Arts et spectacles

  • À travers le monde, les villes sont le théâtre d'une explosion des inégalités et des processus d'exclusion : gentrification, éviction des populations précaires, envol des valeurs immobilières, ghettoïsation des populations à la fois les plus riches et les plus pauvres. Elles sont aussi impliquées dans des politiques de plus en plus agressives visant à attirer les capitaux et les populations censés être au coeur de la nouvelle économie. Pour de nombreux observateurs, ces bouleversements s'expliquent par l'imposition depuis les années 1980 d'un nouvel ordre idéologique, politique et économique : le néolibéralisme. L'objectif de cet ouvrage est à la fois de présenter leurs travaux, de donner des illustrations de leurs principales thèses mais aussi d'ouvrir un dialogue critique avec ces théories de la ville néolibérale.

  • Quel est le rapport entre une carafe et une carafe de Chardin ? Entre un arbre et un arbre de Claude Lorrain ? N'est-ce pas là le grand mystère de l'art ? Par la magie de la ressemblance, l'artiste figuratif n'offre pas une reproduction du visible mais un aperçu de l'invisible, d'un monde à la fois reconnaissable et profondément différent. La plus exacte ressemblance transforme ainsi la réalité en une fiction provisoire, attirante et inatteignable. Michael Edwards étudie cette aspiration des artistes à une transcendance, non pas dans une réalité imaginaire mais dans la réalité connue, dans l'oeuvre d'artistes célèbres : Claude Lorrain, Chardin, Blake, Turner, mais présente aussi au lecteur le peintre anglais Stanley Spencer, le sculpteur américain Greg Wyatt, ainsi que deux artistes contemporains insuffisamment reconnus, Claude Garache et Pascale Hémery.

  • Nouvelle édition révisée et enrichie. Nouvelle préface de Mads Nygaard Folkmann. « Cet ouvrage pose le premier jalon de ce que l'on pourrait appeler une phénoménologie du design, s'intéressant à la manière dont le design, dans sa capa- cité à créer les surfaces tactiles et visuelles du monde moderne, affecte, ...

    1 autre édition :

  • Le 18 mars 1950, dans la respectable salle de l'École normale de musique, eut lieu un « premier concert de musique concrète ». Les auditeurs allaient, les tout premiers, subir une privation essentielle : l'absence de musiciens, et subir l'épreuve de l'inouï : non seulement des sons jamais entendus, mais des assemblages de sons dont il était impossible de dire s'ils obéissaient à des lois prévues par les auteurs, ou s'ils tenaient simplement du hasard. Même envoûtant, ce nouveau langage était étrange, quasi étranger. S'agissait-il même encore d'un langage ? La révolution technique apporte-t-elle de nouveaux moyens de « faire de la musique », ou bien nous mène-t-elle à la découverte de nouvelles musiques, que nous ne savons pas encore faire, et encore moins entendre ? L'esprit de la musique est-il préexistant aux sons ? Ou bien, au contraire, est-ce à partir d'une pratique des sons que le musical peut apparaître, s'élaborer, et se renouveler ?

  • D'un côté méprisé et taxé de toutes les fainéantises, de l'autre intellectualisé à l'extrême, l'art du siècle dernier a modifié tous les paradigmes : les codes ont éclaté, les artistes se sont multipliés et les oeuvres d'art elles-mêmes semblent avoir parfois disparu. Carole Talon-Hugon nous fait évoluer pas à pas dans une période plus ou moins mouvementée. De l'avant-garde dadaïste aux industries culturelles d'Adorno, les arts du XXe siècle marquent probablement l'un des moments les plus riches et les plus prolifiques de l'histoire de l'art.

  • Une Renaissance est amorcée. Elle apparaît comme une réponse aux problématiques environnementales, sociétales et éthiques brûlantes qui posent à notre époque la question de la survie de l'espèce humaine. Artistique, philosophique, politique, elle prend acte des révolutions scientifiques des dernières décennies et se positionne face aux promesses technoscientifiques et transhumanistes. La Renaissance sauvage répond à l'urgence des problématiques environnementales et sociétales actuelles, et aux aspirations de plus en plus fortes à l'adoption de nouveaux modes de vie sur Terre. L'homme ne se comporte plus en maître et possesseur, imposant ses volontés à une nature passive et sans finalité. Il se met à l'écoute d'un nouveau partenaire : le monde qui l'entoure. Il découvre le potentiel de ses forces, le sollicite, s'y implique et les conjugue avec les siennes. Une nouvelle ère se dessine, rendant l'homme à sa dignité « sauvage » et donnant sens, joie et ambition à son existence. L'art d'aujourd'hui sert d'esquisse à ce nouveau projet de société.

  • Au grand siècle, le développement des académies des arts signifie non seulement une reconfiguration des mondes de l´art et du statut de ses acteurs, mais aussi un développement remarquable de la réflexion théorique sur les arts. Les artistes discutent de leur valeur respective, de leurs rapprochements possibles (doctrine de l´Ut pictura poesis), de leurs finalités (movere, docere, placere), de leurs moyens propres et de leurs problèmes spécifiques. Le XVIIIe siècle est marqué par l´invention décisive de la catégorie moderne de beaux-arts, qui rassemble dans un sous-ensemble inédit les arts visant le beau. Par ailleurs, sous l´effet de la nouvelle science et de l´épistémé qu´elle suppose, à la métaphysique du beau des anciens succède une manière moderne et toute sensible de penser la beauté, qui délie celle-ci du bien comme du vrai. L´invention du goût comme sens du beau en est la conséquence directe, et celle du sublime - qui accueille toute la transcendance perdue par la beauté -, sa conséquence indirecte. L´idée de génie possède aussi une place importante dans cette constellation neuve. À l´apparition des beaux-arts est liée celle de disciplines satellites : la critique d´art (Diderot), l´histoire de l´art (Winckelmann), et l´esthétique (Baumgarten).

  • La philosophie de l'art sans histoire de l'art est vide, l'histoire de l'art sans philosophie de l'art est aveugle. Car l'art est fait non seulement d'oeuvres, mais aussi de mots pour les dire, de concepts pour les distinguer et de théories pour les penser.Pourquoi le XIXe siècle a-t-il défendu « l'art pour l'art » ? Pourquoi la musique, ...

  • Des scientifiques qui testent l'effet d'une sonate de Mozart sur la productivité des vaches, des médecins qui utilisent la musique pour résoudre les problèmes d'éjaculation précoce... Le jour caricatural sous lequel les bienfaits de la musique sont souvent présentés dresse un portrait réducteur des recherches médicales qui entendent exploiter les vertus thérapeutiques de la musique. Et la sagesse populaire ne s'y trompe pas, puisque la croyance est effectivement répandue que la musique peut avoir de grands effets sur l'humeur et sur l'état général de tout un chacun. S'il semble raisonnable d'aller chercher réconfort dans les musiques douces, il paraît plus insidieux de confier son bien-être à certaines pseudosciences édictées sur le compte de musiques bienfaisantes. David Christoffel propose un tour d'horizon des théories en circulation sur la question et s'interroge sur les risques à médicaliser son rapport à la musique.

  • Comprendre l'histoire de l'art, c'est comprendre le monde des idées avec lequel elle est intimement liée. Certains individus y ont occupé une place décisive. C'est à eux qu'est consacré ce dictionnaire. Ces théoriciens sont des philosophes (Aristote, Hutcheson ou Dewey...), des historiens de l'art et de la culture (Pline, Vasari, Burckhardt...), des sociologues et des psychanalystes (Kracauer, Simmel, Freud...), des théoriciens d'arts particuliers (Jauss, Hanslick, Brecht, Semper...), mais aussi des critiques (La Font de Saint-Yenne, Diderot, Greenberg...) et des artistes-théoriciens (Alberti, Coleridge, Tolstoï, Artaud...). Réunissant des auteurs venus d'horizons historiques et disciplinaires différents, cet ouvrage permet à tous ceux qui s'intéressent à l'art de partir d'un point de vue particulier, que ce soit celui d'une discipline académique, d'une spécialisation par période, ou d'un art singulier, pour embrasser un point de vue plus large et avoir une compréhension plus claire, plus complète et plus approfondie de l'art.

  • « Espace, site, lieu, paysage : ces termes semblent avoir subi un bouleversement depuis l´apparition de nouveaux dispositifs spatio-temporels liés au cyberespace. Ambiguïtés du vocabulaire, chevauchement des usages, élargissement, voire même effacement des frontières entre les différents champs d´application, telles sont les difficultés qui à la fois font obstacle à l´analyse et en même temps la convoque. »

  • Huit ans après la parution de son dernier livre, Nicolas Bourriaud brise son silence avec L'Exforme, une méditation étonnante sur notre condition à l'âge de la multiplication des déchets - déchets du capitalisme, de la consommation, de l'industrialisation, des rêves nucléaires. Comment apprendre à vivre dans un monde de déchets ? Pour Nicolas Bourriaud, la réponse est claire : un tel apprentissage ne peut se penser sans le secours des oeuvres de l'art d'aujourd'hui - oeuvres qui ont fait du déchet leur préoccupation, leur constitution ou leur forme même. Ce dont nous avons besoin, c'est d'inventer des formes de vie qui soient des « exformes », qui acceptent de se confronter au fait qu'elles sont elles-mêmes en train de se transformer en déchets. Inspiré par les écrits de Karl Marx, Walter Benjamin et Louis Althusser, Nicolas Bourriaud propose une ronde à l'intérieur d'une nouvelle « fantasmagorie du capital » : la ronde de ce qui est rejeté, et qui, d'être rejeté, ne cesse de faire retour et de réclamer sa place. À la fois panorama remarquable de l'art contemporain, méditation puissante sur la condition politique d'aujourd'hui et essai de définir les coordonnées existentielles du présent, L'Exforme est un livre majeur.

  • La métropole francilienne peine à s'inscrire dans la globalisation, malgré sa puissance économique et culturelle qui en fait l'une des toutes premières métropoles mondiales, sans doute parce que son histoire et sa culture politique ont enfermé l'Île-de-France dans un cadre national en grande partie autoréférencé.
    En comparant Paris avec ses deux grandes rivales, Londres et New York, cet ouvrage permet de mieux percevoir cette singularité historique et culturelle. Largement dominé par le monde politique, et notamment par l'État, le système d'acteurs francilien éprouve des difficultés à s'ouvrir alors même que le processus de globalisation fait de plus en plus entendre ses exigences. Le territoire francilien apparaît alors comme un lieu de conflits où différentes visions du monde s'opposent, notamment sur la question de la place de l'Île-de-France dans la globalisation. Si l'on observe quelques tentatives de construction d'un acteur collectif, elles restent parcellaires et sectorielles. Paris, tiraillée entre ses identités et ses aspirations, pourra-t-elle s'affirmer comme métropole dans la globalisation ?

  • Pour qui apprécie l'art chorégraphique, la danse contemporaine peut souvent dérouter : scènes sans corps, présence accrue d'autres arts ou technologies qui perturbent l'identité de la représentation. Pourquoi en arrive-t-on à parler de spectacles hybrides ? On expliquera dans ce livre que la danse cultive l'art de déjouer toute tentative de substantialisation et que le projet d'être contemporain ne se confond pas avec celui de faire rupture avec l'histoire de la danse ou de l'art. Il est vrai qu'il devient toujours plus difficile de s'en remettre à une ontologie classique de l'oeuvre pour saisir ce qui se passe sur les scènes depuis dix ans. Pour autant, ce court essai tente, en usant du paradigme de l'hybride, d'aider à comprendre ce qui se manifeste désormais dans le projet d'être contemporain pour un danseur-chorégraphe. On y trouvera de nombreuses descriptions d'oeuvres récentes et quatre portraits de figures importantes de la scène actuelle, exemplaires de l'intention d'être contemporain comme forme d'engagement.

  • Et si le cinéma était d'abord un art chorégraphique ? Depuis toujours, sa préoccupation principale a été l'invention de nouveaux agencements de corps - et la recherche de nouveaux montages de mouvements. Mais l'idéologie de la mise en scène, venue du théâtre, a rendu cette préoccupation invisible. Pour la rendre à nouveau vivante, c'est toute l'histoire du cinéma qu'il faut relire à l'aune de la chorégraphie : passer du Kino-Glaz de Vertov à un nouveau Kino-Tanz. De Fernand Léger à Michel Gondry, de Georges Méliès à David Lynch, de Pinocchio à Gene Kelly ou de Norman McLaren à Quentin Tarantino, le cinéma n'a jamais cessé de danser.

  • Six Feet Under est l´équivalent des grands romans français, russes ou allemands de la fin du XIXe siècle. Elle nous dévoile des vies sans destin, qui sont aussi les nôtres. Autour de la famille Fisher, gérante d´une entreprise de pompes funèbres, cette série suit le parcours d´une poignée de personnages dont la mort est le métier. Une dizaine d´individus de la classe moyenne américaine s´aiment, travaillent, et tous cherchent à tâtons un sens dans un monde qui les laisse libres de croire, ou non, à un Salut.
    Mêlant des réflexions toujours nuancées sur la sexualité, les genres, la famille, la religion, la politique ou la psychologie, la série d´Alan Ball laisse se refléter nos incertitudes actuelles dans le miroir de la mort afin de dresser le portrait de notre humanité. OEuvre discrète, mais qui a bénéficié d´un succès critique considérable, elle est devenue la matrice d´un nouveau réalisme empathique.

     

  • « Les chiens se poursuivent, sautent au nez des chevaux ; et je ne sais rien qui donne l'idée du jeu le plus heureusement libre que les ébats des marsouins qui se voient au large, émerger, plonger, vaincre un navire à la course [...]. Est-ce déjà de la danse ? »Formulée en 1936, ...

  • En quatrième vitesse, Vera Cruz, Qu´est-il arrivé à Baby Jane ?, Les Douze Salopards,... Tour à tour salués pour leur audace et contestés pour leur violence, les films de Robert Aldrich ont marqué leur époque. Mais au-delà de sa manière unique de dire les choses et de donner à voir, Aldrich s´est révélé un moraliste intègre, qui sut interroger l´homme dans son rapport à autrui comme à lui-même, doublé d´un cinéaste engagé qui, de l´intérieur même du système hollywoodien, mit en débat quelques-unes des valeurs les mieux accrochées de l´American way of life.
    William Bourton, journaliste et essayiste, auteur, aux PUF, d´un étude remarquée sur le western, nous livre une passionnante étude critique sur Aldrich, qui peut également se lire comme une réflexion sur l´engagement, dès lors que son oeuvre témoigne philosophiquement de son époque.

  • En sept courtes études, le livre se propose de repérer ce qui fait de l'oeuvre cinématographique de Joseph Mankiewicz un moment exemplaire de l'histoire du cinéma, entre construction classique des intrigues, séduction, spectacle, et modernité des clins d'oeil adressés aux spectateurs. L'esthétique singulière du cinéma des années 1950, les rapports compliqués du cinéaste avec son frère, la volonté d'établir une complicité avec le spectateur, sont autant d'éléments pris en compte pour parler de cette oeuvre. La Comtesse aux pieds nus, Ève ou Le Limier, devenus des films cultes, à la fois raffinés, élégants, et très ironiques, y sont analysés et mis ainsi en perspective.

  • Récit de la déchéance d'une star du cinéma muet, fragments d'une confession de la "plus sublime des flappers" (une flapper étant une "garçonne un peu provocatrice des années 1920"), Louise Brooks... Mais récit inventé, dont le départ est un projet de conférence sur Louise Brooks : la vie de l'actrice, les sentiments qu'elle inspire à l'auteur, la fascination et même l'emprise qu'elle exerce sur lui, à tel point qu'il la considère comme la figure la plus accomplie du nihilisme érotique. A travers son égérie, R. Jaccard "se raconte", dans un style élégant, léger, mais toujours teinté d'un soupçon de distance au monde et à soi-même.

  • Lost n´est pas seulement l´histoire d´un avion qui s´écrase sur une île (pas si) déserte.
    Phénomènes surnaturels, retours dans le passé, bonds dans l´avenir, voyages dans le temps : fresque épique et tragique de 121 épisodes, Lost nous fait vivre la désorientation de ses personnages, met au défi notre compréhension et invite aux visionnages répétés et à l´interprétation en continu. Elle pense notre rapport à autrui, au temps, à la vérité, à la croyance et à la fiction.
    Cet ouvrage explore comment la série réconcilie postmodernisme et sincérité, distance critique et émotion pure, visions du monde multiples et expérience universelle de vie et de mort. Série de coïncidences, de miracles et de retrouvailles, fiction vitale qui relie et se relit, Lost a tout simplement révolutionné la construction narrative télévisuelle.

     

  • Grey's Anatomy, la série télévisée la plus regardée en France en 2010, vise à nous mettre sur la voie de la « vie bonne ». Comment ? En nous encourageant à nous soucier d'autrui. C'est pourquoi, sans doute, le Times a classé sa créatrice, Shonda Rhimes, parmi les « cent hommes et femmes dont le talent ou l'exemple moral transforme le monde » : symptôme de son temps, Grey's Anatomy se présente aussi comme un remède. Ce livre analyse les procédés visuels, musicaux et scénaristiques qui sont déployés saison après saison pour nous convaincre du bien-fondé éthique des partis pris de la série.

  • Cet ouvrage propose une alternative à l'idée traditionnelle d'histoire de l'art sous la forme d'une histoire de l'exposition. C'est un domaine à la fois hétérogène de par sa nature, et en chantier permanent selon les nouvelles expositions et nouveaux scénographes. L'époque contemporaine parle d'ailleurs beaucoup d'expositions et moins d'art ou d'oeuvres d'art. Parler d'exposition permet ainsi de changer de perspective : on désigne par là des moments et des événements singuliers, des choix assumés et défendables, et l'art n'est plus en position première. On renonce à savoir si les objets présentés sont de l'art ou non, au profit de la question : que fait-on avec ces objets ? On cherche alors à savoir ce que l'on souhaite transmettre à tel public, à tel moment avec tel objet ou telle oeuvre. Ce qui devient important est le sens que l'on attribue à des objets dans un contexte précis, ce que l'on essaie de transmettre par les expositions. C'est ainsi qu'une oeuvre devient une création institutionnelle, témoin d'un pouvoir symbolique, intellectuel, politique, voire financier... Établir une histoire de l'exposition revient alors à identifier tous ces éléments et à les replacer dans le contexte socio-historique susceptible d'en rendre compte.

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