• La vengeance des victimes. Elle est condamnée, il l'aime, elle l'entraîne dans sa vengeance mortelle.

    À la sortie d'un bal, un couple pressé se réfugie dans le vieux cimetière, mais au cours de leurs ébats la jeune femme voit un cadavre sur une tombe et aperçoit une silhouette qui s'éloigne. Elle appelle la police tandis que son compagnon, lui, file en vitesse.
    Le commissaire Erlendur et son adjoint Sigurdur Oli arrivent sur les lieux pour découvrir la très jeune morte abandonnée sur la tombe fleurie d'un grand homme politique originaire des fjords de l'Ouest.
    La victime a 16 ans, personne ne la connaît, elle se droguait. Erlendur questionne sa fille Eva Lind, qui connaît bien les milieux de la drogue pour en dépendre. Elle lui fournit des informations précieuses et gênantes à entendre pour un père. Il s'intéresse aussi à la tombe du héros national et va dans les fjords de l'Ouest où il découvre une amitié enfantine et une situation sociale alarmante. La vente des droits de pêche a créé un grand chômage et une émigration intérieure massive vers Reykjavík, dont les alentours se couvrent d'immeubles modernes pour loger les nouveaux arrivants. Sigurdur Oli, lui, s'intéresse plutôt à la jeune femme qui les a appelés.
    Le parrain de la drogue, vieux rocker américanisé et proxénète, est enlevé au moment où la police révèle ses relations avec un promoteur immobilier amateur de très jeunes femmes. Pendant ce temps, contre toute déontologie, Sigurdur Oli tombe amoureux de son témoin.
    Avec son duo d'enquêteur emblématique et classique, Erlendur, le râleur amoureux de l'Islande, et Sigurdur Oli, le jeune policier formé aux États-Unis, Indridason construit ses personnages et nous révèle leur passé, tout en développant une enquête impeccable dans laquelle on perçoit déjà ce qui fait l'originalité de ses romans : une grande tendresse pour ses personnages et une économie de l'intrigue exceptionnelle.

  • Au large des côtes normandes, fin 1793. Malgré l'évasion ratée du petit Louis XVII, Sébastien de Rocadour ne se décourage pas. À peine réchappé du siège de Granville, il accepte une nouvelle mission : emporter à Paris de précieuses lettres des Princes - les frères émigrés de Louis XVI - pour les remettre à un de leurs agents.Une contre-révolution se trame, mais il s'agit aussi d'arracher à sa prison la princesse Marie-Thérèse, soeur du petit Roi. Accompagné par Saphire, l'Esquirol rejoint la capitale après un voyage mouvementé. Il touche au but de sa mission quand un piège sournois se referme sur sa baladine. Sébastien saura-t-il renoncer à ce pour quoi il s'est battu jusque-là afin de sauver celle qu'il aime ?

  • Arnys et moi

    Philippe Trétiack

    L'histoire d'Arnys, marque de vêtements masculins plébiscitée par les élites, de 1933 à 2012 reflète les évolutions de la société française.
    Créée par des émigrés juifs russes, elle a traversé l'Occupation, les Trente Glorieuses et les années 1980 avant d'être médiatisée par l'affaire Fillon. Lui-même issu de l'émigration juive, l'auteur croise cette épopée avec l'histoire de sa propre famille.

  • En 1947, Staline propose aux russes blancs de les amnistier et de revenir au pays.
    Entre 4000 et 6000 émigrés qui avaient fuit les bolcheviks en 1920 pour s'installer en France vont répondre à cet appel.

    Ce roman retrace l'épopée émouvante et tragique d'une de ses familles.
    Elle est inspirée d'une histoire vraie.

    Marina, l'héroïne, vit dans le sud de la France avec ses 7 frères et soeurs. Leur père est simple jardinier alors qu'il était cadre supérieur en Russie.
    Elle a dix neuf et vit un immense amour avec un étudiant en médecine. Elle a réussi son bac et veut devenir professeur d'anglais. Son père l'oblige à partir en exerçant sur elle le pire des chantages. Il lui promet aussi qu'elle pourra rentrer dès que la famille sera correctement installée.
    Le voyage et le cauchemar commencent, de Vence à la Volga, au Caucase puis en Crimée. Il va durer 30 ans.

    Le roman d'une femme piégée dans un détour sombre de l'Histoire. La peinture d'un monde disparu.

  • La salle d'attente

    Yung-Shan Tsou

    • Piranha
    • 1 Septembre 2016

    Xu Mingzhang a rencontré son épouse à l'université de Taipei. Leurs amis ont bien du mal à comprendre ce qui les unit : c'est une étudiante ambitieuse et très en vue, alors que lui est réservé, toujours plongé dans ses livres. Il la suit pourtant en Allemagne où il s'enferme peu à peu dans un monde intérieur fait de lectures et de silences. Jusqu'au jour où elle lui annonce qu'elle le quitte. Désormais installé seul à Berlin, il attend qu'une fonctionnaire décide ou non de prolonger son visa et surtout, de trouver un sens à sa vie, loin de son île natale.


  • Maria da Graça est femme de ménage, elle a l'ambition de mourir d'amour.

    Elle rêve toutes les nuits qu'elle essaye d'entrer au paradis pour y retrouver monsieur Ferreira, son patron, qui, bien qu'avare et ayant abusé d'elle, lui parlait de Goya, Bergman ou Mozart, des hommes capables d'impressionner Dieu en personne. Mais les portes du paradis sont encombrées de marchands de souvenirs et saint Pierre la repousse à chaque fois. Elle verse aussi tous les soirs quelques gouttes d'eau de Javel dans la soupe de son mari.
    Quitéria, son amie, se prostitue mais tombe amoureuse d'un émigré ukrainien désespéré.
    Comme Maria da Graça, tous les personnages de ce roman cherchent leur paradis et, pleins d'espoirs ou sans espoir, ils pensent que le bonheur vaut tous les risques, même s'il faut sauter allègrement dans l'abîme.

    V.H. Mãe dessine ici avec humour un portrait caustique et tendre de notre temps, à travers des personnages attachants qui avancent sur les chemins sinueux d'une société perturbée.

  • Maja Haderlap raconte l'histoire d'une fillette et de sa famille, mais aussi l'histoire d'un peuple, la minorité slovène en Autriche.

    Elle raconte une enfance dans les montagnes de Carinthie, et son écriture sensible fait entendre les bruits de la maison et du village, les disputes des parents, elle fait sentir les senteurs de l'été, le parfum de la cuisine de sa grand-mère.
    Son héroïne est aussi une adolescente qui essaie de trouver sa voie dans un univers extrêmement étouffant, englué dans les réminiscences du passé familial et du passé slovène.
    La Seconde Guerre mondiale est certes terminée depuis longtemps, mais pour la minorité slovène elle est encore omniprésente, marquée par les règlements de comptes, les rapports difficiles avec l'Autriche et la présence d'une frontière quasiment infranchissable avec la Slovénie pour cause de guerre froide. En grandissant la jeune protagoniste lutte pour rassembler les fragments épars de l'histoire familiale et finit par trouver son propre chemin et son salut dans l'écriture.
    « Maja Haderlap a écrit une histoire puissante... Il n'y avait jamais eu encore de grand-mère comme celle-ci, de père pauvre et désenchanté comme celui-ci, de morts comme ceux-ci, d'enfant comme celle-là. » - Peter Handke
    « Très fortement autobiographique, ce roman est un document, écrit dans une langue éminemment poétique, une « recherche » qui mène le lecteur dans les profondeurs d'une histoire de l'Autriche que les protagonistes sont loin de maîtriser. » - Paul Jandl, Die Welt
    « Maja Haderlap a écrit son roman dans une langue poétique dans laquelle le temps est un « glacier flegmatique » qui broie tout ce qui a semblé merveilleux et immuable à la jeune protagoniste. » - Wolfgang Hbel, Der Spiegel

  • Elspeth Baillie, jeune actrice écossaise, est choisie par Lord Coak, un énigmatique imprésario, pour jouer dans la troupe de théâtre qu'il veut créer dans l'île de la Barbade. Après un accueil flatteur de la part de l'aristocratie coloniale, sa vie dans les Caraïbes est bouleversée par le passage meurtrier d'un ouragan.
    Elspeth est contrainte d'endosser un rôle ambigu dans le monde fermé d'une lointaine plantation de sucre. L'intendant, le Capitaine Shaw, s'emploie à construire une nouvelle Calédonie, peuplée d'émigrés écossais fuyant la misère du pays natal. Les espoirs d'Elspeth pour un nouveau monde plein de théâtre et de passion entrent en collision avec les drames trop réels et les amours illusoires de la vie coloniale. Elle devient prisonnière de la Colonie, cette entreprise dont le principe fondateur est la domination blanche.

    Avec sa richesse linguistique et sa narration hypnotique pleine de retournements, ses personnages pleins de désir de vivre et de croire, le roman de C. Dolan interroge sur ce qui fait une nation.

    Les lignées ? Le langage ? L'Histoire ? Ou un idéal pour l'avenir ?

    « La Colonie est un roman captivant et irrésistible. Les descriptions de la vie sur l'île sont vives, les personnages convaincants et la narration émouvante. » - The Scotsman
    « C'est un conte puissant et dérangeant, écrit avec une attention scrupuleuse à la fois pour les mots et leur sens caché ainsi que pour l'histoire d'hommes et de femmes forcés de vivre et de travailler pour une cause perdue et immorale. » - The Independent

  • Paris est toujours un merveilleux fantasme pour les jeunes écrivains latino-américains, Esteban vient y étudier la littérature, mais il y découvre aussi la pluie, le froid, la solitude et la plonge dans le sous-sol d'un restaurant coréen.
    Il rencontre d'autres émigrés, coréens, marocains, latino-américains, roumains, africains, tous porteurs d'une histoire qu'ils nous racontent avec sincérité. Tous jeunes, désespérés, inventifs et sans le sou, ils trouvent le salut dans leur solidarité, leur amitié, et se raccrochent à l'unique chose qui leur prouve leur humanité : le sexe. À travers lui, ils se retrouvent égaux et peuvent croire un instant que tout peut changer.
    Esteban est un amoureux maladroit, sincère et volage, qui souffre de la jalousie et de l'abandon tout en pratiquant avec enthousiasme une vie érotique échevelée et drôle qui le conduira à ce pour quoi il est venu à Paris, l'écriture.
    Romancier traitant avec une infinie tendresse ses personnages ballottés dans un monde de misère et de désespoir, Santiago Gamboa se place à l'ombre de Henry Miller pour nous raconter avec distance et un humour exceptionnel ces Jours tranquilles dans un Paris moderne au coeur de la mondialisation.

    Un roman prenant, juste, plein d'énergie vitale, et magnifiquement écrit.


    Ce roman fait partie de la 1ère sélection du Prix Médicis étranger 2007

  • " Que chercher et, éventuellement, que découvrir, après cette négation absolue du progrès ? Un homme, peut-être. Ou bien l'éternité. " Le Magazine littéraire

    " Diogène secoua la tête.

    – Tu ne comprends pas. Les aveugles
    n'ont pas besoin de la vérité. Ils sont très heureux dans leur monde fallacieux, mais douillet. Qu'est-il arrivé aux voyants qui ont voulu décrire le monde réel aux aveugles ? Qui les a écoutés ?

    – Mais les temps changent. Il peut venir une génération qui croira peut-être les voyants.

    Diogène leva l'index :

    – Eh bien, vois-tu, c'est la première chose que tu dois apprendre : les temps ne changent pas. La mer fait des vagues, mais l'eau reste. Les nuages peuvent avoir la forme de champignons, mais on ne peut pas les manger. L'homme est tel qu'il est né : ou il voit, ou il ne voit pas. Qu'une maison soit construite en brique grossière ou en verre étincelant, au bout de dix, cent, mille ans, le sable dont ils sont faits sera toujours du sable. Que dit l'Écriture : "Tu es poussière...'

    – Ce ne sont que des lieux communs.

    – Ne fais jamais fi des lieux communs. Ce sont des vérités pétrifiées. Il faut du courage pour essayer de briser ces pierres. "

  • « Personnellement, ma plume hésite et ma main tremble. Aussi je préfère taper les mots que les écrire. Et c'est bien naturel, je n'oublie pas que je suis percussionniste. Mon penchant s'exprime ainsi : préparateur plutôt que goûteur, musicien plutôt que mélomane, imprimeur plutôt que lecteur. Pas si simple d'aimer la matérialité d'un ouvrage alors que l'oeuvre est censée la transcender, libérant au passage sa capacité d'illumination. Imprimer, dernier chaînon avant de semer à tout venant. » Les images indélébiles d'une enfance parisienne et les figures truculentes des parents exilés, la musique et la littérature, Dieu et l'identité juive, la réalisation de soi et l'amour... Autant de sujets qu'aborde, avec une totale liberté de composition et d'arrangement, Y. Micenmacher au fil de ce texte constitué de fragments autobiographiques où dominent l'humour et la dérision, une certaine folie douce et l'irrévérence, une écriture déliée mais encore un profond regard sur l'existence.



  • En 1883, deux fils de notables, Elie et Léopold Etcheverry, s'embarquent pour le Chili pour travailler comme employés de commerce dans la région de Coronel où de nombreux Basques sont déjà installés.
    Ils n'entendent pas s'expatrier définitivement. Ils visent à gagner suffisamment d'argent pour rentrer au pays et s'y installer dans des conditions honorables - ce qu'ils feront en 1894.
    Les quatre-vingt-six lettres de ces émigrés qui composent ce volume forment un témoignage vivant et circonstancié sur les aspirations et les déconvenues de ces exilés volontaires. En cette fin du XIXe siècle, la crise économique larvée et la guerre civile gênent leurs efforts pour amasser un pécule.
    /> Ils y parviendront et termineront leur vie dans le costume de notables locaux. Nous devons à leur petit-neveu, le docteur Michel Barthaburu, la chance de pouvoir les lire.

  • Dans Recoudre la lumière, la poète fait vivre la mémoire d'une Lettonie qui respire en elle, le pays de ses origines qu'elle désire retrouver d'abord, puis se réapproprier par l'écriture. Inspirée par la poésie de ses ancêtres, elle fait entendre l'histoire de son peuple en évoquant des lieux, en datant des événements, en décrivant l'horreur de la guerre et des camps, l'envahissement par l'URSS, mais surtout elle prend à témoin l'histoire de son grand-père qui a réussi à émigrer au Canada.

    À la fin du recueil, elle s'écrie « Je rentre à la maison » après cette longue traversée qui a lui a permis de ressouder les traits épars de son existence.

    Un recueil d'une grande beauté, à l'image de la mer Baltique, où s'affirment la nostalgie de l'exil et le désir d'un royaume à reconquérir.

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