le colloque... ailleurs qu'au café !

  • Quelles sont les attentes des étudiants des Hautes écoles spécialisées quant à leur formation ? Quelles sont les difficultés qu'ils rencontrent ? Leur origine, leur représentation du monde, leur rapport au savoir sont-ils déterminants dans leur apprentissage ? Le présent ouvrage, issu d'une recherche qualitative menée dans quatre Hautes écoles de santé et de travail social se penche sur les défis particuliers que doivent relever les étudiants d'Afrique subsaharienne qui entreprennent une formation supérieure. Dans une volonté de mieux cerner les difficultés d'apprentissage de ces étudiants - relevées par eux-mêmes et par leurs formateurs - cette étude tente de mieux comprendre les problématiques en jeu et de formuler la complexité de la relation pédagogique d'une population migrante avec son milieu d'accueil. La recherche a été menée au moyen d'entretiens semi-directifs avec des enseignants et des praticiens formateurs et à l'aide d'entretiens de groupe, fondés sur des situations emblématiques, auprès d'étudiants d'origine d'Afrique subsaharienne. Cette approche a permis de mettre en évidence comment les représentations divergentes que les acteurs impliqués ont de l'insertion sociale, du rapport au monde, de l'autre, du temps et du savoir peuvent entraver le processus d'apprentissage. Une série de recommandations et de propositions stimulantes quant à l'interculturalisation de la formation permet d'envisager un prolongement de la lecture dans l'action, tant au niveau individuel qu'institutionnel.

  • Le domaine social se trouve de plus en plus contraint par la logique du New Public Management, ses normes et ses critères de bonnes pratiques. Résister à ces logiques constitue pour les praticiens du social un défi humain et professionnel incontestable. Mais quelles sont les formes que prend cette résistance ? Les positionnements professionnels révèlent que les options choisies impliquent nombre d'innovations dans les pratiques, regards renouvelés sur les situations et analyses évolutives des phénomènes sociaux. Par leurs expériences et réflexions au sein d'un secteur en tension, chercheurs et acteurs du terrain rendent compte d'un réel engagement professionnel et personnel. Le caractère bilingue - français/allemand - de ces écrits (chaque article étant résumé dans l'autre langue) permet de croiser des approches diversifiées et offre un large panorama, sorte d'état des lieux du travail social tel qu'il se déploie dans nos sociétés de type néo-libéral, et en Suisse en particulier.

  • À l'heure de la globalisation, la mobilité internationale des étudiants est considérée comme un atout fondamental par les établissements d'éducation supérieure et les gouvernements européens. Effectuer tout ou partie de ses études à l'étranger est perçu comme une opportunité d'accroître le capital humain des étudiants et leur employabilité sur un marché du travail qui s'internationalise. Les États et les établissements cherchent donc à attirer les « cerveaux » d'où qu'ils viennent. Toutefois, en observant la situation d'une majorité d'étudiants en provenance de pays africains et latino-américains en Europe, on constate une précarisation de leurs conditions de vie au cours de leur formation, tant sur le plan juridique que socio-économique, celle-ci pouvant péjorer leurs performances académiques. En outre, ces diplômés voient leur employabilité limitée par les législations en cours dans le pays de formation et peinent à trouver un travail en lien avec leur curriculum dans leur pays d'origine. Ibrahima Guissé et Claudio Bolzman analysent les paradoxes et les limites des politiques migratoires en lien avec l'internationalisation de la formation des Hautes écoles en Europe et en Suisse en particulier, et mettent en lumière le glissement d'un brain gain vers un processus de brain waste.

  • Le travail social est décrié de toutes parts. On l'accuse de soutenir des personnes qui ne le méritent pas ou de n'avoir guère de résultats tangibles à présenter. Une inconnue demeure : qu'est-ce que le travail social ? Ce manuel a pour but de répondre à cette question. Écrit par Véréna Keller, spécialiste réputée, il présente l'organisation du travail social, ses destinataires, ses finalités et sa mise en oeuvre. Il explique qui le réalise et débat de son caractère scientifique. Résolument critique, il permet d'avoir une vue d'ensemble de ce qu'est le travail social - en Suisse en particulier - et des controverses qui le traversent au début du XXIe siècle. Un ouvrage de référence non seulement pour les étudiant-e-s et professionnel-le-s en travail social, mais pour toutes les personnes intéressées par les questions sociales.

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