La découverte

  • Comment fonctionne l'économie de marché ? Qui anime, en deçà de la main invisible, les rapports marchands ? Quels sont les hommes et les savoirs qui soutiennent l'échange économique moderne ? Une histoire du marketing apporte une réponse originale à ce genre de questions, en nous faisant voyager à travers l'histoire du marketing américain, depuis le XIXe siècle jusqu'à nos jours. Dans cette vaste fresque qui se lit comme un roman, l'auteur nous montre comment, dès les débuts du capitalisme américain, la volonté libérale d'atteindre un rapport plus direct entre l'offre et la demande s'est paradoxalement soldée par la multiplication des intermédiaires censés y pourvoir : marchands ambulants, grossistes, publicitaires se sont succédé les uns aux autres, au motif que chacun d'eux apportait une meilleure " représentation " du marché que ses prédécesseurs. Peu à peu, la prolifération des médiateurs marchands a gagné le coeur des entreprises, avec l'apparition de cadres spécialisés dans l'étude du marché, avant de migrer au dehors, du côté des business schools et de l'Université. L'étude du marketing comme science permet alors de s'interroger sur le fonctionnement des communautés scientifiques pluridisciplinaires, et sur les rapports parfois surprenants que les disciplines appliquées entretiennent avec leurs clientèles. Les multiples facettes de cet ouvrage qui croise les perspectives de l'histoire, de l'économie, de la gestion, de la sociologie des sciences et de la sociologie des professions intéresseront un vaste public : historiens, économistes et sociologues désireux de mieux connaître les acteurs, les institutions et l'histoire du marché, étudiants et enseignants de gestion soucieux de mieux comprendre l'une de leurs disciplines de prédilection, enfin tous ceux qui pensent que le marketing et les marketers jouent un rôle majeur dans notre monde, et méritent à ce titre d'être mieux connus.

  • La première partie de ce livre analyse le témoignage de Platon sur ce qu'est le mythe. Dans une seconde partie sont passées en revue les critiques faites par Platon à ce type de discours qu'est le mythe. Cet ouvrage, où interviennent ethnologie et philosophie, se fonde sur une enquête lexicologique qui débusque toutes les apparitions de mûthos, c'est à dire tous les dérivés et tous les composés dont mûthos constitue le premier terme.

  • L'Afrique " vue d'en bas " : c'est sur une histoire méconnue que ce livre original lève le voile. Malgré sa brièveté relative, l'épisode colonial a profondément marqué les États de l'ancien Ouest africain français. Ils sont neuf aujourd'hui, d'ouest en est et du nord au sud : Mauritanie, Sénégal, Mali, Niger, Burkina-Faso, Guinée, Côte d'Ivoire, Bénin, Togo. Or, tandis que la politique " métropolitaine " commence à être bien connue, il n'en va pas de même de la rencontre entre colonisés et colonisateurs, de l'histoire vécue sur le terrain, tour à tour et à la fois lutte, dialogue et échanges.
    L'histoire de la colonisation s'est inscrite dans le face à face des institutions, des esprits et des cultures. Ce regard croisé est à l'origine de ce livre, fruit d'un travail d'équipe mené depuis plusieurs années par les meilleurs spécialistes africains et français, qui ont mobilisé des archives ouvertes parfois depuis peu, et les souvenirs oraux d'acteurs souvent encore en vie.
    La première partie traite de thèmes communs à l'ensemble : la politique et la géopolitique françaises, l'armée coloniale, les objectifs économiques, les dynamiques sociales, le rôle de l'islam. La seconde partie rassemble les monographies consacrées à chacun de ces " États coloniaux " : ils ont été marqués par une histoire chaque fois différente, suivant des milieux géographiques contrastés, des péripéties antérieures, des héritages démographiques et culturels anciens, et les modalités spécifiques de la pénétration française.
    Au total, un ouvrage de référence indispensable pour comprendre, dans les États francophones de l'Afrique de l'Ouest, l'unité et la diversité des soubresauts et des aspirations d'autrefois et d'aujourd'hui.

  • Depuis plus de dix ans, l'usage que les poètes latins de la fin de la République ont fait du mythe de l'âge d'or a piqué la curiosité de l'auteur. Ses recherches l'ont convaincu que derrière ce vieux mythe, se livrait un débat passionné dont les enjeux n'étaient autres que la notion même de liberté et la capacité de l'imagination poétique à engendrer le bonheur. Il lui a paru qu'il pouvait valoir la peine de faire partager à d'autres cette conviction.

  • A partir d'une analyse en profondeur de la production et de la reproduction dans les sociétés agricole d'autosubsistance, l'ouvrage apporte à la fois une théorie du mode de production domestique, les éléments d'une critique radicale de l'anthropologie classique et structuraliste et les bases d'une critique constructive de la théorie du salaire de Marx. Les contradictions majeures que soulève la persistance au sein du capitalisme des rapports domestiques comme lieux de la reproduction de la force de travail et du « travailleur libre » sont mises en évidence par cette démonstration qui, portant sur les domaines généralement séparés de l'ethnologie et de l'économie, enchaîne logiquement « les structures alimentaires de la parenté » aux mécanismes de la surexploitation du travail des populations dominées par l'impérialisme. De même que l'« Anthropologie économique des Gouro de Côte-d'Ivoire » avait marqué « un tournant dans l'histoire de l'anthropologie », cet essai théorique (qui en annonce d'autres), en dépassant le stade de la discussion des concepts pour essayer de renouer avec la démarche active et créative de Marx et d'Engels, représente une nouvelle contribution au progrès contemporain du matérialisme historique.

  • Le Roman de Renarta donné naissance en Europe à toute une mythologie de la ruse et de l'ambivalence. De même, les aventures de Chacal dans les montagnes kabyles révèlent des modèles de comportement qu'on aurait tort de réduire à un simple divertissement. Tantôt amusant, tantôt franchement odieux, le personnage de Chacal est une création de l'imaginaire populaire. Mais la connaissance du monde fabuleux des animaux et des rapports de forces qui le traversent peut être aussi un moyen de mieux comprendre les structures sociales et leurs représentations. Tel est l'exercice que propose l'auteur dans ce livre : en analysant les liens entre mythe et réalité, elle décrypte la fable du chacal à la lumière des rapports aux différents pouvoirs et aux différents modes de domination. Et elle montre comment les intellectuels colonisés d'Algérie négocient leur statut avec le pouvoir à la manière du chacal avec le lion. Ce livre a le mérite d'articuler sociologie et anthropologie, en montrant comment les différents niveaux du symbolique se chevauchent et se répondent en produisant du sens. Par-delà la dérision et le jeu, ce sont bien des enjeux sociaux que la littérature orale nous révèle. La ruse et l'ambiguïté sont des concepts qui rompent avec une analyse caricaturale de la position des intellectuels colonisés. L'auteur évite ainsi le piège du seul déterminisme sociologique. Cette mise en perspective des rapports de forces permet également d'éclairer les relations hommes/femmes. Il s'agit là d'une démarche novatrice qui ouvre sur une véritable théorie sociale des rapports de domination, dans leur dimension historique et symbolique.

  • L'animal sauvage n'a jamais cessé de fasciner les hommes. Afin de nourrir leur passion pour les collections, ils inventèrent les zoos, ces lieux uniques où s'exprime leur désir de dominer la nature pour mieux la connaître. Dans cet ouvrage passionnant et

  • Au début de la guerre d'Algérie ", à l'automne 1956, fut tentée, par les services secrets français, en Kabylie, chez les Iflissen Lebhar, l'opération " Oiseau bleu ". Elle consistait dans la création de " contre-maquis " clandestins destinés à discréditer le FLN. Or, c'est à l'avantage de ce dernier qu'à tourner cette affaire, les hommes recrutés et armés par les services français s'étant révélés être des " rebelles ". L'auteur, ethnologue, spécialiste de l'Algérie, a réussi non seulement à élucider cette étrange affaire, mais à en analyser les raisons profondes.

  • Que reste-t-il du modèle EDF, mis en place en 1946, de cette formule que beaucoup ont cru et voulu exemplaire ? Que subsiste-t-il de cet ensemble intégré de relations entre les dirigeants d'une grande entreprise nationale et divers acteurs, CGT, appareils d'État, clientèle industrielle et domestique, etc. ? Où sont désormais la toute confiance dans la science, la raison et le progrès, l'identification à la Nation, l'adhésion à la notion de service public, qui apportèrent sa cohésion au modèle EDF ?
    En quarante ans, celui-ci a subi bien des chocs, il a été bousculé, complexifié et affaibli, du dedans de l'entreprise, et du dehors plus encore, ne serait-ce qu'avec l'entrée en lice de nouveaux acteurs, syndicats et mouvement antinucléaire notamment. Son avenir semble incertain. Au fil d'une longue et exigeante recherche, Michel Wieviorka et Sylvaine Trinh ont d'abord organisé une série de rencontres où tous les acteurs impliqués ont eu l'occasion de vivre avec les dirigeants de l'entreprise des débats approfondis. Ils ont ensuite encouragé les dirigeants d'EDF à analyser eux-mêmes leur action et à réfléchir sur leur attachement au modèle de 1946, aussi bien que sur leur capacité de le rénover.
    Mais qu'on ne s'y trompe pas. Par sa démarche novatrice, par les questions qu'il pose, par les réponses qu'il apporte, ce livre est beaucoup plus qu'une monographie d'EDF, déjà décisive. Il renouvelle, de façon originale, la méthode de la sociologie des organisations, dont il élargit l'espace ; en même temps, il aide à comprendre la crise de la social - démocratie à la française et les changements qui affectent nos entreprises - en particulier dans le secteur public - entrées dans l'ère des stratégies et en quête d'un management à la fois mobilisateur et rationnel.

  • Elles sont filles de parents maghrébins immigrés en France. Leurs pères sont ouvriers, artisans, chômeurs ou retraités, l'un fut officier de gendarmerie. Elles sont nées à Nanterre, à Bobigny, Sartrouville, à Paris dans le vingtième, dans la banlieue nantaise ou à Roubaix et y ont grandi. Elles ont de dix-huit à vingt-sept ans, sont lycéennes, étudiantes, animatrice, secrétaires, restauratrice ou "au chômage". Quelques-unes ont un compagnon, l'une est mariée, une autre divorcée, la plupart sont célibataires. Toutes ont parlé sans réticence, contentes d'être écoutées par une auditrice attentive, française, ethnologue, spécialiste de la culture de leurs parents, ainsi à même de comprendre leurs difficiles et douloureux problèmes. En effet, elles sont partagées, parfois déchirées entre leurs aspirations personnelles de jeunes femmes en France et le désir, bien différent, de leurs parents, qui auraient voulu les voir devenir ces "femmes bien", modèle de femme maghrébine. Diverses ont été leurs conditions de vie, divers leurs rapports avec parents et frères, leurs connaissances de la religion, du Maghreb, leurs scolarités, leurs activités et relations éventuelles hors de la maison paternelle, leurs attitudes envers l'autre sexe, leurs propres désirs de famille et d'enfant, leurs problèmes d'identité et de nationalité, enfin, pour certaines d'entres elles déjà, leur participation à la vie active en France. A travers leurs discours sur toutes ces questions - une centaine d'heures d'entretiens -, sont analysées les conditions et les circonstances, les constantes et les variables susceptibles de freiner ou de favoriser leurs dispositions à l'intégration.

  • L'auteur mobilise ici deux ressources complémentaires : des enquêtes anthropologiques menées sur le terrain et des documents écrits ou oraux. Cette démarche débouche sur un double questionnement : l'importance dans les modes de pensée du substrat historico-mythique d'origine berbère, largement occulté et nié par la culture officielle, et la place inconfortable des intellectuels algériens, sans cesse bloqués dans l'exercice de leur fonction critique par un système autoritaire qui mobilise la culture traditionnelle pour imposer son ordre.

  • " L'environnement " et ses " problèmes " sont devenus un enjeu d'une telle force d'évidence qu'il paraît presque impossible d'apporter la contradiction à ce projet : " il faut protéger l'environnement ! " C'est précisément cet ordre, au double sens de commandement et d'idéal d'organisation, qu'interroge ce livre profond et informé. L'auteur soutient brillamment le paradoxe suivant : au départ, les revendications écologiques étaient profondément critiques des savoirs scientifiques et techniques et du développement social qu'ils conduisent. Trente ans plus tard, leur traduction en politiques d'environnement débouche au contraire sur un appel croissant aux experts, ingénieurs et techniciens, détenteurs véritables d'un éco-pouvoir montant. La rationalité scientifique et technique, longtemps cible privilégiée de l'opprobre écologique, se prétend désormais au service de la dépollution et de la sauvegarde des milieux naturels. Notre capacité collective à débattre de ces questions demeure en revanche très faible. Les médias, qui donnent trop souvent une représentation naturaliste naïve du monde, ont leur part de responsabilité dans cette situation, et l'auteur en fait une critique sans cession. Mais il analyse aussi avec précision le jeu de l'administration publique dans la gestion des nuisances par débats contradictoires. Il passe enfin au crible le rôle des associations de défense, qui s'exténuent dans des mobilisations et des contre-expertises sans moyens suffisants. Avec le concept d' "éco-pouvoir ", Pierre Lascoumes dévoile l'émergence d'une nouvelle rationalité, qui prétend prendre le contrôle de tous les systèmes vivants, avec les effets de normalisation qui en découlent.
    (Cette édition numérique reprend, à l'identique, l'édition originale de 1994.)

  • En 1990, la publication des résultats de la dernière enquête sur les pratiques culturelles des français (La Découverte / La Documentation française) avait suscité de vives réactions. Certains y avaient trouvé la confirmation de l'inefficacité de la politique culturelle de démocratisation, la preuve que rien n'avait changé ; d'autres, à l'inverse, avaient parlé de révolution culturelle, comme si l'audiovisuel avait définitivement remplacé l'imprimé. Ces deux discours, loin d'être incompatible ou antagonistes, doivent être pensés conjointement. C'est ce que tente de faire Olivier Donnat dans ce livre, où il montre comment et pourquoi les transformations récentes des conditions au savoir et aux oeuvres d'art ont développé une " consommation " croissante de culture, sans que les cercles des véritables amateurs de théâtre, de littérature ou d'art contemporain n'augmentent de manière significative. En s'appuyant sur de nombreuses données chiffrées, l'auteur propose une analyse originale de la connaissance que les Français ont du monde des arts et de la culture, de leurs goûts et de leurs comportements, ainsi qu'une description détaillée des principaux " univers culturels " identifiables à l'échelle de la population française. Il revient notamment sur la question de la montée des valeurs juvéniles depuis les années soixante : il souligne l'existence, par-delà les clivages sociaux, de profondes solidarités générationnelles et 'interroge sur les effets de la spectacularisation qu'ont connus certains aspects de la vie culturelle au cours des années quatre-vingt.
    (Cette édition numérique reprend, à l'identique, l'édition originale de 1994)

  • Le " retour aux classiques " des sciences humaines est à l'ordre du jour. La relecture des pères fondateurs semble être le meilleur antidote aux incertitudes théologiques et méthodologiques, ainsi qu'à la spécialisation et au morcellement excessifs des savoirs. Mais en se focalisant sur quelques textes consacrés, ce retour aux sources néglige souvent de replacer les oeuvre dans leur contexte social, culturel, et politique. Le " retour aux classiques " des sciences humaines est à l'ordre du jour. La relecture des pères fondateurs semble être le meilleur antidote aux incertitudes théologiques et méthodologiques, ainsi qu'à la spécialisation et au morcellement excessifs des savoirs. Mais en se focalisant sur quelques textes consacrés, ce retour aux sources néglige souvent de replacer les oeuvre dans leur contexte social, culturel, et politique. En retraçant l'émergence de la sociologie dans l'université française pendant la période 1870-1914, Laurent Mucchielli nous offre un ouvrage de référence qui évite les écueils habituels du genre : la canonisation des " grands auteurs ", qui surestime la paternité héroïque d'individus exceptionnels en oubliant le travail collectif des réseaux scientifiques ; le fétichisme épistémologique, qui découpe des contenus de pensée figés dans un tissu culturel et historique mouvant et complexe. L'auteur montre comment la " découverte du social " s'inscrit dans le dépassement des modèles et des métaphores biologiques et raciaux jusqu'alors dominants. Il explore l'oeuvre de ses principaux pionniers (Durkheim et son école, Tarde, Worms, etc.) et explique comment les idées de conscience collective irréductible à la somme des consciences individuelles, de déterminisme social, de généralisation de l'usage des statistiques, se sont diffusés à travers l'archipel des revues et des institutions savantes et ont transformé le regard sur l'homme. En retraçant l'apport de figures comme Bouglé, Halbwachs, Hubert Lévy-Bruhl, Mauss, Meillet, Richard ou Simiand, il nous offre le portrait deb toute une génération intellectuelle. En redécouvrant les débats de la sociologie avec l'ethnologie, la psychologie, la géographie, l'histoire, la linguistique, la criminologie et l'économie politique, il dévoile la richesse d'une conjoncture scientifique exceptionnelle.

  • Les inégalités constituent un défi. Un défi pour le développement parce que leur accroissement, ou leur maintien à un niveau élevé, produit des sociétés excluantes et instables. Un défi intellectuel également, car les relations entre inégalités et croissance sont plus complexes qu'on ne le pense souvent : selon les conditions, la croissance peut être favorisée aussi bien par de faibles inégalités que par de fortes inégalités. Comparer sous cet angle les performances économiques de l'Asie et de l'Amérique latine, comme le fait avec rigueur Pierre Salama dans ce livre novateur, se révèle très instructif. Il montre ainsi que la relation entre inégalités et croissance ne peut être comprise sans prendre en compte d'autres variables (degré d'ouverture des marchés, niveau d'intervention de l'État, etc.). Et que ces variables sont dépendantes les unes des autres : l'ouverture contrôlée allant de pair avec une politique industrielle de l'État, moins d'inégalités peut signifier une politique sociale active des pouvoirs publics, plus d'inégalités peut accompagner le libre jeu des forces du marché et un retrait de l'État de l'économique et du social. Lire les principaux échecs économiques latino-américains à partir de ce qui semble être des succès en Asie montre qu'il n'y a pas de " voie royale " pour le développement. Et cela permet d'établir à quelles conditions, en Amérique latine, de nouvelles politiques pourraient relancer la croissance, diminuer la brèche entre citoyenneté politique et citoyenneté sociale et transformer ainsi la croissance en développement durable. Ces objectifs supposent de nouveaux compromis sociaux, car ils impliquent à la fois une politique sociale et industrielle plus cohérente et volontariste, et une défense plus déterminée des intérêts nationaux vis-à-vis des institutions internationales. C'est là toute la difficulté. (Cette édition numérique reprend, à l'identique, l'édition originale de 2006.)

  • " De tous les animaux susceptibles d'être des victimes sacrificielles, l'homme est le seul qui puisse faire des sacrifices ". Les essais réunis ici portent sur la culture et les formes de pensée que nous font connaître les textes sanscrits, notamment les plus anciens d'entre-eux : les Hymnes védiques et les Traités du sacrifice qui leur sont associés.
    Cette édition numérique reprend, à l'identique, l'édition originale de 1989.
    Les essais réunis dans ce volume portent sur la culture et les formes de pensée que nous font connaître les textes sanscrits, notamment les plus anciens d'entre-eux : les Hymnes védiques et les Traités du sacrifice qui leur sont associés. Le titre, Cuire le monde, traduit l'expression sanscrite lokapakti : l'homme " cuit " le monde et se " cuit " lui-même en exécutant les rites. On choisit en effet, pour aborder l'Inde, de suivre les chemins que tracent les prescriptions et spéculations indiennes sur le rituel. Poètes et doctrinaires védiques nous y invitent : c'est en réfléchissant à ce qui a lieu sur la scène sacrificielle qu'ils élaborent les catégories du continu et du discontinu de la répétition et de la différence, du " principal " et du " reste ", de l'immédiat et du différé, du plein et du vide, de l'implicite et du déployé. Catégories universelles, sans doute, mais qui, dans l'Inde, ont cette spécificité d'avoir été " pensées " à partir du rite par excellence, l'acte sacrificiel, conçu comme modèle de l'acte. C'est pour rendre compte du sacrifice que le Veda s'interroge sur les dieux, leur corps, leur langage, et c'est dans le groupement des hommes unis dans un même projet sacrificiel que l'on décèle le prototype du lien politique. Enfin le lexique et les notions propres au rituel sont présents dans cette définition que les auteurs védiques donnent de l'homme : " De tous les animaux susceptibles d'être des victimes sacrificielles, l'homme est le seul qui puisse faire des sacrifices ". Dans cette phrase est condensée une anthropologie : ce livre tente de l'expliciter.
    Cette édition numérique reprend, à l'identique, l'édition originale de 1989.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • L'honnêteté intellectuelle et la fidélité à ses engagements et à ses amis, sont deux qualités essentielles de Boris Souvarine. Personne, quelle que soit sa place sur l'échiquier politique aujourd'hui, ne le conteste. Cet anti-stalinien de la première heure, ancien fondateur de la Section française de l'Internationale communiste lors du congrès de Tours (1920), a oeuvré toute sa vie de militant professionnel pour la propagation de ses idéaux. Autant dire qu'il est resté un homme de l'ombre. La revue lui a toujours semblé le moyen le plus efficace pour diffuser sa pensée et celle des auteurs qu'il appréciait. La Critique sociale, de 1931 à 1934, va paraître onze fois et utilisera ses colonnes, afin de faire connaître les débats théoriques du moment, les nouveautés en sciences sociales, la critique musclée du spectacle politique, et l'appel à l'audace intellectuelle. Lucien Laurat, Georges Bataille, Michel Leiris, René Michaud, Raymond Queneau, Karl Korch, Jean Bernier, Pierre Kaan, Simone Weil, Colette Peignot, et bien d'autres inconnus qui deviendront célèbres, participent à cette aventure périlleuse et ô combien stimulante qu'est l'appareillage et la navigation de cette galère particulière du monde des lettres : la revue. La Critique sociale, dans le paysage intellectuel des années trente, tient indéniablement une place originale. Cet ouvrage collectif le démontre et, mieux encore, nous explique en quoi le projet initial de ces revuistes interpelle notre présent.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Il y a près de vingt ans que des gens du fleuve Sénégal viennent travailler en France. Cet exil, il s'agit ici d'en restituer la dimension africaine. L'émigration du fleuve en France cesse alors d'être objet de réflexion en elle-même. Cela même qu'elle sert à révéler l'intègre à une histoire dont l'essentiel se déroule ailleurs. Sept hommes sur dix travailleurs africains en France, sont des paysans Soninké venus des rives du Fleuve. Tant que l'on se borne à constater leur présence, elle ne semble pas peser lourd. Mais que l'on inverse la perspective, et le monde bascule : il faudrait maintenant chercher sur les cartes, dans les livres, dans leur pays même surtout, le poids de leur absence. En Europe, leur présence paraissait marginale : c'est qu'au miroir européen, leur histoire ne s'inscrit qu'à l'envers. Infléchie par la présence européenne, puis suspendue par la conquête, l'histoire des peuples du Fleuve se survit dans l'émigration. Aujourd'hui, face à la double crise de l'emploi en France, et de la production vivrière au Sénégal, des gens du Fleuve cherchent à reprendre en main leur avenir, en développant les ressources agricoles de leur terroir. Détournée à d'autres fins, la mise en valeur du Fleuve risquerait toutefois de déposséder les communes villageoises, barrant à jamais le chemin du retour. Comprendre l'émigration dans son contexte africain, n'en remet que plus sûrement en cause le rôle de la France.

  • Ce nouveau livre du Collectif d'alphabétisation paraît à une période trouble pour la population immigrée en France : insécurité entretenue et légalisée (loi Barre-Bonnet), marginalisation renforcée... La formation des immigrés, une pratique dépassée ? C'est ce que laissent entendre les pouvoirs publics. Or, dans le même temps, un rapport officiel estime à 800 000 au moins le nombre d'analphabètes étrangers en France. Ce livre, dans une première partie, resitue l'alphabétisation des travailleurs immigrés dans le contexte politique et économique actuel, et en dégage les enjeux. Dans une deuxième partie, il propose un certain nombre d'outils pédagogiques, pour atteindre des objectifs définis, à partir des situations concrètes rencontrées dans les cours. Ce livre n'est pas une simple réactualisation des précédents livres du Collectif d'alphabétisation. La conception, dans son ensemble, est différente : moins péremptoire et plus pragmatique. Il reflète les pratiques, les difficultés et les contradictions de ceux qui l'ont écrit (moniteurs professionnels ou bénévoles, permanents d'associations). Il n'énonce pas un savoir prêt-à-savoir, mais veut aider les utilisateurs à réfléchir sur leur propre pratique. Ce livre est destiné aux formateurs. Pour les immigrés des niveaux débutants, le Collectif d'alphabétisation a publié, en octobre 1978, un Livre de français pour les travailleurs immigrés, pour l'apprentissage de la lecture et de l'écriture.

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