• Power

    Michaël Mention

    « Ici, comme dans les autres ghettos, pas d'artifice à la Marilyn, ni de mythe à la Kennedy. Ici, c'est la réalité. Celle qui macère, mendie et crève. »
    1965. Enlisés au Vietnam, les États-Unis traversent une crise sans précédent : manifestations, émeutes, explosion des violences policières. Vingt millions d'Afro-Américains sont chaque jour livrés à eux-mêmes, discriminés, harcelés. Après l'assassinat de Malcolm X, la communauté noire se déchire entre la haine et la non-violence prônée par Martin Luther King, quand surgit le Black Panther Party : l'organisation défie l'Amérique raciste, armant ses milliers de militants et subvenant aux besoins des ghettos. Une véritable révolution se profile. Le gouvernement déclare alors la guerre aux Black Panthers, une guerre impitoyable qui va bouleverser les vies de Charlene, jeune militante, Neil, officier de police, et Tyrone, infiltré par le FBI. Personne ne sera épargné, à l'image du pays, happé par le chaos des sixties.

    Un roman puissant et viscéral, plus que jamais d'actualité.

    Extrait :
    « La voilà, enfin. La plus majestueuse des fleurs, sur le point d'éclore. Longtemps, les hommes l'ont fantasmée. Longtemps, ils lui ont tout sacrifié, le meilleur comme le pire : elle, la révolution. Les Beatles le sentent bien, c'est pourquoi ils la peaufinent dans les studios d'Abbey Road. Cloîtrés, ils apportent la touche finale à leur prochain LP. La richesse des compositions, la finesse des textes, l'innovation du livret, tout a été conçu pour illuminer le monde.
    « We're Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band ! We hope you will enjoy the show ! »
    Une révolution parmi d'autres, dans ce monde meurtri. Et plus on saigne, plus on s'insurge au Vietnam, au Nicaragua, en Grèce ou encore aux États-Unis. Tandis que les campus se déchaînent, pour les Panthers, c'est le grand jour. Jusqu'ici, leurs actions n'étaient relayées que par la presse de Californie, mais, bientôt, le pays entier saura.
    Alors, même si Bobby est courageux, là, il flippe. Artie, Tod, Eldridge, Warren et les autres aussi. Tous tendus, dans les bagnoles. Clope au bec, cramponné au volant, Bobby guide le convoi. À sa droite, Artie pianote nerveusement contre sa portière. Ils n'osent pas se regarder, de crainte de se renvoyer leur angoisse respective. Dans le couple, on est censé tout partager, mais là, c'est trop lourd.
    Bobby consulte sa montre, jette son mégot, se tourne vers Artie :
    - Je t'aime.
    - Je t'aime.
    Un tendre baiser, et Bobby ouvre sa portière. Tous sortent, foulant le trottoir. Vingt-quatre hommes et six femmes, équipés de revolvers et de fusils à pompe. »

  • Le club des 27... Décédés à 27 ans. Et si l'épidémie d'overdoses ayant décimé les plus grandes rock stars à la fin des années soixante et au début des années soixante-dix ne devait rien au hasard ?

    Quelques semaines après la disparition de Jim Morrison, le corps sans vie de Jean de Breteuil est retrouvé à Tanger. Overdose. Une de plus ! Il était le dealer des stars et la star des dealers et fournissait l'héroïne la plus pure. La plus dangereuse aussi. Élevé par sa mère dans le Marrakech des années soixante, il était programmé pour reprendre les rênes de l'empire de presse familial. Il choisira hélas un autre destin. Si son implication dans la disparition de Jim Morrison ne fait plus de doute aujourd'hui, des témoins affirment avoir vu sa voiture sur le parking du Landmark Hôtel, la nuit au cours de laquelle, Janis Joplin trouvera la mort. Il côtoyait également Brian Jones et Jimi Hendrix...

    Au fil des pages, la légèreté des années soixante se transforme en machine infernale. Dealer devient un suspense inquiétant, une course contre la mort dans le sillage de l' un des personnages les plus controversés de l'histoire du rock.


  • En Corée du Sud, dans les années soixante, Chun et un copain de lycée abandonnent les cours pour vivre dans une grotte puis faire une virée dans leur pays.


    De retour à Séoul, ils se retrouvent avec leurs amis au café Mozart. Chun et Mia entament une relation amoureuse qui les entraîne vers l'île de Cheju. Mais Chun, arrêté pour avoir manifesté, rencontre Lieutenant avec qui il part travailler sur des chantiers, et en mer. C'est alors qu'il découvre l'« étoile du chien qui attend son repas », à savoir Vénus, et une autre façon de voir le monde.


    Un tumultueux périple initiatique à plusieurs voix, largement autobiographique, qui se termine avec ironie par le départ de Chun pour le Viêt Nam et une guerre qui n'est pas la sienne. Un subtil portrait de la jeunesse coréenne comme de celle de tous les pays, de toutes les époques. Et une méditation sur le sens à donner à sa vie au lieu de suivre des chemins tout tracés par les aînés.

  • Dans cette biographie captivante, la célèbre biographe Lesley-Ann Jones étudie l'énigme qu'était John Lennon pour présenter un portrait complet de l'homme, de sa vie, de ses amours, de sa musique, de sa mort prématurée et finalement de son héritage. Suivant de près les événements de la vie et les traits de personnalité qui ont conduit John Lennon à vivre en exil volontaire à New York, où il a été abattu devant son appartement le 8 décembre 1980, Lesley-Ann Jones offre une vue à 360 degrés de l'une des légendes musicales les plus emblématiques du monde. Qui, ou quoi, a vraiment tué John Lennon ? Et quand le « vrai » John Lennon est-il mort ? Cet ouvrage nous plonge profondément dans sa psyché - le bon, le mauvais et le génie - quarante ans après sa mort.
    Lesley-Ann Jones est une biographe, romancière, animatrice et conférencière de renom. Elle est l'auteure à succès de Bohemian Rhapsody : The Definitive Biography of Freddie Mercury, Hero : David Bowie, and Ride a White Swan : The Lives & Deaths of Marc Bolan. Amie d'enfance de David Bowie, Lesley-Ann a interviewé beaucoup d'artistes dont Paul McCartney, Madonna et Prince, nouant souvent de belles amitiés. Elle est mère de trois enfants et vit à Londres.

  • L'enfance de Louise, dans les années soixante-dix en France, est marquée par les difficultés financières de ses parents, leur peur de l'avenir, leur désarroi et leur tristesse, une forme de désolation qui contamine tout, jusqu'à la couleur des ciels. Face à cette réalité, Louise oppose une détermination forte : elle ne vivra pas la vie de ses parents. Elle ne sera ni pauvre ni triste ni résignée.
    Guidée par un attachement farouche à sa liberté, rebelle à toute forme de domination, Louise est à la recherche de ce qu'elle va devenir. Elle se cogne, elle bute, elle expérimente, mais elle ne lâche pas. Elle poursuit sa quête jusqu'à ce jour d'été que rien ne distinguait... où un événement survient dans sa vie, une rencontre qu'elle attendait depuis longtemps.

    Un roman sur la fidélité à soi-même, l'amour et le désir de liberté.
    Stéphanie Chaillou est née en 1969. Après L'Homme incertain et Alice ou le Choix des armes, parus chez Alma éditeur, elle signe ici son troisième roman.

  • Cynique, pervers et sans complexe, le jeune Timothy Gedge s'introduit chez ses voisins dans l'idée de détruire la fade tranquillité de leurs jours et de leurs nuits. Gosse inquisiteur, il les épie, les harcèle et lance d'affreuses rumeurs... et bientôt, c'est toute la paisible ville de Dynmouth qui connaît la terreur.
    Voici ce que raconte l'adolescent sur son voisinage : le capitaine Gordon Abigail est prétendument attiré par les jeunes garçons ; Mrs Dass et son mari n'ont rien fait pour éviter la rupture définitive avec leur fils unique ; Mr Plant lorgne les femmes et en trousse certaines ; pire, le père de Stephen a sans doute tué sa première épouse. Oui, c'est ce que clame à qui veut l'entendre et souvent aux intéressés eux-mêmes le diabolique Timothy.
    Mais dans ce qu'il raconte, insinue ou affirme, où est la part de mensonge et où se trouve la vérité ? Fantasmes ? Vengeance ? Ou grande détresse ? Qu'est-ce qui entraîne Timothy à détruire ainsi les paisibles habitudes des habitants de Dynmouth ?
    Issu d'une famille protestante, William Trevor Cox, de son vrai nom, est né en 1928 dans une petite ville voisine de Cork en Irlande. Après des études au collège Saint Columbia, puis au Trinity College de Dublin, où il fut diplômé d'histoire, William Trevor s'essaya à la sculpture parallèlement à son métier d'enseignant. En 1952, il se marie à Jane Ryan et s'établit en Angleterre, à Londres où il fut rédacteur dans une agence publicitaire, puis quelques années plus tard, dans le Devon. Il connait son premier grand succès littéraire à l'âge de trente-six ans avec The Old Boys. On lui doit des chefs-d'oeuvre tels que En lisant Tourgueniev (Booker Prize 1991 ; Libretto, 2001) ou Le Voyage de Felicia (Phébus, 1996 ; adapté au cinéma par Atom Egoyan). Primé à de nombreuses reprises, il est considéré comme l'un des écrivains majeurs de langue anglaise ; il fut d'ailleurs anobli par la reine Elizabeth II d'Angleterre en 2002.

  • Élevée en marge de la société par une femme un peu sorcière, Fern vit dans la campagne anglaise. De Maman Cullen, la jeune fille a tout appris : les vertus médicinales des plantes, la force de l'intuition, une connaissance intime de l'âme humaine, mais aussi et surtout le métier de sage-femme et, selon les circonstances, celui de faiseuses d'anges. Cependant, les temps changent et il n'y a plus de place pour les guérisseurs dans la société moderne. Au moindre faux pas, tous ceux auxquels Fern et sa mère sont venues en aide risquent de se retourner contre elles.
    À travers ce conte singulier, Graham Joyce livre une chronique sociale d'une grande sensibilité sur l'Angleterre des sixties en pleine mutation et fait le portrait inoubliable de deux femmes puissantes.

  • Quelque part en Alsace, en 1967. Un chauffard jette une femme sur le bord de la route et l'abat d'une balle dans la tête. Contre toute attente, recueillie par une joyeuse bande de marginaux, elle survit, non sans séquelle pour sa mémoire.
    Pour l'inspecteur général Cédric Mann, l'énigme de cette miraculée sans identité s'annonce complexe. Pour quelle raison a-t-on voulu l'abattre ? À quel milieu est-elle liée ?
    Mais un mystère ne vient jamais seul, et très rapidement les incendies se multiplient à travers Strasbourg. La ville est manifestement la proie d'un pyromane méthodique.
    L'inspecteur et son équipe vont avoir fort à faire...

    Après Meurtre aux Arts déco, la première enquête de Cédric Mann, Emmanuel Honegger mêle avec jubilation la tendresse, l'excentricité artistique et le grondement des flammes, pour notre plus grand bonheur.

  • Rolling Stones, une biographie, paru aux éditions Fayard en septembre 2002, repris peu après au Livre de Poche et constamment réédité depuis lors, est la première tentative d'une approche globale, en français, d'une histoire monumentale: les années 60 vues à travers l'histoire des Rolling Stones.
    Avant tout, la déplier, cette histoire. Qui ils sont, d'où ils viennent, la musique apprise comment. Les dettes, les trahisons, les hasards et les bagarres. L'Amérique, les maisons, la prison, les guitares...

    Comprendre comment les morts, l'excès, mais avant tout la musique, se sont rejoints dans l'aventure singulière d'une si petite poignée d'individus pour bousculer le monde tout entier.
    Plus de dix ans de rechecher, sur la base d'un corpus uniquement anglophone, le plus exhaustif possible - livres, films, photographies, interviews, et bien sûr l'oeuvre musicale elle-même, les prises de studio alternatives, les captations pirate de concerts, tout parle. Tout devait parler. .
    Alors que les Rolling Stones ont fêté leur cinquantenaire, une version complétée, révisée, affinée pour cette édition numérique d'un livre de près de 1000 pages.
    FB, août 2015.

  • 1969-1989 : vingt années durant, les Monty Python - John Cleese, Graham Chapman, Terry Gilliam, Eric Idle, Terry Jones et Michael Palin - ont déployé, dans leurs émissions télévisées, leurs disques, leurs livres et leurs films, un humour décapant, d'un style si unique, si caractéristique, que dans les pays anglo-saxons l'adjectif pythonesque est passé dans le langage courant, en bonne compagnie avec rabelaisien, shakespearien, proustien, kafkaïen ou bernard-henri-lévyen.

    Bon. Peut-être pas le dernier. Il faudrait vérifier.

    Bref.
    Aussi brillant et singulier qu'il soit, le groupe n'est pas le fruit d'une génération spontanée : il s'inscrit clairement dans une transformation de l'humour après-guerre au Royaume-Uni, et plus encore dans le grand mouvement de contestation des années soixante. Ce livre examine les origines des Monty Python, leurs biographies, les circonstances de la création du groupe, sa carrière jalonnée de scandales, sa fin tragique et sa postérité.
    Un ouvrage que nous nous permettons de juger indispensable.

    (Nothombien, plutôt ? Angotesque ? Mussoïais ? Bogdanovoïde ?)


  • Paul Esnault prend le train pour se rendre à des obsèques dans une petite ville nommée Lahaye. Il y a autrefois passé les vacances d'été chez ses grands-parents. Il se remémore le dernier été, l'été 1964, à partir duquel il n'est plus revenu dans cette petite ville de Touraine. Ce fut l'été des initiations amoureuses, l'été où il sortit de l'enfance. Un été qu'il passa entouré de Suzanne, sa grand-mère devineresse, son grand-père spécialiste en appareils ménagers, ses oncles Dédé, revenu d'Algérie, et Bertrand doué pour bidouiller n'importe quel circuit électrique. À la table familiale il y avait aussi sa mère, Louise, et la femme de Bertrand, Marie-Claire. Et parfois Joseph, voisin et ami du grand-père Brain, un ancien professeur qui bricole dans le jardin et le verger et qui, aux dires de Suzanne, a la langue bien pendue. Pouvait aussi s'y asseoir monsieur Bourgueil, ami de pêche d'André. Mais surtout, de derrière le mur de la cour, on pouvait entendre le piano de Charlotte Versini...



  • 1969. Dans une Amérique agitée par le mouvement pour les droits civiques, Pat Conroy accepte un poste d'enseignant sur une petite île isolée. L'endroit est envoûtant, presque désert et séparé du reste de la Caroline du Sud par un bras de mer. On ne peut s'y rendre qu'en bateau. Une poignée de familles afro-américaines vit ici mais l'île n'a plus d'avenir à offrir à ses enfants. Or le jeune professeur idéaliste découvre avec stupeur que ses élèves sont des laissés-pour-compte du système scolaire, que le niveau est dramatiquement bas et que les châtiments corporels ont toujours cours dans cette école.


    Pat s'acharne alors à faire rimer apprentissage avec plaisir et à donner à ces enfants une véritable ouverture sur le monde. Mais dans un Sud qui n'en a pas fini avec le racisme, il se heurte sans arrêt à l'immobilisme et au déni d'une administration qui fera tout pour le renvoyer.


    Dans son style enlevé et plein d'humour, Pat Conroy nous raconte son coup de coeur pour cette île à la beauté sauvage et pour dix-huit enfants qui avaient soif d'apprendre. L'année qui a changé sa vie.







    « Je devais écrire ce livre pour expliquer ce qui s'était passé et à quel point cela m'avait affecté. »

    Par le célèbre auteur du Prince des Marées, d'après une histoire vraie.

  • Au milieu des années 60, le charmant petit village niché au coeur de la forêt de Tronçais vivait des heures paisibles. Jusqu'à l'arrivée de Gaspard... Gaspard le charmeur, Gaspard l'opportuniste, Gaspard aux dents longues ! Aussi, tous les malheurs s'abattant sur le village depuis son avènement lui étaient attribués par la rumeur. Jusqu'à ce beau matin où un ultime drame survint sans que les gendarmes n'y voient goutte. Excédé, le maire réunit alors un conseil municipal extraordinaire et élargi qu'il nomma « Comité », en vue de se débarrasser enfin de Gaspard... Oui mais de quelle manière ? Ce fut Gilles, l'ébéniste du village qui crut résoudre le problème : il allait faire appel à Laurent, son vieux copain de régiment... Était-ce bien raisonnable ? Une fable bucolique dans le somptueux décor de l'ancestrale forêt de Tronçais.

  • À la grande époque de l'équipe de foot de Reims, Norbert, jeune orphelin sans histoire, vacher de son état dans un village en Sologne, se trouve confronté à une série de meurtres inexpliqués. L'occasion pour lui de remonter le fil de sa naissance et les règlements de compte qui ont suivi la Libération. Cet adolescent nous fera vivre son enquête dans la Sologne des années 60, entre Orléans, Romorantin et Blois : les journées de chasse avec battue de sangliers et passages de canards, les promenades champignonnières à la recherche des cèpes et des girolles, les travaux des champs, le labeur des fermiers lors de la traite des vaches et le vêlage. En un mot, la vie des paysans avec, entremêlés, ses difficultés et ses moments de joie et de fête.

  • Cet été 1969, à la fin d'une décennie qui a vu basculer les moeurs, a vu le monde changer sa couleur, et qui va être brutalement ramenée à la condition humaine la plus misérable, violence, folie et mort - ce à quoi elle aurait voulu échapper.
    C'est la mort de Brian Jones, le guitariste fondateur des Rolling Stones, quelques jours avant que l'homme marche sur la lune, en direct sur toutes les télévisions du monde. Et à peine une semaine avant l'utopie Woodstock, de l'autre côté des USA, à Los Anges, Mulholland Drive, trois membres d'une communauté hippie dirigée par un nommé Charles Manson s'immiscent dans la propriété du cinéaste Roman Polanski et en égorgent les occupants, dont sa compagne Sharon Tate, 26 ans, enceinte.
    Et c'est de toute cette mythologie soudée comme un monolithe qu'est fait notre présent. Certains des héros de Woodstock continuent se produire sur scène, et la dernière demande de libération conditionnelle de Manson a été rejetée le 11 avril 2011.
    Et puis l'épilogue des sixties : on est le 6 décembre, sur le circuit de courses automobiles d'Altamont, où les Rolling Stones, accusés d'avoir trop engrangé de bénéfices dans leur tournée géante, ont voulu se rattraper par un concert gratuit, mais en ont confié le service d'ordre aux motards des Hells Angels. Là mourra Meredith Hunter, directement devant la caméra des frères Maysles (Gimme Shelter).
    Tous les tenseurs de notre culture actuelle sont désormais au grand jour, ou plutôt exibés à même l'immuable nuit des hommes.
    Alors c'est comme une histoire qu'on s'imagine connaître d'avance et par coeur, mais, si on la déplie, voilà une myriade de faits et de détails qui résonnent et interfèrent, et nous découvrons que nous en avons si peu, si peu...
    Marc Villard est un maître de la fiction. Là (et nous le saluons avec une mise en 69 pages !), c'est la réalité même qui devient son terrain d'exercice. C'est fascinant, c'est brûlant, c'est urgent. Pensez, 1969, USA...

    FB

    Réalisation graphique et couverture Roxane Lecomte (Digital Hat).

  • Début janvier 1958, Bernard Kerlien est appelé pour effectuer son service militaire : une année en France près de Rennes puis le reste en Algérie, au 1er RIM à Trézel, dans le sud Oranais. Vivez la vie pleine de rebondissements des jeunes gens qui effectuaient, 28 mois de service militaire, il y a une soixantaine d'années. Participez à leurs aventures palpitantes, leur quotidien ponctué d'épisodes le plus souvent amusants mais aussi parfois dramatiques. Plongez-vous dans la vie d'une caserne ou d'un camp militaire avec ses contraintes mais aussi ses joies, notamment les permissions données au compte-gouttes et qu'il fallait mériter... Suivez pas à pas la vie des jeunes appelés, en France puis en Algérie, avec ses moments de franche rigolade et ses périodes plus mélancoliques, voire parfois douloureuses. La guerre n'est pas loin, le danger est toujours présent. Mais l'insouciance de la jeunesse, la franche camaraderie et la quille en ligne de mire... permettent de garder le moral. Faites un bond dans le passé à la recherche, peut-être, de vos souvenirs. Ceux qui n'ont pas connu le service militaire sauront à quoi ils ont échappé... ou ce qu'il leur manquera à jamais... Une cure de bonne humeur au milieu d'une époque dramatique de notre Histoire. Une leçon de vie.

  • Deux adolescentes, fières et attachantes représentantes des sixties, éprouvent dès leur rencontre un attrait irrépressible l'une pour l'autre. Bravade, rejet dépité des garçons ou appel de la nature imprévisible ? Amitié, admiration, amour ambigu se mêlent dans les yeux, les mains et les coeurs de ces jeunes filles, elles qui cherchent leur place dans un monde qu'elles arpentent et affrontent de concert, et qui fait tout pour les séparer.
    Devenues adultes, les deux anciennes amies se retrouvent par hasard, bouleversées, et évoquent leurs parcours si opposés. Elles s'interrogent sur leur passé, leur résilience, leurs blessures, la destinée...
    À quel moment se sont-elles fourvoyées ? Question existentielle, lancinante et vaine, quasi métaphysique qui taraude plus ou moins consciemment les personnages puisque jamais on ne retourne en arrière.
    D'une plume précise et sensible, l'auteur, observateur inlassable et bienveillant de ses semblables, retrace une passion juvénile, douloureuse, à une époque encore peu tolérante aux amours saphiques.

  • Dans ce nouvel opus, l'auteur explore l'époque de sa jeunesse, plus particulièrement de son adolescence, qui se déroule en province belge francophone, pendant les glorious ou swinging sixties.
    Au vu de sa propre expérience et de sa vision de la vie, le narrateur, à l'âge des bilans, s'interroge sur son passé et son cheminement, dans ce récit dense aux multiples angles d'approche, en introduisant des personnages semi-fictifs de la classe ouvrière et moyenne lesquels ne déparent nullement la réalité et l'authenticité du témoignage serti de pointes d'humour et d'irrévérence aux modes ainsi que de multiples allusions littéraires et musicales.
    Jean-Hubert Mabille ne se lasse pas d'observer ses semblables et de les dépeindre d'une plume aussi sensible que reconnaissable dans ce roman foisonnant qui s'inscrit dans une saga familiale toujours à prospecter, située dans la chaîne et la trame du temps.

  • La vie d'une femme libre à l'époque de mai 68 en Auvergne et Bourbonnais. Michelle, l'héroïne du roman, a vécu la contestation de 1968. Elle a adhéré à certains de ses idéaux. Cru à l'évolution de la société. A-t-elle vécu libre ? Intelligente, sérieuse, elle a pu étudier, réussir, travailler, être indépendante, mais qu'en est-il de la liberté d'aimer ? En fait, sa vie sentimentale s'est heurtée à l'intransigeance des préjugés qui ont failli la briser. Elle a ensuite dû entreprendre un long chemin pour se reconstruire. Une histoire située dans la société en pleine évolution des années 60, en Auvergne et Bourbonnais, rythmée de séquences dans le Cantal, la Haute-Loire, la Saône-et-Loire, et qui évolue vers la Touraine et le Berry, sans oublier plusieurs escapades insulaires : Oléron, Ré, Sicile.

  • Jean-François Duval sillonne depuis vingt ans les États-Unis sur la piste de Jack Kerouac et des héros de la Beat Generation, avec en ligne de mire notamment la figure charismatique de Neal Cassady, le héros de Sur la route. Il a retrouvé et s'est entretenu avec plusieurs protagonistes majeurs de la légende beat : Allen Ginsberg, Carolyn Cassady, Joyce Johnson, Timothy Leary, Anne Waldman, Ken Kesey. Sous une forme très vivante, il nous livre ici les résultats de son enquête. Enquête sur Kerouac et la Beat Generation rend justice à un écrivain phare et à un mouvement dont l'impact social et littéraire est beaucoup plus important qu'on ne le pense généralement.
    L'ouvrage fait revivre de l'intérieur l'épopée des « Beats » au travers de témoignages de première main. Il montre comment le succès d'un livre culte, Sur la route, peut conduire à la déchéance et à la mort voulue à la fois de son auteur, Kerouac, et de son héros, Neal Cassady, tous deux victimes de leurs propres accomplissements. Il montre aussi que la contre-culture américaine, tout au long de la seconde moitié du XXe siècle et jusqu'à aujourd'hui, sans même que nous en ayons conscience (c'est-à-dire bien au-delà des signes apparents que sont le port du blue-jean, l'absorption de coca-cola et les influences musicales), représente la face cachée d'à peu près toutes les évolutions culturelles que nous avons connues en Europe.
    L'histoire des « Beats » est aussi notre histoire.
    Avec une riche iconographie, un Who's Who, des repères chronologiques et bibliographiques.

  • Le cinéma militant et la guérilla urbaine firent irruption en Argentine à la fin des années 1960, lorsque refluèrent les tensions sociales et les transformations culturelles engendrées par l'accès des masses populaires à la représentation politique en 1916. Tout au long du XXe siècle, les arts visuels et la littérature interrogèrent ce processus de modernisation maintes fois interrompu jusqu'aux années 1960, quand la guérilla et le cinéma cherchèrent à les transcender et à les sublimer par l'action directe.
    Cet ouvrage retrace les principales expressions de la violence politique tant dans la réalité sociale que cinématographique, en les questionnant au prisme de certaines notions philosophiques et en en étudiant les signes visuels et textuels. L'analyse filmique détaillée de Los traidores de Raymundo Gleyzer, fondateur du Cine de la Base, et l'étude du recueil de documents du PRT-ERP établi par Pablo de Santis, A vencer o morir, permettent de replacer la trajectoire de ce parti révolutionnaire et du collectif cinémato­graphique dans le contexte politique de l'époque.

  • Au début des années 60, Mathilde Malaveix vit avec ses parents et ses frères dans une ferme à St Yrieix. Si la campagne limousine vit à cette époque les grandes mutations des sixties, Mathilde, elle, va subir les effets immuables des lourds secrets de famille. Elle sera la victime des sentiments, et bien plus encore des ressentiments de son père Joseph à son égard. Forcée de fuir, son destin la ramène pourtant là où tout a commencé, et là où tout s'achèvera : la fin de son calvaire. Il fallait la mort de son bourreau pour qu'elle renaisse. Stéphane Bein signe ici un roman cynique, violent, mais d'une tendre cruauté.

  • Jean-Pierre, trentenaire, quitte son appartement dans le quartier de la Chancellerie à Bourges et part dans le Midi pour terminer son travail de deuil. Mais c'est compter sans les lois du hasard qui mettent sur sa route Martin, le régisseur de la tournée d'été 1965 des vedettes yéyés ; Martin, l'homme qui a des yeux indescriptibles, comme ceux d'Isabelle, sa femme, qu'il vient de perdre. C'est donc aux rythmes de Cloclo, Richard Anthony, Eddy Mitchell et de bien d'autres, que Jean-Pierre va suivre la caravane de ces jeunes artistes qui tortillent des fesses, dansent le twist et crient « yéyé ! » Il découvre alors les jalousies entre starlettes, les promenades en décapotable sur les petites routes de Provence, les échanges de fumettes le soir après le spectacle... la vie de saltimbanques qui ne passent jamais deux nuits de suite dans le même lit.

  • Manège

    Daniel Parokia

    « Mathilda, en talons aiguilles, tirait désespérément sur sa minijupe. Comme à Ecully, quand elle avait plusieurs fois changé de coiffure, il avait eu, de nouveau, le sentiment d'une répétition. C'était un geste qu'elle accomplissait machinalement, mais dont la fréquence finissait par attirer l'oeil. Celui des promeneurs, bien sûr, mais aussi le sien. « Elle n'a pas perdu de temps... » Qui avait bien pu faire une telle remarque ? »
    Années 1960. Le charme discret des demeures cossues de l'ouest lyonnais. Les ritournelles de l'époque. Et des soyeux cyniques qui ont ourdi la trame où se laisse prendre Matteo, jeune étudiant, fasciné par le luxe et la richesse.
    Manège, deuxième roman de Daniel Parokia, entraîne le lecteur dans le monde d'hier - aux résonances émouvantes et fitzgeraldiennes.
    Daniel Parokia vit à Lyon. Professeur émérite depuis 2012, il a étudié la philosophie, la linguistique et les mathématiques. Ses romans sont publiés chez Buchet/Chastel.

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