Seuil (réédition numérique FeniXX)

  • Un travailleur immigré, reclus dans une malle, noue une relation avec une femme rêvée à laquelle il livre son histoire intime et les souvenirs de son pays. Pour échapper à son fantasme qui l'isole, il décide de retourner vers le monde des vivants. Dans la rue, il subit la violence, la haine et le racisme mais rencontre aussi Gazelle, une jeune Palestinienne, qui l'aide à rompre avec sa solitude.

  • Mortelle est une jeune femme énigmatique qui ne s'est jamais résolue à une société pseudo-égalitaire dans laquelle les individualités sont éliminées au profit de la collectivité ; écrire y est un crime, et Mortelle va tomber amoureuse du narrateur...

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Il était une fois, dans le quartier Maubert, une femme transparente à force de banalité qui, tous les ans, revenait à la clinique vétérinaire du docteur Boubat pour faire opérer un chat de gouttière, tigré, aux yeux verts, âgé de neuf mois, qu'elle appelait invariablement Bouillon. C'était au début des années cinquante. Le temps a passé. Le quartier Maubert s'est rénové et la clinique a vieilli. Les souvenirs ont pâli. L'horreur s'est parfois teintée de nostalgie. Et le docteur Boubat attendait - vainement - un interlocuteur qui puisse s'approprier sa mémoire et la fixer.

  • Là où vivait la maison, se dresse maintenant un hôtel. Un homme grimpe le sentier. C'est avec lui qu'enfant elle a vécu cet instant où tout s'est à la fois accompli et brisé. Assis en face d'elle sur la terrasse écrasée de soleil, il se tait. Elle reste seule. Et les morts sont de nouveau là, intensément présents. Et ceux qui ont peuplé un passé récent sont là aussi, affirmés avec la même force passionnée, mais comme rejetés hors de la vérité poétique de l'enfance, reconquise et perdue en même temps. La grandeur simple de ces géants mythologiques que sont les adultes au regard d'un enfant, la violence dérisoire et pathétique de ces enfants que sont les adultes pour qui est allé jusqu'au bout, tout cela est repris en charge par une seule conscience, est vécu comme une seule et même expérience. Ce n'est pas une femme malheureuse qui se raconte, mais, qu'il se manifeste par une séparation, un suicide, le départ à la ville, la mort d'un fils, une amitié déçue, c'est le malheur même qui parle. Roman chanté à voix basse, baigné de poésie et de tendresse, passant de l'humour au tragique, les Yeux fermés laisse un goût de cendre et de soleil. Il est écrit avec cet art dont Albert Béguin pouvait affirmer à propos de la Fiera : « Cette si sûre atteinte qui impose une lecture de participation et non de spectacle, est due, me semble-t-il, à la justesse de l'expression : j'entends par là non seulement une langue à la fois très simple et devenue "style", à la fois naturelle et gouvernée, mais surtout un rythme particulier de la narration, qui est rapide dans le détail et qui pourtant laisse l'impression de lenteur contemplative à quoi se reconnaît la plus incontestable poésie de l'humain. »

  • Là où vivait la maison, se dresse maintenant un hôtel. Un homme grimpe le sentier. C'est avec lui qu'enfant elle a vécu cet instant où tout s'est à la fois accompli et brisé. Assis en face d'elle sur la terrasse écrasée de soleil, il se tait. Elle reste seule. Et les morts sont de nouveau là, intensément présents. Et ceux qui ont peuplé un passé récent sont là aussi, affirmés avec la même force passionnée, mais comme rejetés hors de la vérité poétique de l'enfance, reconquise et perdue en même temps. La grandeur simple de ces géants mythologiques que sont les adultes au regard d'un enfant, la violence dérisoire et pathétique de ces enfants que sont les adultes pour qui est allé jusqu'au bout, tout cela est repris en charge par une seule conscience, est vécu comme une seule et même expérience. Ce n'est pas une femme malheureuse qui se raconte, mais, qu'il se manifeste par une séparation, un suicide, le départ à la ville, la mort d'un fils, une amitié déçue, c'est le malheur même qui parle. Roman chanté à voix basse, baigné de poésie et de tendresse, passant de l'humour au tragique, les Yeux fermés laisse un goût de cendre et de soleil. Il est écrit avec cet art dont Albert Béguin pouvait affirmer à propos de la Fiera : « Cette si sûre atteinte qui impose une lecture de participation et non de spectacle, est due, me semble-t-il, à la justesse de l'expression : j'entends par là non seulement une langue à la fois très simple et devenue "style", à la fois naturelle et gouvernée, mais surtout un rythme particulier de la narration, qui est rapide dans le détail et qui pourtant laisse l'impression de lenteur contemplative à quoi se reconnaît la plus incontestable poésie de l'humain. »

  • Il était une fois, dans le quartier Maubert, une femme transparente à force de banalité qui, tous les ans, revenait à la clinique vétérinaire du docteur Boubat pour faire opérer un chat de gouttière, tigré, aux yeux verts, âgé de neuf mois, qu'elle appelait invariablement Bouillon. C'était au début des années cinquante. Le temps a passé. Le quartier Maubert s'est rénové et la clinique a vieilli. Les souvenirs ont pâli. L'horreur s'est parfois teintée de nostalgie. Et le docteur Boubat attendait - vainement - un interlocuteur qui puisse s'approprier sa mémoire et la fixer.

empty