Littérature traduite

  • Ethan Frome

    Edith Wharton

    Les montagnes du Massachusetts à la fin du XIXe siècle. Ethan Frome est un jeune homme pauvre qui aime les livres et rêve de voyages. Il a hérité d'une ferme et d'une scierie qui ne rapportent rien, épousé une vieille cousine hypocondriaque. Et, sans comprendre ce qui lui arrive, il tombe amoureux pour la première fois. En trois jours, sa vie va basculer. Même la mort ne voudra pas des héros de cette tragédie rurale, chef-d'oeuvre atypique d'Edith Wharton.

  • Si le Japon est connu comme un pays de fine gastronomie, sa littérature porte elle aussi très haut l'acte de manger et de boire. Qu'est-ce qu'on mange dans les romans japonais ! Parfois merveilleusement, parfois terriblement, et ainsi font leurs auteurs, Kôzaburô Arashiyama, Osamu Dazai, Rosanjin Kitaôji, Shiki Masaoka, Kenji Miyazawa, Kafû Nagai, Kanoko Okamoto, Jun'ichirô Tanizaki...Du xiie siècle à nos jours, dix gourmets littéraires vous racontent leur histoire de cuisine, joliment illustrée.

  • Gatsby

    Francis Scott Fitzgerald

    Il s'interrompit et se mit à marcher de long en large sur le sentier dévasté, jonché d'écorces de fruits, de rubans fanés et de fleurs écrasées. « À votre place, je ne lui en demanderais pas tant, risquai-je. On ne peut pas faire revivre le passé. - On ne peut pas faire revivre le passé ! s'écria-t-il, incrédule. Mais bien sûr qu'on peut ! » Été 1922. En pleine Prohibition, Gatsby, un jeune multimilliardaire sorti de nulle part, aux origines et aux ressources douteuses, organise des soirées somptueuses dans sa villa de Long Island. Tandis que le gratin, new-yorkais s'enivre de ses cocktails de contrebande et danse sur ses pelouses, lui n'a d'yeux que pour une petite lumière verte qui scintille de l'autre côté de la baie. Pourquoi s'est-il installé là ? À quoi bon cette fortune prodigieuse ? Aux pieds de qui est-il venu la déposer ? L'a-t-elle attendu, elle aussi ? Le narrateur, impliqué malgré lui dans cette enquête romantique, va peu à peu découvrir, en même temps que la cruauté ordinaire de ceux qui sont nés riches, l'arrière-goût amer des lendemains de fêtes et la fragilité des amours adolescentes.

  • "Ce dont les hommes ont besoin au cours de leurs vies, c'est d'orientation. Comme il en faut aux bateaux. Telle est la fonction d'un si gros livre : que l'on compare, se sente repoussé ou attiré. Un livre est comme un miroir. [...] L'orientation subjective - savoir à quoi me fier, ce que je dois craindre, ce qui sous-tend les actes volontaires - donne ce courant de fond, que le temps qui court n'altère en rien et qui constitue la vraie chronique.

    Ces histoires nous parlent d'aujourd'hui et d'événements qui remontent à douze mille ans, autrement dit de la flotte russe qui, en 2015, barbote dans les eaux de la mer Noire au large de Sébastopol, et d'Ovide qui vint jadis sur ces rives continuer l'écriture de ses Métamorphoses. Et cependant l'être humain évolue si peu. Pour moi, la bibliothèque d'Alexandrie brûle encore de nos jours. C'est cela qui, à mon sens, vaut la peine d'être raconté."
    Alexander Kluge.

  • Les promesses

    Marco Lodoli

    Les Promesses de quoi ? Les trois romans portent-ils des promesses ? Oui, quelques-unes. Sorella promet qu'il y a aura une connaissance après la douleur, et peut-être même une félicité. Italia promet quoi qu'il arrive un sens au cours fatal de l'existence, ça ne saute pas aux yeux, mais l'ange, lui, connaît l'histoire : le temps est un petit bout d'éternité. Et Vapore promet finalement le pardon, les contraires se rencontrent, les contraires se détruisent, quelque chose, cependant, sait absoudre tant de misère humaine. (Marco Lodoli).Trois courts romans, donc, où chacun s'entend dans un autre par un jeu de reflets et d'identiques questionnements. Les personnages sont ancrés dans le réel et la vie qui se délite, mais l'auteur, s'il jongle avec beaucoup d'éléments autobiographiques, fait basculer tout cela du côté du réalisme magique. Une religieuse, une servante, une vieille femme : trois narratrices dévident tour à tour dans Les Promesses un récit somnambulique et « vont porter le mystère de l'existence ». Le roi du monde qui tirait les ficelles des Prétendants a abandonné la partie et les trois textes sont émaillés de « Ils » : une entité incertaine, quelque chose qui est plus loin des hommes et qui veille sans sentiments au bon fonctionnement de la mécanique à étioler. Entre « eux » et les humains, il se pourrait aussi que les anges aient à travailler éthérés mais pas exactement en plein ciel. Ils vous attendent plutôt dans l'escalier ou au pied de l'immeuble. Ils sont autres que ce qu'on nous a conté, d'ailleurs sont-ils du bon côté... Ils sont.

  • Si un poète écrit sur une catastrophe à la veille d'un événement désastreux, ce n'est pas un hasard. Si le récit d'une catastrophe débute immanquablement par la veille, ce n'est pas un hasard. Chronique tenue du 10 mars au 30 avril 2011, sur la superposition des images, la mémoire des villes, le hasard, la temporalité de la description et les noms propres qui surgissent, fantomatiques, lors d'une catastrophe.

  • Terres et cendres

    Atiq Rahimi

    Un pont, une rivière asséchée dans un paysage désolé, la guérite d'un gardien mal luné, une route qui se perd à l'horizon, un marchand qui pense le monde, un vieillard, un petit enfant, et puis l'attente. Rien ne bouge ou presque. Nous sommes en Afghanistan, pendant la guerre contre l'Union soviétique. Le vieil homme va annoncer à son fils qui travaille à la mine, le père du petit, qu'au village tous sont morts sous un bombardement. Il parle, il pense : enfer des souvenirs, des attentes, des remords, des conjectures, des soupçons... C'est une parole nue qui dit la souffrance, la solitude, la peur de n'être pas entendu.

  • Il est des écrivains qui font corps avec un lieu. Difficile de penser Sciascia sans la Sicile, Saba sans Trieste et Pasolini sans Rome. L'espace a nourri l'imaginaire et, en retour, l'écrivain y invente une géographie de la langue, il la transforme en une substance où la rue devient verbe ; le soleil ou la crasse qu'on y respire une phrase. Marco Lodoli appartient à cette veine d'écrivains et depuis Pasolini jamais Rome n'avait servi de matière littéraire avec autant d'intensité.
    Ces trois brefs romans, La Nuit, Le Vent et Les Fleurs sont une fugue nocturne allegro furioso ; car il fait presque toujours nuit dans les livres de Lodoli. Qu'elle soit la nuit du monde ou la nuit intérieure, la couleur des récits est le noir. La ville, qui offre ses ruelles et ses places à ces trois échappées, n'est pas la cité monumentale ou de carte postale, c'est un espace grouillant qui par un détail vous propulse dans un sombre enchantement.

  • Grand Cirque Déglingue est un récit de l'éternelle enfance avec des personnages proches des Vitelloni de Fellini, qui traînent leur douce folie et leur adolescence attardée dans une ville où tout est déjà tracé.

    Mais, heureusement, il y a Sara qui enchante ce monde gris, Sara qui par sa seule présence ou absence suffit à maintenir l'espoir et l'illusion.  

    Grand Cirque Déglingue appartient au premier mouvement (I Principianti) de la grande oeuvre concertante de Lodoli. L'auteur distille des pages prémonitoires, esquissant les entrées de tous ses récits
    à venir et ainsi qu'il le dit lui-même : "ce voyage de la boue vers la lumière, qui passe et repasse par Rome."

    Une infinité de routes, qui se ressemblent, tournent en rond et divaguent, mais échouent fatalement au même point. On est en hiver à la veille de Noël, nos trois
    "arnarchorêveurs" décident de voler l'Enfant Jésus dans sa crèche : Nous le libérons de son destin et nous l'envoyons jouer avec les autres, ce morveux. Le texte est raconté selon le point de vue des trois protagonistes lunaires pour ne faire qu'une seule voix terrible et fragile, comme la vie et son sacré cirque.

  • La nostalgie

    Mircea Cartarescu

    Dans cette pièce vide, d'à peine trois mètres sur trois, deux enfants complètement nus se tenaient l'un en face de l'autre. Je vois encore avec une grande clarté devant moi, tandis que j'écris ces lignes, son corps à elle, mince et blanc, les monnaies cuivrées des seins, le sexe qui n'était qu'une ligne ébauchée entre ses cuisses. Il n'y avait presque aucune autre différence observable entre ces deux corps d'enfants.

  • Le levant

    Mircea Cartarescu

    Hymne à la liberté et plaidoyer pour la poésie, Le Levant raconte l'aventure de Manoïl, jeune homme sensible et courageux, tourmenté par les malheurs de son peuple, qui sonne la révolte et s'en va renverser le tyran phanariote, cruel et corrompu ; au cours de son périple - sur les mers, sous terre, dans les airs - il est accompagné de sa soeur, la pulpeuse Zénaïde, et de son soupirant français Laguedoc Brillant, du pirate grec Yaourta et de son fils Zotalis, néo-tzigane, et enfin du savant Léonidas, dit l'Anthropophage, et de sa compagne Zoé, révolutionnaire aux manches retroussées.

    Épopée roumaine jouissive et ludique, divisée en douze Chants et incrustée de pastiches, de poèmes, de récits d'aventures et de contes amoureux, comme de digressions post-modernes (dixit), selon une tradition allant des Mille et une nuits ou de L'Âne d'or à Jacques le fataliste, et au-delà (Joyce, Borges), ce livre original et savoureux est sans doute l'un des plus grands de l'auteur ; c'est aujourd'hui un classique, en sa terre natale.

  • Le fol marbre

    Dennis Cooper

    Passages dérobés, chambres secrètes, esprits et sexualités troublés : on ne sait quoi dans ce livre en gouverne l'épais mystère, le labyrinthe mental. Il y est
    question, parfois sur le mode de la farce qui n'est pas le moins efficace, de transmission, mais aussi de viol, de torture, de cannibalisme. Dennis Cooper joue d'une culture française qui l'a fortement imprégné et de l'esthétique gore pour brouiller des pistes qui mènent cependant toutes à un malaise contemporain, au problématique passage à l'âge adulte de jeunes gens profondément désorientés.

  • «J'ai voulu écrire cette tragédie comme un long poème en prose, sportif, souple et acéré. Bannir le romantisme de la traduction. J'ai voulu m'attacher à l'étrangeté poétique de ce monde perdu, peuplé de morts, et dans lequel les survivants tentent d'échapper à leur destin. Un roi non-roi, persécuté par sa propre souveraineté, des rivaux aussi féroces qu'aimants, un félon incapable d'assumer le régicide, une jeune reine résistante et dont la parole fait basculer le drame dans le non sense, pas si loin de Lewis Carroll.» Frédéric Boyer.

  • En persan 'mille maisons' désigne le labyrinthe, cette étendue où issue et impasse se confondent ; le temps s'arrête, l'obscurité et la terreur s'installent. Et la moindre tache blanche évoque le soleil. Au temps des dictatures, Kaboul et l'Afghanistan tout entier n'étaient-ils pas cette étendue, ce labyrinthe? Cinq personnages pris dans la nasse essaient d'échapper à la terreur par l'ivresse ou la folie, par la mort, par l'amour.

  • Le jumeau solitaire

    Harry Mathews

    Paul et John sont jumeaux et vivent dans la même ville, sur une île du bout du monde. Si l'un est affable et charmeur, l'autre est plutôt sec et renfrogné. On ne les voit jamais ensemble et, apparemment, ils ne partagent rien. Pourtant, ils aiment les mêmes gens et les mêmes choses. "À coup sûr, il y a quelque chose de bizarre derrière la relation des jumeaux mais je suis incapable d'imaginer de quoi il s'agit". 

    L'ultime roman de Harry Mathews nous entraîne sur les routes faussement droites d'un monde très actuel.

  • Le camion bulgare

    Dumitru Tsepeneag

    Entre Marguerite Duras et les calendriers érotiques des routiers, Le camion bulgare trace une route sombre et fantasmatique destinée à ce couple étrange de la littérature contemporaine : l'écrivain rêveur et la lectrice frustrée. C'est une belle Roumaine impénétrable, que les braves Français n'arrivent pas à faire jouir... C'est un puissant camionneur bulgare auquel ne suffit plus la petite mort permanente d'une société hyper-sexuée, ici symbolisée par une touriste américaine... Entre la solitude convexe du flirt par ordinateurs interposés, et les coups de théâtre charnels d'une rencontre au hasard des chemins, le gouffre se creuse, que Dumitru Tsepeneag ne remplit ni de tragédies romantiques, ni de catastrophisme moralisateur, mais d'onirisme et d'autodérision.

  • D. Tsepeneag ne se cache plus derrière Ed Pastenague. Ce nom s'était glissé sous sa plume au moment où le blanc de la feuille lui devenait insupportable et que, pour le noircir, il jouait avec son propre nom en le faisant culbuter dans tous les sens. Une fois né ainsi, comment empêcher le jeune Pastenague de succomber à la tentation littéraire.
    Mais regarder par la fenêtre, devant sa machine
    à écrire, décrire les pigeons qui volent, la maison d'en face, et Madame Maryse qui passe sous sa marquise à cinq heures, tout cela ne suffit pas à faire un roman. Il appelle à la rescousse ses amis du lycée d'Agen, les trois Ed : Edmond le Nègre, Edgar le Jaune, Édouard le Rouge. Échange de lettres, de questions, de coups de téléphone, de critiques, de rencontres, d'injures : l'atelier
    d'écriture est à l'oeuvre. À travers une succession de scènes désopilantes d'invention et d'humour se dessine la saga multiraciale de plusieurs familles : vietnamienne, martiniquaise, arabe, anglaise et même française... Après avoir servi de pseudonyme, Pastenague est devenu personnage et on peut le retrouver dans tous les romans de D. Tsepeneag qui ont suivi Pigeon vole. C'est peut-être mieux d'être personnage que l'auteur d'un seul et unique livre, un nom oublié en haut de la couverture...

  • Cela commence à New York avec Dieu le Père et un tableau qui le représente, volé au Louvre par la bande du fameux gangster roumain, Gigi Kent. Cela continue à Paris, à Vienne, à Budapest, pour finir au fin fond du Maramures (prononcer Maramouresh), région inspirée du nord de la Roumanie où se trouve, paraît-il, le centre de l'Europe. Mais le Maramures (prononcer Maramouresh) existe-t-il? Est-il un simple rêve ou bien un cauchemar? Dans le Maramures (prononcer Maramouresh) de Tsepeneag, en tous cas, les ovnis remplacent les aigles, les désenvoûtements tournent à la science-fiction et la sorcellerie n'est d'aucun secours à l'auteur de ces pages. Il n'échappera pas à son sort, son sort écrit, bien sûr. Et puisque, tel Dieu le Père, il est fait à l'image de ses créatures, il paiera pour les personnages qu'il a commis : seul coupable, en vérité, il doit disparaître. Quelle autre issue possible, d'ailleurs, pour un écrivain arrivé au terme d'un récit qui est, entre autres, un polar érotico-comique, une fable politique, une équipée délirante, un traité de savoir-écrire, un monstrueux apologue?

  • La belle roumaine

    Dumitru Tsepeneag

    Est-elle vraiment si belle, Ana l'affabulatrice? En tout cas, elle ensorcelle tous les hommes, cette pulpeuse Roumaine. En Allemagne d'abord, où deux philosophes se partagent ses faveurs, en France ensuite, où elle passe des soirées torrides avec le beau Iegor, un émigré russe plutôt inquiétant. Mais elle-même, n'est-elle pas inquiétante aussi? De quoi vit-elle? On l'aurait vue faire le pied de grue au bois de Boulogne... Et qui est-elle? Une aimable réfugiée ou une redoutable Mata Harescu? Enfin, lorsque le jour se lève, n'est-ce pas la nuit qui tombe pour elle?

  • Quand vous vivez dans une île aussi minuscule que Guernesey, il est difficile d'imaginer qu'un secret puisse rester longtemps... secret. Mais cela reste tout de même possible et l'héroïne de cette histoire, Catherine, quinze ans, en est la preuve vivante : elle est la gardienne du plus terrible d'entre tous, celui de la mort de son amie Nicolette, tombée une nuit du haut des falaises de Clarence Batterie. Mais alors qu'elle avance dans son récit, vif, lucide et étonnamment drôle, Catherine découvre d'étranges coïncidences. Des décennies plus tôt, quelqu'un d'autre s'est tenu au même endroit, du haut des mêmes falaises... Cette plongée dans la sombre profondeur des secrets familiaux et dans ceux d'une petite communauté coupée du monde le temps de la Seconde Guerre mondiale, accompagne à quarante de distance la découverte par deux adolescents que la vérité est plus compliquée qu'il n'y paraît.

  • En 1960, un hebdomadaire new-yorkais publie en feuilleton un curieux récit d'un Français de 23 ans tentant de reconstituer l'aventure extraordinaire d'un soldat de Montcalm qui, après la prise de Québec par les Anglais, aurait traversé seul tout le continent jusqu'au Pacifique, pour repartir vers l'est début XVIIIe siècle et retrouver les siens. Quarante ans plus tard, une copie de ce récit tombe entre les mains d'une jeune Française bientôt alertée par les similitudes qu'elle croit déceler entre l'itinéraire de retour de l'aventurier et celui d'une randonnée qu'elle a faite dix ans plus tôt vers les Rocheuses avec un guide d'une cinquantaine d'années, Français installé depuis longtemps sur la côte Ouest, qu'elle soupçonne peu à peu d'être l'auteur du récit publié à New York autrefois. C'est la lecture commentée que fait la jeune femme de ce récit premier, chapitre après chapitre, qui constitue la trame de ce livre où se conjuguent étonnamment événements historiques et souvenirs d'idylle.

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