Entreprise, économie & droit

  • Projet d'émancipation ou simple outil de survie, réponse à une revendication d'autonomie pouvant être dévoyée par le management, l'autogestion ouvre des pistes pour imaginer le travail et la vie de demain. Si son instrumentalisation peut donner libre cours à la critique, son affirmation doit être également interrogée. Réunissant des contributions d'universitaires ayant enquêté sur le sujet, cet ouvrage vise à actualiser les débats. Nous espérons que leurs travaux éclaireront utilement les pratiques alternatives au travail et en dehors, tant pour le monde académique, les mondes militants et activistes, que pour un large public soucieux de l'avenir du travail.

  • On finit par ne plus savoir pourquoi les entreprises existent : pour produire des biens et services utiles ? pour faire du profit ? pour créer de l'emploi ? pour assurer d'autres missions, mais lesquelles ? Dans les débats contemporains sur l'entreprise et ses responsabilités, la confusion règne. On confond l'entreprise qui produit les biens et les services avec la société juridique dans laquelle se retrouvent les investisseurs. On dit parfois que l'entreprise est un projet collectif, on lui reconnaît bien volontiers un statut de bien commun, mais ces expressions ne dissipent pas le flou et ne font pas consensus. On aimerait que les théories de l'entreprise nous éclairent mais, à proprement parler, il n'en existe pas. Une réponse théorique exigeante est donc à construire pour nourrir la réflexion et éclairer les débats. Nous proposons une théorie de l'entreprise fondée sur le Projet, avec un P majuscule.

  • Pouvons nous espérer un jour assigner une limite à nos économies dont la forme actuelle de développement menace toujours plus le monde et les communautés humaines dans lesquelles nous vivons ? Cette question inquiète ne porte pas d'abord sur la quantité produite mais sur la bonne consommation. Or la science qui aurait dû consacrer toute son attention à construire une définition réfléchie de la bonne consommation s'est laissée absorber par une toute autre question relative aux conditions de la reproduction sociale et aux formes de distribution du produit à travers l'échange marchand et la répartition. Il en résulte que depuis plus de deux siècles la consommation est le plus souvent tenue pour un acte de reproduction de la vie et des forces de chaque être humain. La richesse est définie à partir du produit. Le bonheur du consommateur est vu comme un état quantifiable. Pour retrouver une plus juste notion de la consommation heureuse, il faut dire au contraire que le don précède la prise, que la consommation est antérieure à la production et que le travail n'est pas d'abord un acte productif mais une passion où le temps se donne comme temps humain.

  • Prouvy, avril 1922. Profitant des besoins gigantesques de la reconstruction dans le Nord après la première guerre mondiale, un petit industriel, en quête d'une affaire florissante, fonde la Société anonyme française Eternit. Objectif : produire des matériaux de couverture en amiante-ciment bon marché et en grande série. Cette firme, par l'absorption de concurrents, par l'implantation sur le marché des tubes et une stratégie commerciale agressive, acquiert rapidement un leadership. Les années 1955-1975 sont euphoriques, la demande, suscitée, est effrénée. Le territoire national est quadrillé par de nouvelles usines, la productivité et la pénétration outre-mer et dans le tiers monde sont poussées au maximum. Dès le départ, cette réussite est fondée sur un matériau dont la nocivité est connue depuis la fin du xixe siècle : l'amiante. Pendant des décennies, l'entreprise détruit le capital humain. Actuellement, l'amiante cause en France 10 décès par jour, 3 000 par an ; 100 000 sont à prévoir d'ici 2025, une hécatombe à laquelle participe largement l'Eternit française. À l'aide d'archives, de la presse économique, de témoignages, ce livre interroge pour la première fois le processus de domination d'une branche, les tests de la rentabilité capitaliste, les techniques, les métiers d'une industrie de la mort, la progression des maladies d'Eternit. L'amiante n'est interdit en France qu'en 1997, après 20 ans d'attente, en Europe qu'en 2005. Un problème capital est posé : que vaut la vie humaine au regard du profit ?

  • L'évolution démographique place l'Europe devant des défis majeurs. Vieillissement démographique et allongement de la vie compromettent le fonctionnement des mécanismes de redistribution : la population active, qui diminue, signifie un recul des cotisations sociales, alors que le volume des retraites et les dépenses de santé augmentent. À côté de cela, l'Europe occidentale vit, depuis l'unité allemande, un afflux d'immigrés sans précédent. Depuis 2000, l'Europe des Quinze affiche un solde migratoire de plus de 1,5 million de personnes par an. Cette évolution - concurremment avec des phénomènes de recul de la solidarité et la montée de l'individualisme - remet en question la pérennité des régimes sociaux. Suffit-il dans ce contexte de réformer les politiques familiales ou faut-il renforcer l'immigration ? Mais qu'en est-il alors de l'intégration ? Et quelles conséquences ces changements ont-ils sur l'urbanisme, la vie sociale et politique ? À partir des situations contrastées de la France et de l'Allemagne, ce sont les questions auxquelles le présent ouvrage se propose de répondre.

  • Pourquoi la santé, régulièrement qualifiée de « bien public mondial », demeure-t-elle un domaine où les inégalités internationales sont si profondes ? Analyser ce paradoxe constitue l'objectif de cet ouvrage. Au-delà des travaux polémiques ou techniques sur l'accès à la santé, cet essai s'attache d'abord à expliquer les fondements théoriques des biens publics mondiaux et leur application à la santé. Les faiblesses et contradictions de ces fondements théoriques débouchent sur l'ambiguïté de la notion de santé comme bien public mondial et remettent en cause la légitimité de l'agenda de la santé impulsé par les acteurs de l'aide au développement. L'analyse proposée ici se démarque également en étudiant la façon dont les normes internationales ont abouti à des programmes de santé, dits coopératifs, aux effets mitigés sur les terrains africains. Cet ouvrage participe alors aux débats sur le devenir de la santé comme objectif mondial. Il s'inscrit résolument dans une approche d'économie politique de la santé et du développement, étudiant les processus de production de la santé, traversés par des rapports de forces qui n'ont rien à voir avec un quelconque optimum technique. Les acteurs dominants - firmes, organisations internationales, think tanks - façonnent en effet les modes de pensée et les programmes. Ce livre s'adresse aux spécialistes de la santé et du développement mais également aux acteurs de terrain - ONG, professionnels de santé - et aux lecteurs intéressés par la santé comme enjeu de solidarité internationale.

  • Les transformations économiques et sociales d'une Chine devenue capitaliste suscitent des commentaires fascinés ou craintifs. Quand les uns soulignent l'enrichissement de la population, le pragmatisme des dirigeants, et la grandeur retrouvée du pays, les seconds insistent sur les risques d'instabilité sociale, l'autoritarisme, la corruption et l'ampleur des dégâts environnementaux. En cherchant à renouveler l'analyse du développement chinois et de ses conséquences, cet ouvrage collectif et pluridisciplinaire encourage le lecteur à se défaire d'une vision manichéenne des mutations en cours. Pour ce faire, la transition économique est analysée au prisme des transformations institutionnelles et juridiques des entreprises et du rapport salarial. Si l'abandon des anciennes structures socialistes et le développement du secteur privé ont permis d'atteindre des taux de croissance inégalés sur plus de trois décennies, ils ont également conduit à la déstabilisation du monde du travail, avec l'émergence de conflits et de revendications qui menacent la stabilité sociale. Tout l'enjeu est alors de savoir avec quels acteurs (États, organisations de travailleurs, entreprises multinationales, « société civile ») et à partir de quels compromis sociopolitiques peut se construire une régulation « à la chinoise » du capitalisme.

  • Les transformations organisationnelles qui accompagnent l'évolution du capitalisme depuis 30 ans donnent une place centrale à la communication. Celle-ci est généralement appréhendée dans une optique descriptive d'étude des organisations, ou comme dispositif au service de la performance. Il existe cependant une tradition de recherche qui l'aborde dans une perspective critique. C'est à cette orientation que cet ouvrage est consacré : Qu'est-ce qu'une recherche critique en communication des organisations ? Quelles catégories de la critique (aliénation, exploitation, domination...) sont convoquées ? Quels sont les fondements théoriques et épistémologiques d'une telle démarche ? Quelles sont les méthodes utilisées ? Sur quels objets portent les travaux ? Et quels en sont les enjeux ? Sur ces thèmes, cet ouvrage a le mérite de réunir pour la première fois, et de faire dialoguer entre eux, plus de trente chercheurs de pays et de disciplines différentes principalement en sciences de l'information et de la communication, sciences de gestion et sociologie. Les orientations de la critique y sont variées : de la critique épistémologique à la critique socio-politique, de la critique d'une organisation particulière à celle du capitalisme, de la nuance prudente à la radicalité « ouvrante »... Son ambition est d'être une référence ou un repère, d'encourager le débat sur une démarche plus que jamais nécessaire. Il intéressera un large public : chercheurs, enseignants et étudiants en particulier en gestion, SIC ou sociologie des organisations ; acteurs impliqués dans le fonctionnement des organisations (syndicalistes, DRH, communicants...).

  • La notion de développement durable semble bénéficier depuis quelques années d'un contexte favorable à sa mise en oeuvre au niveau local : diffusion de la notion et usage récurrent dans de nombreux discours politiques ; intégration parmi les objectifs prioritaires des politiques territoriales lois et réglementations, et surtout programmes incitatifs, mis en oeuvre aux niveaux communautaire et étatique. Les autorités locales se mobilisent-elles de manière stratégique, avec la volonté de mettre en oeuvre de nouvelles politiques, ou ont-elles seulement fait évoluer leur discours pour être dans l'air du temps ou pour capter de nouvelles opportunités de financement ? L'observation et l'analyse rapide d'un certain nombre de politiques locales de développement durable inscrites dans un tel contexte, pose toutefois la question de leur pertinence au regard des enjeux d'un développement durable et de leur capacité réelle à faire évoluer en profondeur l'action publique locale, en d'autres termes de leurs impacts effectifs. On formulera l'hypothèse que les principes du développement durable, à travers des pratiques judicieuses, offrent aux pouvoirs publics locaux une opportunité pour redonner à l'environnement ses multiples dimensions spatiales et sociales. Cette hypothèse sera examinée à travers la gestion de deux éléments les plus techniques du développement durable, l'air et l'eau.

  • L'histoire des concessions contribue à la compré­­hension des débats actuels sur les énergies renouvelables et l'hydroélectricité, mais la concession des barrages intéresse aussi l'histoire de l'économie d'énergie, des entreprises, des techniques et du droit. La France a connu plusieurs grandes aventures hydroélectriques, dans les Alpes, la vallée du Rhône et celle du Rhin. Notre livre porte sur les Pyrénées et le Massif central : des compagnies ferroviaires et la Société hydroélectrique du Midi (SHEM) y ont construit des barrages et des réseaux. Le déploiement technique, économique et juridique des équipements hydroélectriques des Pyrénées et du Massif central est reconstitué sur un siècle grâce aux méthodes de l'histoire d'entreprise. Le rôle des ingénieurs, des techniciens et ouvriers y apparaît central. Les parties prenantes aux projets de développement de la houille blanche (compagnies ferroviaires, élus locaux, industriels, ingénieurs, techniciens et salariés énergéticiens ou cheminots, sociétés de bâtiment-travaux publics) sont également présentées pour chaque période chronologique. Ainsi, ce livre déploie la vie régionale du grand Sud-Ouest à travers la restitution de son patrimoine industriel, tout en interrogeant les bases économiques et juridiques d'un modèle énergétique, incarné par la SHEM et EDF.

  • Plus de quatre-vingts contributeurs, spécialistes de sciences humaines et sociales (droit, économie, gestion, histoire, sciences politiques, sociologie) ont travaillé ensemble pour définir les principales notions et termes comptables qui courent du xve siècle à aujourd'hui. L'ouvrage est à même d'intéresser un public varié : les non-spécialistes de la comptabilité à la recherche de l'histoire technique de termes comptables ; les spécialistes de la comptabilité soucieux de trouver matière à réflexion sur les débats contemporains relatifs à la construction du chiffre comptable et de ses enjeux de pouvoir (i.e. : normes comptables internationales IFRS) ; les professionnels du chiffre curieux de l'étymologie et de l'origine des termes comptables et financiers. L'ouvrage vise donc à donner à chacun les moyens de mieux comprendre les enjeux des conventions comptables passées et actuelles et de prendre part aux débats qu'elles suscitent. Il permet de s'approprier ce qui est en général présenté comme une technique aride. Bien au contraire, ce dictionnaire critique met en avant la dimension historique et sociale de la comptabilité et le rôle qu'elle joue dans les transformations successives du capitalisme.

  • Envisager la mesure des performances sur le registre impératif de la métrologie, comme c'est de plus en plus le cas dans les économies contemporaines, n'a pas uniquement un effet « réducteur ». En opérant par les nombres, ce sont les formes même de la prescription politique et de la vie en société qui sont transformées. Ignorer les formes pluralistes de l'évaluation (notamment de l'évaluation des politiques publiques), revient à faire disparaitre des registres de l'efficacité ce qui faisait valoir l'intérêt général. Exit des mesures de la performance d'un État « prestataire de services » les dimensions civiques ou civiles d'accès aux services pour tous, de bien-être par le travail, de maintien et de consolidation des droits du public. Un État prestataire de service agit selon une modalité qui se caractérise par une injonction permanente à l'incitation au travail et à l'accroissement de son intensité ; par une représentation économiciste et non citoyenne de l'individu : par une injonction à l'évaluation des performances de ces homo oeconomicus ; et par la fin de la reconnaissance et de la garantie des valeurs républicaines à l'instar de celle de l'égalité et de la citoyenneté. Comment a-t-on pu en arriver là ? C'est ce que propose d'explorer cet ouvrage qui fournit aussi des pistes de réflexion pour sortir, transitoirement et définitivement, de la performance totale.

  • Le monde contemporain doit affronter plusieurs défis majeurs : deux d'entre eux apparaissent particulièrement prégnants et pour certains contradictoires ; il s'agit, d'une part du développement des agro-ressources pour faire face aux besoins alimentaires d'une population mondiale de plus en plus nombreuse et aux besoins énergétiques également croissants, d'autre part de la nécessité de préserver des écosystèmes particulièrement fragilisés, du fait notamment des activités humaines de production intensive. Cet ouvrage collectif analyse ce dilemme et apporte des réponses positives. Après avoir situé les enjeux internationaux du management environnemental et des agro-ressources, sont analysés successivement les discours, outils et pratiques du management environnemental, la gestion des territoires agricoles et ruraux et les flux économiques dans une perspective de développement durable. Enfin, quelques applications industrielles des agro-ressources sont présentées, à l'exemple du pole de compétitivité IAR (Industrie et agro-ressources) Champagne-Picardie. L'ouvrage est en effet issu d'un « École doctorale internationale d'été » qui s'est tenue à Amiens et Paris, en juillet 2010, à l'initiative de l'université de Picardie Jules Verne, en partenariat avec l'université de Paris Dauphine et les réseaux scientifiques internationaux RIODD (Réseau international de recherche sur les organisations et le développement durable) et IFSAM (International Federation of Scholary Associations of Management) et avec l'appui de plusieurs institutions (Académie d'agriculture, Ministère français de l'enseignement supérieur MESR-DREIC, pôle de compétitivité IAR, Région Picardie)

  • Couvrant une vaste période, de la fin du xixe siècle à nos jours, l'ouvrage aborde la question de la culture ouvrière dans une perspective transnationale, interdisciplinaire et interculturelle en cohérence avec les questionnements actuels de l'historiographie : à l'heure du discours sur la mémoire du mouvement ouvrier, il en retrace l'évolution dans l'espace germanophone, en mettant en évidence des pratiques culturelles porteuses de progrès pour la classe ouvrière. La notion de culture ouvrière, prise au sens large du terme, est donc analysée dans ses implications historiques, politiques, sociologiques, linguistiques et artistiques. Plusieurs études font intervenir la dimension comparatiste avec une mise en perspective entre la Rhénanie du Nord-Westphalie et le Nord-Pas de Calais. La politique culturelle de la RDA, État des travailleurs et paysans, y occupe une place centrale, montrant les limites d'une culture ouvrière imposée et uniquement centrée sur la place de l'ouvrier dans l'appareil productif. Dans le contexte d'une culture de masse, la pérennité des notions de classe ouvrière, et donc de culture ouvrière, a pu être remise en cause, mais plusieurs auteurs évoquent aussi une culture qui intègre la dimension du travail, d'un travail aliénant ou précaire, mais aussi l'absence de travail, dans des domaines comme le théâtre, la littérature ou la lutte syndicale, avec notamment les questions d'intégration des immigrés et du multiculturalisme.

  • La Responsabilité Sociale des Entreprises est une énigme : mode passagère relevant de la communication ou réelle inflexion dans la régulation du capitalisme ? L'ouvrage est conçu dans le double but d'analyser et d'éclairer ce phénomène, et rédigé d'une manière accessible au non spécialiste. Une trentaine de spécialistes de sciences sociales (droit, sociologie, économie, gestion, histoire, sciences politiques...) interrogent ces contours, sa dynamique et son potentiel régulatoire. Trois axes de lecture (théorique, empirique et socio-politique) permettent de rendre plus intelligible ce mouvement hybride (entre obligation légale et engagement volontaire) qui bouleverse actuellement le champ habituel de la négociation salariale et environnementale. Un apport décisif à la réflexion sur la régulation du capitalisme, en un temps où la nécessité de cette régulation n'a jamais paru plus patente, et sa complexité plus désarmante.

  • L'Allemagne a tardé à se considérer comme territoire d'immigration bien qu'elle le fût devenue depuis longtemps pour des raisons économiques. Depuis quelques années elle s'intéresse à ce problème au présent, mais également aux migrations intérieures et extérieures qu'elle a connues par le passé. Elle se replonge ainsi dans les mouvements humains dramatiques des 19e et 20e siècles. À partir des contributions de germanistes, d'historiens, d'un psychanalyste, d'un magistrat, d'un politologue, le présent ouvrage jette sur le phénomène migratoire des éclairages complémentaires, centrés sur l'Allemagne du point de vue thématique, mais qui atteignent une dimension beaucoup plus large. Volontaires ou contraintes, individuelles où en groupe, les migrations étudiées apparaissent comme des ruptures qui conduisent, selon les cas, à des déracinements complets ou à des réenracinements effectifs qui ne dépendent pas de la seule capacité du migrant, mais aussi de l'attitude du pays d'accueil.

  • Tout le monde parle de la RSE mais qui sait vraiment à quoi renvoie ce phénomène ? Si chacun s'accorde sur le fait qu'il bouleverse le mode traditionnel de négociation sociale et de médiation publique, il n'existe en revanche aucune forme de consensus clair quant à ses contours et limites. Avancée pour les uns, recul pour les autres, phénomène intriguant pour tous, la RSE interpelle, mobilise, divise... sans que l'on dispose d'un minimum de référent commun concernant le sens, la nature, l'extension, le potentiel, le contenu de la « Responsabilité Sociale de l'Entreprise ». C'est ce vide que ce premier dictionnaire, critique, réflexif, pluridisciplinaire, vient combler. Ouvrage collectif constitué de contributions des spécialistes reconnus de cette question dans le champ des sciences sociales, il se présente comme un outil de référence pour les praticiens et les analystes de ce phénomène qui change la donne en matière de régulation sociale. Avec cet outil, la discussion peut commencer sur des bases communes.

  • Servant d'interface entre les territoires d'Outre Mer et les hinterlands européens, les ports de la Rangée Nord, depuis Le Havre jusqu'à Hambourg, constituent de véritables carrefours cosmopolites chargés d'histoire. Ils suscitent un net regain d'intérêt dans nos sociétés et méritent d'être revisités au plan scientifique. En la matière, les approches comparatives ou transnationales mettant en relation ces différents objets d'études sont encore rares. Prenant en compte la longue période, cet ouvrage permet donc de combler en partie un vide en proposant d'européaniser l'analyse et la perspective. Plaçant les dimensions économique, sociale et culturelle au coeur des dynamiques historiques de ces espaces portuaires, les diverses communications apportent un regard neuf sur les relations étroites entretenues par les ports avec leurs hinterlands au travers des grands fleuves que sont la Seine, le Rhin, la Meuse, l'Escaut ou la Tamise. Comme espaces privilégiés où se développent des voies de communication de toute nature, physique comme humaine, les ports et leurs hinterlands oscillent entre une logique de concurrence et de complémentarité révélatrice de l'intégration complexe et progressive de l'espace européen tout en s'inscrivant dans un concert de plus en plus international au travers de la seconde révolution des transports maritimes au xxe siècle. Une articulation entre les lieux et les espaces, le lien entre les systèmes, les acteurs et les activités et enfin, les représentations, les imaginaires et les connaissances mobilisées par l'objet d'étude sont ainsi proposés dans cet ouvrage. Il invite au travers d'une grande diversité de contributions à ouvrir de nouveaux horizons de réflexion en se tournant depuis le grand large vers l'intérieur des territoires.

  • Depuis 2007, la crise financière a bien évolué et a donné lieu à un nombre considérable d'analyses et de commentaires. Beaucoup de pays ont vu leur économie redémarrer, avec des hausses parfois spectaculaires des marchés financiers. On sait toutefois que le marasme économique se poursuit, notamment en Europe du Sud et de l'Est, malgré des politiques monétaires incitatives ; maints comportements étant restés les mêmes, le monde n'est pas à l'abri d'une nouvelle crise financière encore plus violente que la précédente. Il est donc central de s'intéresser aux politiques d'investissement, c'est-à-dire du financement des anticipations d'activités, tant du point de vue des entreprises et firmes, que des financeurs eux-mêmes à travers leurs stratégies de gestion de portefeuilles. Dans ce contexte, nous proposons une réflexion critique du paradigme soutenant le modèle théorique de la finance moderne. L'Investissement Socialement Responsable (ISR) n'est pas seulement l'expression de la politique de gestion d'un portefeuille mais bien la déclinaison opérationnelle de la politique de Responsabilité Sociale de l'Entreprise (RSE) qualifiant sa politique d'investissement non financière, reflet de la conception qu'elle a de sa responsabilité citoyenne, sociale.

  • Il est devenu courant de dénoncer les dérives de l'idéologie managériale. On constate néanmoins que leurs méfaits perdurent. Il reste encore à concevoir et développer une approche socialement responsable des sciences de gestion. Un tel défi nécessite de repenser des questions aussi centrales et variées que l'épistémologie des sciences de gestion, le rôle des instrumentations de gestion et des discours managériaux, l'interdisciplinarité et sa place dans la régulation d'une économie mondialisée génératrice d'inégalités croissantes. Un tel défi exige aussi d'interroger une pratique professionnelle dans laquelle l'encadrement de thèse constitue un enjeu majeur pour l'avenir de la recherche. À partir de la réflexion et de la posture incarnées par Julienne Brabet au travers de ses travaux et de sa pratique singulière de l'encadrement de la recherche, des spécialistes de comptabilité, de stratégie et de GRH plaident à leur tour pour des politiques et des pratiques de gestion au service des hommes et de la société, et pour une démarche scientifique et une vision du monde clairement affichées et assumées.

  • Mobilisant une variété de cadres théoriques issus des sciences sociales, les auteurs, membres de l'Association des Études Sociales de la Finance, font le point sur quinze années de recherches interdisciplinaires. Ils proposent une perspective critique des représentations portées par le paradigme dominant de la finance contemporaine, en les confrontant aux réalités financières. À travers une étude fine de ses instruments, du fonctionnement de ses intermédiaires financiers et de ses institutions, ils analysent la fabrique de la finance : la structuration des dispositifs bancaires et financiers, leur capacité à prescrire l'action et à la contrôler, les modes et les pratiques de régulation mis en oeuvre et, plus globalement, le processus de financiarisation. Ils s'adressent ainsi à toutes celles et tous ceux qui souhaitent mieux comprendre cet étrange et si puissant univers.

  • Comment penser l'économie autrement ? Depuis trente ans, des chercheurs de différentes disciplines participent au développement d'une économie des conventions qui construit une nouvelle représentation de l'économie. Les 75 auteurs réunis dans cet ouvrage fournissent un éclairage exceptionnel sur cette approche à partir des travaux de l'un de ses principaux artisans, Olivier Favereau. Plus que tout autre économiste, il a oeuvré tout au long de sa carrière aux échanges interdisciplinaires pour renouveler notre compréhension des phénomènes économiques. Les différentes entrées de ce dictionnaire non standard discutent, utilisent ou prolongent ces travaux. Le lecteur dispose ainsi d'une introduction sans équivalent aux débats contemporains sur l'évolution des savoirs économiques : les nouvelles représentations de l'entreprise, du travail, de la finance et plus généralement des comportements économiques et de leur dimension politique.

  • Un « impôt sur les imbéciles », une « friponnerie », un « jeu cruel », un « fléau inventé par le despotisme »... Les hommes des Lumières n'avaient pas de mots assez durs pour dénoncer la loterie royale, une institution que tous les États européens ont mis sur pied au xviiie siècle. Les souverains encourageaient donc la passion du jeu, l'oisiveté, et captaient sans vergogne l'épargne de leurs sujets ? Faire croire que l'on gagne, tandis que l'on perd toujours, n'était-ce pas le propre d'un État corrompu ? Ou bien doit-on plutôt considérer la loterie royale comme un outil d'ingénierie financière, le fruit d'une nouvelle rationalité publique ? La loterie est incompatible avec le secret de la finance, encore défendu par les doctrines absolutismes du pouvoir. Son succès s'appuie nécessairement sur les gazettes, la publicité, la transparence, tant de la roue de la fortune hissée sur une estrade, que des comptes, car tout soupçon de fraude doit être écarté. Pour la première fois, l'État s'expose à ne pas perdre la confiance du public. Les « calculateurs », - des plus savants, comme d'Alembert ou Condorcet, aux plus aventuriers comme le jacobite John Glover ou le vénitien Giacomo Casanova -, proposent des méthodes de gains qui garantissent un revenu permanent, tandis que la croissance du xviiie siècle permet le développement de l'épargne populaire. Voici donc que le hasard, combiné à l'abondance, génère un revenu public, un fonds de trésorerie que tous les souverains convoitent.

  • Des agents qui décident indépendamment les uns des autres peuvent-ils coordonner leurs activités économiques ? Depuis le xviiie siècle, la pensée économique répond à l'aide d'une intuition : une coordination est possible grâce au mécanisme des prix. La théorie de l'équilibre général explore cette intuition. Elle établit les conditions dans lesquelles des prix existent tels que les décisions individuelles sont compatibles entre elles. Elle constitue ainsi la théorie d'une société qui conçoit sa cohérence à partir des choix des individus qui la composent.Toutefois, la théorie de l'équilibre général a produit sa propre critique. L'examen du processus concurrentiel, tout comme l'ambition de déduire un choix social à partir des préférences individuelles, réduisent la portée de ses résultats positifs : l'équilibre social ne peut résulter des seuls choix individuels souverains. L'étude de la théorie économique soulève dès lors une question de philosophie politique : une société se conçoit-elle seulement à partir d'individus ?

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