Arts et spectacles

  • Doublures du visible - voir et ne pas voir en cinema Nouv.

    Le rôle historique du cinéma est de nous avoir donné le visible une seconde fois, en ajoutant le temps à l'image. Il reste pourtant dans tout film une large part d'invisible : c'est elle qui est ici décrite, et explorée. Le cinéma en effet nous rend conscients de l'ambiguïté fondamentale de notre relation au visible. Sa force documentaire, comme son jeu inné avec la fiction, lui ont permis de convoquer les invisibles essentiels du monde, et aussi bien, des effets psychiques qui mettent en péril la visibilité du visible. Il nous autorise à croire que nous voyons vraiment quelque chose d'autre que le monde des apparences. Ce livre ne fait ni la théorie, ni l'histoire de cette doublure du visible que transporte le cinéma, mais en donne un panorama complet, attentif à ne jamais trancher abstraitement, mais à toujours s'appuyer sur des exemples concrets, et nombreux.

  • La photographie au théâtre Nouv.

    La Photographie au théâtre montre que les esthétiques et les imaginaires théâtraux ne cessent, depuis près de cent cinquante ans, d'être profondément travaillés par la photographie, avec ses techniques, ses appareils, ses processus de production, ses images, leurs usages et leurs circulations. Au fil de réflexions théoriques, d'analyses d'archives du dix-neuvième et de la première moitié du vingtième siècle, d'études de pratiques des années 1960 à nos jours, de récits d'expériences de recherche-création et de témoignages d'artistes, le couple théâtre-photographie apparaît comme un objet exemplaire aussi bien pour interroger les interactions entre nouveaux et anciens médias que pour revisiter l'histoire du théâtre moderne et contemporain.

  • Filmer l'écrivain, est-ce filmer une vie, un statut institutionnel, une parole ? L'émission littéraire ou la critique filmée sur internet ont-elles pour but de rapprocher le public de littérature ? La dimension patrimoniale et didactique du film sur la littérature, la starisation liée à l'incarnation des auteurs semblent dominer les discours cinématographiques et télévisuels. Peut-on alors parler de critique ? Ou avons-nous affaire à la constitution d'un pur objet de culture ? Les études ici rassemblées témoignent qu'un discours critique est en jeu dès lors que le cinéma ou la télévision engagent un geste de mythification ou de démystification. L'ouvrage mettra également en avant les ressources propres dont le film dispose pour explorer ce qui apparaît comme au coeur de l'expérience littéraire : la production d'effets qui dépassent le fonctionnement linguistique et relèvent de la matérialité de l'écrit, du corps, de la naissance des images, des rythmes et des sons et par-dessus tout sans doute, comme le cinéma, d'une méditation sur le temps et la mémoire.

  • Anthony Mann. Arpenter l'image est le premier ouvrage en français qui propose une analyse des films majeurs de l'un des plus importants réalisateurs hollywoodiens classiques, Anthony Mann (1906-1967). Celui-ci s'est investi dans les genres les plus importants de l'art cinématographique : film noir, western, film de guerre, péplum. Les auteurs visent, à travers ces analyses, à réfléchir l'image cinématographique et à contribuer à une philosophie de l'image. C'est que l'ambition de Mann est bien réelle : il s'obstine, tout au long de sa carrière, à comprendre ce qu'est l'image et l'action qu'elle donne à voir. Mann raconte et s'efforce de comprendre en même temps, à même ses images, ce que c'est que de narrer en image, ce qu'est une action qui est de part en part image. Mann arpente les images qu'il compose.

  • L'incendie de la cathédrale Notre-Dame de Paris en avril 2019 a fait renaître les polémiques sur la conservation du patrimoine architectural. Le débat avait déjà fait rage, à la suite du romantisme, au xixe siècle, ainsi qu'après les deux guerres mondiales, y compris parmi les écrivains. L'inscription de l'architecture dans le discours littéraire est l'un des domaines de recherche privilégiés de Joëlle Prungnaud, où elle a renouvelé le regard de la critique sur la modernité fin-de-siècle. Cet intérêt pour le rapport qu'entretiennent architecture et littérature est né de son travail sur le genre gothique et la décadence. Les contributions contenues dans ce volume rendent ainsi hommage aux travaux et réflexions de Joëlle Prungnaud en s'intéressant, à travers des exemples précis du début du xixe à la fin du xxe siècle, aux fonctions que peuvent avoir des éléments architecturaux dans des oeuvres littéraires provenant des différentes cultures européennes.

  • Le hors-champ est dedans ! Michelangelo Frammartino, écologie, cinéma Nouv.

    Accompagner la contre-migration de Michelangelo Frammartino de Milan à l'arrière-pays méridional signifie être convié dans un univers cinématographique où le champ humain fourmille de ses hors-champs environnementaux. Dans les films du réalisateur italien, peu connu et étudié en France, la mort d'un berger semble donner naissance à un chevreau, des esprits végétaux envahissent un village et les objets quotidiens sont animés par des imprévisibles forces terrestres. À l'intérieur de cet univers rural où les présences vivantes se multiplient et se manifestent à notre regard, nous commençons à interroger le rapport entre notre attention et les milieux que nous habitons, la relation entre les problèmes écologiques et l'expérience audiovisuelle. Ces questions ne pourront émerger pleinement dans l'analyse des formes et des pratiques de Frammartino que grâce au dialogue avec les voix d'autres disciplines (d'Ernesto De Martino à Anna L. Tsing, jusqu'à Giorgio Agamben) et les images d'autres cinéastes (de Sharunas Bartas à Alice Rohrwacher).

  • À cause de ses incroyables mutations, le cinéma russe des années quatre-vingt-dix et celui du xxie siècle devait être abordé dans un ouvrage collectif à la fois à travers ses thématiques, ses inventions formelles, mais également ses rapports avec l'État. Comment le cinéma russe contemporain repense son passé soviétique et s'inscrit dans la Russie d'aujourd'hui, comment il négocie sa place face aux goûts des spectateurs et aux exigences étatiques, comment il invente ou réinvente ses formes génériques et quelle place il laisse aux cinéastes singuliers et à leurs univers cinématographiques, voilà les questions auxquelles l'ouvrage proposera des réponses. Écrits par les spécialistes russes, européens et américains, les textes abordent le cinéma sous des angles différents : juridique et économique, mais également historique et esthétique. Premier ouvrage collectif en français sur le cinéma russe contemporain, ce volume se veut une exploration d'une cinématographie riche et protéiforme, encore trop peu connue aujourd'hui en France.

  • Des ciné-goûters aux séances pour les cinéphiles Nouv.

    Si les textes sur la diplomatie culturelle sont assez conséquents, très peu concernent la production et la diffusion des films. Les activités sur la promotion et diffusion du cinéma par les établissements culturels français sont également quasiment absentes de nombreuses études consacrées à l'histoire du cinéma. Cet ouvrage comble cette lacune grâce au projet de recherche qui en est à l'origine : Exporter et soutenir le cinéma dans le contexte des Instituts français et des Alliances françaises. En analysant les dispositifs de diffusion et promotion, la programmation et les publics sollicités, l'ensemble des contributions permet d'établir un premier bilan sur la vie des salles de cinéma des Instituts français et des Alliances françaises ainsi que sur leurs activités hors les murs. D'abord indice du rayonnement unilatéral de la culture française, ensuite vitrine de la « diversité culturelle », l'histoire des activités des IF et AF en matière de cinéma est certainement complexe. Nous avons préféré la restituer avec toutes ses contradictions et fait le choix d'exposer la variété des discours à travers les documents émanant des institutions, les récits à la première personne de leurs représentants, les études de chercheurs affirmés ainsi que les textes de jeunes doctorants.

  • Si le cirque et le cinéma ont souvent et depuis longtemps été pensés conjointement, ils l'ont davantage été sur le mode de la thématique et de l'incorporation : c'est le cinéma qui s'empare du cirque, s'approprie son « univers », ses personnages, ses histoires, et inversement. Or la fécondité des liens qui unissent les deux pratiques ne peut se borner à un simple « aller sans retour ». Cirque et cinéma ont coexisté et coexistent toujours dans une dynamique d'échanges et de circulations sur laquelle cet ouvrage souhaite revenir. Cette dynamique est impulsée par la notion d'attraction, au centre des neuf études et des témoignages d'artistes qui composent le livre. En effet, l'attraction est tout à la fois une clef et un moteur pour saisir la complexité des relations entre deux pratiques qui, paradoxalement, ont dû se repousser pour exister. Des premiers films Lumière aux dernières productions hollywoodiennes en 3-D, en passant par le cinéma d'avant-garde et l'animation, les auteurs interrogent l'attraction pour tenter d'éclairer sous un jour nouveau les rapports entre ces deux éternels « frères ennemis ».

  • Segundo de Chomón (1871-1929) est l'un des maîtres incontestés des premiers trucages cinématographiques et des débuts de la mise en couleurs des images animées. Néanmoins, ce pionnier espagnol est bien plus que cela et l'importance de son oeuvre aurait sans doute été mieux étudiée sans l'ombre portée de Georges Méliès. Si Chomón a pu s'inspirer du célèbre prestidigitateur français dans certains de ses films à trucs, il s'en distingue toutefois clairement par son exploitation magistrale du tour de manivelle, des ombres chinoises et du mouvement inversé. Par ailleurs, il reste l'un des rares à avoir réussi le passage entre le cinéma monstratif des films à trucs des années 1900 et le cinéma institutionnalisé des années 1910. Les trucages de ses premières scènes à trucs chez Pathé frères deviendront effets spéciaux dans les films narratifs dont il assurera l'exécution, tel Maciste alpino de Giovanni Pastrone en 1916. Cet ouvrage propose de revisiter son oeuvre et de comprendre les mille et un visages de ce formidable pionnier du cinématographe, truqueur, coloriste et cinématographiste. Cet ouvrage est issu d'un colloque organisé en novembre 2017 par la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé et « Les Arts trompeurs. Machines. Magie. Médias ».

  • Dans des pays caractérisés par une profusion d'images essentiellement venues d'autres continents, et par une production très inégale, voire inexistante, quels ont été les modèles dominants de production ? Quels sont ceux que les mutations en cours font émerger ? Quels sont les enjeux économiques, industriels et sociaux de cette mutation numérique ? Quels en sont les principaux acteurs ? Qu'en est-il de la participation et du rôle des États ? Quels liens financiers, politiques, juridiques, demeurent avec les anciennes métropoles coloniales, avec les nouveaux acteurs de la production ? Qu'en est-il des équipements et de la formation des personnels ? Des contributions de chercheurs abordent ces questions en différents pays d'Afrique et du Moyen-Orient, sous des angles économiques, sociologiques et historiques. Complémentairement, six témoignages de producteurs évoquent leur métier, et les questions spécifiques qui se posent pour eux en travaillant en et avec ces aires géographiques.

  • Jean Grémillon et les quatre Éléments entend, sinon réhabiliter, du moins rendre un hommage renouvelé à l'un des cinéastes majeurs de l'école française du vingtième siècle, un créateur qui occupe une place à part, paradoxale : même si elle n'est pas tout à fait oubliée, l'oeuvre de cet homme nourri d'art musical demeure aujourd'hui étrangement en retrait, sans doute en raison de son originalité irréductible et, plus encore, de sa complexité déstabilisante. Pas moins de quatre axes ont paru nécessaires pour approcher celui que l'on a trop souvent qualifié seulement de cinéaste maudit. Quatre chapitres, en résonance intime avec son dernier film, son testament poétique, André Masson et les quatre Éléments. En premier lieu, encore trop peu fréquenté et condensant pourtant l'essentiel d'une vision universelle, érudite et fraternelle, l'axe méconnu de l'ésotérisme (« l'air »), car l'homme de culture Grémillon inscrit ses films dans une rêverie précise se rattachant aux grandes traditions ; il est l'alchimiste du septième art. Puis l'axe du sonore (« l'eau »), les liens du cinéaste à l'expression musicale sous toutes ses formes s'avérant déterminants. Ensuite, l'axe des conflits de l'Histoire (« le feu »), Grémillon s'étant toujours voulu un témoin de son temps. Enfin, l'axe du réalisme documentaire (« la terre »), Jean Grémillon présentant le cas unique d'un cinéaste réputé, reconnu pour ses fictions de long métrage, commençant et surtout achevant sa carrière par une série de courts métrages documentaires, d'exemplaires films d'art qui sont autant de libres films d'essai : des films d'art et d'essai. On a souhaité, par ces quatre déclinaisons, donner des clefs pour mieux apprécier une poétique plus que jamais actuelle, ô combien vitale pour notre temps.

  • Quatre enquêtes de terrain menées auprès de 3 000 personnes dans deux pays d'Afrique du Nord (Maroc, Tunisie) et deux du Sud du Sahara (Tchad, Togo), à partir d'un questionnaire commun avec des adaptations locales, posent un jalon dans une réflexion sur les rapports que ces publics entretiennent aujourd'hui avec les films en Afriques. L'analyse permet de rendre compte des oeuvres vues, par quels moyens dans différents contextes, et de questionner les usages, les sociabilités qu'ils suscitent, les cultures de films qui en découlent, etc. Il s'agit ainsi d'interroger le statut du film dans le jeu de l'offre et de la demande de productions audiovisuelles dans les pays concernés, la place de la production locale sur des marchés longtemps dominés par les productions audiovisuelles occidentales. Ce volume est un approfondissement des premiers résultats d'enquête publiés dans Regarder des films en Afriques (Presses universitaires du Septentrion, 2017).

  • Les années 1970 avaient déjà vu les grands bureaux d'études parapublics s'intéresser de près aux jeux de simulation urbaine essentiellement en provenance des États-Unis. Ces jeux qui empruntent au Monopoly et aux jeux de rôle étaient assidûment pratiqués au Ministère de l'équipement mais aussi par le milieu de la recherche appliquée. Ces jeux étaient et sont toujours considérés comme étant de nature à comprendre et faire comprendre « la boîte noire » de la production urbaine. Dans une première partie, l'enfance, et plus globalement les différentes phases d'apprentissage de la jeunesse, et le jeu comme pratique ou dispositif pédagogique sont les points communs des textes rassemblés. La seconde partie insiste sur le jeu de construction principalement comme l'aboutissement d'une vie passée à tester les ressources d'une vision du monde appliquée à l'architecture ou comme l'expression d'une fiction mise en scène pour séduire, enseigner ou convaincre. Enfin, la dernière partie tire les leçons du jeu, qu'il soit funny game ou serio ludere, en interrogeant les enjeux de la gamification des pratiques professionnelles de fabrication de la ville, tant dans les bureaux d'études, qu'en matière de transition environnementale et participation.

  • Constellation dynamique où se croisent, s'entremêlent et se redéfinissent les pratiques comme les savoirs, la magie se déploie en multiples facettes en se nourrissant des avancées de la connaissance dans les domaines les plus divers : de la physique à la religion, de la chimie à la linguistique, de la philosophie aux technologies, des théories de la communication et des médias au corps performant. C'est dans le but de cerner les principaux enjeux de ce vaste ensemble mouvant que nous avons convié des spécialistes à l'aborder, à partir de leur pratique et de leur discipline d'origine, en se concentrant sur sa dimension spectaculaire. De la scène au cinéma, de la télévision aux réalités augmentées et virtuelles, des spectacles de cirque aux spectacles aquatiques, la pratique magicienne n'a pas cessé de se renouveler et de se métamorphoser, perpétuant cette aura de mystère et de secret qui ne cesse de fasciner mais qui représente aussi, il faut le dire, un sérieux défi pour tout chercheur du domaine. C'est la raison pour laquelle nous avons tenu à intégrer, en plus des théoriciens et historiens, des magiciens à ce vaste projet qui marque un premier aboutissement des travaux du groupe international de recherche Les Arts Trompeurs.

  • Figure de proue de la nouvelle danse des années quatre-vingt, la chorégraphe Anne Teresa De Keersmaeker n'a cessé depuis de maintenir le corps dansant au centre de ses préoccupations artistiques. Cette analyse met en exergue les éléments qui permettent de définir son style chorégraphique, marqué par une volonté d'assimilation intime et physique des éléments de la composition. Centrée sur le mouvement, ancrée dans un étroit rapport à la musique, la structure compositionnelle met également en valeur une vision exigeante mais éthique de l'interprétation. Ce livre est issu d'une recherche sur le statut de la description, ainsi que son rôle dans l'activité critique et le débat esthétique. L'auteur tente de donner ici au matériau même de la danse l'importance qui lui revient, en alliant étude des textes et analyse des oeuvres composant le répertoire de la compagnie Rosas, de Fa se (1982) à Raga for the rainy season (2005).

  • L'attention des observateurs occidentaux est aujourd'hui rivée sur l'Asie, au point que beaucoup se demandent si le centre économique mondial n'est pas en train de se déplacer de l'Atlantique vers l'océan Indien. L'essor de l'Inde lui confère une plus grande crédibilité culturelle sur la scène internationale et permet d'aborder le cinéma populaire indien d'un oeil neuf. Dans le contexte actuel d'une mondialisation accrue des industries culturelles, la résistance de Bollywood aux productions hollywoodiennes sur son marché intérieur et sa présence hors de ses frontières font exception. Identifier les forces acquises à travers les décennies, les bouleversements en cours et les défis majeurs à relever, donne les clés d'une compréhension en profondeur du cinéma indien. L'analyse transversale des différentes étapes du processus de création cinématographique - de la production, distribution et exploitation des films, en passant par les industries techniques et la réception par les publics, jusqu'aux formes et contenus d'une filmographie représentative des deux dernières décennies - dévoile tous les enjeux, mais aussi les limites, de cette confrontation du cinéma populaire indien au modèle d'Hollywood et des grands groupes multimédias. Soucieux des enjeux contemporains, cet ouvrage propose pour la première fois d'aborder Bollywood sous l'angle des industries culturelles. L'approche de terrain nous plonge au coeur d'un système unique, à la fois foisonnant et rentable, divertissant et innovant.

  • La danse, devenue art autonome au tournant du xxe siècle, confronte la pensée esthétique à ses propres limites ; elle remet en question le rapport moderne qui lie l'art et ses genres, et la prédominance du modèle de l'oeuvre pour penser l'expérience artistique. La danse serait-elle le paradigme esthétique du xxe siècle, c'est-à-dire la voie incontournable pour accéder aux problèmes philosophiques que pose l'art dans son évolution ? L'émergence de la danse contemporaine est directement liée à la conquête d'un geste libre. Le geste dansé s'affranchit des formes conventionnelles qui s'imposaient à lui et le réglaient auparavant dans la tradition du ballet classique. L'improvisation est un moment crucial dans cette mutation, dans la mesure où elle n'est plus seulement une variation sur des schémas préexistants mais trouve désormais une valeur constituante. Le geste semble procéder de lui-même, ne provenir de rien, dans une sorte de miracle qu'il faut interroger. Le présent livre questionne la danse, sous sa forme contemporaine, dans une perspective non dogmatique. Il ne s'agit pas d'appliquer à la danse des catégories toutes faites et forgées en dehors d'elle, mais de construire les modalités d'un questionnement ancré sur les formes multiples et concrètes de son devenir. Le parcours théorique, qui réunit philosophes et artistes, envisage le geste dansé sous l'angle de son effectuation, de son expressivité, et de son rapport conflictuel à l'oeuvre chorégraphique comme fixation paradoxale de l'éphémère.

  • Près de trente ans après sa disparition, la RDA est toujours présente au cinéma et à la télévision, notamment grâce à Good Bye, Lenin! et La vie des autres qui ont profondément marqué l'image que l'on se fait de la chute du mur de Berlin et de l'Allemagne communiste. Et pourtant ces succès internationaux n'ont jamais fait l'unanimité auprès de la population de l'ex-RDA. Comment alors expliquer qu'ils aient cristallisé la mémoire filmique et conduit à occulter une production tout aussi importante que variée ? Que nous disent aujourd'hui ces fictions, documentaires ou séries à propos des débats identitaires et mémoriels qui animent l'Allemagne depuis l'unification ? Comment certains films échappent-ils aux images figées et quasi iconiques de la RDA et de la société postsocialiste ? Cet ouvrage, qui propose une approche franco-allemande et donne la parole à des chercheurs et des professionnels, dresse le premier bilan en langue française sur la nature et l'évolution de cette production.

  • La chorégraphe flamande Anne Teresa de Keersmaeker a toujours tenu à distance l'idée selon laquelle, en danse contemporaine, musique et chorégraphie étaient indépendantes. Elle a noué, tout au long de sa déjà longue carrière artistique, de savants échanges avec l'art musical que ce livre tente de mettre en évidence. Ainsi, l'auteur a voulu donner une suite à son ouvrage Les Fils d'un entrelacs sans fin (Presses universitaires du Septentrion, 2008) qui proposait une approche esthétique de la danse dans l'oeuvre de Keersmaeker entre 1982 et 2005. Le présent volume prend la forme d'un essai qui rend compte des pièces les plus récentes (2005-2015) et re-périodise l'ensemble de son travail sous un angle que le premier livre avait un peu délaissé, à savoir les figures du dialogue entre danse et musique.

  • Cette étude est une traversée historique et esthétique du noir au théâtre. Par des exemples concrets, l'ouvrage rend compte de son évolution et permet d'établir le noir en tant que lumière parmi les composantes de la scène. Du xve au xviie siècle, la lumière était un luxe. Au xixe siècle, époque de « l'obscurcissement des théâtres », le noir est un allié de l'illusion théâtrale. En se rapprochant du xxe siècle, il trouve progressivement sa place et ses richesses esthétiques. Car enfin, on va « faire le noir et travailler l'ombre », grâce au symbolisme, au naturalisme ou à l'expressionnisme. Dès lors, à l'instar des futuristes, de la danse de Loïe Fuller et du théâtre d'ombres, on peut éprouver le noir et jouer avec lui dans le cadre de la boîte noire du théâtre. Plastiquement, au xxie siècle, le noir se révèle dans son absence ou sa présence. Le noir prend en charge la dimension poétique et politique du théâtre. Il devient « avaleur », « mangeur d'images » et révélateur des grandes tragédies contemporaines.

  • De 2010 à 2016, Pascal Dusapin a échangé sur sa musique au travers d'une correspondance et de deux entretiens avec Maxime McKinley. De fil en aiguille, ce dialogue spontané est devenu un projet de livre. Il s'agit d'un parcours riche en déviations et associations d'idées dans l'atelier d'un des plus importants compositeurs de notre temps. Maxime McKinley a enrichi l'échange ici réuni d'une préface et d'un épilogue, de compléments en notes de bas de pages, d'illustrations - extraits de partitions et photographies de Dusapin, notamment - et de quelques annexes. Dans ce livre, l'imaginaire de Pascal Dusapin se dévoile librement, de l'opéra à l'installation sonore en passant par le quatuor à cordes, le concerto, la photographie et avec le secours constant de la philosophie et la littérature pour tenter de clarifier cette « voix [musicale] qui parvient dans le noir » (Beckett). Ces déambulations s'adressent tant au mélomane curieux de découvrir cet univers singulier qu'au chercheur spécialisé en quête de matière de première main.

  • Théâtre et intermédialité propose une première application en français, à grande échelle et sur des objets variés - analyses de spectacles, modes de production, discours théoriques - des concepts intermédiaux, ou de concepts repris par l'intermédialité, à l'univers du théâtre. Si les études intermédiales, qui sont nées dans le sillage de la « révolution numérique », ont à peine trente ans, les processus qu'elles contribuent à mettre au jour remontent bien au-delà de cette dernière vague technologique majeure. Le théâtre en offre une très bonne illustration. Art deux fois millénaire, le théâtre est l'une des pratiques intermédiales les plus anciennes et les plus connues. L'intermédialité désigne à la fois un objet, une dynamique et une approche. Comme objet, elle concerne les relations complexes, foisonnantes, instables, polymorphes entre les médias. Cela touche autant des valeurs, des protocoles, des savoirs que des technologies qui passent ainsi, selon les modalités les plus diverses, d'un contexte médial à un autre. Comme dynamique, l'intermédialité est ce qui permet l'évolution, la création et le repositionnement continuel des médias, parfois aussi leur disparition : la dynamique intermédiale produit aussi des résidus (qu'on pense à la machine à écrire). Il découle de cela la nécessité d'une approche originale susceptible de mieux comprendre cet objet et cette dynamique. Les dix-neuf articles de cet ouvrage, en même temps qu'ils explorent le théâtre selon une perspective intermédiale, montrent bien la diversité des phénomènes intermédiaux et des approches qu'on peut en avoir au théâtre comme dans d'autres pratiques.

  • Voyages et exils au cinéma, rencontres de l'altérité s'intéresse aux phénomènes d'hybridation entre cultures tels qu'ils se traduisent à l'écran, sans restriction géographique (cinémas américain, italien, africain, libanais, indien, taïwanais, japonais etc.). Si le voyage et l'exil des cinéastes sont sources de transferts culturels et esthétiques, le thème du voyage et de l'exil représenté au cinéma questionne la notion d'altérité en proposant une vision diversifiée de la rencontre entre autochtones et nouveaux arrivants. Dans un monde globalisé, mais qui continue de s'interroger à la fois sur la mixité culturelle et le sens de la nation, le cinéma reflète ainsi les cultures plurielles dans leur richesse et leur vivacité, mais aussi les replis communautaires, les phénomènes d'imprégnation et bien entendu de domination culturelle. La caméra se désigne alors comme acteur, témoin et exégète de ces processus qui, s'ils ont une longue histoire et se développent tout au long du xxe siècle, culminent dans notre temps présent.

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