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  • La casati

    Camille de Peretti

    Née en 1881, la plus riche héritière d´Italie est morte en 1957, fouillant les poubelles de Londres. Luisa Amman, dite « La Casati », n´était pas belle, elle était spectaculaire. Brillante, exhibitionniste, fascinante, imprévisible et prenant l´extravagance très au sérieux, elle voulait « faire de sa vie une oeuvre d´art ». Muse de Gabriele d´Annunzio, Serge Diaghilev ou Léon Bakst, amie d´Isadora Duncan, d´Augustus John ou de Man Ray... quelle curieuse injustice que l´une des femmes les plus portraiturées de l´Histoire, avec la Vierge Marie et Cléopâtre, soit si peu connue du grand public.  Pour Camille de Peretti, écrire le roman de la marquise Casati, c´est aussi s´interroger sur la démarche du biographe (empathie ou duel ?), tenter de se mettre à la place d´une autre, la faire parler d´entre les morts, recouper des suppositions. « Peu importe que la Casati ait ou non habité le Palazzo dei Leoni à Venise. Car c´est moi qui dormirai dans son lit. »  Au gré d´allers-retours audacieux entre sa propre histoire et celle de ce personnage hors du commun, l´auteur redonne vie et démesure à cette héroïne oubliée de la première moitié du xxe siècle qui a inspiré les plus grands artistes de son temps.

  • Nunzio a disparu depuis dix-sept jours. Il a laissé derrière lui ses affaires, son cabinet d'architecte, ses clients, son amant, et son amie, Blue, folle de douleur. Nunzio est mort, et il est le seul à connaître la vérité. Pourquoi flotte-t-il encore entre le monde des vivants et celui des morts ?

    Blue ne comprend pas comment Nunzio a pu s'évanouir ainsi, du jour au lendemain. Après avoir frappé à toutes les portes, à bout d'espoir, elle décide de retourner au Col de l'Ange, leur village natal, d'où ils sont partis ensemble trente ans auparavant. Depuis, ils ont gravi à deux les marches de la notoriété, devenant lui un architecte en vue, elle un célèbre mannequin à la une des magazines. Dans sa maison de famille désertée, Blue ploie sous les souvenirs qui l'assaillent, cachant ses larmes dans la fourrure de sa chienne Youza, sa seule compagne... Petite, on l'appelait Nine, puis elle est devenue Blue, celle qui faisait tourner les têtes. D'une fleur des champs, d'une escarbille une très belle fille a surgi. Cela ne s'est pas fait sans mal. On a massacré son enfance, son coeur est encore bleu des coups reçus.

    Blue sait que son ami, mort ou vif, l'attend ici ; elle ignore que ce voyage est un piège tendu. Quelqu'un d'autre l'attend au Col de l'Ange, quelqu'un qui ne souhaite pas la laisser repartir. Affrontant une violente tempête de neige, elle marchera sur le chemin qui va de la vie à la mort en passant par l'espoir, sous l'oeil de Nunzio, son ange éternel.

    À la lecture de ce récit vibrant et haletant, on songe à l'univers d'Emily Brontë. Sombres, étincelants, l'enfance et l'amour, la douleur et la perte, le ciel et la terre s'y mêlent et s'y déchaînent avec une singulière intensité.

  • Un professeur de français à la retraite est intrigué par une fillette qui habite son immeuble. Chaque soir, après l´école, Manon se réfugie dans le jardin. Assise sous le bouleau, elle parle aux chats et aux fourmis, quand elle n´est pas plongée dans un livre. Depuis quelques mois, sa mère semble avoir disparu.  Brisant la routine et sa solitude, Anatole finit par l´approcher. C´est autour de la lecture du Petit Prince qu´ils échangent leurs premières confidences.  En côtoyant Manon, le vieil homme va rencontrer d´autres voisins : Sophie, une femme singulière qui le met mal à l´aise, et Pierre, le père de la fillette. C´est tous ensemble qu´ils entreprendront un voyage inattendu jusqu´au Maroc.

  • Dimanche 1er octobre. Une journée comme les autres aux Bégonias, maison de retraite de la banlieue parisienne. Il est 9h15. Nini la vieille excentrique attend la visite de sa petite Camille, sous l´oeil attendri et bienveillant de Josy, l´auxiliaire de vie cartomancienne. Louise Alma ressasse 92 années de souvenirs. Jocelyne Barbier, la bureautière, et Marthe Buissonette, la femme de pasteur, reprennent leur querelle quotidienne. Robert Leboeuf couvre Thérèse Leduc d´un regard plein d´espoirs. Le capitaine Dreyfus prépare sa grande évasion. Christiane, l´infirmière de jour, tente de se débarrasser d´un amant devenu encombrant. Philippe Drouin, le directeur, philatéliste à ses heures perdues, rêve d´acquérir une pièce unique. Alphonse Destroismaisons, le vieil amoureux, lutte désespérément contre l´Alzheimer de sa femme... Et les familles des résidents accomplissent, bon gré mal gré, leur devoir dominical. La vie s´écoule doucement entre joie et souffrance, amitié et solitude, amour et ennui, maladie et envie.

    Camille de Peretti propose, avec son acuité habituelle, une immersion insolite et bouleversante dans l´univers singulier des maisons de retraite.

  • Sa petite chérie

    Colombe Schneck

    Il l'appelait sa petite chérie. Ils avaient quinze ans à peine. Étaient-ils des amis, des copains, des amoureux ? Les trois à la fois peut-être. On ne le saura jamais. Ils passaient des heures ensemble à faire leurs devoirs ; elle était souvent invitée chez les parents de ce garçon tellement mieux que les autres, mais à cet âge-là il ne se passe jamais rien de très dangereux. Une seule fois, lors d'un voyage en train organisé par leur école, Jean a demandé à sa petite chérie si elle voulait " sortir " avec lui. Un walkman sur les oreilles elle a fait non de la tête, l'a regretté aussitôt, le regrettera toute sa vie. Elle a grandi, elle a aimé, elle a été aimée, mais n'a jamais perdu de vue ni oublié le Jean de ses jeunes années. Elle le reverra bien sûr, ils tenteront de s'aimer enfin. Y parviendront-ils ?
    Délaissant son histoire familiale, qui faisait tout le charme et la force de son premier livre, L'increvable Monsieur Schneck, Colombe Schneck revisite le thème éternel du " premier amour sera-t-il toujours le dernier " et nous livre sa version tendre et moderne d'un Quand Harry rencontre Sally.

  • Son métier, aux éditions Hurtebise, c´est de " mettre en forme " les romans des autres. Essentiellement, en l´occurrence, les innommables salades de Bannister, le best-seller maison. Qui produit à la chaîne des romans vaguement politiques, vaguement policiers, vaguement sentimentaux et totalement nuls. C´est à lui, Jérôme, de leur donner du ton, du style, de les faire tenir debout.

    Mais sa vraie passion, à Jérôme, c´est Santenac. L´auteur génial et météorique de trois livres, au début des années 1960, racontant des histoires de famille.
    Trois livres et puis plus rien : Santenac, soudain, a disparu, plus personne ne l´a jamais revu.

    Avec Jean-Paul, son ami d´enfance devenu journaliste, Jérôme n´a qu´une idée en tête : retrouver Santenac. Et lire les livres qu´il a forcément écrits, au fin fond de sa retraite. Justement, ce matin-là, alors qu´il vient de prendre livraison du nouveau manuscrit de ce crétin de Bannister, Jérôme reçoit un coup de téléphone de Jean-Paul : il a retrouvé Santenac, il sait où il se cache. Ils vont tout de suite partir, quelque part dans un coin perdu de l´Aveyron, pour enfin réaliser leur rêve. Santenac, pour l´un et l´autre, est beaucoup plus qu´un simple écrivain. Ses livres sont une question de vie ou de mort. Surtout pour Jérôme, qui y trouve ce qu´il n´a jamais eu : une famille.

    Car les livres, c´est la vie. Et lire, c´est vivre. Mais le rideau va se déchirer. Santenac n´est peut-être pas à la hauteur du rêve. À la hauteur de la passion des livres...

    On n´en dira pas plus sans gâcher le plaisir.

  • L´une a six ans et déteste sa mère qui est méchante. Elle a envie de la tuer.
    L´une est grondée parce qu´elle avale trop de chocolat, " Tu vas devenir grosse ma fille ". Elle arrête donc de manger. L´une regarde toutes les femmes, sur la plage, dans les magazines : elles sont fines et jolies, ne sont pas gênées par leur corps.
    Comment font-elles ? L´une et l´autre sont jumelles, on les met dans le même sac depuis leur naissance.
    Comment échapper à son destin ? Elles auront une fille du même âge. L´une ne voulait pourtant que cela, une fille. Quand elle la voit, un si joli trousseau, pour une si vilaine petite fille, elle a envie de pleurer. À l´hôpital elle n´arrive pas à l´aimer tout de suite. L´une pourrait déserter, fuir. Abandonner son mari et son bébé. Tous les après-midi, elle rêve. Son enfant pleure, elle hurle, elle ne l´entend pas. C´est leur secret. Heureuse, ou presque se compose de courtes nouvelles. Certaines décrivent de brèves scènes de la vie quotidienne, d´autres se déroulent sur plusieurs jours ou plusieurs mois.
    Chacune met en scène une femme, une mère, une fille ou une soeur, confrontées à des moments plus ou moins fragiles et sensibles de l´existence (la gémellité, le mariage, l´annonce de la maternité ou l´accouchement).
    À travers des portraits, drôles ou émouvants, des tranches de vie joliment croquées, Isabelle Lortholary explore finement la question de la féminité.
    Comment devient-on femme ? Quelle femme est-on ?

  • Vieux garçon

    Chapuis-B

    Ses amis l'appellent Paul Newman. Il a les oreilles décollées, un grand nez, de grosses lunettes et une légère claudication. Il va rentrer en terminale. Il aime le grec, le latin, la physique et les lettres anciennes. Il n'aime pas le shopping culturel, les espaces de communication, les carrefours de tendances et les 4x4. Il aime le short de Mara, la culotte de Claire, le cou d'Agnès et le derrière de Barberine. C'est l'été, à Paris. Avec Furtif le Loquace, Adham et Agnès, ses inséparables, il investit durant quelques jours l'appartement vide de ses parents, théâtre d'impromptus libertins. La découverte d'un coffre-fort caché derrière un tableau dans la chambre de sa mère provoque une enquête policière et le lance sur la trace des mystérieux habitants d'une station-service isolée au milieu d'un plateau, parmi les champs de lavande. Une jeune Asiatique et sa mère, un homme, qui lui rappelle son père disparu.

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