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  • Y a-t-il un lieu où la ville cesse, à partir duquel il n´y a plus la ville ?
    Et dans le développement de nos mégapoles, en quoi d´explorer cette transition nous renseigne sur la ville elle-même, son territoire, ses usages, ses craquelures, ses signes ?
    C´est ce qu´a entrepris Nicolas Rithi Dion. Si, quand il était étudiant aux Beaux-Arts Paris, la photographie était son outil principal, ce qu´il y a à photographier ici ne peut se dispenser du journal d´enquête, du récit des micro-voyages, au bord de l´autoroute A3, entre Rosny-sous-Bois et Noisy-le-Sec. Puisque, au passage, c´est aussi l´idée de banlieue qu´on volatilise, obsolète.
    Mais ce travail d´écriture devient autonome, cherche les signes, s´ouvre aux récurrences, aux fragmentations.
    Ainsi, chaque nouvelle page du récit s´ouvre par le thème du motif, façade, parking, plan, déplacement, détail.
    Et c´est une forme d´écriture neuve qui paraît, que je suis fier d´accueillir. Un travail sur la résolution, sur le champ, sur le cadre. La question du voir, et celle de l´expérience de soi-même comme sujet, pour débusquer le signe, le voir et le temps.
    C´est cette relation, la photographie dans et par l´écriture, pour la réouvrir - en ce lieu, en ces signes, en ce temps - à la plus vieille tragédie du monde, et que la phrase, si la langue comme expérience c´est la poésie, puisse se charger de là où ce que nous avons fait du monde nous déborde.
    Rouge fort est accompagné d´un cahier de douze photographies, que Nicolas Rithi Dion a souhaité insérer après le texte, et non pas de façon intercalée.
    Un deuxième volet va suivre, Aller. C´est un champ neuf qui s´ouvre ici.

    FB

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