Editions Orizons

  • Le rythme n'est pas seulement une harmonie générale - cosmique, corporelle, sociale -, une esthétique en somme ; il n'est pas les rythmes séparés du monde actuel. Le rythme est un flux, un ondoiement, sans se départir d'une forme saisissable, d'une mise en ordre variable mais compréhensible des événements. L'élucidation des comportements singuliers n'est pas seulement générale. Elle se dit aussi à ceux qui sont mis à l'écart et son adresse se fait alors plus intérieure. C'est ce que l'on nomme ici un idiorythme. La théologique est une recherche idiorythmique de la vérité.

  • La fin des années 1960 est marquée par la disparition de la grande figure tutélaire gaullienne. Lui succéderont des financiers relativement poètes ou speculateurs, laissant filer les universalismes noirs et tricolores vers des rivages davantage encore ouverts au pillage des biens culturels et des cerveaux, d'un continent noir de plus en plus dépossédé de sa réalité et de sa fiction.

  • Alors qu'on n'a jamais produit autant de films, certains proclament le cinéma moribond et prophétisent sa fin à moyenne échéance. On filme à la fois le visible et l'invisible, dit Godard ; en s'en tenant au seul visible, procréerait-on, à l'entendre, du téléfilm ? Comment trancher ? Dans cet essai pétillant et franc du collier, qui est aussi une déclaration passionnée pour le septième art, le cinéaste Raymond Zanchi nous dit avoir choisi sa voie ; il a fait sien le cri de la chorégraphe Pina Bausch : « dansez, dansez sinon nous sommes perdus ! »

  • L'invitation à suivre son coeur s'était déployée, à l'époque de la philosophie des Lumières, autour du projet d'une religion universelle et sans texte, aussi appelée "religion du coeur", dont le judaïsme était décrit comme l'anti-modèle. Etrangement, Heidegger affirme, comme les Lumières, que ce qui est stable et ferme en l'homme est le coeur. Comment entendre ces résonances ? C'est un long parcours à travers le texte biblique qui pourrait nous éclairer. La Bible enseigne que le coeur n'est pas bon, qu'il est malade et plein de détours. Et qu'il doit être circoncis. Quelle est la signification de cette étrange opération à laquelle Meschonnic avait donné le nom d'une "intime extériorité" ?

  • Le présent ouvrage rassemble les interventions d'un colloque qui s'est tenu du 24 au 26 septembre 2015, à la Maison des Sciences de l'Homme de Clermont-Ferrand et à l'Université Paris Descartes, dans les locaux de la Sorbonne. Le terme « institution » laisse immédiatement penser à l'établissement d'un principe à partir duquel se déploie une économie. Ce principe, ou axiome, serait un invariant posé comme quelque chose qui inspire le respect, la crainte, la révérence d'intouchable par le fortuit. Mais « destitution », aussitôt après, semble affirmer qu'un tel principe peut apparaître transitoire. Le pluriel indique que la totalité s'institue et se destitue selon des modalités différentes. Ceci étant, une question surgit aussitôt : comment un principe qui lègue un espace d'intelligibilité peut-il être dissous, disloqué, défait ?

  • Comment accéder à ma nature juste sachant que je suis un pécheur ? Ce livre entreprend de déconstruire la célèbre formule de Luther « simul justus et peccator » pour la reconstruire dans le modèle de l'imagination agente comme principe de réalité et d'événement. L'imaginal, comme instance du « je », se modifie selon le plan dans lequel le sujet se situe. La justification implique des métamorphoses du sujet qui trouve son identité dans le fait de s'en remettre à Dieu.
    Cette analyse récuse une conception de l'homme pécheur dans un dualisme du sensible et de l'intelligible, de la matière et de l'esprit.

empty