• Une vie

    Guy de Maupassant

    Alors elle songea ; elle se dit, désespérée jusqu'au fond de son âme : "Voilà donc ce qu'il appelle être sa femme ; c'est cela ! c'est cela !" Et elle resta longtemps ainsi, désolée, l'oeil errant sur les tapisseries du mur...
    Mais, comme Julien ne parlait plus, ne remuait plus, elle tourna lentement son regard vers lui, et elle s'apeçut qu'il dormait ! Il dormait, la bouche entrouverte, le visage calme ! Il dormait !

  • Les femmes socialistes de tous les pays instaurent une journée des femmes. Elle aura lieu tous les ans et son objectif premier sera l'obtention du droit de vote, revendication à porter dans le contexte général de la condition féminine. La journée des femmes sera internationale et puissamment orchestrée.Fidèle amie de Rosa Luxemburg, Clara Zetkin (1857-1933) fut députée, journaliste et enseignante, et combattit notamment le patriarcat, le féminisme bourgeois, la Première guerre mondiale, Staline et le nazisme. Elle est l'initiatrice de la Journée internationale des femmes, qui continue de mobiliser chaque année, le 8 mars.À travers une courte biographie, des lettres, des discours de sa main et des textes de Rosa Luxemburg, Louis Aragon, Henri Barbusse ou encore Angela Davis, rassemblés par Florence Hervé, journaliste et spécialiste de l'histoire du féminisme en Allemagne et en France, se dessine le portrait d'une précurseure qui a durablement marqué le féminisme international.

    Née en France en 1944, Florence Hervé travaille comme journaliste indépendante à Düsseldorf, où elle a aussi été chargée de cours en histoire sociale. Cofondatrice de l'association féministe Demokratische Fraueninitiative (Initiative des femmes démocratique), elle est membre active de diverses initiatives féministes. Elle a publié des lexiques, des biographies et des beaux livres, notamment sur l'histoire du féminisme en Allemagne et en France, ainsi que le nazisme et la résistance.

  • La danse du temps

    Anne Tyler

    • Phébus
    • 4 Avril 2019

    À soixante et un ans, Willa Drake mène une existence réglée comme du papier à musique en Arizona. Jusqu'à un coup de fil venu de l'autre bout du pays lui apprenant que la compagne de son fils s'est fait tirer dessus. Sa petite-fille a besoin d'elle ! Tant pis s'il s'agit d'une erreur de numéro, Willa abandonne tout et file à Baltimore devenir grand-mère.
    Dans La Danse du temps, Anne Tyler nous rappelle avec humour et tendresse qu'il n'est jamais trop tard pour choisir sa vie.
    Née en 1941 dans le Minnesota, Anne Tyler vit depuis de nombreuses années à Baltimore, cadre de plusieurs de ses livres. Figure majeure de la littérature américaine contemporaine, prix Pulitzer en 1989 pour Leçons de conduite, elle s'attache à détricoter la légende dorée de l'American way of life depuis un bon demi-siècle...
    « Une oeuvre remarquable à ajouter au prodigieux catalogue de Anne Tyler. »
    Publishers Weekly
    « La Danse du temps, parsemé des blessures et des joies de l'existence, est bien plus qu'un très bon livre... Pour les lecteurs, Anne Tyler est une force vitale, pour les écrivains, elle est tout simplement la meilleure. »
    The Irish Times
    « Si vous voulez comprendre la vie quotidienne des Américains, lisez Anne Tyler... »
    The Times
    « Une exploration intelligente et touchante de l'altruisme et de ce que signifie une vie qui a du sens. »
    Daily Mail
    « Délicieusement loufoque... Gracieux... Sensible... »
    The Washington Post

  • Rédigé sur commande vers 1350 à l'occasion d'une promesse de mariage, ce roman chevaleresque destiné à une princesse est un témoin ambitieux de la littérature de la fin du Moyen Age.
    Nourri d'un idéal courtois mis en danger par la guerre, les rivalités politiques et les épidémies, le livre ne se contente pas de raconter une histoire d'amour, modelée sur tant d'autres : la poésie, la musique, la danse et la qualité des images y célèbrent une culture complète des sens, bien avant le très célèbre cycle de six tapisseries de La Dame à la Licorne, auquel il a sans doute servi d'inspiration. Il avance, autour de la figure rêvée de la licorne, devenue féminine, une image renouvelée de la féminité, en récit, en poésie et en images. Pour une jeune femme, ce livre-coffret se présentait autant comme un manuel de conduite éthique et érotique, que comme une promesse de divertissements secrets, pour égayer les heures passées dans les chambres aux tentures multicolores - non loin des rumeurs, et momentanément à l'abri des catastrophes du monde. Seule, ou avec un amant parfait, et pour le meilleur face au pire.
    Les amateurs de fantasy retrouveront tous les ingrédients qui ravissent l'imaginaire de bien des lecteurs d'aujourd'hui.
    Texte anonyme, la traduction de Nathalie Koble, médiéviste, professeure à l'ENS, restitue toute la somptuosité de notre langue en cours de formation.

  • L'égalité c'est bien, le vote c'est mieux ! En France, le femmes n'en obtiennent le droit qu'en 1944 ! Loin derrière d'autres pays, et après un siècle de combats. C'est cette révolution que raconte avec brio la grande spécialiste du féminisme hexagonal. Un livre à offrir un certain 8 mars...
    Les femmes, en France, n'ont pas reçu le droit de vote des mains d'un homme enfin éveillé et attentif à l'injustice de leur sort. Elles l'ont gagné de haute lutte après cent ans de revendications. Elles l'ont arraché au législateur. L'ordonnance promulguée en 1944 a été l'aboutissement d'un mouvement sans cesse recommencé de contestation initié au milieu du xixe siècle.
    C'est l'histoire de cette ère de débats et de combats que dresse ici, d'une plume ardente et vivante, Anne-Sarah Moalic, la spécialiste incontestée de cette question cruciale qui constitue aussi bien une épopée militante. Loin des images d'Épinal, recourant aux faits, aux portraits, aux archives, reprenant argument contre argument ce long cheminement, ce livre montre comment, face aux défenseurs d'un ordre inique assignant les femmes à un rôle secondaire, les pionnières de l'équité politique ont peu à peu structuré la conscience du féminisme.
    Passer derrière l'isoloir, glisser un bulletin dans l'urne, émarger les listes électorales : ces gestes devenus communs à toutes et à tous condensent une mémoire active qui détermine encore aujourd'hui la recherche de l'égalité réelle entre les sexes.
    Une lecture passionnante et tonifiante.

  • Un roman du réel sur le désir, le plaisir, et les femmes qui en font des outils d'empowerment.

    Mona, comédienne de trente ans, pousse la porte du Cabaret Oz pour y mener une enquête, en marge d'un spectacle qu'elle est en train d'écrire. Elle se fait embaucher comme strip-teaseuse et y devient Mara, son double extraordinaire. Nue et perchée sur de hauts talons, elle plonge avec passion dans la danse.
    Derrière le rideau rouge, c'est un monde merveilleux et inattendu qu'elle découvre, peuplé de femmes puissantes, d'hommes aux fantasmes incongrus, d'instantanés délirants. Un microcosme qui n'est qu'un reflet exacerbé du monde. L'humanité en condensé, qui se dévoile précisément là où elle a l'habitude de se cacher.
    Mona ouvre grands les yeux afin de graver ces instants, à la fois crus, drôles et tendres, avant que ceux-ci ne s'effacent...
    « Somewhere over the rainbow... The dreams that you dare to dream really do come true... » Bienvenue à Oz !
    Laure Giappiconi a été formée à l'École nationale supérieure des arts et techniques du théâtre (ENSATT). En tant qu'actrice, elle privilégie les créations auxquelles elle participe activement, le plus souvent dès l'écriture.
    Elle écrit aussi des spectacles et performances (La sortie se trouve à l'intérieur, Le Projet Beat, Le Kinky Brainy Show) et des films. Tandis que je respire encore, coréalisé avec La Fille Renne et Elisa Monteil, a été présenté en 2020 aux festivals de Sundance et de Rotterdam. Avec Romy Alizée, elle signe la série : Romy & Laure (Le Secret de l'Homme Meuble, Le Mystère du Plug enchanté, etc.)

  • Première féministe française, Olympe de Gouges (1748-1793) réclame l'égalité des sexes devant l'Assemblée.
    Dans ce manifeste, elle réécrit au féminin la Déclaration universelle des droits de l'homme et du citoyen  : « La femme naît libre et demeure égale à l'homme en droits.»
      Le 3 novembre 1793, avant d'être guillotinée, elle aurait lancé : « Je suis certaine que nous triompherons un jour ».

  • Dans le débat public, être décolonial est une infamie. Dans les universités, dans les partis de gauche et d'extrême gauche, les syndicats, les associations féministes, partout on traque une « pensée décoloniale » infiltrée et funeste pour le vivre-ensemble.
    Dans ce livre, Françoise Vergès élucide l'objet du scandale. Le féminisme décolonial révèle les impensés de la bonne conscience blanche ; il se situe du point de vue des femmes racisées : celles qui, travailleuses domestiques, nettoient le monde ; il dénonce un capitalisme foncièrement racial et patriarcal.
    Ces pages incisives proposent un autre récit du féminisme et posent toutes les questions qui fâchent : quelles alliances avec les femmes blanches ? Quelle solidarité avec les hommes racisés ? Quelles sont les première vie menacées par le capitalisme racial ? Pourquoi les néofascismes s'attaquent-ils aux femmes racisées ?
    Ce livre est une invitation à renouer avec la puissance utopique du féminisme, c'est-à-dire avec un imaginaire à même de porter une transformation radicale de la société.

  • Se plaçant du côté des femmes depuis ses premiers travaux universitaires à la fin des années 1990, Christine Bard déploie une oeuvre foisonnante renouvelant les modes de connaissance sur l'histoire des femmes, en écrivant par exemple le Dictionnaire des féministes, aujourd'hui reconnu, mais en s'attachant aussi à des objets inédits, comme les antiféminismes, les garçonnes, les travesties, l'histoire du vêtement, tels le pantalon ou la jupe. L'auteur s'attarde sur la corrélation entre la féminisation de l'histoire et l'histoire des femmes, sur les articulations entre savoir et engagement, sur l'utilité sociale de l'activité d'historienne.
    Elle revient aussi sur le moment contemporain du féminisme et sur les enjeux et les polémiques qui le traversent, depuis le mouvement de libération de la parole de #metoo, tout en rappelant tout ce qui l'a précédé : des décennies d'actions et de pensées féministes, trop souvent ignorées. Pour mieux éclairer la puissance de ses propres travaux de recherche, Christine Bard se livre enfin à un exercice de généalogie personnelle, en revisitant son passé intime et tout ce qui l'a poussée sur ces chemins du féminisme. Une manière d'inscrire une trajectoire personnelle dans un mouvement collectif.

  • La science reste l'un des rares domaines qui résistent à la parité. Pourquoi, en dépit des efforts collectifs, les bachelières scientifiques continuent-elles à délaisser les métiers liés à la recherche et les postes d'ingénieur ? Pourquoi les scientifiques qui tentent de réfléchir aux effets néfastes sur leur discipline de la mixité à tout prix sont-ils réduits au silence ? Et s'il ne servait à rien de se battre pour faire plus de place aux femmes dans les carrières scientifiques ?
    À rebours de la bien-pensance ambiante, Fabiola Flex dévoile des vérités que l'on ne veut pas voir.
    Fabiola Flex travaille dans le domaine de l'environnement. Son goût pour les enquêtes de terrain et son refus des idées toutes faites l'ont déjà amenée à écrire deux livres sur l'industrie agroalimentaire.

  • Comment faire tourner les usines sans les travailleurs vigoureux, nourris, blanchis, qui occupent la chaîne de montage ? Loin de se limiter au travail invisible des femmes au sein du foyer, Federici met en avant la centralité du travail consistant à reproduire la société : combien couterait de salarier toutes les activités procréatives, affectives, éducatives, de soin et d'hygiène aujourd'hui réalisées gratuitement par les femmes ? Que resterait-il des profits des entreprises si elles devaient contribuer au renouvellement quotidien de leur masse salariale ?
    La lutte contre le sexisme n'exige pas tant l'égalité de salaire entre hommes et femmes, ni même la fin de préjugés ou d'une discrimination, mais la réappropriation collective des moyens de la reproduction sociale, des lieux de vie aux lieux de consommation - ce qui dessine l'horizon d'un communisme de type nouveau.

  • On a longtemps opposé rire et féminité. Faire rire était une prérogative des hommes. Car le rire possède un pouvoir de subversion, et la société se méfie des rieuses. Revanche des femmes à qui ont longtemps été refusées l'instruction, la parole et l'écriture, la conquête du rire leur offre un terrain de liberté. Mais le chemin a été long. Jusqu'à une époque récente, au théâtre, au cirque, dans la littérature, on ne trouvait pas de professionnelle du rire. Le rire des femmes était tenu sous contrôle : la bienséance, les règles de la conversation et de la séduction, la morale leur interdisaient de se laisser aller à rire ou à faire rire. C'est que l'esprit des femmes ne doit pas moins être couvert que leur corps : un coeur pur et un corps silencieux, telle est la vocation du féminin. Si la femme peut sourire, par attendrissement ou amusement, elle ne peut rire. C'est à cette conquête du rire, à cette lente et délicate prise de pouvoir que s'attache ce livre, de l'Antiquité, avec Aristote et Aristophane, jusqu'aux one woman show de nos jours, qui s'autorisent à être indifféremment drôles, jolies, bêtes ou méchantes - au risque, peut-être, de banaliser ce qui avait longtemps été défendu.

  • Billie Eilish

    Kevin Pettman

    Ado rebelle et reine de la pop

    C'est l'icône de toute une génération. Belle, rebelle, immensément talentueuse, collectionnant dès ses débuts sur la scène musicale les récompenses les plus prestigieuses, Billie Eilish a de quoi fasciner. Cette enfant prodige a été propulsée au rang de star internationale dès l'âge de quinze ans.
    Découvrez entre ces pages son ascension spectaculaire, les secrets de sa créativité, la singularité de son style musical, et la façon dont elle s'est fait une place à part avec son look unique au monde. Billie Eilish est aussi une chanteuse résolument engagée ; féminisme, changement climatique, droit animal, vous saurez tout de ses combats. Entre ses triomphes et ses épreuves, son état d'esprit et sa philosophie, la reine de la pop n'aura bientôt plus de secrets pour vous.
    Enrichi de superbes photos et de citations inspirantes, c'est LE livre à recommander à tous les fans de Billie Eilish.

  • Quels sont les liens entre l'industrie militaro-carcérale américaine, l'apartheid en Israël-Palestine, les mobilisations de Ferguson, Tahrir et Taksim ? Qu'est-ce que l'expérience des Black Panthers et du féminisme noir nous dit des rapports actuels entre les oppressions spécifiques et l'impérialisme ?
    Témoin et actrice de luttes de libération pendant plus d'un demi siècle, Angela Davis s'exprime ici sur l'articulation de ces différents combats, pour une nouvelle génération saisie par l'urgence de la solidarité internationale.

  • Dans le sillage du mouvement #MeToo, un nouveau langage est apparu, porté par des chanteuses et des chanteurs libérés de toute contrainte.

    Que nous disent ces artistes se jouant des genres pour mener un combat néoféministe qui ne leur interdit pas de viser la tête des hit-parades?
    Christine and the Queens, Angèle, Clara Luciani, Jeanne Added, Sandor, Marie-Flore, Pomme, Aloïse Sauvage,Suzane, Hoshi, Eddy de Pretto, Hubert Lenoir, Pierre Lapointe...
    Tous, dans la francophonie, apportent une nouvelle voix, un nouveau discours, une nouvelle image, une nouvelle façon de considérer les relations sentimentales, tout en rénovant par leurs textes et leurs musiques la chanson française.

    Ils s'expriment ici en totale liberté, avec Juliette Gréco, Brigitte Fontaine, Véronique Sanson, Catherine Ringer, Mylène Farmer, Coeur de Pirate, Soko ou Vanessa Paradis, commentant leurs textes les plus forts, livrant au sujet des rapports amoureux un éclairage original. Se dresse ainsi de la femme - entre Amazone guerrière et grande romantique - un portrait contemporain, à la fois moderne et décomplexé.

    Préfacé par Adeline Dieudonné

  • Itinéraire d'une enfant du rock, le texte de Viv Albertine, guitariste du groupe de punk féminin The Slits, est une évocation candide et franche d'un mouvement musical et social qui allait changer l'histoire de la musique.
    De fringues, de musique et de mecs regorge d'anecdotes sur les Clash, les Sex Pistols, Vivienne Westwood, Johnny Thunders et tant d'autres. Mais ce serait minimiser ce livre féroce et attachant que de le limiter à un énième document rock, car le propos va bien plus loin. En retraçant sans tabou ni biais son parcours de gamine de la classe moyenne anglaise des années 1970 fascinée par la scène musicale et bien décidée à y faire entrer les filles, puis de jeune femme embarquée dans un mouvement aux excès et au nihilisme affichés, et enfin de femme confrontée au grand vide post-punk qui tente de survivre aux excès, à la maladie, et à l'ennui d'une vie rangée, Viv Albertine livre un texte brûlant d'honnêteté et d'engagement.
    Choquant parfois, brutalement émouvant par moments et toujours drôle, ce livre est une ode aux femmes, un texte féministe qui regarde en face ce qu'il en a coûté - et ce qu'il en coûte encore - d'être une femme, d'être irrévérencieuse, et d'être têtue au point de croire à son destin.
    Viv Albertine est une musicienne et parolière britannique, figure du mouvement punk auquel elle participe activement avec son groupe, The Slits. Dans les années 1980, elle mène également une carrière de productrice et de réalisatrice. En 2012, après 25 ans de silence, elle remonte sur scène et sort un album solo. Elle vit aujourd'hui à Londres où elle se consacre à l'écriture.

  • Féminismes islamiques : un titre qui en fera sursauter beaucoup, y compris parmi celles et ceux qui se pensent à l'abri de tout préjugé. C'est ce que le stéréotype "islam=oppression de la femme" croise partout comme une sous-marin, tantôt en surface et pavillon haut, tantôt dans les profondeurs de l'insconscient. Ce que montre ce livre, le plus souvent on ne le sait pas : que dans les pays où l'islam est la religion dominante, des croyantes puissent lutter pour l'égalité, retourner les textes sacrés contre le patriarcat, s'élever contre les autorités politiques et religieuses qui bafouent les droits des femmes. De l'Egypte à l'Iran, du Maroc à la Syrie, en France, aux Etats-Unis et jusqu'en Malaisie, des intellectuelles, des chercheuses et des militantes sont engagées dans une démarche féministe à l'intérieur du monde religieux musulman. Zahra Ali nous fait entendre leurs voix et propose ainsi de décoloniser le féminisme hégémonique. Zahra Ali est enagée depuis de nombreuses années au sein de dynamiques musulmanes, féministes et antiracistes. Elle est doctorante en sociologie à l'EHESS et à l'IFPO.

  • Deux journalistes se lancent sur les traces de deux exploratrices atypiques et avant-gardistes, parties seules dans le désert du Sahara près d'un siècle plus tôt à la rencontre du peuple mauritanien.
    L'une, styliste pour Jeanne Lanvin puis reporter, est candidate à une expédition Charcot au Groenland. L'autre est tour à tour modéliste, journaliste et dessinatrice. Elles sont audacieuses et avant-gardistes. En décembre 1933, pour fuir une société patriarcale, Odette du Puigaudeau et Marion Sénones embarquent sur un langoustier breton en partance pour la Mauritanie. Leur but ? Traverser le désert à dos de chameau, sans mission officielle ni subvention. L'image est tellement insolite que les Maures appelleront l'année de leurs premiers pas sur ces terres, " l'Année des deux dames ".
    Près d'un siècle plus tard, Catherine Faye et Marine Sanclemente marchent dans le sillage des deux aventurières pour raconter leur vie en marge, leur culot, leurs contradictions, explorer elles aussi ce pays, trait d'union entre le Maghreb et l'Afrique subsaharienne, où perdure une culture nomade millénaire. Dans des conditions souvent ardues, au fil de rencontres étonnantes, leur voyage est empreint de l'esprit téméraire d'Odette et de Marion.

  • Sylvia Pankhurst (1882-1960) est une féministe britannique, fille d'Emmeline Pankhurst aux côtés de laquelle elle a animé le mouvement des suffragettes avant de s'en émanciper, le trouvant trop bourgeois. Elle fait partie des fondatrices du Parti communiste britannique mais en fut expulsée pour "gauchisme". Féministe et anticolonialiste avant l'heure qui faisait fi des conventions de son époque (se marier), elle appartient au panthéon des femmes révolutionnaires au même titre que ses contemporaines Emma Goldman, Alexandra Kollontaï, Rosa Luxemburg et Clara Zetkin. Figure méconnue dans le monde francophone, ceci est sa première biographie.

    Après une maîtrise d'économétrie, qui lui a appris que l'économie était une affaire d'idéologie, Marie-Hélène Dumas a enseigné deux ans dans le secondaire, puis tout quitté. Cinq ans en mer et sur les routes à subsister de petits boulots. C'étaient les années 1970, le voyage et la musique étaient des modes de vie. À son retour elle a commencé à traduire des livres. C'est devenu son métier. Elle a ensuite réfléchi à la question des femmes et de la création. Et s'est remise à écrire.

  • "Aide à la personne, soin, accueil, éducation...
    Prise en charge du corps de l'autre, des besoins de l'autre.
    Entretien des bureaux, des maisons, des écoles.

    Des femmes au travail.

    Ces textes ont été écrits comme des instantanés photos.

    Ici et maintenant."

    Née en 1960, en Moselle, d'un père polonais et d'une mère allemande, Fabienne Swiatly se dit fille des aciéries et de la langue allemande, des bleus de travail et de la soudure, des ouvriers exploités et des manifs." Poète, novelliste et romancière, elle est l'autrice d'une oeuvre qui scrute le quotidien, interroge les frontières de langues et de classes, donne la parole aux êtres qui en sont privés. Dans l'atelier où elle forge ses livres, les mots se baladent souvent en bleu de travail.

  • Une femme fatale raconte sa vie : née en prison, servante, intrigante puis femme du monde, prostituée, incestueuse, voleuse... mariée cinq fois, elle sera emprisonnée puis déportée aux colonies. Voici un des premiers romans féministes.

  • Le constat est implacable: le partage des tâches domestiques n'existe pas.
    Il ne s'agit pas, nous disent Christine Delphy et ­Diana­ Leonard, du seul produit d'une mauvaise volonté des hommes qui profitent de ce travail gratuit, mais plus fondamentalement d'un système d'exploitation et d'oppression qui dépasse les relations affectives que peuvent entretenir les individus concernés: le patriarcat, et dans le patriarcat, le mariage, y compris le concubinage et le pacsage.
    Celui-ci s'incarne concrètement dans une exploitation domestique - qui ne s'applique pas seulement au travail dit «ménager» - dont les autrices s'attachent à dévoiler les mécanismes dans cet ouvrage où la lectrice ou le lecteur ne manqueront pas de reconnaître leurs propres moments de vie quotidienne.
    Les autrices proposent ici une nouvelle approche radicale de la subordination des femmes dans les sociétés occidentales focalisée sur la famille, en tant que système économique. Elles révèlent que celle-ci constitue en réalité un système de rapports de production dont les hommes sont les artisans - politiques, juristes et autres gouvernants - et les bénéficiaires - tous les autres. Ce sont la structure hiérarchique et les  rapports de production entre les membres de la famille qui sont ici mis à jour.
    Pour les autrices, la subordination des femmes constitue un cas particulier d'exploitation économique qui ne réduit pas au capitalisme dominant dans nos sociétés. Exploitation domestique et exploitation capitaliste ne peuvent se confondre même si l'un et l'autre doivent être renversés.
    Ouvrage de référence du féminisme matérialiste, ­L'Exploitation­ domestique est publié ici pour la première fois en français.

  • « J'étudie l'oppression des femmes. Mais l'oppression des femmes est spécifique non pas parce que les femmes seraient spécifiques, mais parce que c'est un type d'oppression unique. » « Oppression », le mot est important car en l'utilisant on comprend qu'il ne s'agit plus d'améliorer la « condition des femmes » mais de la rébellion d'un groupe social.
    « Patriarcat » est un mot qui désigne le système d'oppression des femmes : il s'agit d'un système, et non d'une série de hasards malchanceux.
    « Genre » est le système de division hiérarchique de l'humanité en deux moitiés inégales.
    Avec Penser le genre, le tome 2 de L'ennemi principal, l'auteure nous présente la suite de son analyse matérialiste de la société, une analyse en termes de rapports sociaux et donc politiques, fondamentale pour la compréhension de toutes les oppressions, fondamentale à tout projet d'émancipation.

    - « Les femmes n'ont pas tort du tout quand elles refusent les règles de vie qui sont introduites au monde, d'autant que ce sont les hommes qui les ont faites sans elles », Montaigne.
    - « Je n'ai jamais réussi à définir le féminisme. Tout ce que je sais, c'est que les gens me traitent de féministe chaque fois que mon comportement ne permet plus de me confondre avec un paillasson », Rebecca West.

  • Ce livre en deux volumes rassemble la plupart des textes publiés par Christine Delphy à partir de 1970 au sujet de ce qu'on appelait jusqu'alors la «condition féminine» ou «la question des femmes», et qu'avec la deuxième vague du mouvement féministe du 20e siècle, elle a désigné comme l'oppression des femmes et la question du patriarcat.
    L'oppression étant la situation des gens opprimés, les femmes étant le nom que l'on donne à ces opprimés-là, et le patriarcat étant le système socio-politique qui organise tout cela.
    Qui est donc alors «l'ennemi principal»? Pour la féministe matérialiste qu'est Christine Delphy, il ne s'identifie ni à l'Homme - avec une majuscule -, ni aux hommes en général. Ce n'est en effet ni une essence ni un groupe naturel: c'est un système. Or ce n'est pas non plus, ou plutôt pas principalement, pour cette théoricienne qui s'inspire de Marx mais dans un parfait esprit d'hétérodoxie, le système capitaliste.
    L'ennemi principal, c'est ce qu'elle a choisi d'appeler le patriarcat: à savoir un système autonome d'exploitation et de domination, une structure sociale hiérarchique et inégalitaire. Elle refuse toute explication de la subordination des femmes en termes idéalistes - que ce soit sur des bases biologiques, naturalistes ou essentialistes, ou bien encore fondées sur l'idéologie ou le «discours».
    Les différences entre femmes et hommes ne sont pas seulement des différences, mais aussi des hiérarchies. La société s'en sert pour justifier son traitement « différent » - en réalité inégal, hiérarchique - des groupes et des individus.

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