Littérature arabe

  • Les portes du néant

    Samar Yazbek

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    • 9 Mars 2016

    Figure de l'opposition au régime de Bachar al-Assad, Samar Yazbek est contrainte de quitter son pays tant aimé en juin 2011. Depuis son exil, elle ressent l'urgence de témoigner. Au mépris du danger, elle retourne clandestinement dans son pays, en s'infiltrant par une brèche dans la frontière turque. Trois voyages en enfer dans la région d'Idlib où elle vit de l'intérieur l'horreur de la guerre civile, aux côtés des activistes. Des premières manifestations pacifiques pour la démocratie, à la formation de l'Armée Syrienne Libre, jusqu'à l'émergence de l'État islamique, Samar Yazbek livre un témoignage courageux sur le quotidien des combattants, des enfants, des hommes et des femmes ordinaires qui luttent pour survivre. Elle dit l'odeur de la terre après l'explosion d'une bombe, l'effroi dans le regard des mères, les corps mutilés ; elle dit l'une des plus grandes tragédies du xxie siècle.

  • « 19 femmes est le fruit d'une série d'entretiens que j'ai menés avec des Syriennes dans leurs pays d'asile, ainsi qu'à l'intérieur du territoire syrien. À chacune j'ai demandé de me raconter ``leur'' révolution et ``leur'' guerre. Toutes m'ont
    décrit le terrible calvaire qu'elles ont vécu.
    Je suis hantée par le devoir de constituer une mémoire des événements qui contrerait le récit qui s'emploie à justifier les crimes commis, une mémoire qui, s'appuyant sur des faits incontestables, apporterait la preuve de la justesse de notre cause. Ce livre est ma façon de résister. »
      SAMAR YAZBEK
    Avec ce document unique, capital, sur le rôle des femmes dans la révolution, Samar Yazbek rend leur voix aux Syriennes, la voix de la résistance, la voix de l'espoir.
    Traduit de l'arabe (Syrie) par Emma Aubin-Boltanski et Nibras Chehayed
    Postface de Catherine Coquio

  • La malédiction

    Rachid Mimouni

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    • 1 Septembre 1993

    LA MALEDICTION Juin 1991 à Alger : les intégristes viennent de lancer une grève insurrectionnelle dans le but affiché de prendre le pouvoir, et ont ordonné à leurs troupes d'occuper les places publiques de la capitale. Afin de soigner leurs nervis blessés au cours des affrontements, ils prennent le contrôle du plus grand hôpital d'Alger et y instaurent un ordre qui préfigure celui qu'ils veulent imposer au pays entier.
    Là exerce Kader, un jeune obstétricien qui va jouer sa vie dans cette tourmente. Là se retrouvent Saïd, l'intellectuel désabusé ; Palsec, figure gouailleuse et pathétique de Gavroche algérois ; Louisa et l'espoir, pour Kader, d'un bonheur nouveau, et Si Morice, l'étrange vieillard qui égrène les souvenirs du temps du maquis et de la lutte pour l'indépendance.
    Ainsi s'imbriquent, dans ce récit où l'hôpital - lieu de naissance et de mort - est la métaphore d'une nation déchirée entre avenir et passé, les pièces d'une malédiction qui s'acharne, depuis un demi-siècle, à susciter la discorde et les luttes fratricides.
    Un roman, on ne le sait que trop, d'une dramatique actualité.

  • L'honneur de la tribu

    Rachid Mimouni

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    • 1 Avril 1999

    L'Honneur de la tribu "Il faut que vous sachiez que la Révolution ne vous a pas oubliés, nous déclara-t-il à son arrivée. Nous ne savions pas alors ce qui nous attendait" Ainsi s'ouvre ce récit, par la voix d'un vieil homme qui, pour l'honneur de sa tribu, entreprend de raconter l'histoire - devenue presque mythique - de sa communauté, des débuts de la colonisation française en Algérie à ces jours de honte qui voient la destruction de son âme par ceux-là mêmes qui prétendent, autoritairement, lui forger un nouveau visage.
    Histoire terrible, histoire exemplaire, comme celles que racontent les romans de Rachid Mimouni. Quelques années après sa disparition, l'oeuvre de cet homme qui fut paisible et silencieux fait résonner une parole forte et plus que jamais nécessaire dans la lutte contre l'intolérance et la barbarie.
    Rachid Mimouni est né en 1945, à Boudounaou, à l'est d'Alger, d'une famille de paysans. Il est l'auteur de plusieurs ouvrages dont Le Fleuve détourné, Une peine à vivre et La Malédiction, Il est décédé à Paris en 1995.

  • Une peine à vivre

    Rachid Mimouni

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    • 21 Août 1991

    Une peine à vivre Face au peloton d'exécution se trouve le tout-puissant Maréchalissime, cynique et violent dictateur d'un pays sans nom.
    Alors que les douze soldats épaulent leurs fusils, le tyran ferme les yeux et se souvient. De son enfance calamiteuse de bohémien, de son fatal engagement dans l'armée, de sa marche acharnée vers le pouvoir ; de sa rouerie et de son absence de scrupules, des compromissions et de la vilenie. Il se souvient encore du putsch sanglant qui fit de lui un maître absolu, régnant par la terreur. Il se souvient enfin, surtout, de la femme qu'il a aimée, mystérieusement disparue, de la longue chasse pour la retrouver, la garder, la gagner. Désespérément.
    Qu'en est-il du désir et de son théâtre d'ombres dans l'histoire pleine de bruits et de fureur ? Critique baroque et cinglante du totalitarisme, Une peine à vivre, roman extrême de la violence et de la compassion, nous interroge sur ce qu'il y a d'essentiel à l'homme : l'amour ou le pouvoir.

  • La ceinture de l'Ogresse "Si le train est passé, il est bien obligé de revenir. Or, il est midi, et je n'ai encore rien vu. Ce serait au retour qu'il aurait eu du retard ? Improbable. Et si, finalement, il n'était pas passé ? Mais pour quelle raison aurait-on annulé son départ ? Y aurait-il la révolution dans la capitale ? Des émeutes ? L'état de siège ? Le couvre-feu ? Il est vrai que, comme le journal ne nous parvient plus, il est difficile de savoir ce qui se passe. La radio n'a rien annoncé. Mais nous savons qu'elle n'a pas l'habitude de rapporter les informations utiles. Elle se contente de faire des discours que personne n'écoute." R.M.
    Dans les sept textes qui constituent La ceinture de l'Ogresse, Rachid Mimouni décrit avec minutie l'absurde administratif de son pays. Ce recueil, publié en 1990, invitait à une réflexion sur le pouvoir et sur les risques de régression qui menaçaient l'Algérie, prise entre la pesanteur bureaucratique et la remontée de l'obscurantisme.
    Sa lecture révèle aujourd'hui la force prémonitoire de la voix du grand écrivain algérien, trop tôt disparu.
    Rachid Mimouni est né en 1945, à Boudouaou, à l'est d'Alger, d'une famille de paysans. Il est l'auteur de plusieurs ouvrages dont Le Fleuve détourné, l'Honneur de la tribu et La Malédiction. Il est décédé à Paris en 1995.

  • Tombeza

    Mimouni-R

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    • 2 Février 2000

    On ne peut parler avec justesse de l'horreur que sur un ton paisible, sans remous ni éclats.
    C'est le pari qu'a choisi Rachid Mimouni pour nous raconter l'histoire d'un enfant, d'un adolescent puis d'un adulte - celui qu'on appellera Tombéza - qui, né dans d'horribles circonstances, parcourra toutes les horribles circonstances qui mèneront à la naissance de la nouvelle Algérie. Et quand, ayant fait son trou dans cette société qui se cherche à tâtons, parvenu à l'honorabilité et presque aux honneurs, il sera abattu par plus corrompus que lui, s'achèvera la trajectoire d'un destin maudit.
    Au-delà du portrait d'un homme monstrueux - et finalement extraordinairement attachant -, Tombéza décrit une société en déréliction où les hommes, en plein désarroi, s'interrogent sur le bien et le mal, ainsi que sur cette force de perversion qui pourrit leur être et leur monde.


    Rachid Mimouni est né en 1945 à Boudouaou, à l'est d'Alger, d'une famille de paysans. Il est l'auteur de plusieurs ouvrages dont Une peine à vivre, L'Honneur de la Tribu, et La Malédiction. Il est décédé à Paris en 1995.

  • Le fleuve detourne

    Mimouni-R

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    • 2 Février 2000

    "Enfin, Si Mokhtar parla :
    - Tu reviens au pays bien après la fin de la fête, bien après que mes fanfares se sont tues. Tu aurais pu persister dans la voie de l'oubli, ou comme Ali, ton cousin, dans celle de l'inconscience. Ce sont aujourd'hui les seuls gages de sérénité. Mais tu veux savoir. Mon fils, ta douleur sera grande." Le narrateur, précisément, veut savoir. Il revient de loin, après plusieurs années d'absence. Il revient de si loin que tout le monde, dans son village, le tient pour mort : officiellement, il a été tué lors d'un bombardement par les forces françaises d'un camp du FLN, pendant la guerre d'indépendance. Qu'a-t-on à faire de ce revenant ?
    Il s'obstine, veut retrouver sa femme et son fils. Et le voici parti, comme une ombre, à travers son pays. Sa voix nous bouleverse. Le fleuve immémorial de la tradition a été détourné de son cours ; le peuple ne se reconnaît plus ; il se tait.
    Ce roman, d'une densité et d'une rigueur exemplaires, est plus éloquent des textes du silence.

    Rachid Mimouni est né en 1945, à Noudouaou, à l'est d'Alger, d'une famille de paysans. Il est l'auteur de plusieurs ouvrages dont Une peine à vivre, L'Honneur de la Tribu et La Malédiction. Il est décédé à Paris en 1995.

  • Lorsque Djarbi arrive à l'École Normale de la capitale, il a la vie devant lui : la paix de l'Indépendance à découvrir, les espoirs de la Révolution, l'amitié et peut-être l'amour. Mais l'univers clos d'un lycée destiné aux pauvres lui impose des règles, des désillusions, des petitesses. Rachid Mimouni dresse un tableau impitoyable de l'après-guerre d'Algérie. Les jeunes personnages de ce roman d'apprentissage vont surtout apprendre à regarder le monde d'adultes qui les attend. Leurs guides, encombrés de complexes et d'incertitudes, n'offrent souvent que les caricatures de leurs espoirs. Certains sont pitoyables, d'autres plus héroïques : qui soupçonnerait l'austère demoiselle au visage ingrat d'avoir aidé, pendant la guerre, des rebelles ? Qui pourrait imaginer la solitude désespérée de cet autre qui, les cours finis, se précipite dans les bas-fonds de la ville ? Outre des portraits saisissants d'adolescents décidés à construire l'avenir, Rachid Mimouni trace celui de son héros, guetté par la mort, au moment même où il croit découvrir l'amour.

  • « Silou est en prison. On dit que c'est un terroriste, un cousin de Ben Laden. Lui ne sait pas ce qu'il est. Il sait juste qu'il a fait un truc de mal. Sa psy lui a dit de raconter sa vie parce que ça lui ferait du bien. Alors il raconte. Comment il a grandi et comment il s'est retrouvé là après une condamnation en assises pour « actes terroristes ». C'est l'histoire d'un « jeune des quartiers », d'un gosse d'une cité avec une moitié de mère et une grosse faiblesse pour le shit. Quand il a quitté l'école, parce qu'il ne comprenait pas à quoi elle servait, il a fait quelques petits coups. Que des mauvais. D'ailleurs, lui-même doit être un mauvais coup puisque aucune fille n'a jamais voulu de lui? Les filles n'aiment pas les mecs qui n'ont pas de thunes et pas les yeux bleus. D'ailleurs Nadia, sa « princesse des étoiles », celle qui habite dans la tour d'en face, elle ne le regarde pas. Alors la came a attrapé Silou par l'épaule. Il a enfin vu à quoi ressemblaient les étoiles. Puis il y a eu la descente... Heureusement il y a des mecs qui sont venus le chercher. Ils l'avaient repéré. Ils le respectaient et lui ont promis un autre paradis s'il acceptait de les aider. Alors, bien sûr, il a accepté. Il avait pas des masses d'autres propositions. Les mecs l'ont embarqué dans leur combine, puis il y a eu un braquage, une bombe, des morts. Il n'a rien vu venir. C'est comme ça qu'il est devenu terroriste. » Karim Amellal

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