Les éditions Pulsio

  • La marquise de Merteuil et le vicomte de Valmont se jouent de la société pudibonde et privilégiée dans laquelle ils vivent. Se livrant à la débauche, ils ne cessent, tout au long du livre, de se narrer leurs exploits au travers des lettres qu´ils s´envoient, car ils ne se fréquentent pas ouvertement, et qui constituent le corps de l´intrigue. Mais, pour rivaux qu´ils soient, ils n´en sont pas pour autant à égalité. Le vicomte de Valmont est un homme et, à ce titre, il peut se montrer un libertin flamboyant au grand jour et sans retenue. Les lettres qu´il écrit à la marquise de Merteuil ne sont que le récit triomphant de ses aventures. Il n´en va pas de même pour cette dernière. Si elle se doit de rivaliser avec le vicomte sur le terrain des aventures d´alcôve, la marquise de Merteuil, de plus, est contrainte à la dissimulation. Son statut social (elle est marquise), matrimonial (elle est veuve) et son sexe (elle est une femme dans un monde dominé par les hommes) l´obligent à la duplicité et à la tromperie. Si le vicomte use aussi de ces armes, ce n´est que pour séduire puis pour perdre, en les déshonorant, les femmes dont il fait la conquête. Il ne fait que prendre un chemin aisé qui ne transgresse que la morale de son époque. Pour être son égale, la marquise de Merteuil doit, en plus, réussir à s´extraire du rôle qui lui est dévolu. Elle a déclaré la guerre aux hommes et, se voulant « née pour venger [son] sexe » (lettre LXXXI), elle utilise toute son intelligence pour conserver son indépendance, ses amants et sa réputation2. Toute la force du roman réside dans la double narration de ces deux intrigues entremêlées. Le récit de leurs aventures libertines respectives, de leurs stratégies et de leurs péripéties mais aussi le combat qu´ils se livrent l´un contre l´autre. Un combat qui apparaît tout d´abord comme un jeu de séduction pour ensuite se transformer en rivalité destructrice. En définitive, les deux combattants se prendront mutuellement ce qu´ils ont de plus précieux. Le vicomte mourra en duel après avoir succombé à l´amour de madame de Tourvel dont il aura pourtant causé la perte. Le brillant libertin agonisera en amoureux désespéré d´avoir détruit celle qu´il aimait. La marquise de Merteuil perdra sa réputation, que toute sa vie elle s´était attachée à préserver, sa fortune, en perdant un procès et sa féminité qu´une petite vérole flétrira en la défigurant. (source : Wikipedia)

  • Dialogues destinés à l´éducation des jeunes Demoiselles.
    L´ouvrage se présente comme une série de dialogues retraçant l´éducation érotique et sexuelle d´une jeune fille de 15 ans. Une libertine, Mme de Saint-Ange, veut initier Eugénie « dans les plus secrets mystères de Vénus ». Elle est aidée en cela par son frère (le chevalier de Mirvel), un ami de son frère (Dolmancé) et par son jardinier (Augustin).

  • Les premières aventures amoureuses d'un jeune homme ignorant tout des subtilités du monde aristocratique sont ici racontées. Quand il se rend à l'Opéra, il n'y arrive pas en retard comme il se doit, croyant ingénument y aller pour assister à une représentation, quand personne n'y vient que pour observer, s'informer des nouvelles, entreprendre quelque discussion dans le monde : certainement pas pour voir un spectacle. S'étonnant de tout, le narrateur (qui endosse le personnage du héros) est manipulé par la comtesse de ..., bien plus au fait que lui du code implicite du libertinage. (source : Wikipédia)

  • Les Exploits d'un jeune Don Juan est un roman érotique écrit par Guillaume Apollinaire et publié en 1911 sous couverture muette. C'est un roman d'initiation amoureuse et sexuelle. Roger, un jeune homme de bonne famille, part accompagné de sa mère, de sa tante et de sa soeur, dans la propriété familiale située à la campagne. Là-bas, il va découvrir, à travers de nombreuses expériences, les plaisirs de la sexualité.

  • Trois filles de leur mère est un roman érotique rédigé par Pierre Louÿs vers 1910 et publié sous le manteau en 1926 par René Bonnel, éditeur en 1928 d´Histoire de l'oeil de Georges Bataille et du Con d'Irène de Louis Aragon, assisté de Pascal Pia.
    Inspiré, selon la légende, par les rapports de l'écrivain à la femme de José-Maria de Heredia et ses trois filles (dont la plus jeune, Louise, avait été mariée à Louÿs) aux moeurs réputées alors assez libres, il présente les aventures d'un jeune homme de vingt ans, « X... », qu'une prostituée de trente-six ans, Teresa, et ses trois filles, Mauricette, quatorze ans et demi, Lili, dix ans, et Charlotte, vingt ans, visitent à tour de rôle, avant qu'ils ne se livrent tous ensemble à une grande mise en scène de jeux obscènes.

  • Une seule figure, sous des formes variées, occupe l'oeuvre de Sacher-Masoch : la femme aux fourrures et au fouet, qui fait de l'homme son esclave. À cette figure est liée une jouissance qu'il nomme « suprasensuelle » : « Je trouve, écrit-il dans La Vénus à la fourrure, un attrait étrange à la douleur, et rien ne peut plus attiser ma passion que la tyrannie, la cruauté et surtout l'infidélité d'une belle femme. Or je ne puis m'imaginer sans fourrures cette femme, cet étrange idéal né d'une esthétique du laid, l'âme d'un Néron et le corps d'une Phryné. » Cet idéal, qui lui valut de donner son nom au masochisme, Sacher-Masoch a tenté de le réaliser dans sa vie, notamment dans son mariage avec Wanda. Mais la réalité a déçu les attentes de l'imagination, et l'oeuvre, autant que de l'exigence du fantasme, témoigne de l'absence de l'idéal : « Si cette femme était dans ma vie, elle ne serait pas dans mes livres. » Pourtant, elle est dans l'histoire, elle hante « le grand livre de l'histoire du monde » qu'écrivent avec le sang des victimes les tyrans hommes et femmes : plus que la cruauté de la femme et la haine qui sépare les sexes, c'est la cruauté de l'histoire et la jouissance énigmatique des victimes que met en évidence l'humour de Sacher-Masoch.

    Claude RABANT, « SACHER-MASOCH LEOPOLD VON - (1836-1895) », Encyclopædia Universalis (http://www.universalis.fr/encyclopedie/leopold-von-sacher-masoch/)

  • Les Mémoires de J. Casanova de Seingalt, écrits par lui-même, sont l´ancienne édition des Mémoires de l´aventurier vénitien Giacomo Casanova. Écrits en français entre 1789 et 1798, ils sont publiés à titre posthume autour de 1825 en version censurée. En 1834, l´ouvrage est mis à l´Index des livres interdits avec toutes les oeuvres de Casanova. Une nouvelle édition, conforme au manuscrit original, l´a finalement remplacée sous son titre original Histoire de ma vie (1960-1962).
    Giacomo Casanova, né le 2 avril 1725 à Venise et mort le 4 juin 1798 à Dux, fut tour à tour violoniste, écrivain, magicien (dans l'unique but d'escroquer Madame d'Urfé), espion, diplomate, bibliothécaire mais revendiquant toujours sa qualité de « Vénitien ». Il utilisa de nombreux pseudonymes, le plus fréquent étant le chevalier de Seingalt (prononcer Saint-Galle) ; il publia en français sous le nom de « Jacques Casanova de Seingalt ». De lui subsiste une oeuvre littéraire abondante, mais Casanova est célèbre aujourd´hui comme aventurier et surtout comme l´homme qui fit de son nom le symbole de la séduction. Il savait user aussi bien de charme que de perfidie pour conquérir les femmes. Sa réputation en cela dérive d´une oeuvre autobiographique Histoire de ma vie, rédigée en français et considérée comme l´une des plus authentiques sources à propos des coutumes et de l´étiquette de la vie sociale de l´Europe du XVIIIe siècle. Il y mentionne 142 femmes avec lesquelles il aurait eu des relations sexuelles, dont des filles à peine pubères et sa propre fille, alors mariée à l´un de ses « frères » francs-maçons, avec laquelle il aurait eu le seul fils dont il eût connaissance. Bien qu´il soit souvent associé à Don Juan comme séducteur, sa vie ne procédait pas de la même philosophie : ce n´était pas un collectionneur. Parfois présenté (ainsi par Fellini dans son film éponyme) comme un pantin ou un fornicateur mécanique, qui se détourne de sa conquête dès lors qu´elle s´est abandonnée à lui, il s'attachait, il secourait éventuellement. Personnage historique et non de légende, jouisseur et exubérant, il vécut en homme libre de pensée et d'action, des premiers succès de sa jeunesse à sa longue déchéance.

  • Les Bijoux indiscrets est un roman libertin publié anonymement par Denis Diderot en 1748. L'édition est clandestine, sans nom d'éditeur, mais c'est le libraire Laurent Durand qui assura la publication. Cette allégorie, qui est la première oeuvre romanesque de Diderot, dépeint Louis XV sous les traits du sultan Mangogul du Congo qui reçoit du génie Cucufa un anneau magique qui possède le pouvoir de faire parler les parties génitales (« bijoux ») des femmes. On trouve un trope comparable, que Diderot doit avoir connu, dans le fabliau égrillard Le Chevalier qui fist parler les cons. L´idée même de faire parler l´appareil génital féminin, grâce à une intervention magique, se retrouve dans une histoire de Caylus datant de 1747.

  • Teleny

    Oscar Wilde

    Teleny est un roman érotique publié à Londres en 1893. Teleny fut écrit d'abord en collaboration par Oscar Wilde et plusieurs de ses amis puis entièrement remanié par Oscar Wilde. Le roman se déroule à Londres à la fin du XIXe siècle, et dévoile sans retenue la nature et la complexité de la relation amoureuse entretenue entre Camille des Grieux et René Teleny. Ce texte est l'un des premiers textes pornographiques à parler explicitement de l'homosexualité en langue anglaise (le précédent était Les Péchés des Cités de la plaine de 1881). Son style littéraire recherché le rapproche aussi de la littérature de l'époque. Publié dans un premier temps clandestinement à Londres en 1893, il fut traduit à Paris en 1934 dans la collection Ganymède Club (Charles-Henri Hirsch).

  • Margot est une jolie «ravaudeuse» : elle reprise les bas sur le trottoir, dans un tonneau qui lui sert d'atelier, à même la rue. Mais la chance d'une vie plus confortable lui sourit lorsqu'elle devient... prostituée ! Dans un monde de paillardise, d'agitation et de bruit, où les frères de l'Eglise sont des maquereaux et les amoureux naïfs des pigeons bons à être plumés, Margot saura-t-elle trouver sa place ? Découvrez les turpitudes burlesques et érotiques de Margot : un roman libertin à la bonne humeur contagieuse.

  • Au XVIIIe siècle, Erosie quitte son couvent en diligence. Un abbé envoyé par son promis l´aborde. Elle le fait monter. Arrivé à une auberge, il lui présente le vicomte Solange qu´il éduque. L´abbé les voit faire l´amour et s´en réjouit. Erosie écrit tout ceci à Juliette quand son promis arrive !

  • L'oeuvre tout érotique d'André de Nerciat est typique des oeuvres libertines comme celles de Sade, sans cruautés criminelles. Bien loin du romantisme mal à l´aise avec le désir mal assumé, Nerciat est joyeux, convivial, imaginatif et débordant de vitalité vigoureuse. Rarement, jamais peut-être, la sexualité ne fut plus simple, plus disponible, plus immédiate et avec un bonheur d´arc-en-ciel.
    Il est l´auteur de plusieurs romans libertins, dont Félicia, ou Mes Fredaines.
    Extrait : « Ma chère Félicia, dit-il avec un peu de confusion, je suis fâché d´avoir troublé ton repos ; mais j´étais venu pour savoir comment tu te trouvais après ce terrible orage, et si tu n´en as pas été incommodée. Puis te voyant dans un désordre qui t´exposait à prendre quelque maladie, j´ai cru devoir m´approcher... Il faut te recouvrir. » En effet, il rejetait le drap sur moi et l´arrangeait avec la plus heureuse maladresse ; ses mains me parcouraient savamment. Je feignais beaucoup de reconnaissance : son empressement officieux alla jusqu´à me passer lui-même une chemise ; complaisance qui lui valut encore quelques jolis larcins, dont je ne lui sus point mauvais gré. Certain feu brillait dans ses yeux... Ah ! s´il m´eût aussi bien devinée !... Mais il ne hasarda qu´un baiser, un peu libre à la vérité pour un oncle ; je le rendis, je crois, un peu libéralement pour une nièce... Il s´en allait... Il hésita... J´espérais... Il s´en alla tout de bon.

  • Ce roman de "moeurs antiques" (sous-titre de l'ouvrage), dont le théâtre est Alexandrie, conte l'histoire de la courtisane Chrysis, et de Démétrios, un sculpteur. Galiléenne aux longs cheveux d'or (d'où son surnom grec), Chrysis, fière de son art et de sa beauté, se flatte d'obtenir « du premier venu la plus vile obéissance ». Démétrios, lui, est l'objet d'un véritable culte parmi les femmes de la cité, mais il est las de leur idolâtrie effrénée. Il en est venu à préférer sa statue d'Aphrodite à la reine Bérénice qui en fut le modèle, et dont il est l'amant blasé. Chrysis est la seule à marquer du mépris au sculpteur. Exaspéré de désir par sa résistance, Démétrios accepte de voler et de commettre un meurtre pour lui procurer les trois objets qu'elle exige en paiement de ses charmes : le miroir d'argent d'une courtisane rivale, le peigne d'ivoire d'une prêtresse égyptienne, et le collier de perles qui orne la statue de la déesse dans le grand temple d'Aphrodite. Après l'accomplissement de ces forfaits, le sculpteur fait un rêve dans lequel Chrysis lui offre la nuit d'amour qu'il désirait. Celle-ci en vient à aimer l'homme qui est allé jusqu'au crime pour elle, mais Démétrios la rejette, son rêve lui suffit. Comme elle insiste, il lui fait jurer - comme elle avait fait avec lui - d'accomplir sa volonté, avant de la lui révéler: porter en public les objets volés. Ce qu'elle fait, exhibant à la foule, sur le Phare d'Alexandrie, les attributs et la nudité d'Aphrodite. Emprisonnée et condamnée, Chrysis boit la ciguë, en présence de Démétrios, indifférent. Il se servira ensuite comme modèle du corps nu de la morte, le faisant poser "dans l'attitude violente où il l'a vu en songe, [pour] créer d'après le cadavre la statue de la Vie Immortelle". (source : Wikipédia)

  • Le Surmâle

    Alfred Jarry

    « L'amour est un acte sans importance, puisqu'on peut le faire indéfiniment ». Le roman commence par cette étonnante phrase lâchée lapidairement par le personnage central, André Marcueil en plein milieu d'un repas dans son château de Lurance. Suit inéluctablement une discussion sur l'amour où chacun rivalise d'imagination pour célébrer un surmâle, un homme capable de faire un nombre impressionnant de fois l'amour en un temps limité. Cette discussion devient enfin purement scientifique lorsqu'un médecin, le docteur Bathybius, fait remarquer que le corps humain n'est pas adapté à de telles prouesses et que par conséquent, ces histoires de performance ne sont que des fantasmes. Un autre personnage, Monsieur William Elson, chimiste de renom, fait alors intervenir l'une de ses inventions, la perpetual-motion food (que l'on peut traduire par « nourriture du mouvement perpétuel ») qui, selon lui, permettrait la regénération des muscles pendant l'effort. Un homme ainsi nourri pourrait, sans effort particulier, devenir physiquement hyper-impressionnant et rivaliser avec le fantasmagorique. Pour mettre à l'épreuve son invention, le chimiste propose aux invités d'assister à une course de vélos où les sportifs seront exclusivement alimentés avec cette nourriture : il s'agit de parcourir 10 000 milles, soit la distance Paris et Irkoutsk (Russie). Ils suivront celle-ci depuis un train qui roulera au côté du peloton. Lors de cette course, la plupart des cyclistes trouvent la mort, mais l'exploit est tout de même réalisé. L'ombre d'une personne non-alimentée par la perpetual-motion food rivalise de vitesse et de distance avec les coureurs. Voici le surmâle. Tout au long de la route entre Paris et la Russie, l'on a retrouvé des cadavres de femmes, à qui l'on avait sauvagement fait l'amour. Après quelques recherches, l'on trouve et fait venir cette fameuse ombre pour qu'elle réalise enfin la performance sexuelle tant attendue. 89 fois : tous les records seront battus. (Source : Wikipédia)

  • « Le dessein de ce roman est nouveau sans doute ; l´ascendant de la Vertu sur le Vice, la récompense du bien, la punition du mal, voilà la marche ordinaire de tous les ouvrages de cette espèce ; ne devrait-on pas en être rebattu ! Mais offrir partout le Vice triomphant et la Vertu victime de ses sacrifices, montrer une infortunée errante de malheurs en malheurs, jouet de la scélératesse ; plastron de toutes les débauches ; en butte aux goûts les plus barbares et les plus monstrueux ; (...) n´ayant pour opposer à tant de revers, à tant de fléaux, pour repousser tant de corruption, qu´une âme sensible, un esprit naturel et beaucoup de courage ; hasarder en un mot les peintures les plus hardies, les situations les plus extraordinaires, les maximes les plus effrayantes, les coups de pinceau les plus énergiques, dans la seule vue d´obtenir de tout cela l´une des plus sublimes leçons de morale que l´homme ait encore reçue ; c´était, on en conviendra, parvenir au but par une route peu frayée jusqu´à présent. »

  • L'Anti-Justine, ou les Délices de l'amour est un roman libertin de Nicolas Edme Restif de La Bretonne, paru en 1798. Restif a cherché à être l'anti-Sade, comme il l'annonce dans la préface : « Personne n'a été plus indigné que moi des sales ouvrages de l'infâme Dsds [Sade] ; c´est-à-dire, de Justine, Aline, le Boudoir, la Théorie du Libertinage, que je lis dans ma prison. Ce scélérat ne présente les délices de l´amour, pour les hommes, qu´accompagnées de tourments, de la mort même, pour les femmes. Mon but est de faire un livre plus savoureux que les siens, et que les épouses pourront faire lire à leurs maris, pour en être mieux servies ; un livre où les sens parleront au coeur ; où le libertinage n´ait rien de cruel pour le sexe des Grâces, et lui rende plutôt la vie, que de lui causer la mort ; où l´amour ramené à la nature, exempt de scrupules et de préjugés, ne présente que des images riantes et voluptueuses. » Il a voulu faire un « Erotikon », propre à rallumer les passions éteintes, sans verser dans la cruauté du marquis de Sade : « Pour remplacer la Justine et faire préférer L´Anti-Justine, il faut que celle-ci surpasse l'autre en volupté autant qu'elle lui cède en cruauté... » Le livre se présente comme de la main de Jean-Pierre Linguet, avocat au Parlement, entreprenant de raconter sa vie, son initiation et ses souvenirs. L´Anti-Justine, tel qu'il a été édité, est inachevé, mais le manuscrit original devait avoir une longueur double ou triple de ce que nous connaissons aujourd'hui. En effet, Restif commença l'impression du roman en mars-avril 1798, mais fut nommé sous-chef de bureau dans les services de la police vers mai de cette année, ce qui l'incita très certainement à la prudence. Il semble ainsi que seuls quatre exemplaires (conservés à la Bibliothèque nationale de France, le plus complet s'achevant en milieu de phrase, au début d'une seconde partie alors que sept ou huit sont annoncées) aient jamais été imprimés, rien n'indique qu'il y en eut d'autres. L'oeuvre, tombée dans l'oubli, ne refit véritablement surface que dans les années 1860. Il est à noter que, si Restif abhorrait Sade, Sade détestait de même Restif ; ainsi, le marquis écrivait à sa femme, en 1783, alors qu'il était incarcéré à Vincennes : « Surtout n'achetez rien de ce Restif, au nom de Dieu ! C'est un auteur de Pont-Neuf et de Bibliothèque bleue, dont il est inouï que vous ayez imaginé de m'envoyer quelque chose. »

  • L´Histoire de Juliette, ou les Prospérités du vice est un roman du marquis de Sade, publié en 1801. L´Histoire de Juliette, ou les Prospérités du vice est le second volet de l´histoire de la soeur de Juliette, Justine ou les Malheurs de la vertu. La publication, sans nom d´auteur, de ces deux ouvrages a valu à leur auteur son arrestation sur ordre par Napoléon et son incarcération sans procès à l´asile de Charenton durant les treize dernières années de sa vie. Alors que, dans les Malheurs de la vertu, Justine n´obtient, pour tout prix de sa vertu, que des injustices et des sévices répétés, Juliette est au contraire une nymphomane amorale dont les entreprises lui valent le succès et le bonheur. Juliette est élevée dans un couvent, mais à l´âge de treize ans, elle est séduite par une femme qui entreprend de lui expliquer que la moralité, la religion et les idées de cette sorte sont dépourvues de sens. Toutes les considérations philosophiques évoquées au cours du récit sont de cet ordre : toutes les idées touchant à Dieu, la morale, les remords, l´amour, sont attaquées. La conclusion générale est que le seul but dans la vie est « de s´amuser sans se soucier, aux dépens de quiconque ». Juliette pousse ceci à l´extrême en assassinant de nombreuses personnes, y compris divers proches et amis. Pendant le roman, qui suit Juliette de l´âge de treize à environ trente ans, l´anti-héroïne dévergondée s´engage dans pratiquement chaque forme de dépravation et rencontre toute une série de libertins comme elle, tels que la féroce Clairwil, dont la passion principale est d´assassiner de jeunes hommes, Saint-Fond, un nabab incestueux de cinquante ans qui assassine son père, torture quotidiennement des jeunes filles à mort, allant même jusqu´à ourdir un complot ambitieux visant à provoquer une famine qui éliminera la moitié de la population française. Minski, l'« ogre des Apennins », est un anthropophage infligeant au corps humain les tortures et les mutilations les plus inventives.

  • Herman et la noble et fière Ernestine, deux jeunes amoureux, sont aux prises avec des libertins prêts à tout - même au crime - pour assouvir leurs désirs. Le comte Oxtiern, scélérat et débauché, et sa complice, Mme Scholtz, veuve au tempérament enflammé, ne reculent devant aucun mensonge, aucune vilenie. Mais le crime triomphe-t-il toujours ? La pureté et l'amour ne peuvent-ils vaincre le vice ?

  • Les Infortunes de la vertu est un conte philosophique de Sade, écrit en 1787. L'ouvrage est écrit entre le 23 juin et le 8 juillet 1787, alors que Sade est emprisonné dans la tour de la Liberté à la Bastille.
    Justine ou les Malheurs de la vertu, publiée en 1791, est la seconde version de cette histoire, qui sera elle-même suivie d'une troisième version, La Nouvelle Justine ou les Malheurs de la vertu, publiée en 1799.
    Le prénom de l'héroïne, Justine, est celui qui avait été donné à Catherine Trillet, domestique au château de La Coste en 1776.
    Le manuscrit des Infortunes de la vertu a été mis au jour en 1909 par Guillaume Apollinaire et a été publié pour la première fois en 1930.

  • Pour créer le personnage de Fanny Hill, Cleland s´est inspiré de Fanny Murray, une prostituée de 17 ans qui était l´idole des aristocrates londoniens. Sous la plume du romancier, Fanny raconte ses expériences à travers deux longues lettres où elle décrit sa vie misérable à la campagne, son arrivée sans le sou dans la capitale, son initiation dans une fameuse maison close puis sa spécialisation dans les orgies les plus débauchées. D´abord pure et innocente, elle acquiert vite l´expérience suffisante pour comprendre comment profiter au mieux de sa situation. Fanny devient une forte femme, intelligente, clairvoyante. Loin d´être une incontrôlable nymphomane, Fanny ne dédaigne pas le plaisir, mais elle place aussi la vertu au-dessus du vice, ne perdant jamais de vue le fait que ses nombreuses expériences lui ont surtout permis de trouver sa place dans le monde et n´ont pas fait d´elle une débauchée.

  • Alphonse Momas, né en 1846 et mort le 6 juin 1933 à Paris, est un écrivain français. Après avoir écrit des pièces de théâtre au début des années 1890, il écrivit un très grand nombre de romans érotiques sous divers pseudonymes.

    Extrait : Elle attisait le feu avec son marivaudage qui parfois, souvent, frôlait l´effronterie cynique, mais quelle gentillesse dans cette effronterie ! Les mots sortaient des lèvres dans un sourire de candeur qui stupéfiait et coupait court à la réplique. Que dit-elle donc dans la dernière valse, alors qu´elle s´abandonnait les yeux mourants, au vertige du tournoiement, le corps presque dans ses bras ? Oui il se rappelait. Un gros soupir gonfla sa poitrine, le monde n´existait plus, il lui semblait qu´il la possédait, et ses mains prirent connaissance par dessus la toilette des trésors qu´il convoitait : les yeux de Lucette se levèrent sur les siens, avec un frémissement des cils et elle murmura :
    - Vous me voyez et vous me sentez nue !

  • Fonctionnaire à la préfecture de la Seine au début des années 1890, il écrivit un très grand nombre de romans érotiques sous divers pseudonymes : Bébé, Clic-Clac, L'Érotin, Fuckwell, Le Nismois, Léna de Mauregard, Camille Mireille, Mercadette, Pan-Pan, Tap-Tap, Trix,Un journaliste du dernier siècle, Zéphyr, et fut le plus prolixe des écrivains pornographiques des années 1890. Dès 1915 il publia à son compte des brochures plus mystiques et ésotériques.

    Extrait : Reine s´était couchée sur la fourrure : en femme experte, elle écartait les cuisses et ouvrait les bras dans lesquels se laissait aller la fausse miss Sticker ; elle-même, elle dirigeait la queue au bon endroit, à la porte du gentil conin qu´elle dépucela, aspirant à ce qu´elle en franchit vite le seuil ! Ah, le doux frottement des épidermes ! Les lèvres se dévoraient de caresses, la petite cochonne de Reine ne cessait d´actionner sa langue dans la bouche de la directrice ; d´une de ses mains elle lui caressait les reins, les fesses, la pressait sur son ventre, pour mieux la sentir dans son vagin. La queue avait pénétré, et les soupirs d´extase soulevaient les deux poitrines : directrice et élève faisaient des yeux blancs et se trémoussaient pour se fondre en un seul corps. Une sonnerie se fit entendre dans le salon ; elle annonçait l´arrivée d´une élève et de ses parents, miss Sticker précipita le coït, la queue déchargea son sperme dans le ventre de Reine, pas une goutte ne se perdait au dehors. La jeune fille se tordait dans les délices de la possession, son amant s´arracha à l´ivresse folle qui les emportait loin de ce monde.

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